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vendredi 23 novembre 2012

Preview, magazine Série & Télévision

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Tout est dit dans le titre. 3,9 €, 100 pages. Peu de publicité.
Les séries constituent une pratique culturelle importante, un ensemble de références partagées, voire d'identifications. Segmentantes, elles permettent de (se) placer sur les axes principaux de "l'anatomie du goût". "Criminal Minds", "The Mentalist", "Homeland", "Glee" mais aussi celles d'autrefois : "Dallas", "ALF", "MacGyver", "I Dream of Jeannie", "Navarro", "L'Instit"... Nostalgie, culte... la série est marqueur historique. Racontant des histoires, c'est une structure narrative qui reprend des principes que ne contesterait pas le théâtre classique.

Après le DVD, la VOD et le streaming multiplient les occasions de regarder des séries hors des chaînes, sur le Web, à tout moment. Non plus seulement à doses unitaires hebdomadaires mais aussi par plus grandes rations, deux ou trois de suite. Soirée séries à la demande.

Les séries épousent souvent l'avant-garde des changements culturels (sexualité, mode, manière de parler, vie familiale, gestique, nudité, etc.) ; à ce titre, leur efficacité sociale va bien au-delà de la stricte distraction. La majorité des séries diffusées en France sont américaines de conception et de réalisation ; cela ajoute une touche d'exotisme et introduit un peu de flou dans la compréhension (même, et surtout peut-être, pour ceux qui regardent les séries en V.O.). Ces séries propagent à la périphérie des manières américaines de voir et regarder le monde, de le raconter aussi : la globalisation est souvent américanisation. De tenter d'y résister naissent des politiques d'exception culturelle (Chine, France).
Le premier numéro du magazine comporte un dossier sur les soap operas, ceux de prime-time et ceux de daytime. On y lira aussi des articles sur "Revenge" (série phare du prime time de ABC, diffusée en France par Canal Plus Family puis, ensuite, sur TF1), sur le tournage de la saison 5 de "Un Village français" (France 3), sur les nouvelles séries programmées par les networks anglophones américains mais aussi sur des séries programmées sur les chaînes européennes. A noter encore une brève réponse à une question qui mériterait de plus longs développements : "La fiction française est-elle au bout du rouleau ?"

Pour ceux qui aiment les séries, les voir et les revoir.
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mardi 19 mai 2009

Principe d'incertitudes

A titre expérimental, dans le cadre d'un travail scolaire, un étudiant a inventé une citation de Maurice Jarre et l'a placée dans un article de Wikipedia consacré au musicien. Son objectif était d'évaluer la propagation d'un tel faux, et ses limites. Le faux s'est retrouvé dans de nombreux articles de journalistes couvrant le décès de l'artiste (BBC Music Magazine, The Guardian, Daily Mail, etc.). Ce qu'il fallait démontrer.
Limites du crowd sourcing. Wikipedia, beau joueur, a rectifié rapidement, admettant la pertinence de l'expérimentation.
Parmi les sources exploitées sans précaution, les communiqués de presse, par lesquels entreprises et administrations s'auto-célèbrent, sont en bonne place. Wall Street Journal rapporte les conclusions d'une étude effectuée par un chercheur sur les communiqués de presse des centres de recherche académique en médecine (étude publiée dans Annals of Internal Medicine, 5 May 2009). Les communiqués pèchent souvent par omission : oublis de mentionner les tailles d'échantillon, de préciser les limites de la méthodologie... 
Comment interpréter ces anecdotes (que je n'ai pas vérifiées !) ? Les journalistes recourent à des sources qu'ils ne peuvent pas toujours contrôler : faute de temps, de moyens, de formation. Rendement et délais obligent. L'information critiquée, vérifiée, contrôlée est lente, difficile à produire, donc très chère. Et incompatible avec le culte du scoop. Qui est prêt à la payer à son juste prix ? L'éditeur ? Le lecteur ? Que l'on ne s'étonne pas de la prolifération de l'opinion, du rapportage, du n'importe quoi et de l'à peu près. 
Contre cette culture quotidienne d'imprécision, un seul antidote : ne pas croire ce que l'on lit. Stratégie cynique développée par les lecteurs : croire pour ne pas gâter son plaisir, mais sans y croire vraiment. Complémentarité. Richard Hoggart dans son ouvrage The Uses of Literacy, évoque la manière "oblique" de consommer les médias dans les classes populaires ("oblique way"). Equilibre du marché de l'information et double contrat de lecture. Figaro déjà avait repéré l'utilité d'un "journal inutile".
Qu'attendons-nous des médias, hypocrites lecteurs ? La vérité ? Ce n'est pas certain. Plutôt le vraisemblable, "qui touche", que le vrai ! La citation de cet étudiant sur Maurice Jarre était vraisemblable.