Affichage des articles dont le libellé est pricing. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pricing. Afficher tous les articles

dimanche 5 février 2012

Walmart : merchandising d'abord

.
Les équipes de merchandising et de marketing de Walmart étaient jusqu'à présent alignées au même niveau hiérarchique ; elles reportaient également au P-DG de Walmart (Etats-Unis, 4 750 magasins). Une réorganisation vient de prendre effet qui met désormais le marketing sous la responsabilité du merchandising et qui rassemble les deux entités. Le merchandising prend donc le pouvoir : relation aux clients, organisation des ventes et des linéaires (display), assortiment des produits, politique des prix.
Ce tournant, amorcé il y a quelques mois, s'est manifesté pleinement lors du long week-end du "Black Friday".

Ainsi Walmart prend acte des changements intervenus dans les comportements et consommations médias de ses clients : emprise des réseaux sociaux (Facebook surtout), ampleur et intérêt stratégique supposé de la data produite à chaque étape de la consommation. La principale de ces transformations, celle qui les orchestre toutes est l'équipement en téléphonie portable. Promu au devant de la scène commerciale par ces transformations, le merchandising semble mettre la publicité au second rang des priorités de Walmart.
Au lieu d'événements promotionnels, ponctuels, les prix les plus bas, tout le temps (Every Day Low Price, EDLP). La fidélisation serait à ce prix. Qu'il faut néanmoins faire connaître.
Fini le point de vente comme enchantement, théâtre. Des palettes partout ("Action Alley"). Le plus grand nombre de produits possible (EGS). Moins chers. Organisation de crise ?

Dans cette perspective, que devient l'établissement et le maintien d'une image de marque, d'une notoriété ? Le merchandising peut-il remplacer la publicité pour atteindre ces objectifs ?
Un tel changement est il propre à la grande distribution ?
.

dimanche 9 octobre 2011

Presse magazine : l'exception est la règle

.
La question des formats en presse magazine est complexe.
Beaucoup de titres, quelques dizaines, disposent désormais à côté de leur version classique une version au format poche ou sac à main, plus facile à feuilleter, à transporter, moins chère aussi. Concession raisonnable à la mobilité.

En même temps, de temps en temps, des titres proposent une version grand format. L'hebdomadaire Voici (Groupe Prisma Presse  / Gruner + Jahr) publie pour la troisième fois une version dans un format plus grand que d'habitude (226x312). "Numéro exceptionnel !" mais vendu 1,5 €, comme la version habituelle (1,5 € "seulement"). Grâce à cette exceptionnalité (suffixe S), alors que le titre est hebdomadaire, cette version grand format ne sera pas "chassée" par le numéro suivant (règle de rappel) et restera deux semaines en kiosque. Double visibilité pour le titre.
Les prix, eux-mêmes, varient de plus en plus. Cet été Voici a été vendu à un "prix exceptionnel" (1 €, ce qui est aussi le prix pour les abonnés à l'année). Quant à ceux qui achètent le numéro de Voici en version numérique, ils le paient, semble-t-il, 1,18 € (et 0,99 € lorsqu'ils sont abonnés).
En presse magazine, l'exception est de plus en plus souvent la règle. On ne dit pas assez cette modernité de la presse, ce travail d'optimisation empirique...

A gauche, "numéro exceptionnel" d'octobre ; à droite, numéro de juillet au "prix exceptionnel"

jeudi 25 novembre 2010

Numérotation des chaînes et linéaire TV

.
L'opérateur du câble Comcast et la chaîne Tennis Channel s'opposent à propos du positionnement de la chaîne dans l'offre commercialisée par l'opérateur.
La chaîne est offerte dans le cadre d'un package optionnel de chaînes sportives alors qu'elle demande à être distribuée dans le service de base (basic tier), ce qui lui donnerait une meilleure chance d'être regardée et surtout lui permettrait d'être mieux rémunérée par l'opérateur (sa rémunération dépend du nombre d'abonnés à Comcast qui reçoivent la chaîne). Tennis Channel fait remarquer que deux chaînes de sport, Golf Channel et Versus (chaîne multi-sport), qui appartiennent à Comcast sont placées dans le package basic accessible à tous les abonnés. Tennis Channel y dénonce une discrimination (carriage discrimination). parmi les packages et donc sur la numérotation du canal affecté à la chaîne (lineup). Incapables de s'accorder, Comcast et Tennis Channel attendent l'arbitrage de la FCC.
  • Ce conflit doit être lu dans une double perspective 
    • La fusion NBCU / Comcast. Certains y voient une préfiguration de ce que donnerait une concentration des pouvoirs distributeur / détenteur de contenus : la mise en danger d'une sorte de neutralité de la distribution. Tennis Channel compte profiter de ce contexte.
    • Le lancement de Google TV. Avec Google TV, ou tout moteur de recherche TV, la numérotation, et le nom de la chaîne ne viennent plus qu'au second rang pour le téléspectateur qui choisit son programme à l'aide de requêtes (mots). Le moteur lui permet de trouver et sélectionner des émissions en fonction de leur description (thèmes, acteurs, horaires, etc.), et bien sûr de leur référencement (naturel et payant). Le nom de la chaîne et, a fortiori, son numéro, ne sont qu'un élément taxonomique faible (par opposition à film, sport, documentaire, etc.) auquel succéderont de facto des outils folksonomiques.
  • Ce conflit laisse entrevoir la remise en question prochaine de la logique commerciale du linéaire TV et du référencement des produits vidéo par le distributeur (le basic est comme une tête de gondole). Tennis Channel réclame un meilleur positionnement, une meilleure visibilité par les téléspectateurs. Google TV fournit au distributeur le moyen de gérer son offre plus simplement et plus rationnellement dans l'intérêt du consommateur. On voit poindre la remise en chantier de la politique des prix pratiqués par les distributeurs : le paiement des chaînes intervenant plutôt, par exemple, en fonction de la durée de consommation, que du nombre théorique d'abonnés (cf. initialisation). La notion de "package" (tier, etc.) ne survivra pas longtemps à la remise à plat des offres vidéo par les moteurs de recherche, pas plus que celle, parente et tout aussi surannée, de "portail" que s'efforcent, sur le Web, de faire survivre quelques distributeurs.