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mercredi 6 février 2019

Le magazine et l'intention d'achat d'une voiture



Auto Plus Guide l'Acheteur, janvier 2019, 132 pages, Mondadori, trimestriel. 4,95 €

Un magazine automobile rassemble une majorité de lecteurs qui ont l'intention d'acheter une voiture, a fortiori si ce magazine est un guide d'achat. Auto Plus, qui vient d'avoir trente ans, est l'un des importants titres de la presse automobile européenne ; il publie désormais en France (licence Auto Bild de l'éditeur allemand Springer) un trimestriel consacré à l'achat d'une automobile neuve. L'éditeur déclare un objectif de vente de 100 000 exemplaires.
Comparaisons de prix, conseils pragmatiques, pour le choix d'un véhicule. Analyses comparatives, étude de concurrence pour éclairer les acheteurs potentiels (les acheteurs de ce trimestriel sont des "intentionistes", assurément) mais aussi les vendeurs, concessionaires, etc.

Optimiste, le magazine commence par un tour complet, deux pages, des primes encourageant l'achat de véhicules électriques, hybrides ou la destruction des diesels. Il fournit également  une grille de calcul pour le "malus écolo". Notons qu'il n'y a pas (encore) de primes pour encourager le non-achat de véhicules, degré zéro de la pollution !
Ensuite, un long article décrit les nouveaux modèles : "quelle voiture acheter en 2019". Puis viennent des articles comparatifs : le prix des voitures françaises comparé à celui des voitures étrangères de la même catégorie, puis leur confort. Un article polémique évoque le rappel des véhicules : conclusion, "les voitures commercialisées ne sont pas toujours 100% au point". Preuve à l'appui. Ensuite, un "guide pratique", réaliste, sur la location avec option d'achat et la location longue durée : "Comment savoir si l'on se fait avoir... ou pas ?". Pour finir, un épais dossier est consacré aux "300 meilleures voitures du marché", fondé sur les tests d'Auto Plus.
La publicité est à peine présente : le salon Rétro Mobile, des croisières en Asie et PayCar, une appli pour faciliter et sécuriser le paiement des véhicules d'occasion : bon plan, beaucoup de ceux qui achèteront un véhicule neuf vont aussi vendre une voiture d'occasion ! Aucun constructeur, ce qui est rassurant pour l'utilisateur.

Par construction, les comparatifs et les classements simplifient, forcément ; ils demandent beaucoup de quantification, de pourcentages. Expliquer comment les lire, ce qu'ils disent et ne disent pas, pourrait être bienvenu. Le guide d'achat est l'un des genres journalistiques les plus représentés dans la presse française, qu'il s'agisse de numéros réguliers ou de hors série. Depuis des années, on compte plus d'une centaine de hors-série à dominante "guide d'achat" par an (154 en 2017, 127 en 2018, source : Base MM, février 2019) ; un grand nombre de ces titres concerne l'automobile.
Guider les achats, conseiller le consommateur sont des fonctionnalités essentielles de la presse. Plus que des opinions sans doute, le consommateur i.e. celui qui paie son magazine de sa poche, qui est donc de ce fait, comme l'on dit, un lecteur "engagé", attend de la presse un service utile de description, d'explication et de comparaison méticuleuses des produits, nouveaux ou pas. La publicité également participe de cette fonctionnalité, plus ou moins, mais le consommateur attend du magazine le maximum d'objectivité possible. Et d'esprit critique aussi, ce qui n'est pas toujours compatible avec la publicité des marques. D'ailleurs, il est parfois difficile de distinguer entre rédactionnel (description d'un produit) et publicité (cf. les décisions de CPPAP).

Conclusion : magazine bien conçu,  de lecture agréable, voici un bon outil pour préparer ses choix avant une opération porte ouverte, un essai en concession... On ne sait pas encore quels articles sont des rubriques régulières et seront mises à jour, et à que rythme, dans les prochaines numéros. Mais l'espérance de vie et d'utilité du magazine est certainement longue et comptera beaucoup de reprises en main.

samedi 3 février 2018

Les mois de la presse : saisons, événements



Cette statistique des nouveautés presse papier porte sur plus de 38 500 nouveaux titres publiés en France (sont pris en compte les titres en circulation depuis 1990 ; les hors-série ne sont pris en compte que depuis 2003). Elle inclut toutes les périodicités, tous les titres, payants ou gratuits ; seules en sont exclues - et c'est peut-être dommage - les très nombreuses publications consacrées aux jeux (mots croisés ou fléchés, sudoku, scrabble, etc.).

Octobre l'emporte : c'est la rentrée dans une nouvelle année (scolarité, emploi, politique, prix littéraires, etc.). Vendémiaire, était le premier mois du calendrier républicain. Mois des vendanges, et des "marronniers" aussi ! La presse enfants et celle de la décoration, la presse de la cuisine également préparent dès octobre les fêtes de fin d'année. C'est aussi le mois de la chasse, des champignons, des nouveaux modèles automobiles (salons, guides d'achat)...
Juin, mois de transition, est également un mois favorable à la presse, avec beaucoup de hors-série, comme juillet : sans doute, est-ce l'effet de spectacles sportifs de masse, des périodes d'examen (le bac, ses sujets, ses corrigés !), de la proximité des grandes vacances d'été, des plages ensoleillées (presse pour enfants, invitation au voyage, beauté-mode, etc.) ? Célébration et préparation de l'été à venir sont à la une des magazines : "Envies d'été" (Grazia, juin 2018), "Le meilleur de l'été" (Esprit d'ici, hors-série, juin 2018), "Je perds 3 kg avant l'été !" (Top Santé, juin 2018), "On mange dehors" (Modes & Travaux, juin 2018), "Nos plus beaux jardins d'été" (Mon Jardin & ma maison, hors-série, juin 2018), "6 histoires à lire tout l'été" propose Les belles histoires (hors-série, Bayard) aux parents de jeunes enfants...
Août, en revanche, n'est pas favorable aux lancements : fermeture de nombreux points de ventes, faible actualité prévue... Mai est un mois relativement faible également : sans doute en raison des nombreuses fêtes (1er mai, 8 mai, Ascension, Pentecôte, Fête des mères) et des ponts qui les accompagnent souvent.

Pour les innovations en presse, ce sont les événements prévisibles, réguliers qui comptent surtout, (salons, prix, rentrées, fêtes, saisons, anniversaires). Ainsi, 2018 verra fêter le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale (Clémenceau), le cinquantenaire de 1968 (assassinats de Martin Luther King, de J.F. Kennedy, Mai 68 en France), le 200ème anniversaire de la naissance de Karl Marx, le vingtième anniversaire de la victoire française lors de la Coupe du monde de football, le quarantième anniversaire de la mort de Claude François... Les anniversaires peuplent ainsi régulièrement la thématique "histoire". Forcément, l'imprévisible est traité après qu'il ait eu lieu (hors série pour célébrer des célébrités récemment décédées, des victoires sportives, etc.).
Seuls les médias audio-visuels et le Web peuvent traiter l'événement en temps réel. Reste à la presse la possibilité de créer ses propres événements : le Tour de France (lancé par Le Vélo puis L'auto, 1903), suivi du Giro en Italie (lancé par La Gazzetta dello Sport, 1909), la Fête de l'Humanité (1930), le Critérium du Dauphiné Libéré (1947), le cross du Figaro (1961), le Festival Historia (février 2018), les festivals estivaux musicaux de Nice-Matin (Les Aoutiennes, Lunallena)... Certains événements durent depuis plus d'un siècle et sont devenus des institutions nationales, d'autres n'ont vécu que quelques décennies. La plupart sont des événements ponctuels et relèvent d'une stratégie promotionnelle (cf. le cas du Financial Times selon Ian Burrell).

La presse dans MediaMediorum, entre autres :

mardi 7 mars 2017

L'atelier créatif des Nanas


L'Atelier des Nanas, bimestriel, sorti fin 2016 (voici le N° 3), 7,9€ (abonnement annuel : 39€), 116 p. dos carré, diffusion Presstalis.

Au programme du magzine : alimentation, maquillage, décoration, shopping... Les loisirs créatifs et autres bricolage ou DIY (Do It Yourself) représentent assurément une composante essentielle de la presse magazine. Classés parfois dans la presse féminine, parfois dans la catégorie mode beauté, les loisirs créatifs constituent une catégorie floue que ce magazine précise d'emblée, en bandeau à la une : L'Atelier des Nanas se déclare "nouveau magazine féminin pratique & créatif". Ce qui caractérise donc le magazine, ce ne sont pas les thèmes qu'il aborde mais l'esprit dans lequel il les aborde.

La dimension créative est essentielle, elle est affirmée à toutes les pages ; il s'agit pour les lectrices d'être astucieuses et inventives : "A vous de créer !" des gâteaux, des étagères, des masques détoxifiants, des petites pochettes, des gadgets décoratifs, etc. Le côté pratique et utile est non moins décisif : il s'agit de faire et non pas de consommer passivement (il y a de nombreuses pages shopping, pratiques, bien intégrées dans le rédactionnel). C'est le monde de la pratique, pas celui du spectacle tel que l'on s'y attarde dans d'autres segments de la presse "féminine".
Créer et pratiquer sont aussi des euphémisations de la dimension économique : il s'agit de dépenser en comptant, de s'investir plutôt qu'investir. Optimisation budgétaire, cost killing domestique (le N°1 des Essentiels du magazine publie en mars Le guide de la récup' avec des "conseils pour tout upcycler"). Loisirs bon marché. Maison, décoration, pâtisserie, tout peut être occasion de faire, d'être "créatif" tout en étant utile. Personnaliser, customiser, c'est créer aussi. Les suggestions de créations sont accompagnées de conseils didactiques précis, pour passer à l'acte, dont l'acte d'achat.

A la une, en couvertire, le maquillage. Le portrait représente la cible visée, l'âge et le genre : "c'est que pour les Filles !", proclame le site / boutique de mercerie / carterie associé. Cool. Tendance ! Le magazine se donne un côté mode, mais sans frime, à la portée de presque toutes les bourses. L'Atelier des Nanas revendique une allure et un ton jeunes, modernes ; le magazine semble vouloir dépoussiérer les loisirs créatifs parfois trop traditionnels et dont le public habituel risque de vieillir.

Les blogs, facteurs de modernisation
14 collaboratrices sont indiquée au sommaire, plus ou moins blogueuses. Le magazine fonctionne donc comme une plateforme où des blogueuses peuvent être publiées. Elles rencontrent dans le magazine un support et un public nouveaux, souvent loin des blogs, moins familiers de la culture et des outils numériques. Voir aussi, par exemple, la mobilisation des "blogs culinaires" par le Hors-Série de Saveurs.

Magazine sympathique, plutôt écolo ("mon terrarium est éternel", les succulentes, make-up bio...) et pas "cruel" (on aime et l'on respecte les animaux). Des adresses, une librairie (divertistore.fr) : tout est conçu pour être pratique. Sans doute aussi un très bon support publicitaire (publicité non captive)...

Références
Lire la presse, c'est faire : loisirs créatifs, déco, bricolage, cuisine
Loisirs créatifs à vendre : Amazon s'y met aussi
Loisirs créatifs : La Maison Victor, magazine professionnalisant

vendredi 20 janvier 2017

La presse automobile entre dans l'histoire par la nostalgie



En septembre 2010, le magazine L'Histoire publiait, avec Les Echos, un hors-série intitulé Le Siècle de l'automobile, qui, d'emblée, déclarait : "on croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société". Ajoutons que l'on fabrique aussi une nostalgie. Marshall McLuhan, théoricien de la culture publicitaire, écrira que l'automobile est "l'épouse mécanique" de l'homme industriel (cfThe Mechanical Bride, 1951). "Belle oubliée", "Reine", Déesse"... Que de passion et de tendresse aussi dans la champ sémantique de l'automobile ancienne...
Voiture électrique, voiture sans chauffeur. On est loin aujourd'hui de la mécanique, de la manivelle, de l'euphorie de la Nationale 7 (Charles Trénet, 1955)... Plus la technologie se modernise, plus s'accroît la nostalgie. Effet de générations aussi : à chaque génération ses nostalgies et ses souvenirs automobiles...
La nostalgie demande un recours croissant aux archives de la presse et des marques, à leur monétisation (photographies). L'automobile est toujours objet d'émerveillement et de passion, de luxe et de collection, de bricolage aussi. Tesla, déjà dix ans, nostalgie de l'avenir ?

L'histoire d'une marque appartient à l'image présente d'une marque, à son branding. Des marques automobiles sont devenues légendaires : la DS (décapotable dans The Mentalist), la 2CV (La Deuche a 70 ans rappelle Auto Plus Classiques en novembre 2018), la 4CV et leurs chevaux-vapeur, la 4L... cette dimension est présente dans de nombreux titres où l'on valorise la filiation des modèles nouveaux avec les modèles prestigieux ou légendaires anciens. L'automobile permet la datation d'une époque : "années DS", "années 2CV", titrent les magazines. Une automobile peut donner naissance à un mythe : la DS -déesse - (Citroën,1955), où Roland Barthes voit l'équivalent moderne des cathédrales (Mythologie, 1957). Même la Trabant (Allemagne de l'Est, 1958) a pu devenir voiture culte (trabbi) !

Logiquement, conjuguant culte et nostalgie, la presse magazine a lancé de nombreux titres et hors série consacrés à la célébration de l'histoire des automobiles et des marques : voitures de légende, voitures de collection, voitures fabuleuses... Acheter une marque (un nom), c'est aussi s'offrir une histoire, un patrimoine, une communauté : d'où l'importance pour une marque d'entretenir ce patrimoine (cf. Renault ClassicRenault Classic Car Club).
Nous distinguerons, arbitrairement, les magazines consacrés à une marque et ceux consacrés à un modèle plus ou moins ancien.

Approche par la marque
  • Marques de prestige : Porsche, Ferrari d'abord. La Vie de l'auto célèbre "70 ans de Ferrari"(janvier 2017) puis "EVO Ferrari 70 ans de V12" (juillet 2017), L'Automobile magazine, "La magie Ferrari"(HS de novembre 2010). Citons encore "Porsche, la fabuleuse histoire", HS de FLAT 6 Magazine, 9,9€, octobre 2015 ; "La Porsche éternelle", HS de L'Automobile magazine , mai 2012. RétroViseur, mensuel, 5,8 € HS "La saga Porsche", Porsche 911 - De 1963 à nos jours, HS de German Cars Magazine, août 2015. "Les 100 Porsche qui ont fait l'histoire" (HS de German Cars Magazine, décembre 2016, 6,5€). Evoquons aussi British Motors : "le magazine français des belles mécaniques anglaises"... Etoiles Passion. Les Mercedes-Benz d'hier et d'aujourd'hui, 6,5€, avril 2008 ; "Lamborghini Urraco P111, La belle oubliée", Rétro Passion, "Ferrari : 70 ans de course automobile", Sport Auto, 14,9€, mars 2017. "Jaguar, les modèles les plus emblématiques" (Sport Auto, février 2018, 14,9€.
  • Ou marques populaire, grand public : Chevronnés, le magazine des passionnés de Citroën, bimestriel, 5,9€), lancé fin 2013, avec la Traction, "reine éternelle", à la une en janvier 2017 ; Citroscopie Magazine. 100% Citroën-Panhard, 5,9€, bimestriel). RClassic ("le mag du losange sportif et collector", lancé en 2015, trimestriel, 5,95€), 4L magazine, "l'univers Renault 4", 4X4 Story, "le magazine de la Jeep" lancé en octobre 2011 (6,9€). "Spécial années 70", VW Power, HS Mai 2017. Le luxe et le prix n'expliquent pas tout de cette consommation certes ostentatoire mais aussi intime, miroir de la relation à l'automobile ! "100 ans de Citroën", hors série de La Vie de l'auto" (février 2019).
Approche par les modèles

"Ford mustang : 50 ans de Pony Car", HS de Sport Auto, (14,9€, janvier 2017)Deuches et méhari (le magazine de TOUS les passionnés de 2CV et dérivés), Planète 2CV (1998, relancé en 2003, 5,5€) et 2CV Xpert ("le satellite technique de Planète CV"), 6€, la DS (L'Auto Journal : "les années DS") en avril 2013, Echappement Classic, "DS Compétition & Route. 60 ans spécial anniversaire", les Dauphine Gordini, la Chevrolet Corvette (Big Block, juillet 2013), la Ford Mustang (Big Block, novembre 2012), Torque American Cars Magazine : HS "Spécial Camaro 1967-2017"(janvier -mars 2017, cf. supra), 6,5 € "la fabuleuse histoire". 100% Range Rover, "La Bible du passionné 1970-2015", 5,9 €, février 2015, "1948-2018 70 ans de passion Land Rover" (HS, Land mag supercharged, janvier 2018, 8 €), "Voitures cultes des années 70-90" (Youngtimers, lancé en juillet 2014), "Alpine. Le sang bleu 1955-2018" (HS, L'aventure automobile, mars 2018, 12 €), "Alpine. La fabuleuse histoire" (HS Auto Plus, septembre 2018, 14,9€), la Simca 1100 (HS,  L'Aventure automobile (octobre 2018, 14 €)...

Le cinéma participe à la célébration des automobiles, créant la légende et la notoriété de "belles américaines" (Robert Dhéry, 1961). L'automobile est un personnage (cf. le Ford Mustang dans "Un homme et une femme", Claude Lelouch, 1966, ou encore la Ford Torino, celle de la série Starsky & Hutch et de la NASCAR)...
Contribuent aussi à l'édifice de célébration, à l'hégémonie de la culture automobile, la couverture des rallyes, des courses et de leur historique (Monte-Carlo, 24 heures du Mans, courses de côte, cf. les HS "Le Mans" de Ouest France (mai 2015, 6,9 €), "Les instantanés de Monthléry1963-1970" par Echappement (avril 2015). Mentionnons encore la réactualisation : Rétro Course. L'actualité des courses de voitures historiques, "le premier magazine 100% véhicules historiques" (mensuel, 6,9€). La nostalgie s'alimente de collection : "4000 voitures de collections de 1900 à 1984" (HS de La Vie de l'Auto, juin 2015, 6,1€), voir "La traversée de Paris. Le musée à ciel ouvert" (janvier 2017, La Vie de l'Auto), qui s'affirme"le numéro 1 de la presse auto de collection". Voir aussi Rétro Passion Automobiles, "La voiture ancienne autrement". Classic & Sports Car, "Le N° 1 mondial des magazines de voitures anciennes" (5,95€, 2008), Gazoline : "vivre au quotidien la voiture ancienne" (1995), mensuel, 4,2 € ; carbu, " Le premier magazine 100% technique et restauration de l'automobile ancienne", lancé en mars 2009. Nitro, "L'univers de l'américaine depuis 1981", bimestriel, 5,8€ ; Auto Collector & Classic, Autoretro, mensuel, 5,6 € (sous-titre  : "Soyez moderne, roulez en ancienne !"), "Le n°1 de l'automobile de légende depuis 1980", Auto Plus ClassiquesMaxi Austin Le magazine des anciennes Mini (trimestriel, 6,9€) qui a publié un hors série Spécial 50 ans Mini (1964 - 2014), 9,9€, Mustang & Shelby Magazine (2013, trimestriel, 5,95€)... L'Authentique, la revue de le fédération française des véhicules d'époque, trimestriel, février 2018, 7€...
Et enfin, Passion 43ème ("Tout l'univers de l'auto miniature", bimestriel,  6,5€), le monde ancien des Dinky Toys..., Auto modélisme, "le magazine de la miniature automobile", avril 1995, 6,5€.
Cette accumulation, volontairement en vrac, de titres et de hors série, loin d'être exhaustive, témoigne du foisonnement et de l'actualité de l'histoire de l'automobile. Un marché de l'automobile ancienne s'est structuré, un champ ou un écosystème, avec ses guides d'achat, ses collectionneurs, ses manifestations, ses clubs, ses associations, etc.), ses fascicules, ses petites annonces, ses conseils de bricolage, ses musées, ses salons. Et surtout, sa presse segmentant des passionnés par milliers... La presse automobile, lie et mélange du passé plaisir et du présent utile. Elle rentre dans l'histoire en passant par la nostalgie. Les dernier nés : en juillet 2017, Auto Souvenir (5,95 €) met la DS21 Pallas en couverture, puis L'aventure automobile. L'histoire automobile du XXème siècle, (novembre 2017, 12 €), Automobile Verte (janvier 2018)...

Terminons cet inventaire désordonné avec "la petite auto", poème visionnaire de Guillaume Apollinaire, inaugurant, il y a un siècle, une "époque nouvelle" et une re-naissance Calligrammes, 1918 (Gallimard, 1965) :

    "Nous comprîmes mon camarade et moi
    Que la petite auto nous avait conduits dans une époque
    Nouvelle
    Et bien qu’étant déjà tous deux des hommes mûrs
    Nous venions cependant de naître"

Avec la voiture électrique, "verte", silencieuse, numérisée et sans chauffeur, les automobiles à essence ou diésel vont prendre un grand coup de vieux et devenir plus que jamais objets de collection et de nostalgie avec leur mécanique surannée (levier de vitesse, volant ramenés au rang de la manivelle qui lançait le moteur...). La nostalgie va prendre de la vitesse et Capital peut titrer sur "la voiture de demain" (HS, septembre 2018, 5,9 €), connectée, intelligente, propre... enfin !


*Mentionnons l'histoire refoulée de la Volkswagen, hitlérienne : issue du dessin d'un ingénieur juif dépossédé, attribuée à Ferdinand Porsche et Adolf Hitler, devenue Käfer, Beetle ou Coccinelle et inspirant la 4CV de Renault... Renault dont la collaboration avec l'Allemagne hitlérienne fut un moment peu glorieux de l'histoire automobile française (cf. le dossier de cette collaboration par Annie Lacroix-Riz).

jeudi 7 janvier 2016

Les mots et les choses dans les titres de la presse française


L'analyse lexicologique porte sur l'ensemble des termes présents dans les titres du corpus : tous les nouveaux titres et tous les hors-séries depuis 2003, soit 24 080 titres. Sont exclus de la collecte les titres de jeux et mot croisés, les titres de la presse syndicale et d'entreprise, de la presse des administrations territoriales, de la presse électorale, associative, etc.

Avant le comptage, nous avons effecué un nettoyage en plusieurs étapes. D'abord en excluant les signes de ponctuation (on compte 1092 points d'exclamation et 246 points d'interrogation), puis en évacuant les mots-outils et mots vides (stop words) : prépositions, conjonctions, articles, pronoms. Enfin, nous avons pratiqué une lemmatisation pour ne garder des mots que leur forme canonique (infinitif, masculin, pluriel). Sont regroupées à cette occasion les orthographes diverses d'un même terme (erreurs, translittérations variables de mots arabes, chinois, japonais, russes, turcs), des équivalences (& / et), recours ou non au tiret, abrévations, abandon ou non de signes diacritiques (accents)...
Source : Base presse MM (le comptage est arrêté au 1er décembre 2015). Cette statistique est issue d'un travail de recherche
dont les principaux résultats ont fait l'objet d'une communication au séminaire Média de l'IREP en décembre 2015.

L'histogramme obtenu pour la distribution des mots évoque la loi de Zipf. Une longue traîne de mots dont peu de mots émergent en tête de distribution.

La syntaxe des titres ne fait pas dans le sentiment (ou très rarement), elle est strictement dénotative faite de juxtapositions (parataxe de mots), de génitifs. On compte 5 144 prépositions "de", 2 004 conjonction "et" (hypotaxe), 1 017 "en".
"Vous", vocatif de l'apostrophe est présent 118 fois avec les adjectifs possessifs "votre" et "vos" (509) : injonctions à la participation, à l'appropriation, à la personnalisation de la réception peut-être (cf. le nombre de points d'exclammation : 1092 contre 246 ). Acte de langage, valeur performative. "Montez votre PC 100% gaming" (H-S PC Gamer), "Votre grand horoscope", "Réussir votre prépa" (Jogging international), "Votre histoire", "Rénover votre maison" (H-S Viva déco),  Défendez vos droits, "Les médicaments et vous" (H-S Notre Temps), etc.

Au terme de cette analyse, qu'avons-nous pu apprendre ?
  • Le mot le plus fréquent est "guide", il appartient à la définition d'un genre intervenant dans la composition d'un magazine tout comme les mots "recettes", "achat" et "idées". La dimension primordiale de la presse française, et la raison essentielle de son succès, est sa fonction d'utilité (cardinale), la satisfaction des consommateurs (lecteurs utilisateurs). 
  • Passés les 1 000 premiers mots, on peut observer une longue longue traîne de 13 000 mots mobilisés par les titres. Effet indirect de la loi Bichet : la presse magazine est diverse, changeante, riche. Des milliers de mots n'ont qu'une occurence. Richesse de mots, diversité d'idées ?
Les mots qui suivent le mot "guide" (fréquence décroissante) énoncent des thèmes, des domaines d'application de ces genres : cuisine, automobile, maison, histoire, sport... Cette liste corrobore celle des domaines distingués dans l'analyse en catégories et centres d'intérêt.
Le titre, s'il est l'élément majeur du paratexte -pour reprendre l'expression de Gérard Genette dans Seuils, relève surtout du marketing, qu'il s'agisse des titres de presse ou des titres de livres. Il appartient d'abord au packaging.

samedi 28 novembre 2015

Les femmes à la moto



Femme et motarde. Le premier magazine féminin dédié à la pratique de la moto et du scooter, trimestriel, novembre 2015, éditions de la FFMC, 100p. 4,90 €

En s'appropriant une pratique réputée masculine, les femmes la transforment-elles ? Le souci d'élégance et de confort à moto ne concerne-il pas tout autant les hommes ?
Motarde : le mot n'est pas élégant, assurément. 2RM pour "deux roues à moteur" est en revanche un terme commode pour désigner à la fois les motos et les scooters, même si ces derniers ont parfois 3 roues.
Que disent les statistiques ? En 2013, on comptait en France 3,6 millions de 2RM dont un tiers de scooters. 2% des utilisateurs étaient des femmes. Cette statistique, vieille de 23 ans, a besoin d'une sérieuse mise à jour (voir aussi:  "Les deux-roues motorisés au 1er janvier 2012", Commissariat général au développement durable, n° 400, Mars 2013).
Globalement, retenons que l'on compte environ dix fois plus d'automobiles que de 2RM (dont 32 millions d'automobiles particulières).

Faut-il voir dans l'extension du parc motomobile français l'un des symptômes des problèmes lancinants de circulation dans les agglomérations : manque de transports en commun adaptés à l'urbanisme, privilège politique accordé à l'automobile ?  Quoi qu'il en soit, ce que traduit le lancement de ce nouveau titre, c'est l'avènement d'une culture mixte et urbaine dans un secteur qui a longtemps revendiqué une image macho ("L'homme à la moto", par Edith Piaf, 1956, chanson légendaire adaptée d'un titre de rock'n'roll américain).

Pour l'utilisateur ou le passager d'un 2RM, l'équipement de sécurité est primordial (casque, blouson, chaussures, gants), que cet utilisateur soit un homme ou une femme. Concilier la mode à la sécurité à moto n'est pas un pari gagné d'avance. C'est pourtant l'ambition de Femme & motarde. Articles et présentations de vêtements (tenues) et d'accessoires s'y emploient à côté d'omniprésentes références mécaniques : donner à voir la moto dans les moments de la vie d'une femme, tel est le positionnement du magazine.
Le magazine a été lancé à 70 000 exemplaires par la FFMC qui publie Moto Magazine, Moto Crampons et Maxi Moto. Le magazine le revendique à la une : c'est un féminin et il s'agit de mode, de look et de guide d'achat. Les femmes ajoutent à la moto une exigence d'élégance et de vêtements adaptés à leur morphologie, comme elles le font dans le sport.

Combien de magazines nouveaux consacrés à la moto et au scooter depuis 25 ans ? 792 soit plus que l'automobile (670). Entre 2003 et novembre 2015 (inclus), on compte 538 titres hors séries pour 139 nouveaux titres consacrés aux deux roues (2RM). Le dynamisme de la presse moto est à l'évidence le fait des hors séries : plus d'une cinquantaine de hors séries et cinq nouveaux titres en 2015, les 2RM sont sur-représentés dans la presse. Tendance ?

Femme & motarde, N°1, novembre 2015

mardi 9 décembre 2014

Tablettes et smartphones : high-tech de Notre temps


Les hors-série high-tech sont de saison, de la saison des cadeaux calculés, chaque titre jouant sa partie, rappelant que la fonction guide d'achat est une dimension essentielle des magazines.
Challenge publie un spécial "les 100 coups de cœur des geeks de la rédaction", qui s'adresse aux clients "cadres sup".
Science & Vie élargit le domaine aux "200 objets intelligents du XXIème siècle". Ere numérique résente de meilleur du high-tech : "Top 30 de l'année". Images s'en tient aux "meilleurs produits photo-vidéo de l'année". Nous avons déjà présenté celui de 60 millions de consommateurs.
Notre temps publie aussi son Hors-série High-tech. Tablettes et smartphones ne sont plus l'apanage des happy few : outils personnels ou professionnels, toutes les générations les utilisent déjà ou les utiliseront prochainement.

Comment Notre temps vend-t-il les nouveaux outils de communication à ses lecteurs, futurs lecteurs numériques ? Car le magazine, avec ce guide d'achat, invite, encourage, prépare aussi, de facto, son lectorat papier à se servir d'outils numériques qui lui permettront, entre autres, de lire Notre temps en version numérique sur un appareil mobile. Comment gérer cette migration inévitable des lectures ?
"Notre temps" ? Quel temps ? Quelle cible ? La douzaine de lecteurs et lectrices dont les témoignages sont mis en avant ont plus de 40 ans : 60, 45, 49, 47, 50, 59 ans pour les tablettes et 54, 60, 44, 50, 58, 64 ans pour les smartphones. Ils sont dans la seconde moitié de leur vie active, pas encore retraités, à répondre à ces questions : "Une tablette, un smartphone, pour quoi faire ?"

L'intérêt sociologique de ce hors-série est de donner une vision réaliste, désenchantée de la consommation des technologies de communication et des attentes du très grand public. Vision décapée des discours habituels de "spécialistes", toujours à la recherche de quelque distinction, avec leur charabia truffé d'américanismes et d'acronymes.
"Pour moi, dit une utilisatrice à propos d'une tablette, ce n'est pas un gadget". Déclaration essentielle. Ces appareils ont changé de statut : ni luxe, ni jouets, leur fonction d'utilité est primordiale. Peu de consommation ostentatoire, peu de place et de budget pour la frime.

Dans la conception d'un tel guide d'achat, les journalistes sont menacés d'une erreur connue des économistes travaillant sur l'innovation (cf. infra, * Clayton M. Christensen) : lâcher leur lectorat en se laissant emporter par un rythme d'innovation technologique que le lectorat ne suit pas.
Comment les journalistes ont-ils évité ce risque  ethnocentriste tout en gardant un pied dans la modernité attendue ?
Au moyen d'une approche factuelle, simple, aussi objectivante que possible. Ni coup de cœur ni coup de tête. Le guide d'achat a identifié et testé 10 smartphones et 20 tablettes, réunissant ces premiers ensembles de considération en tableaux synoptiques. Les critères à prendre en compte pour la décision d'achat, outre le prix, concernent d'abord l'ergonomie (encombrement, poids, taille de l'écran, capacité, O.S.) et la commodité (autonomie, connectivité, photo et vidéo). Un conseil aux acheteurs : afin d'apprécier plus sûrement les appareils, il faut aller en magasin, les prendre en main, les essayer.
La sélection d'applications recommandées pour les appareils comprend les classiques, météo, Skype, Dropbox, réseaux sociaux mais aussi les loisirs créatifs (couture, broderie, point de croix, tricot), le jardin, la santé, le sport / bien-être... En fin de magazine, quelques objets connectés et portables. Et un glossaire à maîtriser pour comprendre les conseils d'achats et le discours des vendeurs...

N.B. Notre temps, magazine mensuel, a été lancé en 1968 par Bayard Presse. Il s'adresse aux "séniors", notion floue qui dans ce cas désigne les générations ayant atteint la cinquantaine, nées pour les plus jeunes dans les années 1970 (le titre se positionne comme "le magazine de toutes les générations de séniors").
Selon de nombreux critères, Notre temps reste l'un des titres les plus puissants de la presse magazine généraliste française. Le magazine compte plus de 740 000 exemplaires vendus chaque mois (DFP, source : OJD). Plus de quatre exemplaires sur cinq sont vendus en abonnement individuel, gage d'engagement et de fidélité. Avec un lectorat de plus de 3,7 millions personnes (source : Audipresse, One Global), on compte 5 lecteurs par exemplaire vendu (taux de circulation). Deux tiers de femmes. Aux lectures papier s'ajoutent des lectures Web (les mobiles ne sont pas encore pris en compte).

* Clayton M. Christensen (The Innovators Dilemma. When New Technologies Cause Great Firms To Fail, Harvard Business Review Press, 1997 : "the pace of technological progress can, often does, outstrip what markets need" : les technologies allant plus vite que la demande sociale.

dimanche 16 novembre 2014

High-tech : 60 millions d'internautes à équiper


High-tech, Le guide d'achat60 Millions de Consommateurs, I.N.C., 5€90, 116 p.

Pour les spécialistes des équipements numériques et du comportement du consommateur, ce hors-série peut se lire au second degré, comme un document de sociologie de la consommation. Si les  professionnels ne sont pas directement dans la cible, évidemment, ils peuvent en revanche y apercevoir comment se débrouillent des consommateurs peu avertis (non Pro-Am), non spécialistes, qui veulent acheter un appareil numérique à l'occasion des fêtes de fin d'année, et surtout quelles difficultés ils rencontrent pour préparer leur achat "high-tech". L'ampleur des choix, la complexité des critères, le vocabulaire même sont intimidants.
Le magazine joue le bon sens et le réalisme. Ici, pas de frime : le consommateur connaît ses limites, tant techniques que budgétaires et les assume. Le magazine se veut objectif, vulgarisateur, didactique même ; de plus, l'absence de publicité le rend moins vulnérable aux sirènes des marques...

Le contenu du hors-série se décompose en quatre parties ; elles sont précédées d'un lexique de 6 pages, dont la présence indique combien les termes de ce domaine sont mal connus : beaucoup de mots anglais et d'acronymes (formats de compression, etc.). Le sociolecte de ce domaine est loin d'être maîtrisé : NFC, octet, streaming, cloud, appli, entre autres, demandent encore explication (ignorance que l'on n'avoue pas toujours).
Chaque partie propose en termes clairs des comparaisons entre appareils, entre solutions ; c'est le point fort du magazine, connu pour ses essais comparatifs.
Comment choisir, optimiser en une seule décision la contrainte budgétaire et les usages. Le magazine permet un premier débroussaillage pour construire l'ensemble de considération. Mais il y a peu d'information et de conseils sur les garanties et le service après-vente.
  • Première partie : les appareils mobiles (smartphones, tablettes, liseuses, GPS). Cela commence par une explication des dimensions et des qualités d'un écran ; ensuite, le dossier évoque la batterie, les questions de sécurité, de robustesse et d'étanchéité (IP), le passage d'Android à iOS, les applis, le stylet, le confort de lecture, etc. N.B. : attention aux imprécisions : un ouvrage acheté sur Amazon est lisible sur iOS (p. 35).
  • Deuxième partie : les ordinateurs (surtout portables et hybrides), les imprimantes, le stockage (disque dur et cloud) et le jeu vidéo (ordinateur, console).
  • Troisième partie : la photographie, les téléviseurs (dont 4K), casques, baladeurs, lecteurs DVD et Blu-ray, videéo-projecteurs, micro-chaînes.
  • Quatrième partie : les objects connectés, la domotique, les montres et les robots. Cette partie est surtout un coup d'œil sur l'avenir proche, science fiction plutôt que guide d'achat, sauf peut-être pour l'aspirateur. 
La presse est ici dans son rôle de guide d'achat qui n'est pas (encore ?) détrôné par le Web. La décision d'achat s'alimente à plusieurs sources : l'avis des proches, le Web, le point de vente et les magazines spécialisés. Il faut bien tout cela pour s'y retrouver : le choix et ses hésitations font partie des plaisirs de l'achat.
Signalons à cette occasion la place des hors-séries, de plus en plus essentielle dans l'économie de la presse (60 millions de consommateurs en publie sept par an). Cf. sur le même sujet : le "Guide d'achat numérique", Hors-série publié par le magazine images (juillet 2014).
Quelques jours après ce numéro, 01 net publiait un hors-série guide d'achat sur "Le palmarès 2015 de la high-tech" (N° 83, novembre-décembre, 5,5 €)...

jeudi 26 décembre 2013

Réseau social de mamans : actes de paroles

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Parole de mamans, (PDM) est un "magazine participatif". Les mères, actuelles et futures, peuvent en être rédactrices et lectrices (les pères aussi d'ailleurs), blogueuses et ambassadrices. C'est une communauté, où l'on recommande, partage, échange, témoigne, conseille ; un forum aussi.
C'est un magazine qui s'organise en réseau social, en réseau de blogs et de sites. Et sur son site, on peut feuilleter le magazine : c'est aussi le magazine d'un réseau.
Le magazine-réseau est aussi actif sur Facebook (42 000 like), sur Twitter (5 000 followers), et sur YouTube et Dailymotion avec des vidéos, et sur Pinterest et Instagram avec des photos.
Et il y a aussi des hors-série (loisirs créatifs, cuisine, guide d'achat), des numéros spéciaux (guides, Best of, etc.).
Et ce n'est pas terminé car il en manque encore : il n'y a pas d'applis pour smartphones...
Parole de mamans est en train de devenir un magazine total s'adaptant à un lectorat complexe, à des centres d'intérêt multiples, des pratiques de communication changeantes, pour des femmes plus qu'actives, co-managers de foyers avec enfants, foyers de plus en plus compliqués, fatigants souvent, et passionnants. Avec plus de 820 000 naissances chaque année en France (INSEE, 2012), le potentiel de croissance et d'invention de ce multi-média est imposant.

Un magazine, ce n'est vraiment plus ce que c'était il y a vingt ans. Enfin, oui et non.
  • La distribution des contenus s'est diversifiée ; donc l'organisation de ces contenus est complexe, moins linéaire : il y a désormais beaucoup de triage et d'aiguillages dans le chemin de fer. 
  • Le revenus se sont diversifiés. La publicité, c'est à la fois des pages dans le magazine et du display en-ligne ; s'y ajoutent maintenant les data de toutes provenances (first party : comportements, blogs, abonnements, etc.). Le ciblage peut aller du plus fin (n jours de grossesse, âge des enfants, département... et l'on croise...) au plus large (parents, femmes). La commercialisation de cet espace et de ces données par une régie est devenue un métier technique : trading desk, clusters, RTB, SSP, etc.  N.B. Parole de mamans participe à une offre de couplage Web avec aufeminin.com, netmums, lancé début 2013. Besoin de volume ?
Ce qui n'a pas changé, c'est le contenu, le rédactionnel, ce qui fait que la lectrice feuillette, lit, écrit, parcourt, partage, reprend en main pour suivre une explication, consulte pour trouver une information, un modèle, copier une adresse, un lien, une recette...
Le magazine et le site sont aussi écrits en partie par des parents/lecteurs, certes mais, au travail traditionnel de rédaction, cette participation ajoute l'animation et l'orchestration du réseau tous-azimuts dont le magazine est le cœur.

De plus en plus orienté pratique plutôt qu'opinion, un média comme celui-ci n'a plus de définition simple qui soit opérationnelle. Parole de mamans est devenu un objet médiatique nouveau : complexité d'usages, de supports, de lectures, de revenus. Cette complexité, cette effervescence continue, les outils de mesure et de commercialisation courants ne savent pas en rendre compte, ne peuvent pas les faire valoir pleinement. Seule sans doute la commercialisation par la data peut synthétiser, organiser et valoriser tous les aspects de cette "audience".
Audience ? Diffusion ? Lectorat ? Contrat de lecture ? Comme cette terminologie semble désormais surannée, mal adaptée pour décrire les activités de communication dont Parole de mamans est le sujet et l'objet, dont il traduit le besoin, et l'occasion ! Et ce n'est pas le recours à la notion si confuse d'engagement qui peut y ajouter quelque clarté.


Trimestriel, 2,9 € le numéro, 10 € l'abonnement annuel.
Lancé en octobre 2006.
81 300 exemplaires mis en distribution (Source : OJD, le magazine est classé dans la presse périodique gratuite d'information, depuis 2009).
Le réseau déclare 400 000 membres.
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mardi 2 août 2011

Your Pad Magazine : pour acheter une tablette


Sur le marché des tablettes, l'iPad semble avoir pris toute la place. Sa part de notoriété, sa part de voix au sens global de l'expression semblent proches de 100%, au point que l'on en oublierait que l'offre de tablettes est déjà large. Ce nouveau magazine donne à voir l'offre de tablettes (pad) dans toute sa diversité et toute sa complexité.
  • Publié par Oracom, éditeur spécialisé dans les télécoms et l'informatique (Mobiles magazine, Micro Portable, Ecrans Home Technologie, Web Design, Your Phone, 3D Magetc.). Voir http://shop.oracom.fr/.
  • Bimestriel, dos carré, 6,9€, distribution MLP. Sans publicité ou presque. 84 pages.
Si plusieurs magazines et hors série ont traité de l'iPad depuis son lancement, sans compter les magazines traitant ensemble de l'iPad et de l'iPhone, Your Pad est, me semble-t-il, le premier à traiter de toutes les tablettes présentes à la rentrée sur le marché.

Rappel de quelques magazines sur l'iPad
    • iPad. Le guide ultime : Pratiques, usages, applis et astuces, publié en juin (9,5 €)
    • "Le manuel incontournable pour tout connaître de l'iPad", HS de T3, Tendances, Technologies et Tentations (septembre 2010, 7,9€)
    • "Tous les secrets, trucs et astuces pour iPad", HS de Internet Pratique (12,9€)
    • Lifepad, décembre 2010, 5,95€
    • "Apple iPad la révélation", février 2010, 5,9€ (HS de Stuff)
Your Pad est d'abord un guide d'achat avec un comparatif fondé sur des tests. Positionnement pertinent alors que la question du choix d'une tablette devient difficile avec l'extension de l'offre. 
Dix tablettes sont testées et notées sur 100 (HP, Blackberry, Asus, 2 Acer, iPad, Del, Packard Bell, Motorola, HTVC). L'iPad se situe en milieu de classe avec 81/100 ; en tête, se trouvent la tablette EEE Pad Transformers TF101 de Asus (88/100) suivie de la Playbook de RIM Blackberry (85/10). La note la plus faible est 70.
Les tablettes de Archos et de Sony, évoquées ailleurs dans le magazine, ne sont pas (encore) notées.
Ue revue d'applications diponibles, de tutoriels dont un pour un scrapbook (loisir créatif, photo...), des revues d'accessoires (tests) complètent ce premier numéro.

Ce nouveau titre confirme la prééminence de deux tendances majeures de la presse magazine.
  • D'abord, son rôle dans l'exposition et l'explication des nouveaux produits (modes d'emploi, modes d'usages), qu'il s'agisse d'équipements de la maison, de numérique, d'hygiène ou de sport. Presse utile, indispensable parfois, qui peut pratiquer des prix élevés. 
  • Ensuite, son rôle comme guide d'achats.
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lundi 8 novembre 2010

Du magazine aux guides d'achat

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L'édition papier du magazine américain U.S. News & World Report ne passera pas l'année. En décembre, c'est fini : le titre ne sera bientôt plus disponible qu'en ligne. Mais ce ne sera plus un magazine.
En kiosque, on trouvera encore en 2011, pour combien de temps, 8 parmi les nombreux guides et classements (U.S. News Rankings) que le groupe publie au terme d'enquêtes : éducation (meilleurs collèges, universités, lycées), santé (meilleurs hôpitaux selon les spécialités, maisons de retraite, assurance), automobile, voyages et vacances, droit (cabinets d'avocats), argent (placements, retraites, carrière), suivi des élus, de la Présidence... Des sortes d'annuaires assortis de conseils sous forme de classements (rankings).
Voici désormais les modalités de présentation du travail d'information effectué par le titre. Finie l'information générale, fini le magazine généraliste qui diffusait encore presque 1,3 millions d'exemplaires en 2009 et 1,7 en 2008 (Source : MPA). Le site compterait  9 millions de visiteurs uniques par mois (déclaration) ; le titre dispose d'une version iPad. Le papier ne sera plus qu'une vitrine du site.

Né en 1948 de la fusion de deux titres, l'hebdomadaire était devenu bi-mensuel puis mensuel en 2008. Le magazine n'avait pas suivi la peopelisation de ses deux concurrents hebdomadaires, Time et Newsweek (respectivement 3,3 et 2,3 millions d'exemplaires diffusés en 2009, Source MPA) et n'avait développé ni rubriques people ni sport.

Des enquêtes aux requêtes, telle est la mutation des métiers d'information : spécialisation, utilité. Les enquêtes alimentent des bases de données. Un article est d'abord la mise en scène d'une requête : Internet s'y prête particulièrement bien, bien mieux que le papier (personnalisation, interactivité).
U.S. News & World Report se targue de fournir à ses lecteurs des outils et des informations pour prendre les aider dans les décisions essentielles (santé, éducation, politique, etc.) : "We continue to look for new ways to provide information that helps people make important decisions" déclare le reponsable de la rédaction. Une telle évolution a commencé en France depuis de nombreuses années. Les guides d'achat sont nombreux (automobile, "grandes écoles", lycées, vin, santé, équipement de la maison, salaires, placements, montres, immobilier, etc.) ; ils représentent une part importante, sans doute croissante, des contenus ; ils semblent essentiels pour l'équilibre économique de beaucoup de titres.
N.B. L'évolution du U.S. News & World Report évoque celle du Washington Post dont le groupe vit principalement des revenus de sa filiale éducation (cf. Newspaper as a hobby).
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