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mercredi 28 octobre 2015

IBM et The Weather Company cherchent l'or du temps


Weather Co. (qui détient la chaîne météo, The Weather Channel) serait sur le point de céder à IBM pour 2 milliards de dollars ses actifs données et numérique (digital and data assets) comprenant le site Web, les applis et WSI, la division professionelle (B2B) ; selon The Wall Street Journal, Google aurait, l'an passé, décliné une offre d'achat de Weather Co. 
Les actionnaires actuels comprennent entre autres Comcast / NBC Universal, le MSO, qui n'a donc pas voulu se porter acquéreur (les autres actionnaires sont Bain Capital et Blackstone). La valeur des données prend tout son sens pour IBM qui détient les compétences nécessaires : cloud computing et intelligence artificielle (machine learning, Watson). 

A l'issue de cette vente, la chaîne The Weather Channel, anticipant la chute des revenus en provenance des MVPD (Multichannel Video Programming Distributor), sera-t-elle convertie en OTT afin de pouvoir collecter les revenus directs des consommateurs, abonnés non pas à un bouquet de chaînes mais à cette chaîne en particulier (cf. OTT Everywhere. A Media Paradigm Shift?) .

Cette vente manifeste clairement deux tendances actuelles du marché de la télévision, et la disruption manifeste qu'elles repésentent pour le modèle économique de la télévision:
  • l'importance primordiale des données et de leur traitement, d'une part, 
  • l'affaiblissement des MVPD, d'autre part.
The Weather Channel (TWC) fut, après CNN et MTV, l'une des chaînes historiques du câble américain. Lancée en mai 1982, elle est reçue par près de 90 millions de foyers américains, mais depuis quelques années, son audience décline (-11% au cours des quatres dernières années selon Nielsen). Toutefois, TWC a remplacé Yahoo! pour la fourniture de données des applis météo de Apple (Iphone, Ipad, Apple Watch, Apple TV). En début de semaine, The Weather Channel et IBM avaient annoncé un accord avec Twitter pour l'utilisation de données météo (Insight Cloud Services).

IBM Analytics, copie d'écan, 28 octobre 2015

mardi 8 avril 2014

Deux visions du temps qu'il fait à la TV : WeatherNation vs Weather Channel


Une bataille a opposé The Weather Channel à l'opérateur satellite DirecTV. Du point de vue de l'opérateur, The Weather Channel est trop cher. Les opérateurs paieraient 13 cents par abonné par mois pour la retransmission de la chaîne (selon SNL Kagan). DirecTV lui a substitué WeatherNation avec un contrat pluri-annuel.
DirecTV compte 20 millions d'abonnés (fin 2013), c'est le second opérateur après Comcast.

Ce n'est peut-être qu'une partie du débat.
The Weather Channel a une programmation mixte, qui se généralise : 1/3 météo, 2/3 reality shows et séries ("Deadliest Space Weather", "Coast Guard Alaska", "Highway Thru Hell", "Prospectors"). Programmation en partie concurrente des autres chaînes. De plus, la chaîne est contrôlée par le câble-opérateur Comcast (NBCUniversal), quelque peu concurrent des opérateurs satellites et télécom.
En revanche, WeatherNation a une programmation exclusivement consacrée à la météo ("all weather related information all the time", selon le responsable des contenus de DirecTV).
Deux logiques d'agrégation s'opposent : celle du distributeur global (MSO) et de son bouquet, d'une part, celle de la chaîne, d'autre part. Pour résister aux offres concurrentes issues du numérique (OTT), comme Netflix, l'opérateur doit préférer rassembler un bouquet de chaînes nettement thématiques, clairement distinctes. Or The Weather Channel semble se dé-thématiser en mêlant information météorologique et fiction.
Enfin, l'importance discriminante d'une chaîne météo décroît avec la prolifération de sites et applis spécialisés dans la météo, disponibles en permanence sur support mobile.

Mise à jour 9/8/2014

The Weather Channel a fait marche arrière et a réduit de moitié la part de fiction dans sa grille des jours de semaine. Les abonnés à DirecTV pourront aussi regarder gratuitement la chaîne sur des supports mobiles. De son côté, DirecTV a accepté d'augmenter légérement le réunération de la chaîne.
Le P-DG de la chaîne a présenté ses excuses. Difficile de se priver d'un potentiel de 20 millions d'abonnés.

vendredi 14 juin 2013

Météo : le temps des données

 Sommaire partiel : l'appli de WABC (NY)
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Aux Etats-Unis, le temps qu'il fait, celui qu'il fera dans la région, est depuis longtemps une affaire de télévision locale. Avec le développement du câble et de chaînes spécialisées, puis de leur prolongement sur le Web, les stations locales et les networks perdaient un peu de leurs prérogatives.
La première réaction fut celle de NBC qui racheta The Weather Channel (TWC) en 2008.
Voici maintenant la réaction du groupe ABC (Disney) dans le droit fil de sa panoplie d'applis déjà lancées : le ABC Owned Television Stations Digital Group, qui réunit les O&O du groupe, publie des applis gratuites (iOS, android) dotées de fonctions d'alerte vocale et de suivi en cas de déplacement. ("Follow me anywhere" : l'utilisateur peut choisir trois régions, en plus de sa région d'origine (DMA) pour laquelle l'appli est personnalisée.
Les 7 stations O&O de ABC couvrent 23% des foyers TV et sont présentes dans les plus grands agglomérations américaines (New York, Los Angeles, Philadephie, San Francisco, Houston, Raleigh-Durham et Fresno).
L'appli a été développée par WDT (Weather Decision Technologies), éditeur de iMapMobile, qui associe la météo à une location géographique et de iMapTV. WDT a déjà pour clients de nombreuses chaînes et stations de télévision.
Rien comme la météo et le temps qui ne cesse de changer n'est complice de la mobilité et de la continuité de la production de données.

La météo est importante pour l'image locale des stations, pour leur insertion dans la vie la plus quotidienne et locale de leurs audiences, dans le rituel télévisuel ; elle est aussi essentielle pour la quantité de données qu'elle permet de collecter et d'exploiter. L'audience télévisuelle de la météo est large, diversifiée. Elle n'exclut aucune cible marketing, sauf peut-être celle des enfants, encore qu'ils soient souvent inclus dans l'audience familiale.
Or la météo est de plus en plus consultée sur un smartphone et de moins en moins à la télévision sauf en cas de situation météorologique dramatique ou spectaculaire. Pour les stations qui tissent le réseau des networks, le lancement de ces applis est la confirmation de leur stratégie tout écran (multiscreen).
Ensuite, il appartient aux stations affiliées de déployer une stratégie analogue, voire coordonnée avec le network, notamment pour disposer aussi d'une couverture nationale.
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lundi 12 mars 2012

Pinterest ? Quel intérêt ?

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"Pinterest vous permet d'organiser et partager toutes les belles choses que vous trouvez sur le Web". Voici la définition officielle. Pinterest est une sorte d'agrégateur de photos provenant principalement d'autres sites, une sorte d'échantillon d'images publiées sur le Web par un très vaste panel. Scrapbooking généralisé, crowdsourcing de la "curation" ?
Selon comScore, il y aurait déjà presque 12 millions d'utilisateurs de Pinterest, ce réseau social iattendu. D'abord, il faut être invité avant de s'inscrire via Twitter ou Facebook. Certes, il y a une appli mobile mais tout le monde convient qu'elle fonctionne mal. De plus, Pinterest a rencontré des problèmes avec Flickr (Yahoo!) qui veut pouvoir bloquer les "pins" de Pinterest afin de préserver l'usage privé de certains photos.
Quant au  modèle économique, il est encore mystérieux et indécis (publicité, affiliation ?). Cf. How does Pinterest make money?

Malgré tout, Pinterest rencontre un succès inattendu. Certains médias télévisuels américains le testent, comptant y "faire" de l'audience : télévision (PBS, The Weather Channel, NBC, des stations locales, etc.), magazines de décoration, des féminins (Homes & Garden, House Beautiful, EasyLiving, Elle Decor, etc.) et même The Wall Street Journal. La vitesse d'adoption de Pinterest ne cesse de surprendre. D'autant qu'aucune boule de cristal médiatique ne l'a vu venir. Voilà qui nous rappelle que l'univers des pratiques numériques est en expansion accélérée, mal prévisible. On n'est jamais à l'abri d'un Big Bang.

D'où vient le succès de Pinterest ? Son aspect visuel de collage, son formidable désordre qui suscite des rencontres surprenantes ? Sa simplicité ? Epingler d'un click droit, commenter en deux mots, et c'est parti (pour un mode d'emploi simplifié de Pinterest, voir Shareaolic ; une extension Chrome facilite l'épinglage). Comme avec le plupart des réseaux sociaux, on peut suivre, apprécier des épinglages (like), ré-épingler (repin). Notons encore que l'utilisateur de Pinterest doit classer la photo qu'il épingle dans une catégorie, éventuellement en créer une à sa convenance (folksonomie) : des données organisées ainsi produites sont d'une grande richesse.
Pinterest a déjà des émules en Chine notamment dans le e-commerce (filiales de Taobao, comme Etao Faxian ou Wow). Taobao (淘宝网) est une filiale du groupe Alibaba (阿里巴巴).
  • Non seulement Pinterest compte déjà beaucoup d'utilisateurs et beaucoup d'utilisations, mais il semble se révéler un formidable apporteur d'audience (referral traffic) aux éditeurs de sites. Selon Shareaholic (cf. supra), Pinterest dépasserait Google+, YouTube et LinkedIn pour ce qui est des apports d'audience aux sites éditeurs. En janvier, le site se situait au niveau de Google et de Twitter, derrière StumbleUpon et, évidemment, très loin de Facebook. 
  • En part d'audience des visites aux réseaux sociaux, Pinterest dépasse Google+ et LinkedIn (cf. Experian / Hitwise).
  • L'image de Pinterest auprès des américaines semble favorable ; elles auraient plus confiance en Pinterest qu'en Facebook ou Twitter, selon une enquête déclarative de BlogHer (février 2012). D'une manière générale, le profile de Pinterest est plutôt féminin (cf. 24 Ore)

samedi 27 août 2011

TV, Web : beau temps pour la météo

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Les problèmes météo des Etats-Unis (tremblement de terre puis ouragan Irene, etc.) devraient valoir aux chaînes météo de belles audiences. Donc de bons revenus publicitaires. Mauvais météo pour la population, beau temps pour la météo. Touchant la côte Est, l'ouragan et ses conséquences (destructions, inondations) affectent toutes les activités d'une région comptant plus de 65 millions de personnes, des événements sportifs (les Yankees joueront-ils à Baltimore ?) aux équipements média (antennes, panneaux d'affichage, câble aérien, etc.).
Des packages publicitaires spécifiques ont été conçus : "Severe Weather Packages". Les agences peuvent acheter pour les annonceurs de l'espace publicitaire placé dans le calendrier avant ou après les dégâts produits par l'ouragan. Avant, c'est pour la préparation, après, c'est pour la réparation. Les clients, captifs : compagnies d'assurance, grande distribution spécialisée, société de nettoyages, vendeurs ou loueurs de générateurs, organisations caritatives, etc.
The Weather Channel (TWC, groupe Comcast NBC) commercialise également auprès de ses "affiliées" (stations ou réseaux câblés) des alertes géo-localisées. De plus, le web social entre en jeu et localise aussi son information partagée : l'ouragan selon les tweets de votre région ("conversation in your area").
Jeudi, TWC a multiplié l'audience TV de son quart d'heure moyen par quatre (total journée, 25-54 ans), dépassant celle de toutes les chaînes d'information (Fox News, CNN et MSNBC). Son site weather.com a connu sa plus forte audience pour un ouragan (hurricane) soit 99 millions de pages vues.
Google Maps a fait récemment son entrée dans le domaine de la météo : après la circulation et les transports publics, Google Maps donne la météo, rendant sa cartographie encore plus indispensable. Les données sont fournies par weather.com (TWC). Sur l'ouragan Google Maps fournit aussi une carte zoomable de la situation. Travail systématique d'agrégation de Google.

Comme dit la chanson (Brassens), "rendez-vous au prochain orage".... En attendant, tout le travail consiste, pour la chaîne, à fidéliser l'audience irrégulière que lui a apportée le mauvais temps.
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jeudi 11 novembre 2010

Evolution des régies publicitaires : le cas Weather Channel

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Seule une chaîne météo pouvait donner à un outil publicitaire un nom d'ouragan : la régie du site de The Weather Channel (TWC) s'associe à AdMeld pour mettre en oeuvre sa propre place de marché publicitaire, "Category 5". Son objectif déclaré est de reprendre le contrôle total de la vente de tout son espace publicitaire, donc d'optimiser elle-même ses revenus (yield opimization), en temps réel (Real Time Bidding), et en relation constante avec la vente directe d'espace réalisée par ailleurs. Pour cela, la régie doit se procurer des outils technologiques adaptés à la commercialisation automatique d'un inventaire abondant et complexe.

Appli TWC
Cette opération peut retenir l'attention pour plusieurs raisons.
  •  TWC est, en matière de télévision, un acteur stratégique. Comptant plus de 100 millions d'abonnés, présente dans près de 100% des foyers TV américains, c'est la première des chaînes d'information de la télévision américaine. La météo, c'est central dans la vie quotidienne des Américains (cf. L'avenir média de la météo). Le formatage de la météo, émietté, localisé correspond aux attentes du marché publicitaire (ciblages contextuels, géo-marketing). Cette chaîne thématique est diversifiée dans ses supports : météo locale et hyperlocale, radio, site Internet puissant (45 millions de visiteurs uniques / mois), développements pour mobile (dont appli iPhone). Le site Internet n'est pas en rupture formelle avec la chaîne, bien au contraire. Le passage de l'une à l'autre et au mobile est logique, naturel.
  • The Weather Channel appartient au groupe média Universal NBC, lui-même en cours d'acquisition par le premier câblo-opérateur américain (MSO), Comcast. TWC se trouve donc au coeur d'un groupe tout numérique (studios, jeux vidéo, network généraliste, stations de TV locale, chaînes thématiques) en voie de transformation profonde et qui n'est pas bloqué par des composantes nécessairement conservatrices : pas de papier dans ce groupe, ni presse, ni affichage. Déjà, NBC s'est fait remarquer au début de l'été par une stratégie iconoclaste en constituant son propre ad network, UAP (cf. Réseaux publicitaires : TV networks et Ad networks).
  • Etant donné le dynamisme des acteurs concernés, cette initiative publicitaire de TWC peut, à court terme, s'étendre à la vente d'espace publicitaire de la télévision. Les avancées dans ce secteur de Apple (Apple TV) et de Google (Google TV, qui vient de passer un accord avec l'opérateur de bouquet satellite Dish Network) devraient stimuler l'innovation publicitaire des chaînes et des groupes numériques.
  • Une telle évolution s'étendra-t-elle à d'autres types d'éditeurs ? Est-elle réservée, comme l'ont déclaré des agences média, aux très grands éditeurs ? Il y a de bonnes raisons de penser qu'elle pourrait se propager à des éditeurs moins puissants, ce qui ne ferait pas l'affaire des agences média dont le champ d'activité numérique est menacé par de nouveaux acteurs. 
Alors qu'Internet accède au statut de média publicitaire, les groupes médias numériques, remettent en chantier leur stratégie et reprennent un contrôle confié jusqu'à présent à de petits sous-traitants pendant une fort longue période d'incubation. NBC inaugure sans doute un mouvement qui transformera durablement le marché, par étape.

N.B. A propos du nom, "Category 5" : il désigne l'ouragan de force maximum sur l'échelle de Saffir-Simpson. "Category 5" provoque des dégats considérables, "catastrophic" (cf. Weather Encyclopedia de TWC). La chaîne aime cette métaphore : son appel aux commentaires des internautes est dit "Voice 5".

mardi 27 juillet 2010

Réseaux publicitaires : TV networks et Ad networks

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Le groupe de télévision américain NBC Universal vient de lancer son propre réseau publicitaire : UAP (Universal Audience Platform). Ce network rassemble des sites des chaînes (NBC.com, USANetwork.com, Bravotv.com, Oxygen.com, Syfi.com,Telemundo.com), des sites autonomes comme iVillage.com et les sites des dix stations locales "O and O" du network national grand public NBC. A terme, le réseau pourrait prendre en régie des sites n'appartenant pas au groupe (les sites de stations affiliées ?).
Les données d'audience utilisées pour le médiaplanning proviendront de Nielsen (NNR), Quantcast et BlueKai.
MSNBC.com, Weather.com, and CNBC.com, les grands sites du groupe qui disposent d'une autonomie publicitaire (image, ciblage, puissance) n'ont pas été inclus dans le réseau publicitaire UAP.

Pourquoi cette stratégie de la part de l'un des très grands groupes TV américains ? Les arguments avancés sont classiques :
  • assurer la sécurité des emplacements publicitaires pour les annonceurs et les agences (brand safe environment), la sécurité des sites "owned and operated" étant en principe assurée et vérifiée 
  • transparence et contrôle de la transaction commerciale
  • présence d'interlocuteurs commerciaux et non d'automates
  • puissance : 60 millions de visiteurs uniques / mois
Les raisons de ce virage sont à chercher ailleurs.
Ce coup joué par NBCU est à replacer dans la perspective globale de l'acquisition de NBCU par Comcast (51%), le premier câblo-opérateur américain ; le dossier est en cours d'examen par les autorités de régulation, (FCC, Subcomité chargé de la concurrence au Sénat).
A terme, ce réseau pourrait se voir compléter par d'autres sites des chaînes et réseaux de Comcast. D'autres réseaux à ciblage géographique pourraient être constitués à partir des sites des réseaux câblés de Comcast qui ont tous une régie publicitaire locale et des interconnects,à partir des nouvelles chaînes régionales (les stations "O and O" de NBC à New York et à Chicago lancent des chaînes locales d'information 24/24, Nonstop). Un réseau publicitaire consacré au sport pourrait également être envisagé à partir de chaînes sportives régionales.

Si les grands médias reprennent en main leur destin publicitaire en ligne, ceci représente un danger pour les "sites portail" qui tablent sur leur puissance apparente et sur des ciblages verticaux fragiles ; cela peut menacer également les réseaux publicitaires ne disposant pas d'outils efficaces de ciblage et d'achat d'espace.
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mercredi 9 juillet 2008

L'avenir média de la météo

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On attribue au romancier américain Mark Twain la phrase qui donne la clé du succès médiatique de la météo : "Everybody talks about the weather but nobody does anything about it" (tout le monde parle de la météo mais personne n'y change rien). La météo est l'un des contenus les plus recherchés par les médias (Weather.com a une audience voisine de celle de CNN.com). Aux informations et prévisions, s'ajoute un aspect documentaire et vulgarisateur : réchauffement climatique, incendies de forêt, tremblements de terre, environnement, etc. Comme le sport et la bourse, la météo se repaît de statistiques mais aussi de cartographie, contenus automatisables, personnalisables, localisables. De plus, les événements météorologiques, presque toujours dramatiques, ne manquent pas et les présentateurs de la télé ont quelque chose de romantique : "Levez-vous orages désirés !" D'ailleurs, la météo a ses stars : James Cantore (The Weather Channel), Catherine Laborde sur TF1.

Aux Etats-Unis, la bataille pour la première chaîne météo, The Weather Channel (TWC), s'achève. Le groupe NBC (General Electric) l'acquiert auprès de Landmark Communications pour 3,5 milliards de $, associé à la Deutsche Bank, General Electric et des hedge funds de Bain Capital et The Blackstone Group. CBS, Comcast et Time Warner qui avaient fait connaître leur intérêt se sont désistés (mais Comcast rachètera NBC). Le prix de 35 $ par abonné est supérieur à celui de l'acquisition, par NBC, de Bravo (chaîne culturelle, 22 $ en 2002) et de Oxygen (chaîne Femmes, 12 $ en 2007). Sundance Channel (chaîne cinéma) a été achetée en 2008 par Cablevision Systems pour 19 $ / abonné (NBC en détenait un tiers).
L'acquisition comprend la chaîne TVC (crée en 1980, 97 millions de foyers abonnés), le site Weather.com (35 millions de visiteurs uniques en juin, selon comScore), Weather Services International (services de prévisions, 5 500 clients), Electronics Corporation (radars météo) et une participation dans Pelmorex (météo canadienne).
Quelle évolution après l'acquisition ? Trois évolutions semblent primordiales :
  1. Les contenus météo pourront être exploités par toutes les chaînes d'infos de NBCU (NBC, CNBC, MSNBC, stations O&O et affiliées, etc.) et par Internet. Cette acquisition consolide la puissance de NBC sur Internet et en téléphonie au moment où se cumulent les audiences tous médias.
  2. En 2004, NBC avec ses stations affiliées avait lancé NBC Weather Plus, qui décollait difficilement (la chaîne est toujours dans le rouge). Une fusion des moyens semble inévitable.
  3. NBC devra augmenter progressivement la contribution des réseaux câblés et opérateurs satellite qui ne versent que 11 c pour retransmettre TWC (selon les standards du marché, on attendrait 25 c).
TWC n'aura qu'un seul grand concurrent sur le marché américain, The Local AccuWeather Channel souvent présent en marque blanche dans les stations TV, les réseaux câblés et leurs sites. Signalons une initiative qui devrait inspirer des imitations : le Denver Post, quotidien de Denver, publie une comparaison des prévisions météo, après coup, le Weather-O-Meter.

Et en France ? Lagardère a vendu La Chaîne Météo (bénéficiaire) en 2006 au groupe Meteo Consult (Prosodie)... stratégie mystérieuse.

Mises à jour octobre 2008
  • Gulli et Tiji, deux chaînes TV pour enfants de Lagardère, mettent en place une météo adaptée à leur public.
  • Le Groupe Figaro acquiert Meteo Consult (10,2 millions de VU /mois selon Nielsen Netratings.
La météo est aisément multimédia et multi-support : pas de média sans météo, pas d'info sans météo. Elle est présente sur les téléphones, encadre le prime time, trône dans les portails. Chaque pays a sa chaîne météo, chaque région, chaque agglomération l'aura. La météo se combine au sport, à l'agriculture et à la pêche, au jardinage, aux vacances, au voyage, au tourisme. La météo, c'est du quotidien, du local de chaque instant, pour les loisirs et pour le travail. Montesquieu avait raison de voir dans l'homme un être du temps qu'il fait et des climats.
L'avenir média de la météo est au beau fixe !
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