Nietzsche, penseur des techniques
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*Nietzsche et les techniques*, sous la direction de David Simonin, Paris,
PUF, 1925, 370 p., Bibliogr.
On connaît un peu le poète et philosophe de *Zara...
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samedi 26 avril 2014
A magazine is dying. Why?
The Ladies Home Journal, a monthly women's magazine, published 10 times a year by Meredith Corporation, launched in 1883, is dying. It was, as M. McLuhan said about women's magazines, a true textbook, instructions for the American middle-class women's lifestyle. A how-to magazine for home and family. It was at first "Women at Home" and then Ladies Home Journal and Practical Housekeeper". Savoir vivre and savoir faire. It was one of the seven sister magazines with Better Homes and Gardens, Family Circle, Good Housekeeping, McCalls, Redbook and Woman's Day.
The Journal will survive - how long? - as a website (http://www.lhj.com/), an app for tablets and a quarterly sold only at newsstands.
Of course, its demise is said to be advertising's fault!
The readership is getting older (median age: 57.9, source MRI 2012) and the magazine is probably not read by media-planners anymore. To those from the smartphone generation, it looks like an old-fashioned magazine for their mothers or grandmothers.
Obsolescing, diminishing readership, non-exclusive readership: one that can easily be targeted otherwise (by TV, Facebook): this is not due to advertising but rather to editorial content. Advertising is not manna falling miraculously on the media.
If a magazine's business model is based mostly on advertising, then the content must be determined by targeting and monetization of precisely targeted readership. In fact, journalists and reps should work hand in hand using the very same targeting tools (data). The time when a "Chinese wall" separated them is over. Who still believes in such a Chinese wall anyway?
The revolution in magazine publishing will probably come from analysis of all kinds of data from all kinds of devices related to a media (surfing, subscribership, shopping, apps, newsletters, blogs, mails, etc.).
If we want to understand why The Ladies' Home Journal is dying, we need a precise diagnosis, made with data. The cure also will come from data.
lundi 29 avril 2013
La vie sans Web
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Cela devait arriver.
Déjà, dans les années 1980, on avait proposé de cesser de regarder la télévision, d'organiser des jours sans télé, etc. La télé étant une drogue ("Plug-in drug", 1977), il fallait s'en désintoxiquer ! ("Unplugging the plug-in drug", 1987).
Maintenant, c'est au tour du jour sans Web, de la semaine sans Wifi, des soirées sans Facebook... National Day of Unplugging... Dénoncer l'addiction au Web... Enfin, une mission généreuse !
L'agence Dagobert a tenté un bilan des non-connectés et l'assortit de conseils pour la publicité. Elle distingue les non connectés par nécessité (économique ou technique), les non connectés par prudence et ceux qui ont rompu avec le Web. Pour ces derniers, la dé-connexion est le signe d'une lutte acharnée contre une pathologie. Les malades en traitement sont déclarés "digital detox". Symptôme dominant : la peur de manquer quelque chose : Fear of missing out (FOMO), une sorte d'angoisse, à moins que ce ne soit la peur que le manque ne vienne à manquer. D'ailleurs, l'expression FOMO ne vise pas que le Web. Dans ce symptôme, certains croient pouvoir identifier un désordre psychique (iDesorder) ; Dagobert y voit plus raisonnablement une tendance, un signe faible... Finalement, l'agence conseille le bon sens : ne pas en faire trop en ligne, ne pas communiquer seulement en ligne. Plaidoyer raisonnable pour un médiaplanning rationnel, pour un ciblage lucide et circonspect (comment toucher les non-internautes). La présentation (Digital Detox. Tendance déconnexion, février 2013, 62 p.) montre de façon convaincante comment des annonceurs exploitent cette tendance.
Notons que connaître le nombre des non-connectés n'est pas si simple à établir : non-connectés pendant combien de temps (au cours du dernier mois, la veille, etc.) ? Non-connexion au domicile ou hors domicile ? Non-connexion sur quel appareil ? Il n'est pas plus facile de compter les non-connectés que les connectés.
Notons encore que l'argument économique recoupe une tendance au désabonnement observée aux Etats-Unis (cord cutter et cord never) et qui semble prendre de l'importance en télévision et en téléphonie. L'hostilité à l'abonnement et à la dépendance économique qui s'en suit correspond peut-être à une évolution profonde du comportement des consommateurs. A vérifier.
Reste le plaisir snob du renoncement : "J'suis snob", chantait Boris Vian (1955) : "J'avais la télé, mais ça m'ennuyait, je l'ai retournée de l'autre côté, c'est passionnant" (cf. infra, 2:00).
On peut penser à la prudence d'Ulysse qui se fit attacher au mât de son navire pour résister au chants des sirènes, et les écouter sans risque ("leurs voix admirables me remplissaient le coeur du désir d'écouter"). Quant aux marins dont il a bouché les oreilles avec de la cire, ils ramaient, imperturbables, sourds aux chants merveilleux (Odyssée, Chant XII).
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Cela devait arriver.
Déjà, dans les années 1980, on avait proposé de cesser de regarder la télévision, d'organiser des jours sans télé, etc. La télé étant une drogue ("Plug-in drug", 1977), il fallait s'en désintoxiquer ! ("Unplugging the plug-in drug", 1987).
Maintenant, c'est au tour du jour sans Web, de la semaine sans Wifi, des soirées sans Facebook... National Day of Unplugging... Dénoncer l'addiction au Web... Enfin, une mission généreuse !
L'agence Dagobert a tenté un bilan des non-connectés et l'assortit de conseils pour la publicité. Elle distingue les non connectés par nécessité (économique ou technique), les non connectés par prudence et ceux qui ont rompu avec le Web. Pour ces derniers, la dé-connexion est le signe d'une lutte acharnée contre une pathologie. Les malades en traitement sont déclarés "digital detox". Symptôme dominant : la peur de manquer quelque chose : Fear of missing out (FOMO), une sorte d'angoisse, à moins que ce ne soit la peur que le manque ne vienne à manquer. D'ailleurs, l'expression FOMO ne vise pas que le Web. Dans ce symptôme, certains croient pouvoir identifier un désordre psychique (iDesorder) ; Dagobert y voit plus raisonnablement une tendance, un signe faible... Finalement, l'agence conseille le bon sens : ne pas en faire trop en ligne, ne pas communiquer seulement en ligne. Plaidoyer raisonnable pour un médiaplanning rationnel, pour un ciblage lucide et circonspect (comment toucher les non-internautes). La présentation (Digital Detox. Tendance déconnexion, février 2013, 62 p.) montre de façon convaincante comment des annonceurs exploitent cette tendance.
Notons que connaître le nombre des non-connectés n'est pas si simple à établir : non-connectés pendant combien de temps (au cours du dernier mois, la veille, etc.) ? Non-connexion au domicile ou hors domicile ? Non-connexion sur quel appareil ? Il n'est pas plus facile de compter les non-connectés que les connectés.
Notons encore que l'argument économique recoupe une tendance au désabonnement observée aux Etats-Unis (cord cutter et cord never) et qui semble prendre de l'importance en télévision et en téléphonie. L'hostilité à l'abonnement et à la dépendance économique qui s'en suit correspond peut-être à une évolution profonde du comportement des consommateurs. A vérifier.
Reste le plaisir snob du renoncement : "J'suis snob", chantait Boris Vian (1955) : "J'avais la télé, mais ça m'ennuyait, je l'ai retournée de l'autre côté, c'est passionnant" (cf. infra, 2:00).
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Ulysse et les Sirènes Stamnos attique à figures rouges - v.480-470 avant JC
Londres - British Museum
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lundi 4 mars 2013
Les jours de moindre activité des quotidiens
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Que doivent faire les médias à modèle économique exclusivement publicitaire lorsque la majorité de leur lectorat est en vacances ? Le "quotidien gratuit d'information générale"(lundi-vendredi) 20 minutes qui suspend habituellement sa parution pour les vacances de Noël et d'été (mais avec une édition des Plages) cesse aussi sa parution pour deux jours au début des vacances les 4 et 5 mars. Metro sera absent toute la semaine du 3 au 9 mars.
La raison évoquée est publicitaire. L'audience de cette presse, du fait de son mode de distribution, est dépendante des déplacements pour activité professionnelle dans les grandes agglomérations. Les jours de vacances scolaires sont souvent des "jours de moindre activité" professionnelle pour les familles avec enfants à charge, donc des jours de moindre audience pour les cibles marketing des actifs urbains.
Qu'appelle-t-on "quotidien" ?
Voici quelques exemples de diffusion de "quotidiens" en 2012 (source : OJD) pour quatre catégories de journaux.
Evidemment, l'édition numérique, qui n'a ni les mêmes structures de coûts ni les mêmes contraintes de distribution que la presse papier, peut s'accorder un rythme de parution flexible. Sur le Web, un numéro ne chasse pas l'autre, comme sur les points de vente ; ainsi a-t-on pu dire que le Web devenait un droit de chaque jour, "comme le pain" (come il pane).
On imagine aisément que ces différences ne vont pas sans conséquences tant pour l'évaluation des audiences mixtes (Web / papier / applis) que pour les outils et concepts de médiaplanning.
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Que doivent faire les médias à modèle économique exclusivement publicitaire lorsque la majorité de leur lectorat est en vacances ? Le "quotidien gratuit d'information générale"(lundi-vendredi) 20 minutes qui suspend habituellement sa parution pour les vacances de Noël et d'été (mais avec une édition des Plages) cesse aussi sa parution pour deux jours au début des vacances les 4 et 5 mars. Metro sera absent toute la semaine du 3 au 9 mars.
La raison évoquée est publicitaire. L'audience de cette presse, du fait de son mode de distribution, est dépendante des déplacements pour activité professionnelle dans les grandes agglomérations. Les jours de vacances scolaires sont souvent des "jours de moindre activité" professionnelle pour les familles avec enfants à charge, donc des jours de moindre audience pour les cibles marketing des actifs urbains.
Qu'appelle-t-on "quotidien" ?
Voici quelques exemples de diffusion de "quotidiens" en 2012 (source : OJD) pour quatre catégories de journaux.
- Presse gratuite nationale :
- Metro a paru 202 fois au cours des 12 derniers mois (février 2012-janvier 2013)
- 20 minutes a paru 210 fois (février 2012-janvier 2013)
- Presse nationale
- Pour Les Echos (lundi-vendredi), on compte 249 parutions en 2012
- Pour Le Figaro (lundi-samedi), on en compte 310
- Presse départementale
- Pour Le Journal de la Haute-Marne (Champagne), on compte 360 parutions (308 pour l'édition du lundi-samedi et 52 pour celle du dimanche).
- Presse régionale
- Pour Sud-Ouest, quotidien régional, on compte 363 jours de parution en 2012 (310 + 53).
Evidemment, l'édition numérique, qui n'a ni les mêmes structures de coûts ni les mêmes contraintes de distribution que la presse papier, peut s'accorder un rythme de parution flexible. Sur le Web, un numéro ne chasse pas l'autre, comme sur les points de vente ; ainsi a-t-on pu dire que le Web devenait un droit de chaque jour, "comme le pain" (come il pane).
On imagine aisément que ces différences ne vont pas sans conséquences tant pour l'évaluation des audiences mixtes (Web / papier / applis) que pour les outils et concepts de médiaplanning.
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samedi 19 février 2011
Plus belle la vie (PBLV), média total
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Magazine lancé en janvier comme hors-série du guide de programmes TV Télé-Loisirs (Prisma / Bertelsmann). Prix facial : 4 €, pour 116 pages. La mise en place du premier numéro, déclarée par l'éditeur, est de 200 000 exemplaires. Distribution par Presstalis, placé en pile dans le linéaire "Télévision", à côté de Télé-Loisirs. Peu de promotion, juste un peu de PLV ; vendu comme "collector".
Le magazine est consacré à l'émission diffusée du lundi au vendredi sur FR3 où elle réunit en plein prime time (20H10), en face des journaux de Farnce 2 et TF1, plus de cinq millions de téléspectateurs qui regardent vivre les habitants du Mistral, quartier imaginaire de Marseille (où l'émission est tournée), avec sa prison, son commissariat, son bistro, son parc... L'émission co-produite par Telfrance et Rendez-vous Production, a été lancée en été 2004. Elle est diffusée aussi sur France 4 en access (17h05), en Belgique (ladeux), en Suisse (TSR 1) et en Tunisie (Nessma TV) ; l'émission est également accessible en VOD et en DVD. Au total, déjà plus de 1 800 épisodes.
L'émission est servie par de nombreux produits dérivés :
La mise en page du magazine emprunte aux habitudes des réseaux sociaux (cf. "le mur Facebook du Mistral" où l'on s'exprime en termes de SMS). Un peu de déco, des pages cuisine, musique / cinéma, des tests prospectifs, mots flêchés et sudoku, horoscope. Rien ne manque, sauf la publicité. Ce premier numéro n'en comporte, et s'en tient à des promotions des titres du groupe Prisma.
Cet ensemble médiatique invite à reconsidérer les classifications des médias. Au centre, il y a une émission qui imite la vie, quotidienne, et attire des millions de téléspectateurs. Autour de ce média, circulent des médias ancillaires, multiplicateurs d'images et instigateurs d'usages, prolongeant et amplifiant l'émission par tous les sens (lecture, vidéo, musique, objets) et enfin, s'entretissant, les outils numériques redoublent l'ensemble, invitent à l'action (fans, personnalisation, achats). "Plus belle la vie" peut être qualifié de média total, pluridimensionel, en détournant, mais pas tant que cela, la notion de "fait social total" (Marcel Mauss : fait "où s'expriment à la fois et d'un coup toutes les institutions"). On gagnerait à l'appréhender dans sa totalité, tant au plan de la production que de la consommation et de ses usages publicitaires (médiaplanning, mesure d'efficacité).
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Magazine lancé en janvier comme hors-série du guide de programmes TV Télé-Loisirs (Prisma / Bertelsmann). Prix facial : 4 €, pour 116 pages. La mise en place du premier numéro, déclarée par l'éditeur, est de 200 000 exemplaires. Distribution par Presstalis, placé en pile dans le linéaire "Télévision", à côté de Télé-Loisirs. Peu de promotion, juste un peu de PLV ; vendu comme "collector".
Le magazine est consacré à l'émission diffusée du lundi au vendredi sur FR3 où elle réunit en plein prime time (20H10), en face des journaux de Farnce 2 et TF1, plus de cinq millions de téléspectateurs qui regardent vivre les habitants du Mistral, quartier imaginaire de Marseille (où l'émission est tournée), avec sa prison, son commissariat, son bistro, son parc... L'émission co-produite par Telfrance et Rendez-vous Production, a été lancée en été 2004. Elle est diffusée aussi sur France 4 en access (17h05), en Belgique (ladeux), en Suisse (TSR 1) et en Tunisie (Nessma TV) ; l'émission est également accessible en VOD et en DVD. Au total, déjà plus de 1 800 épisodes.
L'émission est servie par de nombreux produits dérivés :
- des livres (les romans du feuilleton, une BD, un livre de cuisine, un livre documentaire),
- un jeu de société, des jeux vidéo, des CD, une appli de jeux pour iPhone (0,79€)
- un mensuel (avec DVD) qui a cessé sa diffusion en décembre 2010 et que remplace ce nouveau magazine,
- un site officiel avec une boutique en ligne, et aussi un site "non officiel" de fans, un site pour les fans belges, une présence sur Facebook, sur Twitter, etc
- des T-Shirts, des mugs, des casquettes, etc. et même un scooter aux couleurs de l'émission, MIO (Sym) !
La mise en page du magazine emprunte aux habitudes des réseaux sociaux (cf. "le mur Facebook du Mistral" où l'on s'exprime en termes de SMS). Un peu de déco, des pages cuisine, musique / cinéma, des tests prospectifs, mots flêchés et sudoku, horoscope. Rien ne manque, sauf la publicité. Ce premier numéro n'en comporte, et s'en tient à des promotions des titres du groupe Prisma.
Cet ensemble médiatique invite à reconsidérer les classifications des médias. Au centre, il y a une émission qui imite la vie, quotidienne, et attire des millions de téléspectateurs. Autour de ce média, circulent des médias ancillaires, multiplicateurs d'images et instigateurs d'usages, prolongeant et amplifiant l'émission par tous les sens (lecture, vidéo, musique, objets) et enfin, s'entretissant, les outils numériques redoublent l'ensemble, invitent à l'action (fans, personnalisation, achats). "Plus belle la vie" peut être qualifié de média total, pluridimensionel, en détournant, mais pas tant que cela, la notion de "fait social total" (Marcel Mauss : fait "où s'expriment à la fois et d'un coup toutes les institutions"). On gagnerait à l'appréhender dans sa totalité, tant au plan de la production que de la consommation et de ses usages publicitaires (médiaplanning, mesure d'efficacité).
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vendredi 30 juillet 2010
Mesure de la vidéo à la demande (VOD)
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Difficile d'intéresser les annonceurs à la mesure des audiences, aux arcanes des méthodologies mises en oeuvre... Difficile de justifier le budget nécessaire à leur amélioration.
De temps en temps, un incident "fait désordre" et rappelle à l'ordre les acteurs. Mauvais moment à passer, se rassure-t-on ; encore quelques jours et le marché aura oublié. Dommage.
Hulu, le site de VOD américain, vient encore de faire l'expérience des errements de la mesure. Son audience vient de passer de 43,5 mllions de visiteurs en mai à 24 millions en juin. Changements dans la méthodologie de la mesure ? Evolution conjoncturelle de la consommation ? Les deux ? Où est la vérité ? Il y a quelques jours Yahoo! a obtenu des rectifications de comScore... "Cacophonie" disent les uns, "confusion", "inconsistance", disent les autres. L'euphémisation va bon train. Il y a un an déjà, en mai 2009, le marché s'étonnait, à propos de Hulu, des écarts d'audience séparant les résultats de deux panels (42 millions pour l'un, 8,9 pour l'autre)...
Ce nouvel écart de mesure tombe mal : la compréhension du marché de la VOD, l'établissement de ses modèles économiques (dont publicitaire) passent par l'analyse fine des audiences. Et Hulu occupe sur ce marché naissant une position décisive, éclairante.
Plusieurs panels de mesure Internet produisent des résultats divergeants, or ces mesures ont été érigées, de facto, en outils stratégiques pour orienter en amont les grandes décisions d'achat. De plus, ces résultats s'accordent mal aux données de plus en plus riches produites par les très nombreux "webanalytics" qui pilotent le quotidien du ciblage et de l'achat. La situation est incommode pour les médiaplanners, incompréhensible pour les annonceurs.
Qui a intérêt à de si discutables et disputables mesures ? Certainement pas le marché publicitaire Internet, certainement pas les annonceurs.
Si j'étais annonceur, je suivrais tout cela de très près.
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Difficile d'intéresser les annonceurs à la mesure des audiences, aux arcanes des méthodologies mises en oeuvre... Difficile de justifier le budget nécessaire à leur amélioration.
De temps en temps, un incident "fait désordre" et rappelle à l'ordre les acteurs. Mauvais moment à passer, se rassure-t-on ; encore quelques jours et le marché aura oublié. Dommage.
Hulu, le site de VOD américain, vient encore de faire l'expérience des errements de la mesure. Son audience vient de passer de 43,5 mllions de visiteurs en mai à 24 millions en juin. Changements dans la méthodologie de la mesure ? Evolution conjoncturelle de la consommation ? Les deux ? Où est la vérité ? Il y a quelques jours Yahoo! a obtenu des rectifications de comScore... "Cacophonie" disent les uns, "confusion", "inconsistance", disent les autres. L'euphémisation va bon train. Il y a un an déjà, en mai 2009, le marché s'étonnait, à propos de Hulu, des écarts d'audience séparant les résultats de deux panels (42 millions pour l'un, 8,9 pour l'autre)...
Ce nouvel écart de mesure tombe mal : la compréhension du marché de la VOD, l'établissement de ses modèles économiques (dont publicitaire) passent par l'analyse fine des audiences. Et Hulu occupe sur ce marché naissant une position décisive, éclairante.
Plusieurs panels de mesure Internet produisent des résultats divergeants, or ces mesures ont été érigées, de facto, en outils stratégiques pour orienter en amont les grandes décisions d'achat. De plus, ces résultats s'accordent mal aux données de plus en plus riches produites par les très nombreux "webanalytics" qui pilotent le quotidien du ciblage et de l'achat. La situation est incommode pour les médiaplanners, incompréhensible pour les annonceurs.
Qui a intérêt à de si discutables et disputables mesures ? Certainement pas le marché publicitaire Internet, certainement pas les annonceurs.
Si j'étais annonceur, je suivrais tout cela de très près.
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mardi 6 avril 2010
Télé 7 Jours et Johnny Hallyday
Beaucoup de lecteurs de Télé 7 Jours ont vieilli avec Johnny Hallyday
A ses débuts, il chantait déjà un prémonitoire "Souvenirs, souvenirs". Beaucoup, parmi celles et ceux qui prendront leur retraite bientôt, sont tombés amoureux sur "Retiens la nuit", un fameux slow, quitte à se dire, plus tard, "Elle m'oublie" et, enfin, "J'ai oublié de vivre"... Le premier magazine de cette génération, ce fut toutefois pourtant "Salut les copains" (1962) et tout se passait alors à la radio, en fin d'après-midi, sur Europe 1 ("SLC", émission lancée en octobre 1959), pas à la télé, rare à l'époque.
Johnny et l'image des marques
Le contexte publicitaire de ce numéro anniversaire trahit un positionnement populaire : une cible aux revenus modestes, qui serre son budget de crise. En page 2, "les flageolets Cassegrain, délicatement cuisinés" en quadri ; à l'intérieur, un cahier de 12 pages de LIDL (-20% sur les lasagnes, et un "super samedi" avec aspirateur de table) ; en 4 de couv, la Française des Jeux assure que "la chance appartient à tout le monde". Et pour la promotion de l'abonnement, un GPS à prix réduit, que ne gagnera jamais le fidèle lecteur qui, chaque lundi, achète son magazine au point de vente voisin.Malgré un immense lectorat (près de 6 millions de personnes), un taux exceptionnel de reprises en main, des lectures régulières, le magazine souffre vraisemblablement de n'être pas celui que lisent les médiaplanners. Il pâtit aussi, comme toute la presse télé, d'un papier peu propice à l'expression des marques de luxe ; autant de clichés qu'il faudrait sans doute révoquer en doute, pour le principe. Le palmarès publicitaire de ce numéro est impressionnant : Carrefour, Sofinco, Optic 2000, Disneyland, Leclerc, Bouygues Telecom, Suzuki, Croisières Paquet, Cetelem, Cofidis, Educatel, Mr Bricolage, Go Sport, TMC, Picard, franprix, TF1, Nostalgie, et j'en passe... Qui dit mieux ? De plus, on peut y lire toute une analyse de sociologie de la culture et de la consommation en acte. "La distinction" et le médiaplanning, mêmes combats ?
"Sept quotidiens dans un hebdomadaire"
Ce siècle a 10 ans, la télé Internet perce sous la TNT... Que deviendront les magazines télé ? Aux Etats-Unis, depuis quelques années, il n'y en a plus. Le papier, le magazine n'offrent pas les ergonomies qui conviennent à un marché TV où l'on ne compte plus les chaînes, où la notion même de chaîne, avec YouTube, Netflix, la SVOD n'a plus de sens. Bien sûr, le magazine a développé son site Internet, sous un autre nom d'ailleurs, Premiere.fr, et une appli pour iPhone, sous un troisième nom, TELE 7, tandis que la diffusion du papier décline. Faut-il voir dans le choix de trois noms différents une réticence, compréhensible, à la notion de "marque média" ? Et aussi la conscience que la semaine de 7 jours (cf. "7 jours") n'est plus l'unité de temps de la télévision ?
Addendum : selon Lagardère (26 avril 2010), ce numéro s'est vendu à 1 552 200 exemplaires (abonnements compris).
dimanche 21 février 2010
Foot, audiences et suspense
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Quelle sera l'audience de la Coupe du monde de football ?
La question agite experts et logiciels de prévision d'audience ; la recette est connue : mouliner les données passées, extrapoler, redresser par quelques variables spécifiques (tranches horaires de retransmission, équipes en lice), ajouter un doigt de constantes pifométriques, et voilà. Et c'est sûrement faux.
C'est d'abord l'effet du direct. Personne n'a vu le match en avant-première, ni journalistes bien introduits, ni pirates habiles... Mais surtout, tout est possible. L'histoire du foot le montre à foison. Et les mauvais spécialistes errent, et les très bons se trompent, mais avec talent. Le foot, c'est le suspense assuré : cela appartient à son essence, à la structure et à la définition même du jeu. Un gardien de talent, chanceux, peut retourner un match, un grand joueur peut perdre la boule et, d'un coup, enliser son équipe... Même l'arbitre est imprévisible et joue son rôle pour brouiller les pronostics. Tout est déjà arrivé, les annales le démontrent, mais il s'en invente encore. Sur une saison, les bons spécialistes sont capables de prévisions convenables. Sur un seul match, non.
Le foot est le dernier refuge du suspense à la télé. On connaît toujours, très tôt, le dénouement d'un film, l'invention est si limitée, le bruit précédant la sortie est si fort que l'on sait presque tout anticiper : après quelques épisodes de "House" ou de "24", on peut imaginer l'issue, même si quelques péripéties sont imprévisibles parce qu'invraisemblables deus ex machina. Une fois plantés décors et personnages, les combinaisons possibles sont évidentes. Quant aux talk shows et autres variétés, ce chewing gum fade, on saurait en écrire les répliques cousues de langue de bois et de fil blanc. Tout y est tellement prévisible, "tension narrative" nulle.
Dans le foot jamais. On a beau tout savoir, on ne sait jamais rien. Plus on disposera de statistiques, d'historique et plus on aura de suspense. Car l'information ne tue pas le suspense, au contraire, elle en est le moteur même. Cf. Hitchcock : "The essential fact is, to get real suspense, you must let the audience have information".
Sous le charme de ce principe d'incertitude, l'audience de la Coupe du monde est a priori radicalement imprévisible. Après coup, bien sûr, de savants commentateurs nous l'expliqueront, tout aura été éminemment prévisible.
Pour l'audience et le médiaplanning, le suspense a déjà commencé.
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Quelle sera l'audience de la Coupe du monde de football ?
La question agite experts et logiciels de prévision d'audience ; la recette est connue : mouliner les données passées, extrapoler, redresser par quelques variables spécifiques (tranches horaires de retransmission, équipes en lice), ajouter un doigt de constantes pifométriques, et voilà. Et c'est sûrement faux.
C'est d'abord l'effet du direct. Personne n'a vu le match en avant-première, ni journalistes bien introduits, ni pirates habiles... Mais surtout, tout est possible. L'histoire du foot le montre à foison. Et les mauvais spécialistes errent, et les très bons se trompent, mais avec talent. Le foot, c'est le suspense assuré : cela appartient à son essence, à la structure et à la définition même du jeu. Un gardien de talent, chanceux, peut retourner un match, un grand joueur peut perdre la boule et, d'un coup, enliser son équipe... Même l'arbitre est imprévisible et joue son rôle pour brouiller les pronostics. Tout est déjà arrivé, les annales le démontrent, mais il s'en invente encore. Sur une saison, les bons spécialistes sont capables de prévisions convenables. Sur un seul match, non.
Le foot est le dernier refuge du suspense à la télé. On connaît toujours, très tôt, le dénouement d'un film, l'invention est si limitée, le bruit précédant la sortie est si fort que l'on sait presque tout anticiper : après quelques épisodes de "House" ou de "24", on peut imaginer l'issue, même si quelques péripéties sont imprévisibles parce qu'invraisemblables deus ex machina. Une fois plantés décors et personnages, les combinaisons possibles sont évidentes. Quant aux talk shows et autres variétés, ce chewing gum fade, on saurait en écrire les répliques cousues de langue de bois et de fil blanc. Tout y est tellement prévisible, "tension narrative" nulle.
Dans le foot jamais. On a beau tout savoir, on ne sait jamais rien. Plus on disposera de statistiques, d'historique et plus on aura de suspense. Car l'information ne tue pas le suspense, au contraire, elle en est le moteur même. Cf. Hitchcock : "The essential fact is, to get real suspense, you must let the audience have information".
Sous le charme de ce principe d'incertitude, l'audience de la Coupe du monde est a priori radicalement imprévisible. Après coup, bien sûr, de savants commentateurs nous l'expliqueront, tout aura été éminemment prévisible.
Pour l'audience et le médiaplanning, le suspense a déjà commencé.
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dimanche 13 septembre 2009
HBO et les networks
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Voici les résultats des 61èmes Creative Emmy Awards, prix décernés par The Academy of Television Arts and Sciences (ATAS) le 12 septembre (communiqué de presse). 4 chaînes seulement concentrent plus de la moitié des 86 récompenses distribuées. Dans ce marché, qui compte des centaines de chaînes, la qualité de réalisation reste un atout des très grandes chaînes. Parmi celles-ci, deux chaînes payantes sans publicité, HBO et Showtime recueillent plus du quart des récompenses. A suivre, de HBO : un film, "Grey Gardens", réalisé d'après le scenario d'un film de 1976 ; le film a été diffusé sur la chaîne en avril ; et une miniséries de 7 épisodes, "Generation Kill", sur un journaliste participant à la guerre d'Irak (embedded) en 2003, diffusée cet été.
Les chaînes innombrables - des centaines - de la télévision américaine ne jouent manifestement pas dans cette catégorie, cantonnées dans les émissions bon marché et les rediffusions. Mieux que les audiences, ces résultats donnent à voir la fracture du marché télévisuel. Conclusion que l'on peut étendre au marché international : combien de chaînes européennes, pour nous en tenir à cette région, ne vivent que de la diffusion des produits de quelques grandes chaînes américaines ?
Les GRP ne disent pas tout.
Voici les résultats des 61èmes Creative Emmy Awards, prix décernés par The Academy of Television Arts and Sciences (ATAS) le 12 septembre (communiqué de presse). 4 chaînes seulement concentrent plus de la moitié des 86 récompenses distribuées. Dans ce marché, qui compte des centaines de chaînes, la qualité de réalisation reste un atout des très grandes chaînes. Parmi celles-ci, deux chaînes payantes sans publicité, HBO et Showtime recueillent plus du quart des récompenses. A suivre, de HBO : un film, "Grey Gardens", réalisé d'après le scenario d'un film de 1976 ; le film a été diffusé sur la chaîne en avril ; et une miniséries de 7 épisodes, "Generation Kill", sur un journaliste participant à la guerre d'Irak (embedded) en 2003, diffusée cet été.
Les chaînes innombrables - des centaines - de la télévision américaine ne jouent manifestement pas dans cette catégorie, cantonnées dans les émissions bon marché et les rediffusions. Mieux que les audiences, ces résultats donnent à voir la fracture du marché télévisuel. Conclusion que l'on peut étendre au marché international : combien de chaînes européennes, pour nous en tenir à cette région, ne vivent que de la diffusion des produits de quelques grandes chaînes américaines ?
Les GRP ne disent pas tout.
- Comment évaluer les différences entre des audiences d'émisssions originales, parfaitement réalisées et des audiences de rediffusions ou d'émissions bon marché ? Pour un annonceur, tous les contacts sont-ils égaux ?
- Les "grandes" émissions, originales, ne méritent-elles pas de "grandes" créations publicitaires, originales elles aussi ? C'est ce qu'a fini par obtenir le Superbowl, programme de plus en plus célèbre pour ses créations publicitaires (cf. nos posts "100 000 $ par seconde" et "Superbowl super pubs"). Moins de répétition, donc moins d'encombrement publicitaire (clutter), plus de talent, plus d'attention : tout le monde y gagnerait.
- Et si l'on inversait le médiaplanning ? Jusqu'à présent, les annonceurs choisissaient les émissions ; et si les émissions choisissaient les créations publicitaires ? La suggestion vaut pour tous les médias diffusant des contenus originaux. Un nouveau type de place de marché ?
- Ceci, qui renvoie à la notion de "GRP quali" (débat récurrent !), conduirait à une inflexion du modèle économique des grandes chaînes, dont "on" s'accorde à reconnaître qu'il est mal en point.
- HBO (Time Warner) 16
- NBC Universal 11
- ABC Disney 8
- Fox 8
- Cartoon Network 6
- CBS 6
- PBS (secteur public) 6
- Showtime 5
samedi 29 août 2009
anatomie d'une station de TV
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CBS4 est la station CBS du marché de Miami (Floride). Comme toute station filliale, elle diffuse la totalité de la grille du network national CBS et tous les écrans publicitaires. On dit qu'elle est "owned and operated" (O and O) à la différence de la majorité des autres stations membres du network qui sont affiliées.
Télévision gratuite, son modèle économique est exclusivement publicitaire. Sa régie (locale) commercialise l'audience de sa programmation locale (celle du DMA, N°16) ; l'audience des émissions nationales est commercialisée par la régie nationale du network, CBS.
A Miami, la station est associé à my33, station qui reprend la programmation du network MyNetworkTV, dans le cadre de "CBS is Always On" (sorte de duopole dans ce marché).
La régie commercialise également les audiences du site Internet de la station et celle d'un gratuit mensuel, The Adtimes Newspaper qui précise, en sous-titre, "News powered by CBS4.com", signature que l'on retrouve en pied de la plupart des articles du mensuel. Ce gratuit consacre plus du tiers de sa surface (64 pages) au rédactionnel. Distribué dans les supermarchés (CVS, Publix, Winn Dixies, Sam's Club), les multiplexes de Regal, des centres commerciaux, etc., représentant au total un potentiel de cinq millions de personnes.
Le site comporte des informations locales (avec flux RSS), du type faits divers, certaines en espagnol, des informations sur Cuba, l'île voisine, car la population immigrée cubaine est très nombreuse (près de la moitié de la population du DMA est hispanophone), des informations générales, la circulation et la météo, tellement importante dans cette région d'ouragans .
Le mensuel gratuit suit la même ligne éditoriale et publie en insert un guide annuel dans lequel CBS4 conjugue tous ses médias, The CBS Hurricane Guide (en anglais et en espagnol).
Conclusion :
CBS4 est la station CBS du marché de Miami (Floride). Comme toute station filliale, elle diffuse la totalité de la grille du network national CBS et tous les écrans publicitaires. On dit qu'elle est "owned and operated" (O and O) à la différence de la majorité des autres stations membres du network qui sont affiliées.
Télévision gratuite, son modèle économique est exclusivement publicitaire. Sa régie (locale) commercialise l'audience de sa programmation locale (celle du DMA, N°16) ; l'audience des émissions nationales est commercialisée par la régie nationale du network, CBS.
A Miami, la station est associé à my33, station qui reprend la programmation du network MyNetworkTV, dans le cadre de "CBS is Always On" (sorte de duopole dans ce marché).
La régie commercialise également les audiences du site Internet de la station et celle d'un gratuit mensuel, The Adtimes Newspaper qui précise, en sous-titre, "News powered by CBS4.com", signature que l'on retrouve en pied de la plupart des articles du mensuel. Ce gratuit consacre plus du tiers de sa surface (64 pages) au rédactionnel. Distribué dans les supermarchés (CVS, Publix, Winn Dixies, Sam's Club), les multiplexes de Regal, des centres commerciaux, etc., représentant au total un potentiel de cinq millions de personnes.
Le site comporte des informations locales (avec flux RSS), du type faits divers, certaines en espagnol, des informations sur Cuba, l'île voisine, car la population immigrée cubaine est très nombreuse (près de la moitié de la population du DMA est hispanophone), des informations générales, la circulation et la météo, tellement importante dans cette région d'ouragans .
Le mensuel gratuit suit la même ligne éditoriale et publie en insert un guide annuel dans lequel CBS4 conjugue tous ses médias, The CBS Hurricane Guide (en anglais et en espagnol).
Conclusion :
- Un média total qui ne choisit ni les voies ni les rythmes d'accès de ses consommateurs à l'information : papier, internet, TV locales / immédiat et continu, mensuel, quotidien, etc. : à eux de choisir ce qui leur convient selon les moments.
- Un ensemble d'outils publicitaires localisés permettant d'orchestrer la couverture pour un contexte rédactionnel et une zone de chalandise choisis.
- Un média total autorise un médiaplanning sans médiaplanner. Faut-il un chef d'orchestre ? Faut-il une mesure 360°, si chère et si complexe, ou peut-on se contenter de laisser la main invisible du marché de l'audience se charger du plan média ?
- La déclinaison du site en gratuit assure la couverture de la population non internaute ou qui n'ira pas chercher son information sur CBS4.com. Les deux médias, gratuits, sont complémentaires. Le gratuit contribue à la notoriété du site, donc de la station. Construction en cascade de la notoriété de chaque support.
- Le modèle network articule local et national ; il donne au local tous les moyens de sa puissance. Il est déterminant dans la construction quotidienne de la puissance du média télé.
mercredi 8 juillet 2009
Détours de Babel
Un magazine de petites annonces vient de paraître, Babelimmo, qui se veut, pour une fois, "multilingue" (Multilingual Property Magazine). Des propriétés à vendre et des locations de vacances sont proposées en France, Italie, Espagne, et bien d'autres pays. Les fiches descriptives sont rédigées en 6 langues : allemand, néerlandais, espagnol, italien, français, anglais. Le magazine justifie de façon convaincante l'importance d'une approche plurilingue par l'efficacité commerciale (pp. 10-13). Son plurilinguisme est un positionnnement marketing.
Babelimmo déclare regrouper plus de 400 sites (non, je n'ai pas vérifié !) qui visent acheteurs et vendeurs européens. Le magazine papier vient en couronnement de l'édifice commercial, après les sites Internet. L'ensemble constitue un plan média complet (avec, en sus, des affiches "à vendre").
Nous devons à ceux qui comptaient construire la fameuse Tour de vivre dans un univers plurilingue, et, a fortori, multiculturel. Texte ancien dont la leçon n'est pas entendue : oeuvrer pour une langue passe-partout pour ne pas dire grand chose revient à tenter de reconstruire cette Tour. La leçon de Babel met en garde contre l'uniformisation, elle dit l'obligation, morale, d'harmoniser les différences ; la première de ces différences, fondatrice, est la langue.
Les langues ont été "confondues" pour la plus grande richesse et le plus grand dynamisme des cultures ; les réduire à quelque pauvre sabir représente un mauvais calcul économique, et culturel. La communication est un effort !
N.B. : cf. les notations lumineuses d'un philosophe sur la question, Emmanuel Lévinas, éparses dans A l'heure des Nations, Editions de Minuit (1988).
dimanche 15 mars 2009
Une page de pub, une page de trop
C'est de plus en plus fréquent : on pense arriver sur le site du quotidien en ligne, et l'on attrappe, en plein écran, une page de pub qui s'étale, tranquillement, et qui prend tout son temps.
Pour s'en débarasser, cliquer. Où ? Ou attendre. Ainsi augmente la durée de passage sur le site... critère irrésistible d'une audience engagée !
On change de navigateur, et cela recommence, évidemment. Moins de la moitié de l'écran pour ce que l'on est venu parcourir. L'autre moitié pour un produit qui ne nous intéresse pas, et qui désormais nous sera antipathique. On clique sur une autre section, et cette fois c'est en plein milieu... Médiaplanner, mon frère, ne vois-tu rien venir ?
N'y a-t-il pas de solution pour une activité publicité discrète mais attirante parce qu'elle concernerait l'internaute de passage et le retiendrait ?
dimanche 30 mars 2008
Le taux d’intérêt de la presse
Le Wall Street Journal n'était pas encore acheté par News Corp., à l'automne 2007, que l'on trompetait déjà que la partie payante du site (plus d’un million d’abonnés) serait bientôt gratuite. Début janvier 2008, marche arrière : elle reste payante et plus chère (119 $, et 59 $ pour les abonnés à la version papier- écart qui laisse présumer de la valeur ajoutée de l'édition en ligne). On annonce des extensions gratuites (sport, politique politicienne, etc.), des ouvertures au gratuit (opinion, interviews vidéo, éditoriaux), peu importe, le modèle économique mixte reste en place.
Quel raisonnement préside à ce revirement, outre le bon sens gestionnaire puisqu'un modèle mixte est moins vulnérable aux aléas du marché publicitaire ? Abordons plutôt la question sous l'angle du mediaplanning.
Le payant est doublement payant : il est signe d’un meilleur taux d’intérêt des lecteurs, d’où la valeur primordiale accordée en mediaplanning à la Diffusion Payée). La Diffusion Payée situe un lectorat primaire (qu'il faudrait plutôt appeler "premier", comme "primary"), qui a décidé de lire, et pour cela, d’acheter. Les lecteurs qui paient ne sont ni des lecteurs «en passant» ni surtout des passants qui lisent ; ils ne sont pas de ceux que Nietzsche appelait "les oisifs lisants" (je traduis littéralement "die lesenden Müßiggänger", que d'autres traduisent "ceux qui lisent en badauds"). Lecteurs engagés. Coeur de cible que recherchent annonceurs et mediaplanners, car il garantit la justesse de l’achat média.
Faire payer les lecteurs, leur proposer des contenus dont ils ont besoin, c’est les convaincre d’investir (les lecteurs mettent leur argent où il voient leur intérêt, il font, dans les deux sens de l’expression, crédit au média, crédit renouvelé, numéro après numéro). C’est aussi assurer une valeur supérieure à ces lectures et aux espaces publicitaires qu’elles découvrent. De plus, quand les lecteurs sont abonnés, il ont confié au titre des informations pertinentes que la régie peut utiliser (opt-in) pour leur proposer en plus des informations commerciales adéquates.
Cercle vertueux : le payant est payant car le payant valorise l’espace publicitaire.
Pour instruire plus avant cette affaire, prêtons attention à une décision récente de l’organisme d’audit de la presse américaine, ABC (Audit Bureau of Circulation, équivalent européen de l’OJD). L’ABC a décidé que sera considéré comme contribuant à la Diffusion Payée (paid circulation, DFP en France), tout exemplaire acheté, quelle que soit la part du prix facial payé (c’est déjà la cas pour les magazines). Jusqu’à présent, un quotidien devait indiquer pour le rapport d'audit la part des exemplaires payés au moins 50% de leur prix facial et la part entre 25 et 50%. A cela s’ajoutent d’autres modifications ; n’entrons pas dans les détails : retenons que la notion de payant s’étend notamment à des exemplaires que le lecteur obtient gratuitement (grâce aux compagnies aériennes, aux hôtels, aux cabinets médicaux, etc.).
Revenons encore au coût de transaction : peut-on affirmer que plus un lecteur accepte un coût de transaction élevé plus il est motivé ? Ainsi pourrait-on ordonner les lecteurs : d’abord celui qui se rend dans un point de vente presse, au jour et à l’heure de sortie du titre, paie et emporte son quotidien ou son magazine, puis celui qui s’abonne pour n’en manquer aucun, jusqu’à celui, enfin, lecteur d'occasion qui n’a rien demandé et à qui l’on met dans la main un titre et l’abandonne sur place, ou encore à celui qui le reçoit malgré lui dans sa boîte aux lettres.
Entre ces extrêmes : Internet, car on paie l’abonnement global à un fournisseur d’accès, Internet qui demande que l’on recherche le titre ou l’article, et que parfois l’on paie en confiant ses coordonnées pour recevoir une information commerciale choisie (lectorat hautement qualifié).
Bien des notions que nous avons ânonnées méticuleusement en agences média et en régies se trouvent aujourd’hui chamboulées par les nouveaux modèles économiques des médias (le modèle mixte existe aussi en radio, TV, musique, etc.). Sur quelles études fondera-t-on les nouvelles notions ? Faut-il encore distinguer "achetorat" et "lectorat", selon quelle arithmétique les combiner ? Un beau chantier à ouvrir : réparation, construction.
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