Affichage des articles dont le libellé est ELLE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ELLE. Afficher tous les articles

vendredi 4 mai 2018

La fin d'un monde médias


Deux événements, presque simultanés, sans relation aucune en apparence, font la une de la réflexion média, cette semaine de printemps.
  • Comcast, câblo-opérateur géant (MSO) qui contrôle aux Etats-Unis un network national (NBC) et des studios (Universal), impose à ses abonnés de garder leur abonnement à la télévision s'ils veulent bénéficier de l'amélioration de débit broadband. Et pour faire avaler la pilule, il leur propose Netflix, qui requiert le très haut débit. Chantage tacite : continuez de payer pour la télévision si vous voulez profiter de Netflix et du web dans de bonnes conditions. Avertissement à ceux qui veulent se désabonner de la télévision traditionnelle (cord-cutting). Conclusion, il faut Netflix et le web pour sauver - provisoirement - et maintenir sous perfusion la télévision traditionnelle.
Coïncidence ? Pas si sûr. Plutôt deux symptômes d'une même maladie des médias qui affecte leur distribution, celle de la télévision d'un côté, et de la presse de l'autre (Presstalis).

dimanche 13 décembre 2015

Presse et influence à vendre : Alibaba dans le quotidien


En 2013, le patron d'amazon s'est payé The Washington Post. Alibaba, le e-commerçant chinois Alibaba (阿里巴巴), achète le quotidien anglophone de Hong Kong, South China Morning Post et le SCMP Group Limited. Ce sont d'anciennes propriétés du groupe News Corp. L'acquisition inclut, entre autres, les éditions chinoises de Cosmopolitan, Elle, Harper's Bazaar, des entreprises d'affichage, de formation, de recrutement...
D'emblée, le nouveau propriétaire annonce que le quotidien chinois sera désormais gratuit sur les lecteurs sur Internet ("paywall down") ce, afin de développer un lectorat international et d'améliorer ainsi l'image internationale de la Chine (soft power ?). Alibaba se veut une entreprise chinoise citoyenne.
Notons que à la différence du Washington Post au moment de son rachat, le South China Morning Post est profitable, grâce à des revenus publicitaires élevés. Rappelons que Alibaba a pris en novembre 2015, le contrôle de Youku Tudou (优酷土豆), une sorte de YouTube chinois (vidéo online).

Illustrant la passion de la nouvelle économie pour l'ancienne, du numérique pour le papier, ces événements, comme le projet de magazine de Airbnb avec Hearst, invitent à penser de manière moins manichéenne les relations entre modèles économiques des médias et, peut-être la notion-même de disruption, concevant de manière trop radicale le changement de paradigme cher à Thomas Kuhn (1962).
La Une du South china Morning Post (SCMP), vendredi 11 décembre 2015, annonçant le rachat, l'engagement
de maintenir son indépendance éditoriale (comme toujours) et la suppression de l'accès payant (paywall) en ligne
Ces opérations dans les médias font également entrevoir un marché de la légitimité et de la notoriété (heritage, iconic status, influence) : s'agit-il d'externalités positives susceptibles de constituer des facteurs de croissance endogène dont profitent les entreprises numériques. Destruction créatrice ?
Par ailleurs, les synergies entre Alibaba et le South China Morning Post sont certaines, la presse traditionnelle profitant des savoir faire numériques et de l'expérience financière des acheteurs, Alibaba bénéficie de la capacité d'influence politique, nationale et internationale, du quotidien.

Après ces deux titres, à qui le tour ? Que pourraient vouloir acheter Apple, Google, Facebook ou Uber ?