vendredi 19 juillet 2013

Netflix, télévision à l'état pur

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Qu'est-ce que Netflix ?
          De la télévision Moins...
  • Moins l'information (sic) sur les pseudo-événements et les people professionnels du moment (sport, politique, etc.)
  • Moins la publicité
  • Moins les autopromotions
  • Moins la météo
  • Moins les jeux et les variétés
  • etc.
Que reste-t-il ?
De la télévision à l'état pur : des films, des séries déjà diffusées et, désormais, des séries originales. Le client paie ce qu'il achète et qu'il regarde, sans doute. Du coup, les abonnés Netflix ont tendance à se désabonner des opérateurs de télévision payante (câble, satellite, etc.) : 20% de cord-cutters chez les utilisateurs de Netflix, et 41% chez les 30-44 ans (source : Cowen and Co, cité par RapidTV News, 19 juillet 2013).
La promotion de Netflix emprunte des voies médiatiques classiques : courrier, e-mailing, PR, Facebook... Son marketing, qui semble remarquable, exploite les données produites ("données"?) par les clients lors de chacune de leurs actions (recherche, achat, avis, classement, etc.). 

Pourquoi parler de Netflix ? Parce que chaque année, au début de l'été, alors que la télévision américaine rediffuse à tout va, le monde de la télévision (acteurs, coiffeurs, réalisateurs, éclairagistes, producteurs, maquilleurs, scénaristes, etc.) se vote des compliments sous la forme de "nominations" pour des "trophées" (EmmyAwards ; pour la liste). Les "sociétés du spectacle" sont à leur zénith !
Au-delà du folklore professionnel, des célébrations costumées qui auront lieu deux mois plus tard (le 22 septembre, suspense !), au-delà des topos convenus et des effets d'argus sur le marché de l'emploi dans l'industrie télévisée, on peut déjà tirer une leçon de ces "cérémonies" quant à l'évolution du marché télévisuel : Netflix est un modèle économique qui marche.
Cette année voit, en effet, aux EmmyAwards, le triomphe de Netflix. Netflix ne se contente plus, comme à ses débuts, de distribuer, mais produit des émissions. Pour ces émissions, Netflix a reçu 14 nominations dont 9 pour la série "House of Cards". Netflix non seulement fait produire des séries mais en révolutionne également la distribution (cf. "Binge viewing"). Netflix, c'est une culture d'innovation, même dans le financement de la recherche algorithmique ! Prochain succès probable : "Orange is the new black", série, lancée il y a quelques jours, le 11 juillet. Dans beaucoup de foyers américains, la vraie télé, c'est Netflix (30 millions d'abonnés). On notera encore que Chromecast de Google, lancé le 24 juillet, s'accompagnait d'une promotion de 3 mois d'accès gratuit à Netflix : Google a dû l'interrompre dès le lendemain, débordé par son succès !

Le modèle Netflix du streaming video se propage en Europe (Espagne, Grande-Bretagne, Irlande, Scandinavie) ; Amazon (Lovefilm en Allemagne, Grande-Bretagne, Scandinavie), Wuaki / Rakuten (Espagne, Grande-Bretagne), Blinkbox / Tesco suivent la voie de Netflix... Décidément, oui, "I want my Netflix!" Et si possible, maintenant, sans délai, sans intermédiaire, les programmes téléchargés sur une tablette, un ordinateur ou un téléviseur connecté.
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2 commentaires:

#thierry226 a dit…

Netflix,une véritable révolution ?

A ses débuts, Netflix est le premier client physique de La poste. C’est l’équivalent de Spotify en Musique.

Avec 53 millions d’abonnés dans le monde,l'ambition de Netflix est de devenir le premier programmateur d’entertainment au niveau mondial. On peut parler d’offre hyperdistribuée.
Aux USA, 1 foyer sur 3 est abonné à Netflix.
Sur Netflix, il y a environ 20% de contenu français.

Netflix a beaucoup et est encore beaucoup critiqué par les institutions françaises (cf. réglementations, etc).
Installé à Amsterdam pour des raisons fiscales. Il y a environ 30 à 40 personnes qui s’occupe de la plateforme en Europe.

Provocation vis-à-vis du Ciné : Achat des droits exclusifs de certains acteurs et co-fnancement de gros films.
Exemple : Accord avec Adam Sandler (dont les 4 prochains films sont pour Netflix).

Hana Stopnicki a dit…

Netflix c'est la télévision moins... L'éditorialisation !
Contrairement à la télévision qui est une expérience collective, l’internet a un aspect plus personnel, plus sur mesure.
Reed Hasting qui prévoit que tous les contenus soient disponible sur internet d’ici peu, pari sur la fin de la télévision traditionnelle linéaire (grille de programme imposée) d’ici une vingtaine d’années. Il affirme en août dernier dans une interview pour le magazine Télérama que même Canal Plus finira lui aussi par se limiter à une diffusion sur internet.

En proposant des contenus illimités à regarder où l’on veut et quand on veut, la vidéo à la demande rend le modèle de la télévision linéaire archaïque. Il veut donner l’impression à son utilisateur qu’il est plus libre qu’avec le système de télévision classique ou il est soumis à une grille de programme figée. Avoir le choix est devenu primordiale puisque désormais on peut choisir de ne regarder que ce que l’on aime.
On peut se poser la question de savoir si les programmes à heures fixes ont de l’avenir face à la télévision personnalisée ou chaque individu est maitre de choisir ce qu’il veut regarder, à quels moments et via quel terminal.
Mais a-t-on vraiment toujours envie de choisir, sait on toujours ce que l’on veut voir une fois qu’on a finit de regarder notre série fétiche ? N’est-il pas agréable de se retrouver passif dans ses choix et d’être soumis à un aléa de programmes imposés ? Réfléchir à ce que l’on veut voir ne deviendrait-ce pas une contrainte finalement ? La vraie force des chaînes à péage créatrices de contenus orginaux comme Canal+ c’est justement leur éditorialisation.