Affichage des articles dont le libellé est bouquet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bouquet. Afficher tous les articles

mercredi 18 juillet 2018

Révolte contre le câble aux Etats-Unis. Consumer Reports sonne la charge !


"TV par câble, TU ES VIRÉE !", c'est le titre de Consumer Reports, le magazine de l'Union des consommateurs américains qui mène la révolte contre le prix des abonnements. Le magazine compte plus de 6 millions de membres et abonnés, c'est un leader d'opinion considérable en matière de consommation courante, de coût de la vie, de prix... Ses tests de produits et services font autorité (santé, alimentation, automobile, etc.). Une autorité reconnue bientôt centenaire, créé en 1936.

Le magazine n'y va pas par quatre chemins, montrant un décodeur de câblo-opérateur (set-top box) jeté dans la corbeille à papiers : réduisez votre facture, personnalisez votre offre pour ne payer que ce que vous aimez, pour moins cher ("Shrink your cable costs and customize your channels - so you get more of what you love, for less"). Le magazine publie un guide, très didactique, pour réduire sa facture ("a guide to shrinking your cable bill"), incitant même les abonnés à refuser la partie TV de l'abonnement pour ne conserver que la partie Internet.

Voilà longtemps que les abonnés américains grognent, se plaignant de payer trop cher, trop de chaînes (bloquées dans un bouquet, bundle) qu'ils ne regardent pas, de recevoir des factures obscures et imprévisibles. Un mouvement de désabonnement est commencé depuis plusieurs années, au profit des offres de streaming (OTT) de Netflix, d'Amazon Prime, de Hulu, de bouquets virtuels (vMVPD : YouTube TV, etc.). Le magazine suggère de (re)prendre une antenne terrestre qui donne accès gratuit à tous les networks, à la télévision publique et aux stations locales. Consumer Reports invite enfin ses lecteurs à signer une pétition (WTF...What The Fee!) et à regarder du côté de Netflix, de Hulu, de Amazon Prime...
Netflix vient de gagner encore 674 000 abonnés aux Etats-Unis lors du deuxième trimestre 2018, les "experts" attendaient davantage mais le résultat - excellent - confirme néanmoins la tendance observable depuis plusieurs années en faveur des offres de streaming.


Références sur MediaMediorum


A new business model for TV: virtual MVPDs (Hulu Live TV, YouTube TV...)






lundi 20 juin 2016

Mini-bouquets (Skinny Bundles) pour abaisser le prix d'accès à la télévision


Pour le câble comme pour le satellite (Multiple Video Programing Distributors, MVPD), aux Etats-Unis, l'heure semble aux désabonnements. Les abonnés, surveillant leur dépense de télévision, s'orientent vers les offres OTT et particulièrement vers Netflix, amazon Video, Hulu ou YouTube.
L'offre de chaînes par les MVPD, exorbitante, ne correspond pas ou ne correspond plus à la demande des abonnés qui veulent choisir les chaînes auxquelles ils s'abonnent et rejeter celles qui ne les intéressent pas (ou plus). Sont ainsi mises en question les offres sportives dont les coûts très élevés payés par les opérateurs sont reportés sur la facture des abonnés (sont visés notamment ESPN 1 et 2, très chers). Rappelons que, en moyenne, un foyer TV américain reçoit 206 chaînes pour n'en regarder que 20 (source : Total Audience Report, Nielsen, September 2016). En réaction, pour lever cette barrière à l'entrée dans la télévision, des opérateurs adaptent progressivement leur marketing et proposent des bouquets réduits (dits "skinny"-amaigris, minces-, on parle aussi parfois aussi de slim package ou de slimmmed-down bundle), ce à quoi les fournisseurs de contenus (chaînes) sont évidemment hostiles.
  • Ainsi Verizon (Fios, 5,8 millions d'abonnés) mit en place, en avril 2015, des petits bouquets thématiques complémentaires du bouquet de base (35 chaînes), dits "Custom TV", reportant ESPN (ABC - Disney) dans un bouquet sport séparé, optionnel. En réaction, ESPN (Disney) a déposé une plainte contre Verizon pour rupture de contrat. Le conflit Verizon / ESPN s'est réglé à l'amiable en juin 2016, sans que l'on en connaisse les termes ; il semble que ESPN et ESPN 2 aient finalement été inclus dans le bouquet Sports & More (65 $).
  • En décembre 2015, NCTC, une association de 750 petits câblo-opérateurs (National Cable Television Cooperative, 4 millions d'abonnés) s'est plaint auprès de la FCC parce que AMC Networks leur impose l'achat de 5 chaînes à faible potentiel d'audience (WE tv, IFC, SundanceTV, BBC America, BBC World News), pour une durée de dix ans, s'ils veulent acheter AMC, la chaîne principale (qui diffuse des émissions à succès comme "The Walking Dead"). De plus, AMC demande à NCTC de payer pour tous ses abonnés et non seulement pour ceux qui veulent AMC. AMC Networks tente ainsi de compenser l'effritement des abonnements (cord shaving), en prenant une sorte d'assurance contre les "skinny bundles" ; de leur côté, les opérateurs cherchent à satisfaire leurs clients en proposant des abonnements moins chers, avec des petits bouquets à la carte. Début 2016, un accord a été trouvé réduisant les prix pour NCTC et diminuant le nombre de chaînes diffusées par les opérateurs.
  • En août 2016, Dish Network lance Flex Pack, un mini-bouquet de 50 chaînes pour 39,99$ / mois ne comprenant aucune station locale (donc aucun network) et ne propose pas non plus ESPN ou Fox News (que l'on peut ajouter avec un supplément de dix dollars). Ce skinny network se veut tout l'opposé des "giant bundles" habituels.
  • Durant l'été 2017, Charter lance Spectrum TV Stream, un bouquet pour 19,95 $ par mois (sans contrat), sans sport, comptant plus d'une vingtaine de chaînes (dont les versions locales des quatre grands networks nationaux et PBS). Le bouquet peut être reçu sur iOS, android et sur des téléviseurs connectés. Début 2018, Charter enrichit son offre avec Spectrum Choice (stations locales des networks, 25 canaux musicaux de Music Choice et dix autres chaînes au choix) ; l'abonnement est à 25 dollars par mois.
A terme, tout indique que le marché s'oriente vers une commercialisation des chaînes non plus par bouquet mais à la carte, le "skinny bundle" étant une étape dans cette direction.
Bien sûr, AT&T (U-verse, DirecTV) qui lancera 3 chaînes OTT en fin d'année, estime que le modèle économique des mini-bouquets est intenable à terme et déclare que les petits bouquets seront inévitablement amenés à grossir ("Skinny will turn to fat sooner or later"). 
Une enquête de Digitalsmith (TiVo,“Q4 2015 Video Trends Report”) auprès de 3 100 répondants appelés à simuler une composition de leur mini-bouquet laisse entendre qu'une offfre optimale proposerait sept "skinny bundles" de 15 chaînes pour environ 35$ chacun.
En attendant, les opérateurs perdent des abonnés et Netflix en gagne. L'été, saison des changements télévisuels, risque d'être riche d'enseignements.

mercredi 28 octobre 2015

IBM et The Weather Company cherchent l'or du temps


Weather Co. (qui détient la chaîne météo, The Weather Channel) serait sur le point de céder à IBM pour 2 milliards de dollars ses actifs données et numérique (digital and data assets) comprenant le site Web, les applis et WSI, la division professionelle (B2B) ; selon The Wall Street Journal, Google aurait, l'an passé, décliné une offre d'achat de Weather Co. 
Les actionnaires actuels comprennent entre autres Comcast / NBC Universal, le MSO, qui n'a donc pas voulu se porter acquéreur (les autres actionnaires sont Bain Capital et Blackstone). La valeur des données prend tout son sens pour IBM qui détient les compétences nécessaires : cloud computing et intelligence artificielle (machine learning, Watson). 

A l'issue de cette vente, la chaîne The Weather Channel, anticipant la chute des revenus en provenance des MVPD (Multichannel Video Programming Distributor), sera-t-elle convertie en OTT afin de pouvoir collecter les revenus directs des consommateurs, abonnés non pas à un bouquet de chaînes mais à cette chaîne en particulier (cf. OTT Everywhere. A Media Paradigm Shift?) .

Cette vente manifeste clairement deux tendances actuelles du marché de la télévision, et la disruption manifeste qu'elles repésentent pour le modèle économique de la télévision:
  • l'importance primordiale des données et de leur traitement, d'une part, 
  • l'affaiblissement des MVPD, d'autre part.
The Weather Channel (TWC) fut, après CNN et MTV, l'une des chaînes historiques du câble américain. Lancée en mai 1982, elle est reçue par près de 90 millions de foyers américains, mais depuis quelques années, son audience décline (-11% au cours des quatres dernières années selon Nielsen). Toutefois, TWC a remplacé Yahoo! pour la fourniture de données des applis météo de Apple (Iphone, Ipad, Apple Watch, Apple TV). En début de semaine, The Weather Channel et IBM avaient annoncé un accord avec Twitter pour l'utilisation de données météo (Insight Cloud Services).

IBM Analytics, copie d'écan, 28 octobre 2015

mardi 8 avril 2014

Deux visions du temps qu'il fait à la TV : WeatherNation vs Weather Channel


Une bataille a opposé The Weather Channel à l'opérateur satellite DirecTV. Du point de vue de l'opérateur, The Weather Channel est trop cher. Les opérateurs paieraient 13 cents par abonné par mois pour la retransmission de la chaîne (selon SNL Kagan). DirecTV lui a substitué WeatherNation avec un contrat pluri-annuel.
DirecTV compte 20 millions d'abonnés (fin 2013), c'est le second opérateur après Comcast.

Ce n'est peut-être qu'une partie du débat.
The Weather Channel a une programmation mixte, qui se généralise : 1/3 météo, 2/3 reality shows et séries ("Deadliest Space Weather", "Coast Guard Alaska", "Highway Thru Hell", "Prospectors"). Programmation en partie concurrente des autres chaînes. De plus, la chaîne est contrôlée par le câble-opérateur Comcast (NBCUniversal), quelque peu concurrent des opérateurs satellites et télécom.
En revanche, WeatherNation a une programmation exclusivement consacrée à la météo ("all weather related information all the time", selon le responsable des contenus de DirecTV).
Deux logiques d'agrégation s'opposent : celle du distributeur global (MSO) et de son bouquet, d'une part, celle de la chaîne, d'autre part. Pour résister aux offres concurrentes issues du numérique (OTT), comme Netflix, l'opérateur doit préférer rassembler un bouquet de chaînes nettement thématiques, clairement distinctes. Or The Weather Channel semble se dé-thématiser en mêlant information météorologique et fiction.
Enfin, l'importance discriminante d'une chaîne météo décroît avec la prolifération de sites et applis spécialisés dans la météo, disponibles en permanence sur support mobile.

Mise à jour 9/8/2014

The Weather Channel a fait marche arrière et a réduit de moitié la part de fiction dans sa grille des jours de semaine. Les abonnés à DirecTV pourront aussi regarder gratuitement la chaîne sur des supports mobiles. De son côté, DirecTV a accepté d'augmenter légérement le réunération de la chaîne.
Le P-DG de la chaîne a présenté ses excuses. Difficile de se priver d'un potentiel de 20 millions d'abonnés.

samedi 27 avril 2013

Une année de télévision en France (2012)

.
Guide des chaînes numériques, mars 2013,. Edité par le CSA, le CNC, la DGMIC, l'ACCeS et le SNPTV. Edition numérique (pdf). Le chapitre 8 regroupe les principaux textes de l'activité législative et réglementaire de l'année 2012.

Ce guide annuel en est à sa 11ème édition. Outil documentaire de référence, commode en version pdf, il constitue aussi une occasion, en le parcourant, de dégager, par delà toutes les données désarticulées, les grandes tendances de notre marché télévisuel.
  • La télévision consommée, telle que la mesure Médiamétrie, croît, se rapprochant de 4 heures (DEI) ; donc les téléspectateurs consomment bien plus de 4 heures par jour (DEA). Multiscreentasking ? Où se situe la limite ?
  • Les plus faibles consommateurs de télévision sont les enfants (2h15) tandis que les personnes de plus de 50 ans (drôle de cible) dépassent 5h. Le temps disponible serait donc la variable la plus explicative des écarts de consommation : la télévision bouche les trous de l'emploi du temps. La télévision comme activité des inactifs ?
  • La télévision numérique terrestre (TNT) qui fut tellement dénoncée à ses débuts, triomphe (comparer avec la situation américaine). Combien parmi ses usagers de "cord-never" et de "cord-cutter", qui ne s'abonneront jamais ou qui se sont déjà désabonnés ?
  • En plus de la redevance, 13,6 millions de foyers s'abonnent à un opérateur pour recevoir la télévision. Quelle est l'audience des chaînes que l'on ne reçoit qu'en payant ? Faible, très faible. De quoi vivent-elles ? Certainement pas de la publicité. Des miracles de la vente au forfait (bouquet) ?
  • La distribution par ADSL gagne du terrain ; le satellite sans abonnement rattrape le satellite avec abonnement. Quelles chaînes, quelle programmation en profitent ? L'échec du câble est flagant. 
  • Quelle part de la consommation de télévision ignorons-nous ? Combien de chaînes ne sont pas mesurées ? Quelle est la part de la consommation hors foyer, hors du téléviseur ? 
  • Chapitre bien venu (pourquoi en annexes ?) sur la vidéo à la demande (VàD). Ces données méritent d'être intégrées dans le bilan télévisuel global.
  • Qui finance la télévision française ? Après les impôts (l'Etat), viennent les industries alimentaires, le secteur hygiène-beauté puis l'automobile, la grande distribution, les banques et les télécoms. L'ensemble représente 60% du financement, hors Etat.
Guide des chaînes numériques, p. 85. Attention : investissements BRUTS.
Beaucoup de statistiques dans ce guide, mais les catégories descriptives sont complexes voire sibyllines. renvoyant à des pratiques administratives, de finance publique spécialisée, à des outils de suivis budgétaires ("production audiovisuelle aidée", etc.). Pour faciliter la lecture, les catégories devraient être illustrées des émissions qui s'y trouvent. Quant au cinéma, la complexité des segmentation mises en oeuvre interdit aux non spécialistes de conclure (l'illustration à l'aide de titres de films serait bienvenue).
L'approche diachronique, que permettent 11 années d'analyse (exemple : p. 77), est trop rare.
Dommage que ne figurent pas dans les documents les audits effectués par le CESP des mesures d'audience de la télévision.

Les sujets télévisuels qui fâchent se sont pas évoqués par ce "guide". Par exemple, voici des questions qui pourraient figurer dans un bilan des événements de l'année (au même titre que l'actualité législative traitée dans le chapitre 8. Où en est l'émirat du Qatar dans la télévision française ? Quelle place pour la publicité dans le secteur public de télévision (publicité télévision et publicité Web) ? Quel modèle économique et éthique pour la télévision et le sport ? La télévision publique doit-elle financer avec l'argent public un Tour de France cycliste qui souvent célèbre des "sportifs" dopés ? Quid de l'exception française (accord avec Discovery Communications Inc. sur les chaînes documentaires) ?
.