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mercredi 7 mars 2012

Public TV and the Web

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iPhone free app
In its Annual Report 2011 published 7 March 2012, Axel Springer AG lists "the expansion of state-owned TV stations into the Internet" as a "political and legal risk" for its group. Axel Springer AG targets a news app published by ARD, the leading public German channel. "tagesschau" is a "text-oriented news app", claiming to be "Die Nachrichten der ARD" (news of the ARD). It is a free app whereas news apps developed by RTL or Springer are paid (0,79 € / month for the Bild App, 2,99 for the FAZ).

Since ARD is financed by a licence fee ("Rundfunkgebühren"), a sort of a tax paid by each German household (18 € / month), Axel Springer AG complains that this is unfair competition. The group has filed a lawsuit against ARD. The results of this lawsuit could affect the business model of all public channels on the Net.

This is far from a trivial matter
In most European countries, public radio and television have developed free news apps and websites which could all be perceived by the private media as unfair competition.
This poses the question of the diversification of the public services financed by "taxes". Is the Web a different market or a logical extension of their core business (TV and radio programs) ?

N.B. Axel Springer AG is one of the major media groups in Europe; in addition to newspapers (Bild, Die Welt) and magazines, the group owns many websites: aufeminin.com, onmeda.de (santé), seloger.com, etc. The Group is active in many European countries (France, Russia, Spain, Switzerland, etc.)

Sources:
in German, Geschäftsbericht 2011, "Politische und rechtliche Risiken", Seite 70
in English, Annual Report 2011, "Political and legal risks", page 73
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mercredi 3 juin 2009

Débit rêvé et débit réel


L'ARCEP publie les chiffres du "haut débit". Selon les déclarations des fournisseurs d'accès, on compte 18 millions d'abonnements en France (ménages et entreprises, ADSL et câble).
Quel débit ? Car il existe aussi le "très haut débit", qui est d'ailleurs inclus dans cette statistique de l'Observatoire de l'Internet Haut débit. Le très haut débit, celui des "réseaux de nouvelle génération", désigne notamment la fibre optique, parfois le câble avec dans les deux cas une promesse de 100 Mbit/s. L'ARCEP met en place un Tableau de bord trimestriel du très haut débit. Evidemment, les définitions ne sont pas universelles, chaque pays a la sienne.

Comment s'y retrouver ? Le mieux est de s'en tenir aux usages, à ce que perçoit le consommateur, à son confort d'utilisation.
Le bas débit, commercialisé à la durée de connexion, ne permet qu'une expérience limitée d'Internet, en qualité et en durée.
Le haut débit est commercialisé au forfait : le consommateur ne compte plus son temps consacré à Internet, il est connecté en parmanence.
Le très haut débit y ajoute des capacités permettant l'accès confortable à la vidéo, à la télévision, au téléchargement rapide.

Mais il y a débit rêvé et débit actuel : aux débits promis par les fournisseurs se substituent souvent des débits misérables, la principale raison étant la distance entre la réception (ordinateur) et le noeud de raccordement.
Dommage que les statistiques du haut débit, celles de l'ARCEP notamment, ne distinguent pas débits observés, vécus, et débits théoriques (hélas ! les études de calage des enquêtes média ne les distinguent pas non plus !). La statistique des débits annoncés - "advertised" - comme dit l'OCDE, ne présente aucun intérêt, c'est un peu comme le brut par rapport au net pour les investissements publicitaires.
"Promesse vide" des publicités ADSL, en Allemagne aussi, "Leeres Versprechen", comme titre la FAZ, qui conclut en parlant de tour de passe-passe commercial à propos des débits : "die geworbene Geschwindigkeit ist nur ein Taschenspielertrick". Publicité et illusionisme !
Il en va de même avec la téléphonie. Mesurer l'écart entre débit promis et débit fourni peut être édifiant : cf. Speedtest et son application pour iPhone.

Ces distinctions dans la statistique des niveaux de débit présentent pourtant une importance cruciale.
  • Le bas débit ne change guère la vie, il apporte surtout le courrier électronique (sans trop de fichiers joints) et des fonctions d'annuaire.
  • Le haut débit apporte le confort, la consommation insouciante et continue qui permet la socialisation numérique (MSN, Facebook, etc.), les téléchargements, Skype, le commerce, etc.
  • Le très haut débit change tout. Internet devient alors le média de la vidéo, du cinéma, des concerts, des documentaires, de l'info et de la collaboration continue. La publicité devient vidéo, également. Le plein écran l'emporte sur la "mise en page" par pavés, hérissée de titraille, imitée de la presse quotidienne. Rupture radicale avec ce que l'on connaît actuellement dans le cadre du haut débit.
Puisque le futur proche est au très haut débit, autant ne pas trop passer de temps et d'énergie à conjuguer l'Internet à l'imparfait.

lundi 23 février 2009

eyePlorer : à Vous de voir


Travail de visualisation des résultats d'une recherche par eyePlorer. Construire un moteur d'exposition, "Envisioning information" comme titre l'ouvrage de Edward R. Tufte (1990).
Pour chaque interrogation, un moteur de recherche produit des dizaines de milliers de réponses. L'internaute ne consulte que la première page et, souvent, s'en tient aux cinq premiers résultats. Pour limiter ce gaspillage, orienter, susciter les étapes suivantes, eyePlorer propose une exploration visuelle, opératoire, suggérant des pistes d'approfondissement, allant du percevoir au concevoir.
Pour cette version bêta, eyePlorer exploite les données de Wikipedia.

J'ai effectué trois tests, en anglais et en allemand (les deux langues proposées pour les tests) : l'un, plutôt conceptuel, sur Gregory Chaitin (mathématicien, logicien, informaticien), un plutôt "ethnique" sur le PB&J (l'un des sandwichs des enfants américains), et un, plus culturel large sur Elfriede Jelinek (romancière germanophone, Prix Nobel de littérature).
Les résultats en anglais sont pauvres, meilleurs en allemand, tant pour le mathématicien que pour la romancière. Pour le sandwich, tellement américain, l'allemand ne donne rien. Les objectifs de l'outil sont nets  : les résultats doivent sauter aux yeux. Essayez ...

A ce stade, l'enjeu est le mode d'orientation de la recherche que les auteurs tentent de rapprocher du fonctionnement de la pensée humaine en empruntant aux sciences cognitives. 
Un procès d'exposition n'est jamais neutre, il engage une vision, une théorie, une intentionalité. En jeu, les associations (connotations, allusions, métaphores), les catégorisations et classements, les niveaux de généralisation, la dialectique de l'approfondissement et des "enchaînements de l'analogie" (Michel Foucault) ... Passer du lexical strict au sémantique ? 
Notons le postulat tacite d'universalité des modes de perception et des comportements d'organisation des savoirs. C'est à chacun de nous de VOIR? L'idée d'ordre visuel ("visuelle Ordnung") ne rassure pas.
La Frankfurer Allgemeine (FAZ) présente eyePlorer comme un défi à Google (Google-Herausforderer). Vaste programme. Plutôt complémentaire, une "appli" ? D'ailleurs, où serait la publicité dans une telle présentation de résultats ? Quel modèle économique ? Peut-être des applications B2B ?