jeudi 18 août 2016

De TF1 à Netflix : "Crossing lines", série policière internationale ?


La série policière "Crossing Lines" décrit l'activité (police procedural) d'une unité de police européenne, transfrontalière ; la série est plus ou moins inspirée par l'action de la Cour Pénale Internationale (International Criminal Court, ICC). Cette unité de police, fictive, est amenée à souvent agir à la limite du droit local qu'illustrent et défendent des fonctionnaires nationaux jaloux de leurs prérogatives territoriales. Beaucoup de plans de coupe illustrant des voyages, des trains à grande vitesse (TGV, Thalys), des gares, des hélicoptères (choppers) meublent la série. Difficile de ne pas penser à "Criminal Minds" (2005), la série de CBS dont l'équipe du FBI, d'épisode en épisode, se déplace rituellement en avion à travers les Etats-Unis pour résoudre des "cas", transcendant symboliquement les juridictions des Etats.

Copie d'écran de l'appli Netflix 
(août 2016)
Pour élargir le marketing de la série, un policier new yorkais est enrôlé dans l'équipe européenne. Cette unité de police en vient souvent, pour le bien commun, à franchir les ligne tracées par le droit international ("crossing lines"). Polysémie du titre.
La complexité des intrigues tient en partie à leur internationalité. Il est certes difficile de rendre compte, de faire voir, l'internationalisation ; celle-ci est souvent traitée superficiellement à coups de clichés. La série se trouve ainsi émaillée d'images touristiques, de cartes postales. Plus originales sont les illustrations graphiques, à base de cartes, de plans, de lignes croisant des destinations, des provenances... Datavision trop peu exploitée. Quant aux insurmontables difficultés liées aux barrières langagières - tant de langues et d'accents en Europe - elles sont vite surmontées : l'anglais est la koiné de cette police internationale. Ce n'est guère crédible, d'autant que l'accent anglais de certains acteurs non anglophones est parfois difficile à comprendre, sans compter l'accent irlandais... La fiction croise ici les problèmes classiques de l'internationalisation des interfaces vocales (cf. Appen) pour les assistants virtuels (voice bots) : Google Now, Siri, Cortana, Alexa, etc.

Dans son ensemble, "Crossing lines" est agréable à suivre même si l'intrigue est parfois quelque peu décousue, désarticulée voire incohérente : d'un épisode à l'autre, d'une saison à l'autre, des personnages disparaissent sans explication (facilité narrative des événements hors champ, notamment lors du passage de la saison 2 à la saison 3).

La série co-produite par Tandem Productions, TF1 et Sony, compte trois saisons (2013-2015 : 34 épisodes de 45 minutes). Elle a été diffusée par TF1 (France), NBC (E-U), Sat1 (Allemagne), RAI2 (Italie), Netflix, Amazon Video (Grande-Bretagne), RTS1 (Suisse), La Une (Belgique) et AXN (Inde, Sony). NBC a diffusé la série en été et s'en est tenu à la première saison, faute d'audience suffisante. TF1 n'a diffusé que deux saisons.
Après son échec - relatif - sur NBC, la série trouve une nouvelle vie avec Netflix.

3 commentaires:

Guillin Marian a dit…

J'ai eu l'occasion de regarder la première saison de Crossing Lines et j'ai été déçue par la qualité du doublage ce qui m'a rapidement fait décrocher. C'est pourquoi, je compte regarder les suivantes en VO afin de mieux cerner les intrigues.

MarianGuillin226

Nicolas Bauche a dit…

TF1, NBC, Netflix : quoi de commun entre ces trois lignes éditoriales ? Les séries en coproduction européenne obéissent à une loi du grand écart où elles « délinéarisent » la matière éditoriale pour gagner en écrans. C’est un calcul de production intelligent qui permet d’exister hors de l’Hexagone. C’est aussi flirter avec le plus petit dénominateur artistique commun pour qu’un format passe le plus de frontières télévisuelles possibles. A l’opposé, un format d’une grande créativité a aussi cette capacité de translation de pays en pays, d’écran en écran. Mais financièrement, le pari est bien plus risquer et le spectre de l’accident industriel inquiète vite producteurs et diffuseurs. « Crossing lines » a fait son choix…
nicolasbauche226

Anonyme a dit…

Ah le problème de la langue et des accents dans les séries qui se veulent destinées à un marché international...! Marseille, la série Netflix, qui s'est voulue comme un House Of Cards à l'américaine s'est faite descendre par la critique française et n'a pas su trouver son public français. Une des raisons de ce rejet : l'accent marseillais de Benoît Magimel, acteur à l'accent du parisien habituellement, qui a été fortement moqué par la majorité des français. Il n'en reste pas moins qu'une saison 2 est en cours de production d'après Netflix...affaire à suivre!
JeanBenoîtHenry226