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lundi 12 mai 2014

Presse de foot. Des magazines à l'attaque


La Coupe du monde de football approche ; elle se déroulera au Brésil. La presse du foot s'apprête à en tirer profit : numéros spéciaux, hors séries, lancements. Plus d'une dizaine de titre déjà.
Des accessoires complètent et diversifient l'offre des publications : posters, stickers, fiches, calendrier des matchs...

En cinq Coupes du monde, depuis 1998 inclus, près de 300 titres sur le football ont été lancés en France, et plus de 200 hors-séries, auxquels s'ajoutent bien sûr, tous les titres qui ont été lancés bien avant 1998 et restent présents dans les kiosques comme France Football, Onze Mondial ou But Football Club (Source : Base MM, 31 500 titres).
Il s'agit d'une presse essentiellement nationale. La régionalisation de la presse du football, qui épouse la géographie des pratiques (spectacle professionnel, pratique amateur), semble marquer le pas depuis quelques années (le Web accueille le football régional et ses communautés ; cf. footeo.com), on compte néanmoins plus de 150 titres régionaux.
Positionnement difficile pour la presse spécialisée car dès que le football crée l'événement, toute la presse s'y intéresse et lui vole le show !

Portraits, photos, fiches, interviews, jeux, dossiers (sur le Brésil, sur les fans, les équipementiers) : la palette des genres journalistiques est exploitée complètement. Curieusement, le Web est presque absent des références tout comme le sont les appareils électroniques d'analyse des performances (wearables). Peu de références économiques, peu sur la santé des joueurs, leurs langues, leur scolarité, leur socialisation à l'étranger. Tout est concentré sur la célébration avec un vocabulaire et des gestes convenus. Coupe du monde et marché mondial du football obligent : le contenu sportif est international (mais on parle peu de l'Asie, la Chine étant absente de la phase finale).
  • 100% PSG Spécial, 5,9 €, distribution Presstalis, trimestriel. Numéro consacré au joueur suédois Zlatan Ibrahimović. Avec fiches biographiques et, posters, dont un de "taille réelle".
  • Foot Libéro Magazine, 4,5 €, bimestriel, 124 pages, dos carré (groupe Off Roads). Vend un T-shirt avec l'abonnement. Un article sur la psychologie des joueurs : "La tête avant les jambes", le portrait du joueur français Paul Pogba, un article sur les équipementiers et la rivalité Adidas / Nike. Un dossier pour spectateurs et téléspectateurs : le calendrier, les stades de la Coupe du monde, les équipes sélectionnées et leur signalétique. Un article sur le football virtuel (jeu vidéo FIFA), un quizz...
  • Stars de foot, 3,9 €, trimestriel, 54 pages, papier luxueux, distribution MLP. Conformément à ce qu'annonce le titre, le numéro est tout en portraits de stars avec des fiches de joueurs, des portraits de joueurs, des photos, un poster central de Cristiano Ronaldo. La une est sur Ronaldo, la 4 de couverture sur Ibrahimović.
  • So Foot Junior (So Press), mensuel, 86 pages, avec posters et fiches de joueurs, tiré à 60 000 exemplaires, 3,5 € (abonnement 25 €), distribution Presstalis. Le magazine s'adresse aux jeunes adolescents. Positionnement différent de ce lui de Panini Foot (2011). L'édito expose la ligne éditoriale du titre et sa relation avec So Foot "senior", dont il est le "petit frère" : "le foot est avant tout une affaire de transmission". Magazine de culture foot ?  Par exemple : "comment bien choisir son club ?" ("quel club faut-il supporter ? "). Ce dossier énonce les traits de la culture foot en formation chez les enfants, culture manifestement masculine (marketing oblige ?), qui, dit-on, devrait durer toute la vie. Uniformes ("les beaux maillots"), écussons. Identification ("Tu dis "on", en parlant de ton équipe"), "Peut-on aimer le foot sans aimer un club ?". Un article sur le centre de formation de Rennes ("Rennes-mère" !), une interview de l'institutrice d'Ibrahimović à l'école primaire, deux pages sur les gestes techniques, une rubrique livres, sur le jeu vidéo. Le titre prépare à la lecture du titre So Foot (chaînage ?).
  • The Red Bulletin. Hors du commun est un gratuit international consacré aux sports. Son numéro de juin comporte un dossier spécial Coupe du monde "parce que le monde est foot". Plusieurs articles dont un sur le foot en l'an 2050 et une belle question pour les spécialistes d'intelligence artificielle et de big data : "Pourra-t-on un jour prédire le résultat d'un match ?" Pour l'instant, et, pour notre bonheur, il semble que l'on en soit bien loin. 
  • Hors-Jeu. Football d'opinion, bimestriel, 2,95 €, distribution MLP. Publication polémique qui ne mâche pas ses mots et invite au débat, voire provoque le débat ; elle est consacrée principalement aux clubs professionnels français. Très difficile à trouver en kiosque.
  • Prêt pour la Coupe du monde ? HS de Gulli (juin) vise les enfants, avec des cartes et des fiches joueurs des "plus grandes stars du foot", 4,9€.
Pourquoi lit-on la presse de foot ?
    Pas pour les résultats. Amateurs et supporters les connaissent déjà : la télé, le Web, la radio se chargent de les propager en direct.
    Pas pour les gestes sportifs : on en parle à peine et cela relève surtout de la vidéo..
    Pour le plaisir de retrouver ses idoles ? Ainsi s'expliqueraient l'importance des images et l'aspect uniformément positif des articles. Noter l'importance des posters qui permettent d'afficher l'affiliation à un héros (proximité avec la presse people).
    Pour conforter et rationaliser sa raison d'être supporter ? Pour acquérir des éléments de discours légitimes tout faits, prêts à être replacés dans les conversations. Le foot, comme la politique ou la musique classique, a ses clichés et sa langue de bois.
    Le foot est un terrain de socialisation important, un terrain d'entente et d'accord sur les thèmes de désaccord. Les magazines balisent ce terrain. Pour l'amour du foot.

mercredi 1 février 2012

DigitalTown, ville infiniment sportive

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DigitalTown est un ad network (réseau de sites financés par la publicité) qui réunit plus de 20 000 sites de sport scolaire. Ensemble, ces sites comptent plus de 40 000 équipes sportives d'établissements secondaires (high schools) : basket (18 000), football (15 000), crosse (8500).
Les contenus éditoriaux d'abord visent un objectif pratique : horaires, composition des équipes, scores. DigitalTown dispose d'un accès gratuit aux logiciels de statistiques sportives de Daktronics.
A cela s'ajoutent des contenus publiés par les "utilisateurs " de ces sites.
Pour simplifier les exploitations publicitaires, DigitalTown propose aux annonceurs une plateforme self-service mise en place avec Shiny Ads.

Les sports scolaires dessinent des cibles naturelles, selon le sexe, l'âge, la discipline sportive, le niveau de pratique, cibles que les annonceurs peuvent croiser avec les localités. A cela s'ajoutent d'autres variables de ciblage telles que le statut des membres : administrateurs, coaches, joueurs, anciens élèves, parents d'élèves, etc. Plans puissants d'être à la fois nationaux, régionaux et hyper-locaux (local + national ; local + régional). DigitalTown propose également une adresse Webmail au nom de l'école, sans publicité (payante).
Prendre pour cible la population au début de sa socialisation scolaire et sportive, lui proposer des moyens d'identification et de communication reste un moyen prouvé de fidéliser une audience et des consommateurs.
Par de nombreux aspects, le modèle de DigitalTown s'apparente à celui que mettent en oeuvre Footeo, Clubeo et Spacefoot et que traduit Sport Local Media, une offre publicitaire ancrée dans les implantations locales des clubs sportifs français.

Le modèle économique premier de DigitalTown est fondé sur l'appropriation de noms de domaine et le développement de sites correspondant. DigitalTown affirme détenir les noms de domaine de 99% des établissements scolaires secondaires américains (27 000), noms de la forme "nom de l'école + nom de la mascotte de l'école" (.com et .net). Une telle couverture représente un atout publicitaire et éditorial considérable.
Sur ce modèle, DigitalTown se constitue également un portefeuille de nom de localités, micro-sites donnant des informations sur les communautés.

DigitalTown. Population: INFINITY.  
Le slogan de DigitalTown énonce avec humour la taille de son ambition locale : illimitée. 

vendredi 20 août 2010

Sportifs pratiquants : le sport hyper-local est un média national

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Gannett, le groupe de presse régionale américain (qui publie également le quotidien national USA Today) réalise un network d'une centaine de sites de sport scolaire (high school) local. L'objectif publicitaire est de permettre aux annonceurs de s'adresser aux sportifs pratiquants et à leurs proches tant au plan hyper-local qu'au plan national. Coeur de cible visé : les 12-17 ans et leurs familles).
L'ensemble, selon Gannett, devrait toucher près de 10 millions de visiteurs uniques par mois.
Les sites proviendront de Highschoolports.net et couvriront dès septembre 38 marchés (DMA) et collaboreront avec les stations de télévision (locales) du groupe (10 DMA). Le développement de micro-sites est confié à DataSphere Technologies.
  • Le local est de plus en plus local : quartier, voisinage (neighborhood) ; les médias ne peuvent couvrir cette dimension hyper-locale, complètement désertée par les grands médias, sous-investie par les annonceurs qu'en combinant les contributions éditoriales de journalistes, de localiers et d'utilisateurs (user generated contents).
  • L'extension marketing des sites inclut le couponnage et les annuaires (business directory) et des boutiques (équipement personnalisé des clubs). Ces sites s'inscrivent à la fois dans le réseau sportif national et dans la collectivité économique locale.
  • LocalNet (Datasphere Technologies) fournit également une solution de ciblage publicitaire.
  • Les sportifs pratiquants constituent un marché publicitaire différent du marché du sport spectacle. Véritablement impliqués dans leur sport et son animation, influenceurs, prescripteurs d'opinion et d'achat, ils sont plus intéressants pour les annonceurs, tant captifs (équipements) que non captifs (téléphonie, restauration, cinéma, loisirs numériques, etc.) que les simples spectateurs de sports professionnels. Cette initiative de Gannett évoque ce que mettent en place Footeo et Spacefoot Média en France.
  • Cette réflexion pourrait être étendue à d'autres pratiques culturelles que le sport : la musique, le théâtre, la danse, la photographie, le cinéma, etc. Internet est le média des amateurs.

lundi 12 juillet 2010

La leçon de foot des amateurs

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L'image du football professionnel français, football spectacle, football people aura atteint en ce début d'été des sommets de vulgarité et de bêtise : pour beaucoup d'amateurs de football, il y a quelque chose de pourri au royaume du football professionnel. Mais ce football malade n'est qu'une partie, certes la plus "médiatisée", mais infime d'un univers social beaucoup plus large et beaucoup plus sain.
Que sait-on du football amateur qui réunit plus de deux millions de bénévoles, de passionnés, dans 18 000 clubs ? Que sait-on de ce que pensent ceux qui jouent au foot, ceux qui, dirigeants, arbitres, éducateurs, font que l'entrainement et le match ont lieu, chaque semaine ?
RIEN.
Les médias spécialisés les ignorent et ne couvrent guère ces événements sportifs locaux, trop petits à leur regards distants.

Avec Footeo, qui anime un réseau de près de 7 000 clubs (répartis dans plus de 5 000 communes), cela va changer. Footeo a consulté le Tiers-Etat du football. Un questionnaire auto-administré, en ligne sur les sites des clubs, a été rempli par plus de 2 000 licenciés : 50% de joueurs, 50% de dirigeants et éducateurs.

Quelques réponses significatives :
  • pour la plupart d'entre ces amateurs, le foot représente 5 à 10 heures du budget-temps de la semaine (plus de 20 heures pour 25% d'entre eux)
  • pour deux tiers des répondants, le meilleur souvenir de foot est un souvenir de jeu, un souvenir de joueur, dans une équipe amateur. Les souvenirs de téléspectateurs sont loin derrière...
  • pour les joueurs, le football est de l'ordre du plaisir et de la passion, d'abord
  • pour les dirigeants et les éducateurs, c'est le partage et la convivialité qui comptent
  • la condamnation d'une équipe française qui s'est si piètrement illustrée lors de la Coupe du Monde est sans discussion (commentaires édifiants). Les pros feraient bien de s'aligner sur les amateurs !
Cette premiere enquête montre la différence qu'introduit Internet dans la culture sportive, dans la connaissance que l'on en a et, surtout, dans la manière dont se forme l'image de cette culture. Quand il s'agit de parler football, les amateurs sont des pros. Enquête doublement intéressante.
  • D'abord, parce qu'elle donne la parole à ceux qui ne la prennent jamais (au mieux, des porte-paroles patentés parlent à leur place). Et Footeo laisse entendre que de telles enquêtes seront régulières. Alors qu'il est un objet "parlé" par quelques spécialistes, le football se donne avec Footeo les moyens de devenir le sujet de ses discours, de son image.
  • Ensuite, parce que cette enquête montre la puissance d'un nouveau média du sport, fonctionnant en réseau, selon une logique en rupture avec celle des médias du football professionnel. Pour Footeo, le football est un sport d'acteurs, et d'acteurs locaux, une communauté dynamique, avec ses valeurs, ses rites, ses principes, ses mots, ses émotions. 
Engagement, esprit sportif, présence nationale, ancrage dans la vie locale : pour les annonceurs, le football amateur représente un support publicitaire alternatif et complémentaire au sport professionnel, à moins qu'il ne faille plutôt considérer le sport professionnel comme un complément publicitaire du sport amateur. Pour paraphraser un fameux slogan publicitaire (Nike) : le football n'est pas qu'un sport de spectateur ("is not a spectator sport").
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lundi 31 mai 2010

Magazines de football

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La Coupe du monde dynamise la presse du football, suscitant des hors séries (HS) et  des titres nouveaux. Une trentaine de titres ont été lancés depuis janvier 2009, dont une dizaine depuis janvier 2010 y compris un gratuit, 90 minutes. Parmi les Hors Série et les numéros spéciaux, signalons celui de Jeune Afrique (il y eut dans les années 1980 un France Football Afrique), et surtout ceux de magazines pour enfants : "Complètement Foot" (J'aime Lire), "Allez les Bleus : droit au but avec Nicolas Anelka !" (Gulli), "Planète Foot!" (GEO Ado), "Fous de Foot" (astrapi), "Mondial. L'Afrique du Sud en fête" (Le Monde des Ados).

Dynamisme de la presse magazine
Linéaire presse du sport. Fin mai 2010

Parmi les lancements récents, deux titres sont consacrés à des équipes "étrangères" : Portugal Foot et Algérie Foot : 100% Algérie, 100% Portugal. Même prix : 3,9 €. Structure rédactionnelle identique pour les deux titres : dans chacun, deux grands posters, la description des sélections nationales et, pour finir, deux pages d'histoire du foot dans le pays. Pas de publicité (2 pages d'autopromo pour Planète Foot, du même groupe) : bizarre ! De tels titres peuvent-ils vivre au-delà de la Coupe du monde ? Cela sera difficile sans événement pour les soutenir. L'absence de site Internet est sans doute un effet de l'anticipation de cette éphémérité.

Les textes sont en français, uniquement, aucun texte en portugais, en arabe ou en berbère. Les inévitables drapeaux nationaux paradent à la Une. "Equipes étrangères" ? Pas si étrangères que cela : le foot professionnel ne connaît guère de frontières nationales et chacune de ces équipes compte des centaines de milliers de supporters en France. Cultures sportives partagées ou opposées ? L'histoire des sports, dans la plupart des pays occidentaux, a toujours été liée à celle de la colonisation et des immigrations, inutile de le cacher. Bonne occasion de rompre avec le chauvinisme, maladie infantile du sport spectacle. Ne peut-on être supporter de deux équipes, ou tout simplement du beau football ?
Qu'en disent les spécialistes ?

Doc : voir sur Footeo, les sites d'équipes "portugaises" ou "algériennes" en France.

dimanche 21 février 2010

Foot, audiences et suspense

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Quelle sera l'audience de la Coupe du monde de football ?
La question agite experts et logiciels de prévision d'audience ; la recette est connue : mouliner les données passées, extrapoler, redresser par quelques variables spécifiques (tranches horaires de retransmission, équipes en lice), ajouter un doigt de constantes pifométriques, et voilà. Et c'est sûrement faux.

C'est d'abord l'effet du direct. Personne n'a vu le match en avant-première, ni journalistes bien introduits, ni pirates habiles... Mais surtout, tout est possible. L'histoire du foot le montre à foison. Et les mauvais spécialistes errent, et les très bons se trompent, mais avec talent. Le foot, c'est le suspense assuré : cela appartient à son essence, à la structure et à la définition même du jeu. Un gardien de talent, chanceux, peut retourner un match, un grand joueur peut perdre la boule et, d'un coup, enliser son équipe... Même l'arbitre est imprévisible et joue son rôle pour brouiller les pronostics. Tout est déjà arrivé, les annales le démontrent, mais il s'en invente encore. Sur une saison, les bons spécialistes sont capables de prévisions convenables. Sur un seul match,  non.

Le foot est le dernier refuge du suspense à la télé. On connaît toujours, très tôt, le dénouement d'un film, l'invention est si limitée, le bruit précédant la sortie est si fort que l'on sait presque tout anticiper : après quelques épisodes de "House" ou de "24", on peut imaginer l'issue, même si quelques péripéties sont imprévisibles parce qu'invraisemblables deus ex machina. Une fois plantés décors et personnages, les combinaisons possibles sont évidentes. Quant aux talk shows et autres variétés, ce chewing gum fade, on saurait en écrire les répliques cousues de langue de bois et de fil blanc. Tout y est tellement prévisible, "tension narrative" nulle.
Dans le foot jamais. On a beau tout savoir, on ne sait jamais rien. Plus on disposera de statistiques, d'historique et plus on aura de suspense. Car l'information ne tue pas le suspense, au contraire, elle en est le moteur même. Cf. Hitchcock : "The essential fact is, to get real suspense, you must let the  audience have information".

Sous le charme de ce principe d'incertitude, l'audience de la Coupe du monde est a priori radicalement imprévisible. Après coup, bien sûr, de savants commentateurs nous l'expliqueront, tout aura été éminemment prévisible.
Pour l'audience et le médiaplanning, le suspense a déjà commencé.
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vendredi 20 novembre 2009

Foot : à la télé, l'arbitre !

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14 millions de téléspectateurs en France, selon Médiamétrie, des millions d'autres dans le monde ont vu la main de Thierry Henry sur le ballon.  Hélas, l'arbitre de la décision n'était pas devant son écran et il n'a rien vu. Tel Fabrice à Warterloo, placé au coeur de la bataille, il n'a rien compris à ce qui se passait. "Nous avouerons que notre héros était fort peu un héros en ce moment", commentait Stendhal.

Voilà des années que l'arbitrage du football est en retard de quelques technologies et commet des erreurs que des millions de personnes contemplent. Or des millions d'euros sont en jeu puisqu'il y va de l'accès d'une équipe "nationale" à une compétition "mondiale" ; de cette sélection, dépend le résulat des chaînes de télévision qui ont acheté les droits. Ainsi ne s'agit-il plus seulement d'une erreur sportive mais aussi d'une erreur économique. Et comme les politiciens, en campagne électorale permanente, viennnent parader aux matchs, comme on engage, hélas, drapeaux et hymne nationaux, l'erreur peut même devenir diplomatique. Imaginons une situation similaire lors d'un match France-Algérie...
L'image du football souffre de telles erreurs d'arbitrage : quelle leçon de morale sportive pour les enfants, les éducateurs et les amateurs qui chaque semaine sont sur les terrains ! Trichez, mentez impunément !

Le foot veut l'argent de la télé mais il ne veut pas de son arbitrage : cette incohérence ne saurait durer. La FIFA, qui conçoit ces réglements, semble en être restée au temps de la radio, tandis que les fans de foot vivent au temps d'Internet et de la télévision numérique. En refusant l'arbitrage de la vidéo, la FIFA met les joueurs et les arbitres dans des positions intenables. Comment imaginer qu'un match comme celui-ci, qui se joue sur un terrain mondial (global soccer field, aurait dit M. McLuhan), puisse n'être arbitré que localement.

Signalons ausi un événement médiatique discret mais riche de sens : Weborama, Spacefoot et Footeo avaient invité leurs supporters - dont quelques étudiants du Master 226 de Dauphine - à regarder le match, en numérique, sur très grand écran, aux Champs-Elysées (salle Publiciscinémas). On avait l'ambiance de fête et des images superbes : si l'arbitre avait été là, il aurait tout vu.
Les salles de cinéma trouvent un nouveau débouché dans ces spectacles sportifs. Déjà, aux Etats-Unis, des salles diversifient leurs sources de revenu en rediffusant des opéras (cf. Metropolitan Opera Live in HD), des manifestations sportives, et même la messe.
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jeudi 17 septembre 2009

FanFeedr - SpaceFoot

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Comment la socialisation par les réseaux affecte-t-elle le sport et ses diverses composantes culturellles ? Pour l'entrevoir, observons la stratégie éditoriale de deux sites lancés récemment : FanFeedr (évoqué dans le post précédent), site consacré aux sports professionnels américains, et Spacefoot, site du football français, qui privilégie le sport amateur. Dans les deux cas, l'on voit se dessiner l'architecture dynamique de médias nouveaux, qui n'ont rien à voir avec le plaquage mécanique de médias analogiques sur Internet ; ce que sont la plupart des grands sites français de sport.

Notons, en marche, que le sport est l'un des rares domaines d'information où la séparation entre faits (résultats, calendriers, compositions des équipes, etc.) et opinions est manifeste. Qu'un média les confonde, et les fans, lecteurs ou internautes, réagissent et remettent les journalistes à l'heure. A la différence d'autres secteurs où l'on prend les opinions pour des faits : politique politicienne, critique artistique, etc. Dans le sport, on peut juxtaposer sans risque des opinions et des faits, personne ne s'y trompera.

FanFeedr
  • On peut sur fanFeedr devenir fan de telle ou telle équipe, de tel ou tel joueur, "suivre" à la Twitter, et faire converger centres d'intérêts et opinions en tout lieu : Twitter, FaceBook (via Facebook Connect), blogs, commentaires, articles, etc. (cf. la colonne de gauche du site). Bientôt uberVu, Digg et Bit.Ly. Le tout servi en mobilité par une application iPhone gratuite. Les fans partagent leur enthousiasme et personnalisent leur consommation d'information sportive en mettant à profit les réseaux sociaux. Symbolique : on peut s'inscrire avec son identifiant Facebook (OpenID). 
  • FanFeedr agrège et juxtapose, sans les mélanger, tous les ingrédients qui en font un média presque complet : des opinions, des résultats et des éléments issus du journalisme sportif.
  • FanFeedr ne traite que du sport professionnel, du sport spectacle et people. Il lui manque la relation aux pratiquants et aux amateurs. Il lui manque la relation au local qui reste lointain, réduit à une affiliation emblématique, souvent abstraite. Les sports ne sont traités par Fanfeedr que comme sports de spectateurs.
SpaceFoot et Footeo

Vidéo : Nicolas BEL, président et fondateur de Spacefoot.


Spacefoot et Footeo (sites désormais associés. cf. supra l'interview de Nicolas Bel) réunissent des acteurs du sport : pratiquants actuels et anciens, fans, entraîneurs, familles et amis de joueurs, dirigeants, collectivités locales, PME annonceurs... toutes les facettes des activités liées au sport. De ce fait, les conversations qui s'activent sur SpaceFoot et Footeo sont des conversations naturelles, pratiques, nécessaires. D'ailleurs, le rythme de ces conversations est celui, hebdomadaire, de la vie courante d'une équipe : dont résulte une fréquence moyenne de trois contacts par semaine, un rêve de médiaplanner proctérien ! 

  • Le réseau social du football local. Les membres de Spacefoot et Footeo partagent des photos, des vidéos, des opinions, des résultats. On est au coeur de la vie sportive amateur, vécue au quotidien, localement : constitution des équipes, présentation des installations du club, plan d'accès, calendrier des entrainements. 
  • Le média d'un sport. Spacefoot fait appel à ses propres reporters qui couvrent des matchs, effectuent des gros plans sur des clubs... complétant et enrichissant ainsi de façon plus systématique et standardisée les contributions spontanées des internautes ("user generated contents").
  • Ces milliers de clubs (déjà plus de 6 000) donnent à Spacefoot et Footeo une pénétration fine du tissu sportif français. Toute la longue traîne des clubs. Pour les annonceurs, ces sites constituent un moyen sûr de s'adresser aux internautes engagés dans leur passion, donc attentifs et impliqués ; ils constituent aussi une occasion rare en France de conduire des campagnes publicitaires locales ET nationales à la fois dont on sait qu'elles font le succès du 66/3 en presse régionale, le seul segment de presse qui ne connaisse pas la crise. La zone de chalandise d'un club recouvre celle d'une enseigne de la grande distribution (un hyper donné) et  l'image est nationale.
  • Questions : les réseaux Spacefoot et  Footeo demain : 
    • faut-il articuler ce réseau social du sport avec d'immenses réseaux comme Facebook ou Twitter (à la manière de fanFeedr) ?
    • comment donner à ce réseau la mobilité, tellement en affinité avec sa culture locale mais aussi avec l'urgence, la spontanéité des pratiques et des enthousiasmes sportifs ?
    • comment, quand on traite du sport amateur, effectuer une liaison pertinente avec le sport professionnel sans compromettre sa spécificité (USP) ?
Réponses de Nicolas Bel dans la vidéo.
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