La guerre froide et ses armes, vite obsolètes
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*Distant Early Warning System. From the Cold War to the Cosmos*, edited by
Julie Decker, Anchorage Museum, Hirmer Verlag, München, 273 p.
L'objet de ce li...
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samedi 22 mars 2014
L'abonné, un risque d'exécution calculé ?
Fusions et acquisitions dans le câble aux Etats-Unis (Comcast / Time Warner / Charter Communications) ou dans les télécoms en Europe (SFR / Bouygues ou Numéricable ; Vodafone / ONO ; Vodafone / Kabel Deutschland, par exemple). Analystes et journalistes spécialisés y vont de leurs prédictions stratégiques et de l'estimation des risques d'exécution.
Or, nous avons affaire à des entreprises qui vendent et achètent, entre autres, des abonnés. Or ces abonnés sont souverains, même s'ils sont entrés dans un contrat avec l'opérateur.
Risques d'exécution ? Ces risques se trouvent aussi du côté des abonnés. Les degrés de liberté des abonnés sont limités mais ils existent (portabilité des numéros, durée limitée de l'engagement, durée du préavis de résiliation, reprise d'engagement... ). L'abonné n'est pas fidèle par défaut mais par intérêt.
Il peut migrer d'un opérateur télécom vers l'autre, passer du câble au satellite... Il n'est la propriété d'aucun opérateur.
Churn ? Cord-cutting ? Autant de réponses possibles des abonnés. L'abonné consommateur veut un système flexible et simple lui permettant de profiter à tout moment du meilleur service au meilleur prix dans un univers commercial et technologique. Les changements technologiques alimentent une occasion continue et renforcée de changements d'appareils, de services, de fournisseurs, d'abonnements.
En France, l'entrée de Free sur le marché du mobile, a provoqué de forts déplacements d'abonnés. L'arrivée de l'iPhone aussi. Aux Etats-Unis, on observe que les plus gros consommateurs de streaming (Netflix, Amazon Prime) sont les plus prompts à se désabonner du câble. Selon une étude de Morgan Stanley auprès d'un échantillon représentatif de 2 500 personnes : 28% des 18-29 ans déclarent envisager de se désabonner au cours de l'année, 20% pour l'ensemble des abonnés). Depuis 2011, le câble a perdu près de 4 millions d'abonnés (source : SNL Kagan), tandis que les télécoms (Verizon / FiOS, AT&T / U-Verse) en gagnaient 3 millions.
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vendredi 31 août 2012
PhotoPhone : SmartPhoto et phonéographie
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SmartPhoto se positionne comme "le magazine de la photographie et de l'image avec un smartphone". Le même éditeur publie aussi "images. Le magazine de la photographie et des auteurs contemporains".
Lancé en juillet 2012, bimestriel, 68 p., 3,9 € (abonnement 4 numéros, 15 €), le premier numéro compte une huitaine de pages de publicité captive. Annonceurs : opérateur de téléphonie (SFR, Orange), imprimantes (Brother, HP, Samsung), Expos (Salon de la Photo, Dupon les Expos) et SanDisk.
Voici assurément une bonne idée de magazine car le smartphone devient l'équipement courant, banalisé, pour toutes les générations, utilisé pour les loisirs, la pédagogie mais aussi, de plus en plus, pour le travail (enquête, reportage, prise de notes en photographiant un tableau de salle de réunion, etc.). D'où cette innovation lexicale, le "photophone" (d'après le grec, ce qui est quand même plus cool que l'anglais !).
Les photos que l'on prend avec un smartphone, on les imprime rarement, on les montre plutôt sur un support numérique (tablette) ou on les envoie directement sur un site de partage. Le magazine couvre la double vocation du smartphone : outil de célébration et de mémorisation domestiques (phtos de familles, vacances, voyages...), outil de socialisation : de Facebook à Pinterest, de Foursquare à Instagram, le réseau social devient de plus en plus un réseau photographique. Les histoires se racontent en photos et en vidéo. Le magazine Chasseur d'images de novembre consacre un dossierà la "phonéographie" : "Créatif avec un téléphone".
Chaque nouveau modèle, chaque nouvelle version d'0S et d'appli améliore les performances photographiques des appareils étendant les utilisations des photophones. D'où la question, légitime, que pose le rédacteur en chef dans son édito : "Sous-photo ou photo de demain ?". Le smartphone, selon lui, ouvre le monde de la photo de demain, ce qui justifie l'existence de ce nouveau titre.
Encore un magazine de papier qui assure la promotion d'appareils numériques. Comme pour Facebook, etc. la presse magazine remplit son rôle d'éducation à la consommation.
Le magazine couvre et illustre toutes les facettes de la photophonie, techniques et artistiques.

SmartPhoto se positionne comme "le magazine de la photographie et de l'image avec un smartphone". Le même éditeur publie aussi "images. Le magazine de la photographie et des auteurs contemporains".
Lancé en juillet 2012, bimestriel, 68 p., 3,9 € (abonnement 4 numéros, 15 €), le premier numéro compte une huitaine de pages de publicité captive. Annonceurs : opérateur de téléphonie (SFR, Orange), imprimantes (Brother, HP, Samsung), Expos (Salon de la Photo, Dupon les Expos) et SanDisk.
Voici assurément une bonne idée de magazine car le smartphone devient l'équipement courant, banalisé, pour toutes les générations, utilisé pour les loisirs, la pédagogie mais aussi, de plus en plus, pour le travail (enquête, reportage, prise de notes en photographiant un tableau de salle de réunion, etc.). D'où cette innovation lexicale, le "photophone" (d'après le grec, ce qui est quand même plus cool que l'anglais !).
Les photos que l'on prend avec un smartphone, on les imprime rarement, on les montre plutôt sur un support numérique (tablette) ou on les envoie directement sur un site de partage. Le magazine couvre la double vocation du smartphone : outil de célébration et de mémorisation domestiques (phtos de familles, vacances, voyages...), outil de socialisation : de Facebook à Pinterest, de Foursquare à Instagram, le réseau social devient de plus en plus un réseau photographique. Les histoires se racontent en photos et en vidéo. Le magazine Chasseur d'images de novembre consacre un dossierà la "phonéographie" : "Créatif avec un téléphone".
Chaque nouveau modèle, chaque nouvelle version d'0S et d'appli améliore les performances photographiques des appareils étendant les utilisations des photophones. D'où la question, légitime, que pose le rédacteur en chef dans son édito : "Sous-photo ou photo de demain ?". Le smartphone, selon lui, ouvre le monde de la photo de demain, ce qui justifie l'existence de ce nouveau titre.
Encore un magazine de papier qui assure la promotion d'appareils numériques. Comme pour Facebook, etc. la presse magazine remplit son rôle d'éducation à la consommation.
- Artistiques, esthétiques
- Les photos prises par des photographes confirmés avec un photophone sont convaincantes.
- Pratiques, techniques
- Le stockage. Sur ce point, le lecteur reste sur sa faim (rien sur iPhoto, sur Aperture, peu sur iCloud, sur Picasa, Flickr...). Dans les numéros suivants, on attendra des approfondissements et des analyses sur les logiciels et les applis de classement, etc. La question n'est pas triviale, il s'en faut.
- Les filtres, les réglages, les retouches, les applis, les réseaux sociaux (Instagram, Pinterest). Des guides d'utilisation : luminosité et mises au point pour l'iPhone, sur l'élaguage d'une vidéo.
- Des articles sur la vidéo, sur un long métrage tourné avec un smartphone, "Olive", sorti en 2011.
Les pratiques sociales et esthétiques nouvelles qu'engendrent les smartphones invitent à remettre en chantier le classique de la sociologie de la photographie qu'est "Un art moyen. Essai sur les usages sociaux de la photographie (Paris, Editions de Minuit, 1965, 361 p., Index). Ce travail de recherche, dédié à Raymond Aron, fut financé il y a cinquante ans par Kodak : tout un symbole alors que l'entreprise a déposé son bilan cette année. Il y eut le "Kodak Moment" (slogan de la marque), pour désigner un moment mémorable, digne d'être photographié ; il y a désormais le "Smartphone Moment"... La différence entre ces deux "moments" constituerait certainement sans doute une illustration frappante des changements sociaux et culturels qui séparent deux technologies.
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| Dossier de Chasseur d'images, novembre 2012 |
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lundi 23 avril 2012
HitView SFR : l'audience en direct
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| http://tv.sfr.fr/hitview/ |
On imagine ce que l'inévitable publication de telles mesures en temps réel peut apporter à la gestion de la télévision : gestion de certaines émissions de plateau, par exemple, des pseudo débats, de la télé réalité...
- Cette mesure, même si l'on étend le panel à d'autres set-top boxes pour en augmenter la taille, présente pour l'instant un inconvénient majeur : il ne s'agit que d'audiences foyer, pas d'audiences individuelles. Resterait encore la question de la représentativité.
- Notons que nous retrouvons un débat sociologique bien connu : celui qui concerne l'interdiction de publier des sondages durant les élections afin de préserver l'autonomie des votes. Un régulateur viendra-t-il à s'en mêler ?
- La "TV sociale" (social TV) apporte également des informations en direct sur l'audience. Ainsi livebattle donne un comptage de l'activité Twitter pour les chaînes de la TNT en France.
vendredi 6 août 2010
Newspaper as a hobby
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Dans The New Yorker d'août, The Talk of the Town, la rubrique "Open Secrets" est consacrée au groupe du quotidien régional américain Washington Post, la Washington Post Company.
Dans The New Yorker d'août, The Talk of the Town, la rubrique "Open Secrets" est consacrée au groupe du quotidien régional américain Washington Post, la Washington Post Company.
- Kaplan, la filiale éducation du groupe est à l'origine de 60% des revenus (tests, formation professionnelle, préparation aux examens, etc.). Il est effectivement légitime donc d'appeler ce groupe, depuis 2007, "education and media company". Kaplan, société fondée en 1938 a été rachetée par le groupe en 1984.
- Une blague de salles de rédaction prétend que la Washington Post Company n'est qu'une entreprise de préparation aux examens qui, à titre de passe-temps, édite un quotidien ("a test-prep tutoring service that puts out a newspaper as a hobby", p. 17). Voilà qui remet à sa juste place un titre qui a tendance à se prendre - et parfois à être pris, surtout à l'étranger - pour "la voix des Etats-Unis" quand ce n'est sans doute que la voix démocrate de la vie politique à Washington D.C.
- Cette blague a le mérite de mettre en question les classifications courantes qui datent : un tel nettoyage classificatoire devrait être appliqué aux actuels groupes médias et aux nouveaux, à diverses fins (analyse, réglementation, etc.). Ainsi Yahoo, Google, Amazon, Apple, Orange, SFR, AT and T, JCDecaux, etc. sont-ils des groupes médias ? Quid de la FFF ou de la NFL, de la FIFA ? Quelle est la définition actuelle, opérationnelle d'un groupe média ?
- ValueClick vient d'acheter Investopedia au magazine économique Forbes. Investopedia est un site au format éducatif, "your source for investing education" : simulateurs, didacticiels, dictionnaires spécialisés, préparation d'examens, documentation. ValueClick est un réseau publicitaire (adnetwork) ; est-ce un groupe média ? Le devient-il avec cette acquisition ?
- Dans la mesure où le financement publicitaire se généralise à un nombre croissant de segments éducatifs, quelle est la place des services éducatifs dans la diversification numérique des médias ? Et réciproquement ?
dimanche 29 mars 2009
Appli promo TV
CBS Mobile lance une appli gratuite pour la promotion de Harper's Island, sa nouvelle série policière, deux semaines avant sa mise à l'antenne sur le network : clips, carte de l'île, compte à rebours jusqu'au lancement, etc.
Voici un moyen de plus dans la panoplie publicitaire et surtout promotionnelle des chaînes de télévision (marketing d'antenne). Pour CBS, cette appli dédiée à une émission s'ajoute à TV.com, appli lancée en février, grâce à laquelle on peut regarder des émissions de la chaîne (depuis les Etats-Unis uniquement). Au total, CBS a déjà mis en place une dizaine d'applis.
Contenu longtemps dans les limites des médias traditionnels et des magazines TV, le marketing de l'antenne recourt aux lieux de vie hors domicile des téléspectateurs potentiels : digital signage dans les supermarchés, les stations services, les centres commerciaux... iPhone et GPhone constituent l'un de ces lieux que le téléspectateur emporte avec lui, à toute heure, de lieu en lieu. Lieu géométrique de toutes les virtualités. Non lieu.
On compte plus de 7 millions de iPhones aux Etats-Unis où l'appareil est désormais vendu sans abonnement dans les boutiques Apple et AT&T (no-contract iPhone). Aux iPhones s'ajoutent les iTouch qui, avec le Wi-Fi, disposent de capacités semblables en ligne. En France, le iPhone est désormais commercialisé par tous les opérateurs et un GPhone est commercialisé par Orange et SFR (avril).
L'application fonctionne à la fois comme vecteur de personnalisation et multiplicateur d'interactions ; elle donne à l'iPhone, au GPhone (Android) et bientôt au Blackberry une dimension nouvelle (800 millions de téléchargements pour 25 000 applications iPhone en un an). Nous voyons se dessiner trois conséquences :
- Toute entreprise doit désormais s'interroger, comme elle a dû le faire pour Internet : quelle appli offrir, ou vendre, pour quel objectif, pour quel support ?
- Quelles synergies entre ces appli mobiles et les médias im-mobiles ?
- Dans ce contexte, la question de la mesure de l'efficacité de ces appli, de l'évaluation de leur retour sur investissement se pose de façon cruciale, et inédite.
- Un nouvel axe créatif se dégage qui accentue l'importance des développements informatiques dans les métiers de la publicité.
mercredi 20 août 2008
Livres et lectures numériques
Si le prix des livres électroniques est généralement moins élevé que celui des équivalents papier, la différence de prix est souvent décevante, quand elle n'est pas révoltante puisque parfois les prix sont plus élevés que pour le papier. Mais l'on peut aussi télécharger des classiques à des prix imbattables (tout Shakespeare pour 5 $, Faust pour 1$ ...).
Formidable
- Légéreté, portabilité (mais l'étui est ringard et le design pour le moins conservateur)
- Achat facile en ligne à la librairie Amazon, une fois l'enregistrement des coordonnées effectué (carte de crédit, adresse de facturation, etc.)
- Téléchargement immédiat
- Pas d'installation : cela fonctionne sans délai (seul livre offert : le mode d'emploi !).
- Excellente lisibilité par tout éclairage (e-Ink). On peut choisir la taille des caractères
- Téléchargement d'extraits d'ouvrage pour les tester avant achat
- Possibilité d'insérer des signets, consulter un dictionnaire, annnoter, effectuer des extraits
- "Writing You Own Ratings and Reviews" : le lecteur peut rédiger une recension, noter un ouvrage (objectivation du travail de "prescription" entre pairs)
- Possibilité de mettre un fond sonore (MP3) ou d'écouter des audio-livres (avec audible.com, racheté par Amazon, non testé)
- Accès à Wikipedia
- Possibilité de faire éditer ses propres documents (Word, etc.) par Amazon pour les lire sur le Kindle.
- Hotline téléphonique sympa, attentive (selon mon expérience, heureusement limitée !)
- La comparaison avec les fonctionnalités et ergonomies de la lecture sur ordinateur. Par exemple : sélectionner un extrait de texte s'effectue par ligne, et non par division naturelle (paragraphe, phrase, mot) et à l'intérieur d'une seule page. Ainsi, pour chercher un mot dans le dictionnaire, vous sélectionnez une ligne et vous obtenez la définition de tous les mots de la ligne. Anachronique. Quant au clavier, il est peu commode.
- Modèle économique inspiré d'Apple. Le consommateur est prisonnier d'un standard fermé (hérité de MobiPocket, racheté par Amazon), coincé sur un seul appareil, avec un seul fournisseur. Pas d'interopérabilité, pas de portabilité des contenus. Insupportable.
- Trop cher le matériel (359 $), trop chers les livres. On attendrait aussi d'Amazon de la publicité ciblée, choisie par le lecteur, par exemple. Publicité utile au consommateur, aux éditeurs et qui abaisserait le seuil d'accès. Aucune innovation dans ce domaine : les éditeurs recourent de plus en plus à la PLV pour la promotion des livres alors que s'essouflent et disparaissent les suppléments littéraires de la presse quotidienne.
- A l'époque, tant célébrée, de la mondialisation numérique, le produit reste terriblement national (carte de crédit américaine uniquement et, pire, le voyageur même américain ne peut acheter et télécharger un livre hors des Etats-Unis !). Insupportable.
Une bonne idée, un bon produit, évidemment améliorables mais trahis par un marketing conservateur.
Des solutions concurrentes existent. Sony qui vend un Portable Reader (ci-dessous sur un présentoir dans une librairie Borders, et affiché dans les aéroports aux Etats-Unis) vient d'ouvrir son appareil aux autres librairies électroniques, soutenant ainsi le format EPUB de l'International Digital Publishing Forum regroupant Simon & Schuster, Penguin Group, HarperMedia, Hachette, HarperMedia et Harlequin. De même, il existe une appli pour acheter et lire des livres sur iPhone (cf. eReader), des dictionnaires qui s'installent sur les téléphones. Le eBook de Sony est vendu en grande distribution spécialisée (Best Buy, COMP USA, Borders, etc.). L'appli iPhone, gratuite, est d'installation immédiate. La lecture est agréable mais ne propose aucune fonctionnalité autre que la stricte lecture (cf. photo). Microsoft propose aussi depuis longtemps un logiciel de lecture et des ouvrages pour ordinateur et Pocket PC. SFR teste un eBook depuis juillet 2008.
La question clé sera celle des relations avec les éditeurs. Sur ce plan, Amazon bénéficie d'un avantage grâce à son immense librairie plurinationale en ligne. Economie de "longue traîne" (140 000 ouvrages) alors que la promotion continue de mettre l'accent sur les "top sellers".
La distribution des livres sur support électronique est inéluctable
- Les eBooks ne peuvent ignorer les acquis de la lecture Internet et le statut particulier du livre, différent en de nombreux points des supports musicaux (CD).
- Il faut laisser le lecteur choisir son format de lecture et ses libraires.
- Que peut-on attendre de Google Book Search ? Un android pour livres ?
- Il faudra imaginer les librairies, les métiers d'édition et le marketing qui correspondent à cette nouvelle distribution de l'écrit. La solution ne viendra pas de la réglementation mais de l'invention, en marche, sans doute en rupture avec des modèles mis en place il y a quelques siècles. Où l'on retrouve la question du droit des auteurs et du rôle des éditeurs, celle des bibliothèques et du prêt en général.
- Belle formule, prophétique, du quotidien El Pais, pour décrire l'avenir du livre électronique ! A terme, il peut être le support pour les manuels et les outils didactiques en général (calculatrices, dictionnaires, atlas). Un marché existe dès l'enseignement primaire. On pourrait enfin ne plus voir des enfants de 4ème promener des cartables de 10 kg ou des étudiant(e)s accumuler des manuels chers et rarement à jour. Bonne occasion de repenser le travail scolaire, la relation aux documents, le "par coeur", l'imitation : vaste programme !
La portabilité est accrue (plusieurs dizaines d'ouvrages en un seul support). Mais on n'a pas un livre "de poche".
Le feuilletage subsiste, dans les deux sens. Il est même plus fréquent car on
Pas de souris, pas d'hypertexte, pas de surf. Alors qu'il y a tant à inventer pour activer la lecture, savante ou distrayante, et la rendre plus riche, efficace et passionnante.
Qu'est-ce qu'un livre à l'âge de ce que Alain Chartier appelle "la textualité électronique" ? L'écrit a connu toutes sortes de supports, lattes de bambou, rouleaux, tablettes, etc. : le livre actuel (codex) n'est que l'un d'eux, l'écran numérique aussi. Le support inculque une manière de lire, et d'écrire, dès l'enfance : comment croire à un eBook ignorant de l'habitus de lecteurs travaillés par l'iPhone, le SMS, le jeu vidéo et Internet ?
Le livre électronique n'est pas un gadget, c'est un des piliers d'une nouvelle fondation de la culture et de sa transmission.
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