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| TapTap Glee, l'une des appli iOS |
Glee, l'émission du network américain Fox, entame aux Etats-Unis sa troisième saison, chaque mardi en prime time (20-21h). Ce feuilleton conte l'histoire d'adolescents dans une
high school, l'équivalent américain du lycée. Deux groupes divisent l'établissement : le côté football (
jocks et
cheerios), le côté musique, ceux qui chantent et dansent (
Glee Club). Quelques un(e)s font les deux, dilemme. Et beaucoup ne font ni l'un ni l'autre, sans doute font-ils des maths et de l'anglais...
Horresco referens ! Mais, de cela, il n'est presque jamais question.
En France, la série est distribuée depuis mars sur
W9 et M6 (reprise cette semaine) et accessible sur Orange (
CinéHappy, VOD).
Cette chorale dansante, qui parfois évoque
Fame, reprend les succès de Broadway dont sont issus beaucoup des acteurs mais aussi de
pop stars contemporaines : Katy Perry, Madonna, Lady Gaga, Michael Jackson, Justin Bieber, Adele,
etc. L'émission parcourt ainsi, d'épisode en épisode, les répertoires de plusieurs générations de goûts musicaux ; les "
gleeks" (
Glee + Geeks) se recrutent dans tous les âges. A chaque génération ses "
Silly love songs" (par
Glee, en
promo à la télé en 2011 ou par
Paul Mcartney and Wings en 1976)... et,
comme disent les paroles, personne n'en a jamais assez. D'ailleurs l'équipe de Glee a enregistré 13 albums (6 millions d'albums vendus, 30 millions de single, selon Nielsen Soundscan).
Lyrics |
Paul McCartney lyrics -
Silly Love Songs lyrics
Une culture pour oublier les classes ?

Toute l'intrigue ou presque se déroule dans le cadre d'un établissement secondaire public fréquenté par des enfants de milieux non favorisés ; on y croise l'administration (direction, conseillère d'orientation, infirmière) et les élèves, rarement les enseignants. Au premier plan, les
coachs successifs de l'équipe de football, celle des
cheerleaders et surtout l'animateur de cette sorte de comédie musicale "
live" et continue qu'est le "
Glee Club".
Au gré des épisodes, on est confronté à un débat sur les "minorités", d'où il ressort que la majorité - sinon la totalité - des élèves participant au "
Glee Club" se sentent appartenir à une minorité, à un titre au moins, et se valorisent mutuellement, chacun puisant dans son répertoire musical. Surtout, ces élèves se sentent et se disent relégués (
underdogs) ; pour eux, le "
Glee Club" est un rattrapage, une chance de revanche aussi. La question de la "popularité" est omniprésente, déclinaison en réduction locale des aspects
people. La série cultive aussi un côté
soap opera.
On assiste au développement d'une culture adolescente, faite de musique populaire et de mode, qui voudrait transcender et sublimer les classes (et les classements), en euphémise les conflits... Le réalisateur déclare avoir voulu rompre avec une culture télévisuelle donnant la première place aux séries violentes consacrées à la criminalité.
Dans tout cela, de jeunes téléspectateurs français peuvent essayer de se retrouver, non sans risque de contre-sens. Comme d'habitude, reçue en France, cette émission l'est fatalement un peu de travers : la "
high school" n'est ni le collège ni le lycée. Le sport scolaire n'a pas le même statut dans les deux cultures. Surtout, les connotations et sous-entendus des chansons restent souvent insaisissables (les traductions en sous-titres n'aident guère), mais les Français, en singeant les Américains, ont pris depuis longtemps l'habitude de ne pas comprendre tout à fait ce qu'ils entendent. Acquiescement à la domination culturelle, à la mondialisation ?
Extension systématique de la marque, tous azimuts
Le plus remarquable est l'environnement médiatique engendré par "
Glee" : des sites de toutes sortes assurent la promotion et la propagation de l'émission, site officiel de la marque télévisuelle, sites de communautés locales, aux Etats-Unis, en
France. La marque "
Glee" l'emporte de loin sur la marque de l'agrégateur, qu'il soit Fox ou simple détenteur provisoire des droits, comme M6 ou d'autres. Le groupe fait des tournées, il y a un film en 3D. Leur musique se vend formidablement, albums ou téléchargements (
cf. iTunes). La troupe a chanté à la
Maison Blanche, pour
Oprah, etc. Bien sûr, il y a des applis pour tout cela, où l'on tweet et partage, chante (karaoke) et joue (trivia), etc. Il y a un livre (
Glee Piste 1, chez Hachette Jeunesse) et un film en 3D, du
merchandising à foison, du karaoke pour Wii, des DVD, etc.
En France, la presse magazine des adolescents se repaît de "
Glee" : numéros spéciaux et hors série. Les magazines y vont de leurs
posters :
Séries fan,
Like Hit !,
Teen People,
Séries City,
Séries Mag,
Séries City,
Melody Stars,
Teenager, etc. Presse d'ailleurs non mesurée, donc inconnue des outils de travail des médiaplanners. Même
Phosphore a titré sur "
Glee" pour la tournée du groupe à Londres. Le film "
glee on tour 3D" est sorti dans les salles en France en septembre 2011.
- Depuis juin 201, la chaîne thématique Oxygen (groupe NBC Universal) diffuse "The Glee Project" un reality show permettant, après éliminatoires, de recruter des participants à la série diffusée par Fox. Les épisodes durent 44 mn. Des versions canadienne et anglaise existent également. L'émission est diffusée par des chaînes du monde entier (syndication).
- En 2012, NBC lance "Smash", une émission reprenant le principe des radio-crochets et concours de chants dont on a dit qu'elle était un "Glee" pour adultes.
L'audience, l'emprise internationale et multimedia de "
Glee" sont puissantes mais peu mesurables : faillite partielle de la multitude dispersée et dispersante des outils de mesure, faillite totale de l'ambition de tout mesurer ("360°",
etc.).
Comparons quand même, à titre d'exemple, la "notoriété" de"Glee" à celle de "
Mad Men".
Cf. ci-dessous, les données issues de Google Insight pour les recherches effectuées sur Google au cours des 12 derniers mois (ce graphe figure à titre d'illustration, car les données n'en sont pas aisément interprétables du fait de
la normalisation et des effets d'échelle).
voir aussi, sur MediaMediorum
De Glee à Smash : lancement d'une série
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