mardi 25 janvier 2011

Le smartphone, média complet, et les médias immobiles

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Le smartphone est manifestement le premier média complet. Il oblige à désormais concevoir les médias traditionnels, au regard de ce média "parfait", comme des médias auxquels il manque une perfection, et souvent plusieurs.
  • Ils sont im-mobiles
  • Ils sont sans interactivité, "communiquant" - si l'on peut abuser du mot - à sens unique
  • Ils sont "de masse", sans personnalisation (mass-médias)
  • Ils sont mal associés à l'environnement, à la proximité, manquant l'hyperlocal
  • Ils sont in-actifs, sans outillage : pas de photo, pas de messagerie, de jeux, de cartes, de plans, d'agenda, de musique, etc.
  • Ils sont a-mnésiques, sans mémoire, sans trace des actions passées
  • Ils sont sans participation (faible engagement) ; même personnels, ils sont sans personnalité ni intimité 
La mobilité, la radio la revendique, qui poursuit ses auditeurs dans la voiture. Le journal et le magazine s'emportent dans nos transhumances. Même la télévision s'essaie aux transports. L'interactivité, quelques médias s'y essaient, forçant en vain leur talent.
Le Web, sur ordinateur, apporte à la plupart des médias leurs premières touches d'interactivité, pas seulement celle, artificielle, des automates et des algorithmes, mais surtout celle, humaine (souvent), du courrier et des réseaux sociaux.  Aux annonceurs, le Web apporte des capacités publicitaires multimédia, à la fois celles imitées de l'affichage, de la radio, de la télévision, du point de vente ; il apporte surtout l'historique des actions publicitaires ou commerciales permettant un ciblage comportemental. Rich media, faisant éclater la pauvreté des autres, il ne lui manque que la mobilté, que la portabilité.

Le passage du grand public au média mobile commence à se voir. Selon comScore, aux Etats-Unis, le courrier décline sur les ordinateurs (-6%) tandsi que son usage augmente sur les téléphones (+36%). Les applications de téléphonie se comptent par milliers. En France, plus de 11 milions d'abonnés sont équipés de smartphones (plus de 20%, extrapolé d'après comScore).

Dans cette perspective historique mais surtout logique, le smartphone apparaît comme le média complet, absolu. Cela, étant admis, pourrait conduire à remettre en question bien des aspects de l'économie courante des médias, par exemple :
  • S'il doit être un service public des médias (en échange de l'exploitation d'un bien public) voire même un secteur public des médias, ce n'est sans doute plus à la presse, à la télévision ou à la radio qu'il faut le confier, médias limités, particuliers, mais à la téléphonie intelligente, universelle et multiple, élargie au smartphone. L'impôt (redevance, aides diverses), s'il subsiste, pourrait financer des applications de service public (santé, éducation, transport, information, etc.).
  • L'action publicitaire doit être remise sur ses pieds : elle pourrait partir du téléphone intelligent, média global, pour être complétée, approfondie, par les investissements dans d'autres médias sur telle ou telle dimension appropriée. C'est déjà ce sur quoi Foursquare, Groupon, Google Places, Facebook Deals, entre autres, attirent notre attention.

3 commentaires:

Cedric Soares a dit…

Le mobile n'est il pas une étape vers autre chose... Je pense à l'Internet des objets. Le téléphone reste un terminal intrusif qui ne se fond pas totalement dans les usages du quotidien.

La dernière étape de la dématérialisation ne serait elle pas le média diffus?

yann a dit…

Question : qu'est ce qu'un média ?
Questions subsidiaires :
Le smartphone est-il le média ou un terminal d'accès au réseau ?
Le réseau est-il le média ou la tuyauterie qui donne accès aux applications ou sites qui organisent et mettent en scène les contenus et l'information ?
Les applications ou sites sont-ils le média ? Affranchi de ces agrégateurs, le contenu seul est-il le média ?
j'arrête j'ai mal à la tête.

Laure de Feydeau CMI a dit…

Le plus gros avantage du mobile est la géolocalisation. Grâce à celle-ci le consommateur peut recevoir une offre parfaitement adaptée à l’endroit où il se trouve. C’est le seul média qui le permet. La pertinence d'un message publicitaire (offre promotionnelle par exemple) pour l'enseigne qui se trouve juste à côté du consommateur aura beaucoup plus d'impact qu'une publicité pour un magasin à l'autre bout de la ville... De même la géolocalisation peut empêcher des aberrations comme une publicité pour un trajet à Paris alors qu'on y est...
Le média mobile permet de renforcer le lien de la marque avec ses clients. Le mobile est le plus fidèle compagnon du consommateur (80% de la population retournent chez eux lorsqu’ils ont oublié leur mobile. ). Véritable couteau suisse, il le suit partout. C’est une part intime du consommateur, c’est un objet qui ne se prête pas. L’annonceur sait donc précisément qui il cible et qui reçoit son message. Le mobile est l’outil relationnel par excellence, permet une individualisation du contact une relation one-to-one qui rompt avec la communication de masse dont le consommateur s’est lassé. Le consommateur est toujours connecté, son portable est toujours allumé ce qui offre une opportunité de contact immense.

Je pense que le téléphone se fond totalement dans le quotidien des consommateurs et va même se fondre de plus en plus quand on voit que dans certaines villes on peut déjà payer avec son téléphone dans certaines boutiques.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le mobile comme média...