- Pas d'actualité politique extraordinaire (guerre, élection), "A slow news period", faible audience. L'ordinaire ne fait pas l'audience. Pourtant chaque jour apporte aux Américains sa part de cercueils, de Bagdad ou d'Afghanistan, pourtant la "crise économique" va bon train. Mais, même malheureux, ceci ne fait plus événement. Le téléspectateur s'y est habitué.
- Pas assez de "opinion shows" qui compenseraient le manque d'extraordinaire en fabriquant de l'actualité, Fox News a mis en place de telles émissions ("The O'Reilly Factor", etc.) . Une chaîne d'infos - on l'oublie - ne suit pas seulement l'actualité, elle la "fait" aussi, elle "l'invente". Un média doit fabriquer sa matière. Les grands médias du sport l'ont fait (ESPN, L'Equipe, La Gazetta dello Sport, etc.). Seule la météo, et encore, vit en permanence dans l'événement, d'où son succès.
mercredi 1 avril 2009
Evénement et quotidien
samedi 21 mars 2009
Huis clos scolaire
- Diffusion en avant-première sur ARTE, la semaine précédant la sortie en salles (50 salles seulement, dit-on, quand certains films ouvrent avec plusieurs centaines. Affiche ci-dessous, kiosque AAP). Entorse à la chronologie des films.
- L'état de la langue vernaculaire rendu par le film et les acteurs. Vocabulaire, prononciation : ce qui se parle là tend par moment vers le degré zéro de la communication et du respect. Si l'on en croit ce film, il semble ainsi ne plus y avoir de mots pour dire "femme", par exemple. En attendant des analyses socio-linguistiques (cf. Labov, "Language in the Inner Citiy. Studies in the Black Vernacular", 1972).
- La place du téléphone portable, centrale, à la ville comme à la scène. Pour le meilleur et pour le pire.
- La parodie des émissions électorales qui légitiment une culture d'exclusion : votez, éliminez, virez, etc. "Star Ac" et "Maillon faible". Pauvreté de la vie sociale et de l'expression des opinions (s'interroger sur la prolifération sur Internet d'incitations à "voter", de sondages accompagnés de statistique insignifiante... au nom de l'engagement !).
- "La journée de la jupe". Parodie encore. On n'en peut plus de ces "journées" événement : journée des accidents de la route, du Sida, contre le cancer, de la femme, sans tabac, de la télévision, du patrimoine, sans télévision... il y en a tellement que l'on ne manquera bientôt de jours à moins de ne plus créer que des demi-journées. (il y a déjà des jours avec deux journées). Les Saints du jour sont plus drôles, et merci aux pauvres saints aémères !
dimanche 27 avril 2008
Dé-placement de produits

Charm! est le roman réel d’un personnage de fiction. L’ "auteur" est un personnage du soap opera, “All My Children”, diffusé depuis janvier 1970 sur le network ABC (Disney) en mi-journée mais aussi sur la chaîne thématique SoapNet (65 millions de foyers abonnés) en début de soirée. Ce soap a été "testé" par TF1 au printemps 2003, sous le nom de "La Force du destin" et abandonné.
Chaque épisode dure une heure. Le personnage et pseudo-auteur Kendall Hart est la fondatrice d’une entreprise de parfum qui se console dans l’écriture de la disparition de son mari. Charm! est son œuvre, roman écrit dans le même ton, avec les mêmes ingrédients que le feuilleton.
http://abc.go.com/daytime/allmychildren/index.html
http://soapnet.go.com/soapnet/show/path-showname_allmychildren
Publié par une filiale de Disney (Hyperion), le titre a fait sa place dans la liste des best-sellers du New York Times et aurait déjà vendu plus de 100 000 exemplaires dans les librairies réelles. Mais il est aussi en vente dans les librairies fictionnelles du feuilleton ! Kendall Hart a aussi son blog (http://www.kendallhart.com/) …
Un parfum, du même nom que le roman, "Charm!", a été en lancé en mars, distribué par Sears (comme les parfums de Victoria Beckham, de Céline Dion ou Britney Spears). Autour du flacon, pend un petit porte-bonheur (en anglais, "a charm").
Comment se lient pour le marketing le réel et le virtuel ? Comme le placement de produit fait vivre un produit du monde réel dans une fiction, Charm! donne une vie réelle, une "vraie vie" à un produit né de la fiction, dans la fiction : dé-placement de produit.
Pourquoi pas en généraliser le principe ?
Les émissions de télé-réalité, selon un script plus ou moins précis serviraient d’incubateurs de produits et de services, les meilleurs produits ou services franchiraient la frontière du feuilleton pour aller vivre leur vie sur les rayons d’un supermarché, d'une librairie ou d'un grand magasin. La "Star Ac", "Super Girl" ( "超级女声") ou "American Idol" appliqués au marketing.