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dimanche 4 mai 2025

Le Japon pour le connaître mieux, un peu

 Sencha. Le slow media par Japon infos,ou Le magazine du Japon, 52 p., 11.9 €, bimestriel, abonnement 6 numéros, 99 €

 C'est un nouveau magazine destiné à cclles et ceux qui son amoureux du Japon ou qui vont le devenir... en lisant ce magazine ! Pour comprendre doucement, lentement !
Le premier article a pour objet les fêtes de la nouvelle année et le premier lever de soleil mais aussi le repas emblématique dont la tradition change (quelques statistiques pp. 14-15). 
Le deuxième article évoque des lieux qui n'ont pas eu de chance dans l'histoire, dont Hiroshima, victime des militaristes japonais d'abord et qui aujourd'hui se veut, mais un peu tard, "Cité de la Paix", et manifeste contre les armes nucléaires (qui tuent trop, trop vite !). 

Un article évoque l'évolution démographique et les familles monoparentales au Japon, familles vivant dans la pauvreté ; ce sont bien sûr les femmes qui conduisent seules ces familles, les ex-maris ayant déserté le foyer et rechignant à payer la pension alimentaire (ce type de  délabrement familial est international, la France n'y faisant pas exception (cf. INSEE), quant aux Etats-Unis, n'en parlons même pas !

A l'autre extrémité du transsibérien se trouvait autrefois le Japon avec la ville de Tsuruga et ses plats appétissants comme le "katsudon" (côtelettes de porc frites). Et puis viennent deux articles sur des destinations touristiques, Tottori et Gunma. Ensuite, un article sur le cinéma qui évoque le festival de Kinotayo et, pour finir, une interview de Pierre Jacerme, qui a enseigné en prépa à Henri IV et qui est aujourd'hui l'auteur d'un livre sur le Japon (Visages du Japon).
Enfin, est évoquée l'oeuvre de Keiji Nakazawa sur les mangas puis on notera deux colonnes sur le film Black Box Diaries qui raconte le viol d'une journaliste par un patron de presse proche des milieux politiques dirigeants. Le film qui est diffusé en salles à Paris, ne l'est toujours pas au Japon ! Il y a décidément encore quelques progrès à faire, au delà du folklore, du tourisme et de la cuisine !

Le magazine fait voir, entrevoir à peine, le Japon d'aujourd'hui, un peu, mais aussi surtout celui d'hier. Les articles sont courts (trop ?) et les lecteurs aimeraient sans doute en savoir plus. Mais c'était le premier numéro, alors, attendons la suite. Le Japon, malgré tout cela ressemble quand même souvent à l'Occident : viols, familles monoparentales...

jeudi 23 juillet 2020

KoKo, un excellent mook franco-japonais



KoKo. La première revue interculturelle bilingue fançais - japonais,  "L'art  urbain", avec P'tit KoKo. "Koko et Nina à la découverte du street art"15€, trimestriel, abonnement : 55 €, 144 p + 32 p. Conseils de lecture et Conseils cinéma.

C'est un mook original, rare, bien construit. Un vrai livre. Tout d'abord, parce qu'il est bilingue et, comme tel, il intéressera d'abord tous ceux et celles qui apprennent le japonais, ou qui envisagent de l'apprendre. Ou ceux et celles qui apprennent le français. Parfait manuel. Mais on peut se satisfaire de l'une des deux langues, si, comme moi, l'on n'a pas appris le japonais à l'école. Ensuite, le magazine, un véritable mook avec ses 144 pages, est accompagné d'un petit magazine (de 32 pages) pour jeunes enfants (5 à 10 ans) : P'tit Koko. Ce magazine est consacré au même thème que le magazine adulte et comporte deux pages de vocabulaire pour que les enfants, qu'ils apprennent le japonais ou le français comme seconde langue, s'y retrouvent et... apprennent leur vocabulaire. Parents, à vous de jouer !

Koko se considère comme "une passerelle entre la France et le Japon", selon l'introduction de Eventhia Moreau (ancienne élève de l'INALCO à Paris) qui veut faire de Koko un "espace de dialogue interculturel entre les cultures françaises et japonaises". L'équipe est entièrement féminine (https://revuekoko.com/index.php/qui-sommes-nous/).

Le magazine commence par un article introductif de Lord K2 qui montre que la place de cet art urbain n'est pas encore gagnée au Japon, même si Shibuya, quartier branché de Tokyo, peut nous en donner une idée. Le second article est né d'une inspiration, venue de la cinéaste Agnès Varda ("Mur Murs", son film consacré à l'art mural à Los Angeles, sorti en 1982) ; l'auteur, Kool Killer, qui enseigne à l'université de Tokyo, retrace l'histoire de l'art urbain à Tokyo. Ensuite, nous sommes confrontés à divers articles consacrés à l'art urbain dans différents environnements : Okinawa (par l'artiste Denpa), Paris où deux graffeurs, Lek et Sowat, s'emparent d'un supermarché désaffecté au Nord de la ville, "Le Mausolée". Rackgaki (i.e. graffiti japonais) décrit la scène japonaise de la "street culture". Stew raconte son "Héron bleuté" qui, du haut de ses 50 mètres, domine le XIIIème arrondissement de Paris... Et puis, il y a de nombreux portraits et interviews : Mina Hamada, Shiro, Da Cruz, Mademoiselle Maurice, Dragon 76, K12 One, C215 et son chat haut de six étages dans le XIIIème arrondissement (à l'angle de la rue Nationale et du boulevard Vincent Auriol - si vous voulez aller le saluer !), Sasu, etc. Le magazine s'achève par un retour dans Shibuya et puis encore des interviews de Native et Simon qui parlent du samouraï noir, Yasuke.

Le magazine comprend également des "conseils ciné" et des "conseils lecture", alimentés de références bibliographiques "pour découvrir les scènes urbaines" japonaises et françaises.
Koko fait changer l'air culturel que nous respirons, et il faut l'encourager, car il y a du travail ! Après ce numéro sur "l'art urbain", j'attends la suite, impatiemment.

lundi 29 avril 2019

Apologie du bon débarras. Sérié télé américaine


Tidying up with Marie Kondo (Ranger avec Marie Kondo), série, première saison, 8 épisodes d'une demi-heure à trois quarts d'heure chacun. Janvier 2019.

Voici une étonnante émission de la télévision américaine, diffusée par Netflix. Le principe en est le suivant : un foyer a accumulé tellement d'objets devenus inutiles, l'habitation est tellement encombrée qu'il lui devient inconfortable d'y vivre, pénible même. L'espace domestique est rongé par d'incessantes accumulations : la société de consommation est une société de gaspillage et de dons où acheter (shopping) est un passe-temps, une activité en soi dont il est bon de se plaindre (cf. la corvée des cadeaux de fin d'année, le rituel des achats pour la rentrée scolaire). En revanche, il y a des moments de la vie qui appellent le débarras : le départ des enfants ("empty nest", épisode 2) ou le veuvage (épisode 4), l'arrivée d'un enfant (épisode 7) ou un mariage ("When two (messes) become one" - dernier épisode).
Tout le monde a beaucoup de mal à jeter, à se débarrasser de tant d'objets habituels et pourtant inutiles, dénués de valeur : jouets, vêtements, collections, chaussures, gadgets divers, cartes postales, courrier. D'autant qu'à chacun de ces objets relégués reste associé à un souvenir.
Alors il faut faire appel à une spécialiste du rangement : c'est Marie Kondo. Elle est japonaise ; dans l'émission, elle parle un peu anglais, surtout japonais et fait appel au truchement de son interprète. Paradoxalement, cette distance linguistique facilite la communication et les exigences du rangement s'en trouvent moins brutales, amorties par le délai de traduction et la bonne humeur tenace de Marie Kondo. Les mots sont moins offensants, plus cordiaux, acceptables.
Mari Kondo a publié plusieurs livres vantant sa méthode (de-cluttering) ; la série s'en inspire largement. Le livre sur l'art japonais du rangement se veut un "manifeste mystique" (sic !) ; il y a aussi une version manga ; le rangement selon Mari Kondo, inspiré du shintoïsme, prend volontiers une dimension métaphysique. Marketing oblige.

Fée des logis, Mari Kondo, docteur ès-rangement, établit bientôt un diagnostic au cours de la visite de l'habitation tandis que les téléspectateurs font connaissance de ses habitants, qui confessent leur impuissance. Cela tient de la thérapie et du coaching. Voyeurisme. La caméra s'introduit dans l'intimité de la vie d'un couple : vivre ensemble, n'est-ce pas d'abord s'accorder avec son partenaire, sur le rangement des choses de la vie ?
La réalisation fait d'abord prendre conscience des monceaux d'objets sans intérêt, des placards qui débordent et prennent la place de l'essentiel. Spectaculaire ! Au vu du diagnostic, les habitants s'engagent à se débarrasser de tout cet encombrement et le déblaiement planifié peut commencer, pièce par pièce. Le tri ne conserve que ce qui amène la joie ("what sparks joy") et qu'il faut mettre en valeur.
Marie et l'équipe de tournage reviennent chaque semaine visiter l'habitation, pour juger de l'avancement des travaux des Hercules domestiques. Marie Kondo leur montre des trucs : comment plier les vêtements (impressionnant !), placer des objets dans des boîtes de différentes tailles... Mettant en scène une situation courante dans laquelle tout téléspectateur peut se reconnaître, la série exerce une fonction cathartique. Les téléspectateurs, qui sont eux aussi plus ou moins débordés par des années de vie quotidienne, par la crue des possessions, et la cruauté des dépossessions, déclarent s'être mis à ranger, à mettre de l'ordre chez eux et, par voie de conséquence, à effectuer des donations charitables, des ventes de voisinage (garage sales)... Tous admettent retirer un bénéfice psychologique de la clarté et de l'organisation nouvellement conquises, du bonheur de prendre le temps de retrouver de l'espace. Esthétique cartésienne du sobre, du clair et distinct. C'est un créneau que la presse de la maison et de la décoration occupe depuis longtemps.
La méthode Marie Kondo peut s'appliquer plus généralement à toute gestion : celle du budget domestique et des achats, à la gestion du temps... Discours de la méthode domestique, règles pour la direction de l'esprit. Toujours hiérarchiser pour ne garder que l'essentiel, se débarrasser du reste. Voilà qui vaut sans doute pour le fatras de connaissances que l'on accumule sur les réseaux sociaux, pour les entreprises aussi. Gérer, c'est ranger, et arranger.


jeudi 1 décembre 2016

Midnight Diner: une série de petites histoires japonaises sur Netflix

Couverture du manga
(Anime News Network)

Le générique lance de belles images nocturnes de Tokyo, de Shibuya, centre de Tokyo où tout le monde se croise. Carrefour de néons, de couleur et de précipitation. Sous-titres en anglais.
C'est l'histoire d'un restaurant de nuit, ouvert de minuit à 7 heures du matin. La série réalisée par Joji ­Matsuoka est basée sur un manga de Yaro Abe, manga primé qui a connu un succès considérable au Japon.
Ce restaurant cuisine des plats de cuisine familiale presque triviale, on y sert aux noctambules du saké et de la bière. Chacun y écoute l'histoire de son voisin, de sa voisine, dans la vie urbaine, sous l'œil bienveillant du chef ("master").

Choix remarquable de Netflix qui sert cette série de 10 épisodes de moins d'une trentaine de minutes (depuis le 21 octobre 2016). Choix sans grand risque puisque cette série exploite un filon de notoriété avéré : en plus du manga, elle a été précédée de deux ensembles d'épisodes et d'un film. Succès d'audience à chaque fois.

Les habitués qui se rencontrent dans le restaurant, fatigués de la journée, sont en général de modestes héros, humbles, parfois un peu ridicules mais beaucoup de générosité et de tendresse les habitent. Des histoires d'amour improbables se dénouent, des complicités se créent : une femme tricote pour déclarer sa flamme, une chauffeure de taxi, aux amours contrariées, dit la fièreté de son métier, une Coréenne émigrée travaille pour payer les dettes de ses parents, un acteur que le public boude, un joueur de mahjong et son jeune fils...

La série décentre, elle bouscule l'ethnocentrisme du téléspectateur occidental que la culture télévisuelle japonaise désoriente : la langue d'abord, la bande-son, la politesse méticuleuse (les techniques du corps), les calligraphies, les plats et les manières de cuisiner. Le titre de chaque épisode renvoie au met cuisiné ce jour là (l'omelette au riz, etc.). On notera l'art subtile de filmer le travail du cuisinier qui montre la place des couleurs dans la cuisine japonaise, l'élégance des baguettes, le bruit des cuissons... Claude Lévi-Strauss, qui fut un amoureux fervent du Japon, recommandait aux occidentaux d'en "apprivoiser l'étrangeté" (L'autre face de la Lune. Ecrits sur le Japon, Paris, Seuil, 2011). "Midnight Diner" y contribue...

"Midnight Diner", montre l'ambiance tendre d'un lieu public étroit et réconfortant, un bistrot de quartier (Shinjuku) ; on peut penser au diner de Edward Hopper, mais sans le sentiment de solitude ("Nighthawks", 1942). Synthèse d'exotisme du quotidien (pour les télépectateurs occidentaux), de vignettes, de portraits rapidement brossés. L'ambiance, le bistro comme point de concours du social, la structure narrative tout cela fait penser aux textes de Henri Calet, Joris-Karl Huysmans et parfois à "How I met your mother" (CBS).


jeudi 11 juillet 2013

Médias de la culture japonnaise en France : séries TV, animes, mangas et jeux vidéo

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Brigite Koyama-Richard, Mille ans de mangas, Paris, 2007
247 p. Ed. Flammarion, Bibliogr., Glossaire, 39,9 € 
L'annonce du lancement, en automne 2013, d'une chaîne dédiée à la culture japonaise (J-One) a confirmé et couronné une avancée de la culture japonaise en France commencée il y a plus d'une dizaine d'années.
J-One sera reprise par les opérateurs Canalsat et Numéricable. Elle s'appellera J-One car elle diffusera certains de ses programmes une journée seulement après leur diffusion au Japon. Elle traitera de "cultures pop japonisantes" (sic), ce qui devrait inclure les mangas, le cinéma, les séries, les jeux vidéo, les animesetc.
Dernière mise à jour 3/4/2018.
Il existe déjà une chaîne de télévision spécialisée, Mangas (crée en 1998, Groupe AB), ainsi que Game One lancée également en 1998 dont une partie de la programmation concerne encore les animes et les jeux vidéo (en 2001, Canal Plus a revendu la chaîne à Infogrames qui l'a revendue à Viacom). Enfin en octobre sera distribuée Anime Digital Network (ADN) née de la fusion des plateformes vidéo rivales, Genzai.fr et KZplay.fr. La chaîne NoLife, en revanche, a déposé son bilan en avril 2018. Elle avait été lancée en 2007.

La culture japonaise, exotisme, pour les Français, d'un "empire des signes" ? "Illusoire exotisme", dira Claude Lévi-Strauss. Sans doute... Le sabre, le chrisanthème, le go, le bonsaï, les estampes, le karaoké... "patterns of culture" ? On peut rappeler le japonisme des impressionistes, de Van Gogh, de Claude Debussy (une estampe de Hokusai trônait dans son salon). "La folie Japon", titrera L'Obs à la une (avril 2019), après Julie (novembre 2013).

Depuis de nombreuses années, la culture japonaise est représentée dans les médias français par trois genres alliant "modernisme et tradition", comme le sous-titrait, à son lancement, le magazine Planète Japon (mars 2005).
  • les mangas, accueillis en France par une puissante culture de BD, 
  • les jeux vidéos : "Legend of Zelda", "Final Fantasy", "Pokemon"... 
  • les animes (version animée des mangas) qui ont conquis un large public, en commençant par le public des enfants et adolescents, notamment grâce à la télévision ("Goldorak", "Ken le survivant", "Dragon Ball", "Olive et Tom" !)
Mentionnons, pour mémoire, le groupe japonais Rakuten (e-commerce de type amazon) ; il a acheté PriceMinister en 2010, lance en Europe un service de vente vidéo (Wuaki.tv). Ce groupe qui fut l'un des premiers investisseurs de Pinterest, qui investit dans le sport et le voyage, pourrait être amené à jouer un rôle sur le marché français de la culture.
France NewsDigest
juillet 2013
Hors des médias, la cuisine japonaise s'est faite une large place dans la restauration rapide et la gastronomie raffinée. Les arts martiaux ont également provoqué l'intérêt pour la culture japonaise : le judo d'abord, le karaté, sports où rituel et tradition (respect de l'adversaire, politesse) occupent une grande place. En revanche, les arts classiques et traditionnels (cérémonie du thé, ikebana, haïku...) ou la littérature (invitée d'honneur du Salon du livre en 2012) n'ont guère débordé les cercles spécialisés (cf. Haruki Murakami, "Kafka sur le rivage", par exemple) et ont à peine affecté les médias. Seul le cinéma d'auteur, et encore, s'est approché du grand public : Kurosawa, Kobayashi, Mizoguchi, Imamura. L'exception vient des animes : Miyazaki, auteur fameux de mangas est devenu populaire avec des animes aux succès considérables : "Mon voisin Totoro" (1988), "Princesse Mononoké" (1997), "Voyage de Chihiro" (2001), etc.

Dans la presse française, la culture japonaise a donné naissance à nombre de magazines et hors-séries. Pour les trente dernières années, on compte 120 nouveaux titres et hors séries consacrés, exclusivement ou principalement, à différentes formes de culture japonaise (source : Base MM) : arts martiaux, cinéma, séries, santé, animes, bonsaï (esprit Bonsaï), cuisine (Wasabi), estampes, gastronomie, jeux vidéos, tatouages, automobile, pêche, mode, érotisme, jardins, calligraphie, etc., quelques gratuits pour les Japonais en France, surtout à Paris (cf. Zoom Japon, France NewsDigest, etc.). Notons encore le mensuel Japon Infos : un regard différent sur l'archipel (2017), un trimestriel féminin pour enfants, publié depuis 2012 par les éditions Milan, Julie Kokeshi ("kokeshi" désigne des petites poupées traditionnelles en bois peint, cf. infra). En janvier 2017, paraît un nouveau trimestriel, ATOM, consacré à "la culture manga" (9,9 €) ; en septembre, Art of Japan (trimestriel, 14,9€, par Oracom). Signalons Koï qui vise plus largement les cultures asiatiques en France.
Planète Japon
Juillet 2013
Finalement, de toutes les formes de culture japonaise, après la cuisine, c'est le manga qui l'emporte en France, indirectement au travers des animes, directement en volumes papier : "Akira", "Naruto", "Hikaru no go", "Death Note", "Fullmetal Alchemist", "One Piece", "Ranma 1/2"... 1 600 titres seraient publiés en France chaque année. Ce succès du manga ne cesse d'étonner les auteurs japonais...

N.B.
Pour ceux qui s'intéressent ou veulent s'intéresser au manga, signalons le bel ouvrage introductif de Brigite Koyama-Richard (cf. supra) remarquable défense et histoire illustrée de l'art du manga.
Autres ouvrages évoqués :
  • Claude Levi-Strauss, L'autre face de la lune. Ecrits sur le Japon, Seuil, 2011
  • Ruth Benedict, The Chrysanthemum and the Sword. Patterns of Japanese Culture, Tuttle Publishing, 1954
  • Roland Barthes, L'empire des signes, Seuil, 1970

dimanche 17 juin 2012

Wasabi : magazine culturel

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Wasabi. Le goût du Japon est un magazine trimestriel publié depuis 2004 (on en est au N°31). Consacré à la cuisine japonaise, il est distribué dans les restaurants japonais (environ 500 à Paris et en province). Modèle économique mixte : si le magazine est gratuit dans les "points de vente"(restaurants) grâce à la publicité, il faut s'abonner pour le recevoir chez soi : 40 € pour 4 numéros + un livre sur l'art du sushi.

36 pages de gastronomie, conseils culinaires, recensions de livres de cuisine. La publicité, en parfaite affinité avec les articles, est discrète, utile, jamais intrusive : ingrédients divers (sauce au soja, vinaigre, riz), boissons, restaurants japonais, cours de langue, livres de cuisine... Le magazine publie aussi un carnet d'adresses recensant les restaurants qui le distribuent. Mise en page élégante et efficace.

Deux sites Web correspondent à ce titre :
- un site gastronomique : www.wasabi.fr
- le site de l'école professionnelle de sushi : www.chef-sushi.com
  • Modèle économique : gratuit et payant peuvent coexister. 
  • La culture, c'est du singulier universel : la cuisine est culture d'intégration, de fusion et d'enrichissement. Ni exclusion, ni renfermement, ni rejet.
Ce magazine se positionne à l'intersection de plusieurs tendances observables dans l'économie de la presse et de la culture.
  • Média presse : gratuité pour le consommateur, distribution dans et par des lieux en affinité, contenus thématiques, rythme de parution long (bimestriel et trimestriel)
  • L'intérêt pour les cultures japonaises se manifeste par la diffusion des mangas, de la cuisine, des arts martiaux, de l'animation (Japan Expo lancé 1999 connaît un succès croissant). On compte plus de 60 nouveaux titres et Hors Série sur le Japon depuis 2004 inclus
  • Quant à la passion pour la cuisine et la gastronomie, elle se traduit par plus de 600 nouveaux titres et Hors Série cuisine depuis 2004 inclus. (Sources : MM)

lundi 7 juin 2010

ZOOM Japon

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Les gratuits dynamisent la presse. Ils allongent la longue traîne de l'offre des titres, couvrant et isolant progressivement la multiplicité des segments correspondant à des pratiques sociales et culturelles.
Considérons que le goût pour le Japon est l'une de ces pratiques (plutôt que de recourir à cette expression ridiculement fausse, et inélégante, de "niche") : mangas, gastronomie, arts, langue, gô, littératures, cinéma, histoire, animes, mode, jeux vidéo, arts martiaux, bonsaï, design, pêche, tatouages, érotisme... A chacun ses goûts du Japon : nous sommes tous, chacun à sa manière, sous l'empire de Roland Barthes. Bientôt, le salon Japan Expo ("le festival des loisirs japonais", qui a acheté la 4 de couv de ZOOM Japon) réunira, début juillet, en un seul espace tout cet exotisme pour quatre jours.

Depuis près de 20 ans, plus d'une cinquantaines de titres se consacrent totalement ou presque au Japon. Sans compter un grand nombre de Hors Série.

ZOOM Japon est un nouveau mensuel (10 numéros) de 20 pages sur papier journal, distribué dans les boutiques et les lieux où, d'une manière ou d'une autre, il est question du Japon (567 points de distribution, restaurants et boutiques spécialisées). Les éditions Ilyfunet publient déjà OVNI  (Journal franco-japonais de Paris, petites annonces, lancé en 1979), un gratuit destiné aux Japonais en France. L'éditeur gère également un centre culturel, Espace Japon, situé à Paris entre la République et la Gare de l'Est. Le premier numéro de ZOOM Japon, qui titre sur "le polar nippon", consacre beaucoup d'articles et de suggestions à différentes dimensions de la culture japonaise. La publicité est toujours pertinente (annonceurs captifs, presque tous... d'ailleurs, les tarifs sont en japonais), en affinité parfaite avec les lectures.

Le site Internet (en flash, donc illisible sur iPad et iPhone) est le miroir fidèle du mensuel (ou l'inverse ?) ; il simule le feuilletage, agréablement (mais comment se débarrasser du bandeau noir "Press Esc to exit full screen mode" qui entrave la lecture ?). Attention : l'iPad, s'il se généralise, risque de démoder rapidement ce mode de présentation...
Il n'y a pas de développement spécifique au support Internet / écran d'ordinateur, seulement des pages que l'on tourne, avec le chemin de fer en bas de page pour s'y retrouver. Dommage, pour les annonceurs comme pour les lecteurs, que les éléments publicitaires ne soient ni zoomables, ni clickables. Paradoxe.

On imagine deux modes de commercialisation de l'espace publicitaire, l'un par la voie papier, l'autre par la voie on line. Quelque chose est à inventer... avec capping, optimisation, etc.
Papier ou Internet, les messages publicitaires sont ici les mêmes, exactement : il est donc possible de combiner, sans difficulté insurmontable, les audiences du papier et celles du site. Selon la manière dont le site est taggé et le web analytique utilisé, la connaissance de l'audience web peut enrichir la connaissance, souvent restreinte, des comportements de lecture de l'édition papier, le web analytique réalisant une sorte de vu-lu très précis et non intrusif.
En conclusion, l'ensemble constitue une belle innovation "presse", qui, comme souvent avec Internet, à peine née, doit déjà être mise à jour. Bêta ?
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