dimanche 17 mai 2009

Université numérique


L'université numérique fait son chemin. Le livre électronique et l'iPhone laissent entrevoir des outils didactiques plus efficaces, moins chers et une nouvelle économie de l'éducation. 

Avec le Kindle grand format (Kindle DX), sa formidable capacité de stockage (3 500 livres), son accès à Wikipedia et aux documents PDF, Amazon vise le marché universitaire : un programme pilote est prévu pour la rentrée prochaine avec plusieurs universités américaines, dont Princeton. Quelques centaines d'étudiants (chimie, gestion, comptabilité, informatique) participeront au test. 
Un livre électronique comme le Kindle DX peut rassembler sur un seul support tout ce dont un étudiant a besoin : manuels, exercices et corrigés, ouvrages de référence... tout cela en plusieurs langues, avec des outils de traduction, des liens, etc. De plus, le moteur de recherche interne désenclave et rapproche les disciplines scolaires. Le manuel numérique est pluri-disciplinaire par construction. Toutefois, le livre électronique manque encore de couleurs (c'est pour bientôt).

Le iPhone pénêtre également le marché unversitaire en proposant des applis didactiques et pratiques (en sciences et en langues principalement). Regardez, par exemple, l'une des applis consacrées à la classification périodique de Mendeleiev. 
L'aspect opérationnel et portable de l'iPhone est déterminant : l'école de journalisme de l'université du Missouri l'a mis sur la liste du matériel nécessaire pour la rentrée 2009 des étudiants de première année (pour ré-écouter, revoir et apprendre les cours). 
A Tokyo, Aoyama Gakuin University recourt à l'iPhone 3G pour tester les connaissances, communiquer les travaux à effectuer pour les cours, transmettre des vidéos de révision mais aussi pour suivre les présences sur le campus.

Les décideurs politiques s'intéressent aux possibilités éducatives du numérique. En Californie, dès la rentrée 2009, les établissements scolaires proposeront des manuels gratuits open source sur support numérique. Objectif : réduction des coûts de l'éducation.
Le projet précédent, en 2002 (California Open Source Textbook Project), avait échoué sur des obstacles de nature "ethniques": comment refléter les différentes composantes "culturelles" de la société, représenter les diverses religions, etc. 
Pour éviter ces réactions et prétextes, le projet 2009 attaque le problème par des disciplines scientiques et techniques (maths, physique, chimie, biologie, technologie, etc.) qui laissent peu de prise aux élucubrations idéologiques. 
L'open source conjugué au support numérique présente des avantages importants :
  • Mises à jour régulières, continues
  • Insertion d'outils d'autodidaxie, d'auto-évaluation
  • Recherchabilité (searchability)
Avec la numérisation des outils de transmission des savoirs universitaires, la mondialisation est inévitable (économies d'échelles). Dans une telle perspective, quelle place, quel rôle pour les éditeurs nationaux (cf. l'enquête conduite par l'éditeur scientifique Springer auprès d'institutions de recherches) ? Pour les auteurs de manuels ? Le modèle du manuel à venir, inévitablement collaboratif, est sans doute à rechercher du côté de Wikipedia. 
 

2 commentaires:

Sadia a dit…

E-book only campuses seem inevitable but higher education institutions should move forward with caution, and allow for a safe transition period as well as consider the possibility for nontraditional students to opt out of the digital textbook delivery. CourseSmart – a content distributor for several (7 up to now) publishers— and administrators in support of this cutting edge industry will have to take into account factors such as low-cost textbook rental programs already available on some campuses, the no-resell value of e-books and the possible need for a rent-to-buy option for subject areas that may require keeping a textbook for future reference, as well as the teaching and learning styles of textbook users. A 50% savings on course material is a significant benefit... how long till an advertiser-sponsored model for free e-books?

nono a dit…

Quel est le comportement de l'édition traditionnelle face à cette évolution ? Cherchera-t-elle à se placer dans cette dynamique ou estimera-t-elle être en mesure de s'en préserver ?
Je pense que du point de vue de l'éducation, ce type de mesure est bénéfique à deux égards : réduction de coût et adaptation au changement des comportements de lecture des étudiants et autres publics familiers du numérique