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lundi 13 décembre 2010

S&P' 500 : Netflix arrive, le New York Times s'en va

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Netflix, qui commercialise de la VOD aux Etats-Unis, intègre en fin de semaine l'indice Standard & Poor's 500 ; le quotidien new yorkais le quitte, rétrogradé dans la catégorie des valeurs moyennes (MidCap 400). Quittent également le groupe des 500, en même temps que le NYT : Eastman Kodak et Office Depot (distribution, matériel de bureau). Rejoignent le groupe des 500 : Cablevision Systems Corp., premier câblo-opérateur de New York (cluster de 5 millions d'abonnés) et opérateur de télévision (AMC, Sundance Channel, WE tv, News 12), F5 Networks Inc., une entreprise de IT qui met en oeuvre des infrastructures de communication "agile" (hébergement, cloud computing, etc.).
Difficile de ne pas voir, dans ces substitutions de fin d'année, des symboles et de sérieux avertissements. D'autant que, pour ces médias, l'opinion de la bourse et les comportements du grand public convergent.

Netflix compte plus de 17 millions d'abonnés. Son modèle économique de VOD est mixte : sa librairie de plusieurs dizaines de milliers de films et séries est accessible à la fois par voie postale et en ligne (dont iPad), permettant la conquête simultanée de deux types de publics et faciltant leur conversion progressive au tout numérique. Netflix est aux Etats-Unis un phénomène média considérable. Son accord récent avec ABC Disney pour la distribution en streaming des produits du groupe renforce encore sa puissance.
Le déclin de la presse quotidienne d'information telle que la symbolise le NYT semble aussi inéluctable que celui de la photo argentique. Pour Kodak comme pour le NYT, la transition numérique est douloureuse.
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samedi 4 décembre 2010

WikiLeaks. Amazon fuite en arrière, PayPal aussi

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WikiLeaks.
La Une du Monde avec 4 titres extraits
de WikiLeaks. Qui a produit l'info ?
Hors risque de sécurité, un Etat ne doit pas avoir de secret pour son peuple, seulement des comptes à lui rendre. Or, à l'exception de quelques enquêtes et quelques "fuites", les Etats vivent confortablement dans le secret, avec l'argent du peuple. Le peuple a des vies privées, l'Etat n'a qu'une vie publique.
Le scandale, ce ne sont pas les fuites de WikiLeaks, mais que les Etats aient des secrets. WikiLeaks fait un travail de média (cf. le commentaire "Das Informationsmonopol ist gebrochen" dans Die Zeit - en anglais). Le travail et le courage des médias c'est, entre autres, "de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe" (Jean Jaurès), c'est de rendre publiques les actions de l'Etat. Difficile : tant de médias sont contrôlés, achetés par des Etats. Un seul regret : n'avoir de révélation que concernant l'Etat américain, à quand des révélations sur des Etats européens ou du Moyen-Orient ?
Qu'Amazon, PayPal (filiale de eBay) et compagnie trahissent leurs clients sur injonction d'un Etat est l'autre scandale. Suivent dans l'abdication : Tableau Public, logiciel de visualisation de données, et EveryDNS (qui gère des noms de domaine). Voilà qui désenchante Internet et le Web. Et rappelle la longue chaîne de dépendances (dont les hébergeurs sont un maillon faible) sur lesquelles reposent nos fragiles libertés d'internautes, et les pouvoirs dont elles dépendent au bout de la chaîne. Internet et le Web obéissent aux Etats ; c'est pourquoi ils requièrent le contrôle et l'aide constants des citoyens (cf. le manifeste de Berners-Lee).
Le scandale n'est pas où l'on prétend et il se conforme à son étymologie : occasion de chuter, pour les Etats, les entreprises et les internautes, si nous n'y prenons garde.

* La citation de Jean Jaurès, fondateur du journal L'Humanité, est tirée du Discours à la jeunesse de 1903 (au lycée d'Albi) ; la suite de la phrase : "et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."
* Bien sûr, amazon dément avoir obéi à une quelconque demande de l'Etat américain.
* Notons qu'il s'est trouvé, dans ces entreprises, de zélés "collaborateurs" pour mettre en oeuvre ces demandes si peu conformes à l'esprit d'Internet, et cracher ainsi dans leur propre soupe. Ils n'auront, bien sûr, fait que suivre les ordres !
*Le web est formidable : il y a déjà un moteur de recherche pour guider les internautes dans la lecture des données publiées par WikiLeaks, Cable Search.
*Pour l'instant, ni Facebook ni Google ne semblent se soumettre...
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