mardi 27 avril 2010

Mercredi, jour nommé d'une semaine de presse continue

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Le mercredi est en France jour des enfants ; à ce statut, il succède au jeudi, laissé libre par la République pour d'éventuelles pratiques religieuses. C'était la contrepartie de la laïcité et de la neutralité religieuses imposées par les lois scolaires républicaines de Jules Ferry (loi du 28 mars 1882, Art. 2). Ce mercredi reste une caractéristique unique de la société française ; elle affecte tout le marketing des médias et de la distribution. Le mercredi n'est pas un jour comme les autres, ce qui compromet la pertinence de l'agrégat lundi-vendredi, par opposition au week-end.

Les jours de mise en vente de la presse hebdomadaire varient régulièrement, les éditeurs cherchant à accompagner les comportements des acheteurs - et non des lecteurs - parfois en dépit de leur nom même (JDD qui sort le samedi, VSD qui sort le mercredi, L'Huma Dimanche, le jeudi, France Dimanche, le vendredi, etc.). What's in a name!
Journal du dimanche le samedi
Ainsi, L'Express, après avoir essayé le mardi, passe du jeudi au mercredi pour accroître les occasions de vente avant le week-end. Quelle sera l'heure de bouclage ? Lundi midi, au lieu du mardi 16 heures ? Autrement dit, quelle sera la fraîcheur des contenus lus en fin de semaine ? Pour mémoire, Marianne sort le samedi, Le Nouvel ObservateurLe Point et Paris Match sortent le jeudi. La presse hebdomadaire régionale (PHR), si importante en province, est surtout mise en vente les jeudi et vendredi. La presse télé reste du lundi sauf Télérama, qui ne se prend pas pour un magazine télé et préfère le mercredi.

Au coeur de ce débat, se trouve le rythme de la semaine : le mercredi est-il le premier jour de la fin de la semaine, le mardi le dernier de la fin de semaine ? Certains estiment que le mercredi est le milieu (Mittwoch en allemand), le point d'inflexion de la semaine, notamment de la semaine scolaire, puisque le samedi scolaire s'estompe à l'école élémentaire. A cette complexité contribuent le calendrier mouvant des ponts, des vacances scolaires, des examens, mais aussi les effets des RTT, des 35 heures, du travail à temps partiel (4/5), du travail dominical, des pratiques religieuses...
  • Comment situer la consommation des différents médias au cours de la semaine ? Une réponse pourrait provenir de travaux sur les comportements des internautes à partir des données des web analytiques (Weborama, Xiti, etc.). On pourrait établir des séries temporelles, leurs interférences...
  • Et la presse sur Internet dans tout cela ?  Même réponse. 
  • Comment le web réagit-il aux rythmes sociaux de la semaine ? Les modifie-t-il ? Dans quels domaines ? La semaine sportive n'est pas la semaine scolaire, qui n'est pas la semaine télévisuelle, ni celle des courses (hyper, centres commerciaux, super, marché, etc.). Quel est le rythme des départs en week-end dans le mois ou le trimestre, comment les fêtes affectent-elles ce rythme ? Les travaux analytiques sur Internet permettraient de mieux décrire et comprendre ces rythmes : comment varie la fréquence du mot "week-end" (ou/et de ses équivalents sémantiques) au cours des semaines, comment varie son environnement sémantique ?
"La semaine a du sens" annonce Pèlerin. Mais la semaine et ses jours nommés ont-ils encore un sens pour la presse hebdomadaire, sommes-nous passés à la semaine continue ?  "Quand donc finira la semaine" ?
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