dimanche 18 novembre 2012

Le Matin des médias en Suisse

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Dimanche matin. Terrasse au soleil de novembre. "Café renversé" et lecture du Matin Dimanche. Il semble n'y être question, directement ou indirectement que de médias, aussi bien comme objets d'articles que comme sources de financement. Témoignage, s'il en fallait, que les médias sont au coeur de notre quotidien.
Exemples.

Une page entière consacrée à la crise de la presse écrite (p.41). Au-dessous d'une photo de manifestation (Lille, mai 2012), un histogramme de l'évolution des investissements publicitaires en Suisse, de 2001 à 2011 : la presse quotidienne perd beaucoup, l'affichage aussi ; la télévision gagne beaucoup, le numérique gagne un peu (Source : Media Focus). Faut-il lire dans ce titre une allusion à la formule juridique célèbre "le mort saisit le vif" ? Ainsi, le Web hériterait de la presse papier, ses modèles, ses problèmes, ses réflexes... Cf. le résumé de la situation dans les "modèles de survie (numérique) pour les journaux".
  • Article sur un cerveau en fuite (brain drain) : un ingénieur lausannois qui travaille au siège californien de Facebook, est "de passage en Suisse pour dénicher de nouveaux talents" (p. 42). 
  • Interview de l'auteure de la saga "Twilight" (p. 65).
  • Publi-reportage de Swisscom sur la récupération et le recyclage des "vieux portables" (p. 26). 
  • Double page de publicité pour upc cablecom (p. 24-25). 
  • Une page people sur une soirée organisée par Tamedia pour ses clients (p. 27). 
  • Une page people sur "l'ambassadrice" (sic) publicitaire de la lingerie H&M (Laetitia Casta).
  • Article dans la rubrique "Economie" sur Dell dont le bénéfice fond... (p.37).
  • Dans le supplément féminin, FEMINA, un article de la rubrique "Beauté" est consacré aux blogueuses consomm'actrices (p. 38) et aux réactions de Clarins et L'Oréal.
  • "Le Matin Dimanche se décline aussi sur l'iPad" (p. 43). Explications : "démarche complémentaire à la version papier", dit la directrice adjointe des publications. Jusqu'au 2 décembre, l'accès est gratuit ; ensuite, ce sera 3 F à l'unité (au lieu de 4,5  Francs pour le papier), 10 Francs par mois ou 100 F par an. Modèle économique à suivre.
  • Article sur la "big data", à partir d'une étude de l'IWSB : "La Suisse, coffre-fort de données" ("Datentresor Schweiz", octobre 2012). Data centers, cloud pourraient constituer l'un des avenirs économiques de la Suisse : grâce au prix de l'électricité et à la sécurité de l'approvisionnement, grâce à la réputation de sécurité et surtout de discrétion... "Nous sommes les nouveaux banquiers privés", déclare le Président de l'Association suisse des télécommunications" (p. 39).
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N.B. Le Matin appartient au groupe suisse Tamedia.
Diffusion : 55 000 ; lectorat : 245 000. Le Matin Dimanche est diffusé à 161 000 exemplaires ; son lectorat est de 502 000 personnes (Source : Tamedia).
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11 commentaires:

Kira Leuthold a dit…

Les médias, la communication - on les trouve partout! C'est pourquoi j'étudie cette branche ABSOLUMENT intéressante, actuelle et large!

Clémence Ferrara a dit…

Les médias sont certes au coeur de notre vie mais restons optimistes pour nos chers journaux papier. Non seulement les enfants préfèrent toujours avoir recours à ce support plutôt qu'à la tablette mais encore cette agréable habitude de feuilleter son journal en buvant son café ne peut disparaitre !
Longue vie aux journaux papier !

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/11/09/20004-20121109ARTFIG00413-les-enfants-preferent-le-journal-papier-aux-tablettes.php

Nastassja a dit…

Merci pour cet article, qui me fait prendre conscience que je devrais lire le Matin Dimanche plus souvent. Il est très intéressant de voir que le Matin Dimanche cherche, en plus de sa version papier, un nouveau modèle économique sur Ipad. D'autant plus qu'il me semble que le Matin Dimanche est l'un des titres de Tamedia qui se vend le mieux, sauf erreur.

CélineBUNIFR a dit…

Les sujets traités dans Le Matin dimanche du 18 novembre 2012 reflètent effectivement l’omniprésence des médias dans notre vie de tous les jours. Les médias sont devenus indispensables et incontournables au 21ème siècle, alors que certains médias traditionnels, surtout les journaux papiers, sont en crises et ont de la peine à s’adapter à ce nouvel environnement. L’environnement des médias est devenu, avec internet, interconnecté et les échanges peuvent maintenant se faire à tout moment. Cette culture du direct ébranle les usages traditionnels des médias, mettant à l’épreuve, entre autre, les journaux papiers. Le papier est devenu cher et son utilisation obsolète pour beaucoup de gens qui préfèrent la variété et l’actualisation de l’information (quasi à la minute) trouvée sur le web.
Pour contrer l’effet négatif de la recherche d’informations sur le web, les journaux tentent de vendre leurs journaux sur internet mais quel prix les gens seront prêt à payer pour l’information? Les préférences individuelles quant au support et à la qualité versus la quantité de l’information trouvée sur internet entrent ici en compte. Une chose est certaine, les journaux vont devoir s’adapter à cette évolution, rendant notamment leur contenu accessible sur internet (payant/non payant) et trouver des incitations pour faire payer le fruit d’un travail souvent dénigré face à la gratuité de l’information en ligne.

MargotteTsx a dit…

En lisant votre article, je pense à une conversation que j'ai eue aujourd'hui même au bureau avec une chef de projet qui travaille au sein d'un grand titre national. Tout ce qu'elle m'a dit ne m'a pas étonné en soi mais c'est de l'entendre à nouveau, et par une personne qui le vit au quotidien, qui me fait réagir. La presse écrite est est en très mauvaise santé tandis que le web affiche des chiffres plus enviables. Mais tous les titres ne sont pas encore passés à l'info en ligne. Vont-ils résister ? Je pense que, plus que traduire nos habitudes de consommation, ce passage du papier au numérique (qui plus est gratuit pour l'instant en majorité) reflète les contradictions de nos générations : on veut être sur-informés, ne pas payer pour cela avoir une large gamme de choix... Le tout, en conservant si possible la presse papier, celle-ci étant tout de même au coeur de la tradition... Face à cela, la réponse n'est pas unique (puisque le défi est lui-même "tordu"). Chaque support d'information réagit à sa façon, en fonction de ses contraintes. Mais une question me taraude : et dans 15ans, quand tous les titres auront fait en sorte de se digitaliser, ne va-t'on pas vouloir à nouveau lire l'info sur papier ? Pauvres rédactions, elles n'en finiront jamais.

sara lahoucine a dit…

La presse suisse est en effet en situation de crise. Face aux changements des usages des lecteurs qui sont de plus en plus attirés par la lecture sur écrans plutôt que sur papier, l'audience de la presse écrite suisse (comme partout au monde) est en déclin. Comme cette baisse de lectorat s'accompagne de la baisse des ressources publicitaires, la presse suisse est entrain de réinventer son modèle économique. La version du "Matin dimanche" sur IPad en est un parfait exemple.

Un des articles intéressants dans cette édition est forcément celui des bases de données que pourrait exploiter la Suisse pour drainer d'importants profits.

Les ingénieurs suisses (notamment à l'EPFL de Lausanne) pourrait se spécialiser dans les gestion des systèmes d'informations et des bases de données pour trouver d'importantes opportunités de travail en Suisse plutôt qu'en Californie (Chez Facebook).

Kim a dit…

Cet article me fait penser à l'ouvrage "La Fin des Journaux" de B. Poulet. avec un article intéressant qui s'y rapporte:

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20090216.BIB2969/bernard-poulet-s-039-explique-sur-la-fin-des-journaux.html

Ce qui est pertinent c'est que la presse écrite est consciente de cette crise, et le rapporte encore sur version papier. D'un côté il y a donc une prise de conscience et d'un autre il est difficile pour les journaux de trouver une solution. En effet, comme les journaux étaient tout d'abord gratuits sur internet, le passage au payant est illogique pour les lecteurs. Pourquoi payer pour quelque chose qui peut se trouver gratuitement? Il faut donc réinventer un modèle économique efficace, qui attire autant les annonceurs que les lecteurs...ce qui étant donné la dernière parution du "Matin Dimanche" n'est pas si facile.

Laura Graafen a dit…

La presse écrite est en crise. Si on regarde l'histoire de la presse écrite, c'est déjà la deuxième fois qu'elle est menacée par un nouveau média - la première fois c'était la radio.
Est-ce que l'introduction des nouveaux médias va démentir le "Principe de Rieple" qui dit qu'un média établi ne sera jamais complètement et durablement remplacé par des médias plus développés et davantage désirés?

P2Ms a dit…

Les médias parlant des médias. C'est bien que ce sujet intéresse les lecteurs papier...comme web à en juger le succès de sites comme Pures Media (feu Ozap)ou des rubriques Médias Tech du Figaro, du point (qui accuse Morandini de plagiat) ou des Echos.
Les émissions décryptant les usages ou émissions télé sont apparues et ont connu un certain succès comme + clair, arrêt sur images ou médias le mag.
Les médias nous entourent et accompagnent notre quotidien, rythment même pour certains nos journées.Chacun est attaché à son support de "prédilection" et aime même le commenter. Les commentaires sur les sites ou rubriques médias sont légion, on se bouscule au standard d'Europe 1 pour intervenir dans l'émission de Morandini parait-il. Chaque média appartient un peu à son consommateur.
Par ailleurs, voir la presse écrite changer de vue par rapport au numérique, à y chercher un relais de croissance plutôt qu'à "pleurnicher" sur l'évolution des modes de consommation est une bonne chose.
Les sites web avec de plus en plus de rédactions dédiées, les applications ou encore les agrégateurs de contenu sont dorénavant massivement investis par la presse écrite.
Le modèle évolue et Olivier Delteil, responsable du développement numérique en a parlé au blog 226 et sera à lire dans un article à paraître très prochainement.

J. V. Jones a dit…

Peut-être est il trop tôt pour dire que "le mort saisit le vif", car si le web prend actuellement la forme d'un successeur héritant des biens de la presse écrite, celle-ci n'est toutefois pas encore morte. N'oublions pas que par le passé sa mort fut déjà annoncée lors de l'avènement de la radio, mais elle a survécu. Il est certain qu'elle doit se réinventer. Mais faut-il réellement la forcer à s'adapter? Le canard enchaîné refuse toute adaptation, et ne s'en porte pas plus mal. A force de vouloir se préserver en se déclinant sur le numérique, la presse écrite se vend au Web, à son propre détriment peut-être. Un dimanche matin, une terrasse au soleil avec un café renversé, et... un Ipad? Sans mentionner les reflets de l'écran, cela semble presque triste. Le plaisir de feuilleter un journal bruyamment avant de le prêter à son voisin de table peut-il être remplacé?. Après tout, peut-être, puisque les cartes routières impossibles à replier n'ont plus la cote face aux GPS. Toutefois, cet été, quand le GPS faisait la grève sur les routes d'Italie, acheter une carte à 5€ sur une aire d'autoroute m'a permis d'atteindre ma destination...

JordiA a dit…

La presse suisse ainsi que la presse mondiale sont plongées aujourd'hui dans une phase de crise. Les articles mentionnés dans cette édition du Matin Dimanche illustrent très bien cette situation. La presse papier suisse va-elle réussir à sortir la tête de l'eau ou va-t-elle réllement mourir, comme beaucoup de personnes le prétendent? Après s'être rués sur le web, en proposant des articles gratuits, les médias ont tout intérêt à trouver de nouveaux modèles économiques s'ils ne veulent pas tourner la page, définitivement. Il est d'autant plus difficile, car après avoir proposé gracieusement leurs articles sur le web, je doute que les internautes soient prêts à payer cette même information. Bref, il faut réagir. Mais comment? Le Canard enchaîné est un des rare qui résiste aux web gratuit, et ça marche! Il s'est également créer un compte Twitter pour encore mieux attirer ses lecteurs et mettre l'info à la bouche.

Alors à quand la fin de la presse papier? Affaire à suivre ...