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mercredi 6 janvier 2010

Télé passion et taux d'intérêt

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Le SNPTV se félicite de la tenue de la télévision. Les audiences mesurées dans les foyers ne baissent pas. La durée d'écoute par téléspectateur (DEI) est constante (près de 3 heures et demie chaque jour) et la télévision est allumée chaque jour plus de 5 heures et demie par foyer (Source : Médiamat, 4+, jour moyen L-D, 3H00-3H00). Sain rappel, intéressé, que devraient entendre les médiologues amateurs qui claironnent un peu vite la fin de la télé. De plus, cette audience mesurée sur les téléviseurs au domicile ignore encore toutes sortes d'audiences hors des foyers et hors téléviseur : elle est donc sous-estimée.

Ce que l'on ne sait pas, c'est la variation du taux d'intérêt de cette audience : quelles parts de la consommation affecter à la "télévision bouche-trou" (que l'on regarde faute de mieux, pour tuer le temps), à la "télévision passion" (choisie, anticipée, programmée, recherchée, regardée exclusivement, que l'on paie) et à la "télévision tapisserie" qui appartient au décor plus ou moins choisi de nos vies (télévision partagée dans un ensemble multi-tâche). Il y aurait pourtant des moyens d'approcher ces notions, sans bousculer les outils d'achats interprofessionnels : avec l'assiduité, la régularité, la socialisation de la consommation et de l'attention ("audience conjointe"), par exemple, pour citer les classiques. Mais aussi, plus malin, les émissions recherchées sur Internet, quand (avant, après, pendant), l'évolution des mots utilisés pour les trouver, l'univers sémantique associé à ces émissions, etc. 

La télévision gagnerait à faire valoir la part de "télévision passion" dans les consommations. Elle se distinguerait ainsi de bien d'autres médias et supports, qui vendent une majorité de média tapisserie. Que cela plaise ou non, les GRP ne sont pas tous égaux : les taux d'intérêt les distinguent. 
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jeudi 5 novembre 2009

GRP, contact et vidéo

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Le syndicat des régies TV françaises (SNPTV) relance le débat sur la définition du GRP parce qu'une agence média spécialisée dans Internet compare, favorablement, GRP vidéo sur Internet et GRP TV. Le débat a déjà eu lieu déjà à propos d'Internet (IAB / UDECAM, 2002) mais aussi, depuis toujours, à propos de l'affichage, un GRP TV étant déclaré bien meilleur qu'un GRP affichage. On enseigne dans les agences média que l'on on ne saurait additionner les GRP de médias différents, les choux et les carottes, etc. 
Rappels
  • Définition des GRP d'une campagne : somme des contacts d'une campagne pour un média donné. Autrement dit : produit de la couverture à au moins 1 contact (i.e.audience cumulée) par la  fréquence (répétition) moyenne (pour une population - "cible" - donnée). 
  • Qu'est-ce qui fait la différence entre les GRP ? La définition du contact et la manière dont on les compte.
  • Le contact TV est défini par la présence du panéliste dans le pièce où se trouve le téléviseur allumé lorsque le message publicitaire est diffusé, présence dont témoigne l'audimètre ("déclaration" du people meter). 
  • Le contact Internet est défini par le contact de tout internaute avec le mesage publicitaire vidéo diffusé (stream, etc.). Cf. Guidelines IAB.
Chacune de ces définitions a sa part d'arbitraire, et toutes sont discutables : elles partent d'une occasion de contact (ODV) et non d'un contact vérifié (visuel ou auditif), elles ne prennent pas en compte l'attention, elles dépendent le cas échéant de la qualité des panels (cf. audits du CESP), etc.
Dès lors que l'on dénombre des contacts, on peut calculer des GRP. Comparer des GRP, c'est d'abord comparer des définitions de contact et des méthodes de comptage. Aucun média n'a le monopole du GRP. Une campagne recourant à des messages publicitaires vidéo produit des GRP, qu'elle soit diffusée par une chaîne de TV ou par YouTube. 


Faut-il introduire la durée du contact ? Pour les campagnes avec messages publicitaires vidéo, pourquoi pas ? Dans ce cas, la définition du contact doit intégrer le pourcentage du message qui a été perçu (vu ou/et entendu ?) avec un principe de calcul, arbitraire : à partir de quelle proportion du message vu considérera-t-on qu'il y a contact ? 30%, 50%, 100% ? Ce pourcentage doit-il varier selon la durée du message (format), selon qu'il s'agit d'un 8 secondes ou d'un 30 secondes ?
Faut-il additionner les plateformes de diffusion vidéo (Internet, téléphonie, TV, console de jeux vidéo) ? Bien sûr, c'est nécessaire mais ce n'est pas encore faisable actuellement, faute de savoir dédupliquer les contacts entre supports différents. ll faut attendre une mesure unique.
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mardi 23 juin 2009

Les dialectiques de la durée


La durée est un critère constant de l'analyse de l'audience des médias audio-visuels : durées d'écoute (DEA, DET, DEI), assiduité, répétition. Elle est indispensable au marketing pour quantifier les contacts avec un produit en magasin. En télévision, on mesure aussi l'assiduité : pour une émission donnée, pour un écran publicitaire, c'est la part de la durée totale diffusée qui en a été regardée. Ensuite, vient la répétition (nombre d'épisodes vus au cours d'une saison, par exemple), indicateur de fidélité. La vraie durée, c'est ce qui recommence. Tout analytique d'Internet devrait être une "rythmanalyse".
Dans tous ces cas, la durée constitue un indicateur pertinent : si l'émission déplait, si la concurrente est meilleur, le téléspectateur zappe, la DEA, la DEI, l'assiduité moyenne baissent. L'assiduité indique le taux d'intérêt observé ex-post. La durée choisie par l'annonceur ex-ante participe de l'établissement de la marque (branding).

Avec Internet, média plus complexe, on observe deux types de situations types, de plus en plus souvent combinées sur une même page.

Sur tous les sites à forte composante vidéo, l'accroissement de la durée est un signe positif, comme en TV. Les sites des chaînes de télévision, tous les sites avec vidéo (YouTube, Dailymotion, etc.) et leurs régies mettent en avant, à juste titre, la durée d'écoute par internaute pour vanter leur attractivité. On pourrait y ajouter l'assiduité et la répétition. Voyez, par exemple, Canal Plus, ZDF ou ESPN : pour eux, la "page vue" n'a pas grand sens pour évaluer la vidéo, la télé.

Hors vidéo, l'accroissement de la durée de visite d'un site ou d'arrêt sur une "page" (en fait, un écran) est rarement un signe positif.
Sur les sites d'information (commerciale, générale, etc.), une ergonomie médiocre allonge la durée du parcours d'achat, de la décision d'achat, de la recherche d'information. Et si l'internaute n'est pas satisfait, il ne revient pas. Une durée trop élevée, un site compliqué entraînent une diminution de la répétition et du nombre des re-visites. Mais, si l'internaute revient souvent, il se familiarise alors avec l'organisation du site, va droit à l'essentiel et y reste moins longtemps. La durée est fonction, inverse, de l'habitude, de la lisibilité. La durée fait rarement partie du contrat de "lecture" sauf au titre de la brièveté (Google en a fait un dogme, et une clef de ses succès).

Dans l'analyse, les indicateurs de durée doivent donc être combinés à la fréquentation (i.e. répétition) du site ou de la page concernés (cf. on sait l'importance des habitudes média, question à la base de toute modélisation). La fréquence des visites est généralement liée au renouvellement régulier du site, à la vitesse d'obsolescence des contenus exposés, à la qualité de la création, aux services rendus, etc. La fréquence est une variable primordiale, robuste, alors que, définie comme produit du nombre de visites par la durée des visites, la "stickiness" reste un indicateur ambigü, voire trompeur. Mal conçu.

Dans les sites mixtes, combinant vidéo et images fixes, se juxtaposent nécessairement deux mesures : la durée pour la vidéo, la "page vue" pour les éléments publicitaires placés autour de l'écran vidéo. Pour des images fixes, qu'apporte la durée d'exposition ou de visibilité, qu'il s'agisse d'affichage urbain ou d'affichage Internet puisque la durée d'exposition de ces éléments dépend strictement de l'attention portée à la vidéo. Qu'apporte la "durée de visibilité" à l'audience cumulée ? A débattre (cf. les travaux de Alenty pour le SNPTV).
La question concerne ici Internet et la vidéo ; elle concerne aussi l'audio, mais surtout la TV lorque sur l'écran du téléviseur est découpé en multiples fenêtres (à la Bloomberg) et fait défiler des cours de bourse ou des résultats sportifs, etc.

Dans un point de vente - et presque tous les sites sont plus ou moins des points de vente - la durée de la visite constitue un indicateur faible, fragile de la performance marketing. Seuls comptent la visibilité du produit, son identification immédiate, génératrice d'un contact avec le produit (effets du facing), sa prise en main, sa mise dans le caddy et le passage à la caisse (taux de transfo). La combinaison de ces variables successives étant maximisée (suite de probabilités conditionnelles), il faut minimiser la durée du parcours, tant dans l'intérêt du point de vente (désencombrer, fluidifier le trafic aux caisses) que dans celui du client à la recherche du temps gagné. L'indicateur clé, après la valeur du panier, c'est la fidélité (répétition). Sur Internet, de nombreux sites ressemblent à des magasins : les bandeaux y sont PLV, "stop-rayon", kakémono, théâtralisation du linéaire. Sur le site réel comme sur le site virtuel, la durée n'est pas positive. D'où la nécessité de concevoir un digital signage diffusant des créations de quelques secondes à forte lisibilité pour ne pas ""distraire" de l'achat et ralentir le flux des clients dans l'espace de vente.

Internet n'est pas UN média, il en propose de multiples, parfois simultanément, souvent hétérogènes. C'est le média des médias et le média des métiers (d'où le titre de ce blog). Il y a de la télé sur Internet et il y a du marketing direct, de l'affichage et de la PLV, du digital signage et du linéaire. A chaque métier, à chaque média sa mesure.

Vous y croyez, vous, sérieusement, à la panacée d'une mesure universelle, pour tous types de sites, de toute audience Internet ? Etrange alchimie, non ?