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mardi 17 mars 2020

Cord-cutting au programme de la télévision américaine


Selon MoffetNathanson, les distributeurs de télévision perdent, depuis quelque temps, de plus en plus d'abonnés, 7% au cours de l'année passée, ce qui nous mène à 83 millions d'abonnés fin 2019 (on serait passé d'un taux de 87,8% des foyers télévision en 2009 à 65,3% en 2019). Soit moins 1,16 million pour AT&T, moins 0,149 million pour Comcast et moins 1,101 million pour Charter. A quoi il faut bien sûr ajouter les 194 000 abonnés perdus par Dish (satellite). Devant la hausse continue des tarifs du câble, les abonnés actuels sont de plus en plus souvent tentés de se désabonner de l'offre des réseaux (cord-cutting) au profit des offres virtuelles, de Netflix principalement.

Néanmoins, il semble que les opérateurs classiques de télévision soient prêts à réagir au moyen de quelques acquisitions. Pour limiter les dégâts, pour quelque temps au moins.
  • On pense bien sûr que NBC/ Universal (Comcast) pourrait finalement s'assurer du rachat de Vudu à Walmart (qui l'avait payé 100 millions de $ en 2010) et, par ailleurs, aiderait le site de vente de tickets de cinéma, Fandango ; de plus, Comcast a également acquis Xumo fin février (190 chaînes).
  • Fox, de son côté, a racheté le site Tubi (25 millions d'utilisateurs en décembre 2019, alors que le site est présent chez de nombreux distributeurs, dont Apple TV, Roku, Amazon Fire Stick avec Alexa, Samsung et Sony). Fox paye 440 million de dollars cash en revendant la part de Fox dans Roku.
  • Quant à ViacomCBS, la société compte sur Pluto TV, rachetée l'an passé (elle déclare 20 millions d'abonnés) 
  • Enfin, il semble que Sony envisagerait le re-lancement, avec Chicken Soup for the Soul Entertainment, de Crackle.
Si l'on en croit MoffetNathanson, l'univers télévisuel américain passerait donc progressivement à un univers d'abonnés, reconfiguré à quelques services seulement. Quelle sera la place du câble et du satellite dans cette hypothèse ? Quel rôle pourrait y jouer prochainement la 5G ?

mercredi 14 mars 2018

Distribution du cinéma aux Etats-Unis : Movies Anywhere


Les distributeurs de Movies Anywhere auxquels 
s'ajoute FandangoNow (Comcast) depuis mars 2018
Movies Anywhere, lancé en octobre 2017 par Disney, soutenu par la plupart des studios hollywoodiens, semble en voie de réussir.
S'agit-il encore une contre-attaque, d'une alliance contre Netflix ?
Ensemble se retrouvent Pixar, Marvel Studios et Lucasfilm (Walt Disney) avec Sony Pictures Entertainment, Twentieth Century Fox Film, Universal Pictures et Warner Bros. Entertainment. Un guichet unique pour 7500 films téléchargeables à l'aide d'une appli via iTunes (Apple), Vudu (Walmart), Google Play et amazon. Deux absents notoires, pour l'instant : Paramount Pictures et Lionsgate (qui termine l'acquisition du bouquet TV, Starz). Pas d'abonnement, paiement à l'unité ("No subscription fee. Ever").
FandangoNow, qui appartient à Comcast, a rejoint Movie Anywhere en mars 2018.

Movie Anywhere n'est pas la première tentative du genre ; en 2011, UltraViolet l'avait précédée, que n'avaient soutenu ni Disney, ni Google, ni Apple, ni Amazon. UltraViolet a pourtant annoncé 30 millions d'utilisateurs en juin 2017. FandangoNow reste membre de UltraViolet.

L'accès à Movies Anywhere peut s'effectuer à l'aide des principaux streamers : Roku, Apple TV, Chromecast, iPhone, Amazon Fire, Android TV, etc. Les clients peuvent y retrouver les films qu'ils ont achetés en DVD ou disques Blu-ray ; ils peuvent ainsi constituer et rassembler leur librairie en un seul point ("Your Movies, Together at last", clame le slogan de Movie Anywhere). C'est le fonctionnement de iTunes Match pour la musique.
Cinq films gratuits sont offerts lors de l'inscription.

"Movies Anywhere", "TV Everywhere", streaming : aux Etats-Unis, la relation au cinéma et à la télévision est désormais universalisée : partout, n'importe où (pas nécessairement dans les salles, fût-ce de séjour), tout le temps, 24/7. Les technologies de distribution (dont ATSC 3.0) ont ébranlé puis effacé les anciennes contraintes de la linéarité (lieux, horaires) : finies les chaînes et les grilles, la télévision se libère !

lundi 13 juin 2016

Walmart : la grande distribution américaine prend le parti du streaming

Wal*Mart Network, décembre 2005. Photo FjM

En temps que distributeur, le plus important des Etats-Unis, Walmart a une longue histoire avec la télévisision.

D'abord, il y eut une chaîne de télévision, Walmart*Network, diffusée par satellite, sur des téléviseurs suspendus dans les magasins.
Puis, en 2010, Walmart fit son entrée sur le marché de la VOD en rachetant Vudu, pour concurrencer Netflix et Amazon.
Par ailleurs, Walmart fut, et est toujours, un très important distributeur d'équipement électronique domestique et un distributeur de DVD.
C'est à ce titre que Walmart demande maintenant à ses clients de se désabonner des MPVD (câble, satellite) et de s'acheter des appareils de substitution (streaming devices, hdtv antennas, routeurs, etc.) ou de complément (télécommandes, lecteurs Blu-ray, consoles de jeux vidéo, etc.).

Son slogan, en forme d'adresse aux consommateurs américains, est direct et clair : "Cut the cable. Switch to streaming TV".  Et le distributeur enfonce le clou, prêt à profiter pleinement de l'évolution de la consommation de télévision : "What better way to save money on your cable than by getting rid of it all together? At Walmart.com, we can help you cut the cord with devices like streaming players and antennas that will keep you entertained and save you money at the same time."
Ceci est assorti d'une promotion de l'équipement télévisuel qui durera deux mois (juin, juillet).

Cette intervention de Walmart est significative de l'évolution du marché de la consommation de télévision aux Etats-Unis. Walmart compte plus de 1 million d'employés aux Etats-Unis et plus de 20 millions de visites par jour dans ses magasins. Cette prise de position n'est donc pas anecdotique.


lundi 21 juillet 2014

Walmart total data marketing


Walmart lance une plateforme d'adexchange, Walmart Exchange (WMX). Walmart est la plus grosse entreprise mondiale, le premier distributeur mondial aussi. Avec cet Adex, il s'agit à terme pour l'entreprise d'associer des données publicitaires (first et third party) avec des données de fréquentation des magasins (in store analytics). Les données magasins proviennent des cartes de fidélité (cf. Sam's Club), de l'analyse des ventes, et, bientôt, de l'analyse des comportements : déplacement des clients devant les linéaires, attention accordée aux produits, à la PLV...  S'y ajoutent encore des données des réseaux sociaux et des données de mobilité transitant par les smartphones (cf. Walmart appSavings Catcher Programetc.). Bientôt, Walmart proposera également des services médicaux (Primary Care Clinics)...
Toute cette data est mise au service du marketing et notamment du ciblage. Walmart peut ainsi mesurer précisément l'efficacité du marketing des marques fournisseurs, en dernière instance, indifféremment de l'attribution. En temps réel, bien sûr.
De plus, le tout s'enrichit de la structure en réseau : plus de 10 900 magasins, aux Etats-Unis, en Chine (JV), en Amérique latine, au Kenya, au Canada, en Grande-Bretagne (ASDA), etc.

Le distributeur se trouve donc à la tête d'un incomparable capital de données : Big data. Incomparable avec ce dont disposent ses fournisseurs. Incomparable, surtout, avec ce dont peut disposer une agence de publicité ou d'achat d'espace publicitaire, quelle que soit sa taille.
La bataille publicitaire pourrait bien se révéler inégale : qui détient l'arme absolue de la data pour le marketing et la publicité "omni-channel" ? Le distributeur, plutôt que les marques (fournisseurs), plutôt que les agences de publicité...

Ajoutons que Walmart a mis en place son propre laboratoire de recherche et d'innovation sur le commerce numérique et le comportement des clients, @WalmartLabs, une sorte d'incubateur (accelerator). Le distributeur prend en main la recherche marketing et la réflexion stratégique, débordant largement les prérogatives des agences de publicité. @WalmartLabs a mis au point, par exemple, un moteur de recherche sémantique pour les produits (Polaris)  et a réalisé de nombreuses acquisitionsAdchemy (sémantique), OneRiot et Kosmix (social media), Inkiru (predictive intelligence), stylr (appli de e-commerce), et, récemment, Luvocracy, une place marché de produits recommandés par des amis, etc.
Dans la même voie, un grand distributeur européen, Tesco (Grande-Bretagne), a racheté Dunnhumby puis sociomantic Labs pour le traitement sémantique de la data.
En France, Carrefour annonce sa collaboration avec Acxiom pour l'ensemble de ses données marketing (AOS, Acxium Audience Operating System).
Notons encore, pour souligner les similarités stratégiques dans la grande distribution, le lancement de distribution de programmes vidéo (OTT) : Vudu par Walmart, blinkbox par Tesco. La vidéo est, entre autres, source décisive de données qualifiantes (cf. Netflix).

Walmart a pour objectif de permettre à ses marques fournisseurs de réduire leurs investissements publicitaires afin qu'elles puissent vendre leurs produits moins cher.
La data collectée par Walmart est utilisable pour piloter et optimiser les plans médias, y compris off-line, presse et télévision notamment : tout plan télé doit être informé par la data. Walmart se trouve ainsi fournisseur de data pour ses fournisseurs, et peut-être, à terme, consolidera et optimisera les achats médias de ses fournisseurs.

Références :

mardi 12 novembre 2013

JV Sortons le grand Jeu Video. Magazine

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"Here comes a new challenger"... annonce le nouveau magazine.
Depuis 2003, on compte plus de 400 nouveaux titres et hors-séries consacrés au jeu vidéo. En fait, ce sont surtout des hors séries de magazines spécialisés dans les jeux vidéo ; on compte peu de hors-séries consacrés au jeu vidéo par des magazines d'autres domaines. Quelques titres de presse informatique (Canard PC), de presse enfants (Gulli), VSD en 2003... A la différence de la cuisine ou de l'histoire, le jeu vidéo reste un domaine rédactionnel de spécialistes passionnés même si l'on en parle "des cours de récré aux machines à café"...

Voici JV sortons le grand jeu, le plus récent des magazines de jeu vidéo.
  • 3,95 € le numéro en kiosque, 36 € l'abonnement annuel
  • 100 pages, dos carré (modèle déclaré : So Foot ; anti-modèle : Télé Loisirs)
  • Mensuel (12 numéros par an)
  • Mise en place : 55 000 exemplaires, distribué par Presstalis
  • Moins de 10% de pages de publicité, la plupart dans le premier cahier (régie : M*I*N*T).
  • La rédaction, encore uniquement masculine alors que la pratique du jeu vidéo se féminise, comprend des vétérans de la presse de jeux vidéo (JoystickPC Jeux, etc.)
C'est le moment idéal pour lancer un nouveau titre : l'actualité de la fin novembre est stimulante. Sony sort sa console PlayStation 4 (399 €) et Microsoft la Xbox One (499€), chaque console avec chacune 23 jeux dont un tiers d'exclusifs. Juste avant les fêtes de fin d'année, évidemment. Guerre des consoles que couvre la presse professionnelle américaine ("videogame console war", cf. Variety).
Rappelons que ces consoles sont également essentielles pour la réception de la vidéo : aux Etats-Unis, elles retransmettent la plupart des services OTT en streaming (11 au total, dont : Netflix, Hulu Plus, Amazon Instant Video, Vudu, Redbox Instant, etc. ).
Logiquement, ce double événement fait la Une du titre et le thème d'un solide dossier introductif de JV (avec un bel arbre de décision, p. 25). Dossier fécond pour la culture média.
  • Comment cette nouvelle génération de consoles va "changer le jeu vidéo"
  • Plus de RAM et de puissance de calcul, ce que cela change pour les joueurs, les développeurs
  • Débat blockbusters / indépendants, comme pour le cinéma
  • Entrée des consoles dans la logique de partage des réseaux sociaux
  • Evolution du modèle économique : s'abonner pour jouer en ligne
  • Mise en mémoire des dernières minutes de jeu (fonction de catch-up)
  • Recours à la tablette en second écran, applis, personnalisation
Autant d'occasions d'apprendre et de réfléchir à l'évolution du jeu vidéo qui s'articule de plus en plus avec le Web : gadget et frime marketing ou enrichissement effectif de l'expérience des joueurs ?
Le titre accorde une place majeure à la critique de jeux vidéo ; abondante, elle est diversement présente, soit dans des rubriques brêves ("Focus sur", "On y a joué et on en parle"), soit approfondies. Un article sur "Candy Crush saga" (Facebook, smartphones), deux pages sur les jeux pour mobiles... Mais pas de tests systématiques, pas de notes obligées ("marre de noter pour noter") : "Sortons le grand jeu" rompt ainsi avec la "dictature de Metacritic". Indépendance éditoriale : "pas de pression extérieure, aucune chance qu'on accepte ça" (p. 3). Bon...
Un magazine riche, stimulant, bien fait, agréable à parcourir, à lire et sans doute à relire. Ajoutons que le magazine ne manque pas d'humour, et qu'il est souvent bien écrit (et oui !). C'est un positionnement luxueux. "L'important, c'est que le lecteur y apprenne des choses. Qu'il se distraie, aussi". Pari gagné pour le numéro 1.
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lundi 25 février 2013

Who needs a TV definition?

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While Nielsen people meters measure TV audience, they also define American commercial television: TV that advertisers can buy. Nielsen is going to expand this definition: will this also expand the TV advertising market?
  • A new meter will be installed in September 2013 in metered TV households (about 23,000 for the national sample, NTI), ready for the beginning of the next season. Afterwards, the so-called "TV definition" will include OTT where Apple TV, Roku, game consoles are connected to a home TV set. As a result, Netflix, Amazon Instant Video, Hulu, Vudu, etc. will be "measured", but only if they agree to encode their signals for Nielsen. The new definition will also include iPads, with other kinds of tablets to be added later.
All broadband sources, more or less, will finally be part of the new definition: it is about time. Why so late? Traditional TV measurement which defines TV, looks like a barrier to the entry of new operators, protecting the old ones from the Web. People meters, even the new generation, still reflect the nostalgia of a time when people watched a few networks, live on a TV set, while at home. Measuring was easy.
  • But there is still a long way to go before Nielsen follows TV viewers everywhere: TV out of home (campus, bars, hotels, airports, etc.) is not yet taken into account (with a few exceptions). What about Aereo? Sling? Smartphones? etc.  And why not include programs watched more than 7 days after their first on-air distribution (Live+7)? In the new TV world, audience cumulates during weeks, on different platforms. Sometimes people watch everything they get right away (binge viewing, cf. Netflix); sometimes they wait for weeks before watching (time-shifting). In the new TV world, viewers are free. 
  • Audience should not be calculated in the same way for programs as for commercials. Advertisers want the audience of a commercial when it is aired (published the day after). Studios want the audience of programs after a full cycle of watching (published weeks after).
Ratings are down? Maybe. But which part of the total audience are we talking about? The measured TV universe is a decreasing subset of real viewership. More than a new definition, TV needs another measurement. TV analytics are poor in comparison with Web analytics. Only the so-called connected TV will bring connected audiences together, along with Weblike analytics.
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lundi 8 octobre 2012

Toy R Us dans la vidéo et les tablettes


Toys R Us, le distributeur de jouets, jeux et produits pour enfants, entre à son tour sur le marché américain de la vidéo. Son offre se compose d'un site de streaming et téléchargement pour ordinateur (Toys "R" Us Movies) avec un catalogue de 4 000 films et, à partir de la fin octobre 2012, d'une tablette (Tabeo avec Wi-Fi, vendue exclusivement dans ses magasins, 150 $). Les applis viendront logiquement avec la tablette, et, qui sait, la publicité, et ensuite l'internationalisation ?
  • Pour la technologie, Toys R Us s'appuie sur Rovi. Rovi a la capacité d'intervenir dans trois secteurs : la distribution de vidéo, le guide de programmes pour la sélection des films et séries (fonction de recherche et découverte) et la publicité (monétisation d'un réseau publicitaire multi-plateforme : Rovi Advertising Network). Rovi vise les publics multi-plateforme et la TV connectée. 
  • Pour les contenus, Toys R Us met en place des accords avec des studios (Warner Bros., etc.) pour la diffusion de séries, de films s'adressant à tous les âges de l'enfance, des bébés aux adolescents ainsi qu'à la famille : "Curious George", "Gossip Girl", etc. Les films sont vendus au public pour 2,99$, les séries pour 1,99$. L'enseigne insiste sur la qualité contrôlée de la sélection proposée aux familles (curation).
L'ensemble vise évidemment la clientèle des magasins Toys R Us : des familles avec jeunes enfants (son slogan : "We Love Kids!"), public adepte et virtuose des utilisations multi-plateformes (multiscreentasking).

Quatre tendances de la distribution de la vidéo peuvent être dégagées de cet événement commercial.

L'évolution tous terrains
Les acteurs de la distribution de la vidéo se multiplient ; leur terrain s'élargit aux enseignes de la grande distribution : distribution généraliste et CPG (Vudu  / Walmart) ou distribution spécialisée (Toys R Us), Barnes & Noble (NOOK Video et NOOK Cloud), Amazon (Kindle).
Cette évolution constitue une menace pour les chaînes de télévision traditionnelles. Elle s'ajoute à la menace d'acteurs comme Amazon, iTunes (Apple), Netflix, YouTube... Pour les studios producteurs des contenus, en revanche, cette augmentation de la concurrence constitue une formidable opportunité.

Le statut des supports mobiles
La tablette accompagne la distribution vidéo pour une sorte de "freebie  marketing" (donner le rasoir et marger sur les  lames). L'évolution de la taille des tablettes (plus petites) et des smartphones (plus grands), les capacités de synchronisation en font des supports mobiles commodes pour la vidéo. Hors grands événements, le téléviseur rencontre avec les tablettes une forte concurrence touchant d'abord les moments faibles de l'offre télévisuelle (day time, etc.) et ses cibles les plus volatiles et vulnérables (enfants, adolescents, jeunes adultes).

Le relais du point de vente physique
Le développement du marché de la vidéo online s'appuie sur les magasins traditionnels. Grâce à la commercialisation des tablettes, Walmart, Toys R Us, Barnes & Noble profitent de leurs points de vente comme relais de visibilité, de notoriété et de promotion pour la vidéo. Apple n'est pas très éloigné d'un tel modèle avec iTunes dans les Apple Stores. Et Best Buy (GSS électronique) se lance sur le marché des tablettes avec son Insignia Flex.
N.B. Walmart a cessé de commercialiser les tablettes Kindle d'Amazon (septembre 2012).

Inévitable mondialisation
Walmart, Toys R Us et Apple ont une présence internationale avec leurs magasins. Les tablettes suivent logiquement les magasins, la publicité aussi. Les accords avec les studios, pour l'instant nationaux, peuvent être facilités par une négociation internationale. Restent les législations nationales et la vente nationale des droits pour freiner l'internationalisation complète de ce marché.

La grande distribution et le marché de la vidéo aux Etats-Unis
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mardi 22 mai 2012

Vendre Internet au kilo octet

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Comcast, depuis longtemps déjà, cherche un modèle économique pour la commercialisation de l'Internet.
Comcast est un groupe média complexe et tentaculaire qui réunit aux Etat-Unis : des stations de télévision (O&O), deux networks nationaux (NBC et Telemundo), des chaînes thématiques, des sites Web et des studios (Universal). C'est aussi le premier câblo-opérateur américain (MSO) et le premier fournisseur d'accès Internet (FAI).
Comcast est l'une des premières puissances du marché média américain : ses prises de position sur le marché sont suivies avec attention et circonspection, d'autant que la FCC a autorisé la fusion Comcast / NBC sous réserves que soient respectées certaines conditions anti-concentration draconiennes.

S'inspirant des modèles économiques de la téléphonie, Comcast teste de nouvelles politiques des prix pour Internet.
Depuis 2011, les abonnés haut débit qui consommaient plus de 250 GB voyaient leur abonnement interrompu. Dorénavant, au-delà d'un certain forfait (300 GB, sans distinction de source, donc téléchargement pour Netflix et Skype inclus), l'abonné serait facturé (10$ par tranche de 50 GB ?). Cf. Blog de Cathy Avgiris qui dirige ce secteur pour Comcast.
Depuis 2008, l'abonnement inclut tous les contenus fournis par l'opérateur sur le câble (XFinity) mais pas les contenus transitant par Internet comme NBC.com, Hulu mais surtout Netflix ou YouTube.
Discrimination, disent certains, dont Netflix, qui en appellent à la FCC au nom de la neutralité du net.

Quel modèle économique pour le haut débit ?
Il semble impossible de concilier abonnement illimité et prix limité, qu'il s'agisse d'Internet ou de téléphonie. Faut-il traiter également tous les contenus ? Faut-il laisser les opérateurs gérer leur politique des prix à leur manière ? Qu'est-ce qui relève d'obligations de service public dans cette affaire ? Le développement de services de VOD tels que YouTube ou Netflix, Vudu ou Amazon, oblige les opérateurs à anticiper. Pour Comcast ou Time Warner, les problèmes sont d'autant plus cruciaux et sensibles que ces MSO sont à la fois fournisseurs d'accès et de contenus. Les opérateurs de téléphonie ne manqueront pas d'être concernés également.

Le président de la FCC, l'organe réglementaire américain a fait connaître son point de vue, favorable à un prix basé sur l'utilisation : "Usage-based pricing would help drive efficiency in the networks”. Une bataille commence.
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mardi 6 mars 2012

TV américaine. N°13. Lancement d'une série. De Glee à Smash

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Production des studios Universal (Comcast NBC) et de DreamWorks (Steven Spielberg), la série "Smash" (43 mn sans les messages publicitaires) est diffusée par le network NBC, en fin de prime time, le lundi à 22 H (ET). C'est l'une des nouvelles séries phares de la saison 2011-2012. L'audience du pilote était considérée comme excellente (11,5 millions de téléspectateurs, 3,8% de taux d'audience, 10% de part d'audience), les diffusions suivantes obtinrent des audience moins nombreuses ; en revanche, la dernière en date (cinquième épisode), est en hausse (7,9 millions de téléspectateurs), bien emmenée par "The Voice" (16,7 millions de téléspectateurs). La chute d'une émission à l'autre est toutefois bien forte.

Lundi musical
NBC recourt à une stratégie de programmation classique pour un lancement en cours de saison. Dans la grille du network, "Smash" a été placée dans le sillage de "The Voice" (lead-in, diffusée à 20H, ET), les deux émissions visant la même cible primaire : 18-49 ans. "The Voice" devrait accumuler de l'audience pour "Smash" (piggyback) qui, dans la grille, précède les informations locales ; de son succès d'audience dépend en grande partie l'audience locale des stations du network.
Avant son passage à l'antenne, l'émission a été diffusée sur certaines lignes d'American Airlines puis, gratuitement, en VOD sur iTunes, Vudu (Walmart), Amazon et, bien sûr, sur Hulu et NBC.com. Lancée début février 2012, 15 épisodes sont prévus avant l'été.
La chaîne a mis en place nombre de compléments numériques à partager par les fans de l'émission sur son site officiel NBC.com.

"Smash" se déroule dans le monde du show-business, le titre connotant la réussite exceptionnelle d'une pièce. L'intrigue tourne autour de la mise en oeuvre (financement, casting, etc.), pour un théâtre de Broadway, d'un spectacle consacré à la vie de Marilyn Monroe, de DiMaggio (base-ball) à Kennedy (politique).
L'émission exploite le filon télévisuel des crochets et concours "musicaux", terrain défriché par "American Idol" (Fox, 2002) et "The Voice" (version sans script, unscripted), par "Glee" (version scénarisée). Les chansons en constituent des temps forts et significatifs, tout comme dans "Glee". Elles donnent le ton et contribuent au portrait des personnages. Elles assurent une fonction descriptive.

L'Amérique au miroir de Broadway
Broadway représente un pan essentiel de la scène théâtrale et musicale américaine : plus de 12 millions de spectateurs en 2011 à New York pour une quarantaine de théâtres, à quoi s'ajoutent les tournées, les plus petits théâtres dits Off-Broadway. Plusieurs acteurs clés de "Glee" viennent de Broadway (Darren Criss, Lea Michele, Matthew Morrison, Jonathan Groff). A propos de Broadway : on pourra écouter l'émission de Laurent Valière, "42e Rue", sur France Musique, le dimanche matin).



Au-delà de ses apparences d'universalité, la série, cherchant la complicité du public américain, mobilise sans cesse des références et allusions à la culture américaine la plus quotidienne et la plus traditionnelle. Exemple (4e épisode) : Karen, "midwestern beauty", personnage central de la série, "montée" à New York pour faire carrière, retourne au pays chez ses parents le temps d'un week-end pour assister à une fête amicale ("Baby shower") ; elle interprète pour ses amies d'enfance une chanson country, hymne à la vie en province, qui en revendique tous les traits ("Redneck Woman" de Gretchen Wilson) aux antipodes de la vie à New York (les paroles opposent Victoria's Secret à Walmart, le Champagne - taste - à la bière -budget -, etc.). Trahison de la middle class d'origine (country girl ; on peut penser à Sheila, "petite fille de français moyen", tube de l'été 1968) ? Rêve de mobilité sociale par le show biz ou le sport, comme dans "Glee". N.B. L'actrice qui joue ce rôle, Katharine McPhee, elle-même passée par "American Idol" est un produit de cette mobilité. Dans l'émission, seule l'intrigue, d'ailleurs fort simple, est universelle ; en revanche, les descriptions sont méticuleusement américaines.
Quelle pourra être la réception par le grand public français de cette émission tellement américaine (diffusion par Orange et TF1 en VOD) ?


Rappel : études de cas sur la télévision américaine 

N°1 Station contre network                                                         N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture                                                         N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local                    N°6 Lancement d'une chaîne
N°7 Une émission, deux écrans                                                    N°8 Stratégie de syndication
N°9 Un network prend le taxi                                                      N°10 Réglementation : son de la pub TV
N°11 TV à la station service                                                         N°12 Networks hispanophones

Episodes de Smash à vendre sur iTunes

lundi 30 janvier 2012

Hulu TV ? Video Battleground

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L'événement télévisuel de ce tout début d'année est créé par Hulu, le service de VOD en ligne. Conçu pour distribuer gratuitement des séries et des films sur le Web, avec financement publicitaire (hors Hulu+), Hulu rompt avec un modèle de distribution pure et simple pour se rapprocher du statut des chaînes de télévision traditionnelles qui, elles, produisent et distribuent. Netflix, Vudu, iTunes, Redbox, Amazon se contentent de distribuer des produits off-network et des films. Jusqu'à présent, malgré de nombreuses tentatives, les acteurs du Web n'ont pas réussi à pénétrer le marché TV avec leurs "Web series".
  • "Battleground" est une série classique, originale, avec scénario : "scripted original programming". 
  • Tournée au coeur du Midwest, à Madison (Wisconsin), dans ses rues, ses parcs et ses cafés, la série est peuplée de figurants de la ville. Elle est dirigée par J.D. Walsh et Marc Webb, des enfants du pays et de ses écoles. Les incitations fiscales mises en place par l'Etat du Wisconsin en 2008 ont sans doute joué un rôle dans le choix du lieu de tournage. 
Les acteurs devant une image emblématique du Wisconsin : le pignon d'une ferme traditionnelle
  • "Battleground" est une sorte de "comedy-drama" ("dramedy"), un faux documentaire. La série compte 13 épisodes et prend pour prétexte la campagne électorale (la première diffusion bénéficiera de la conjoncture des primaires). Elle est tournée avec une seule caméra, conformément aux lois du genre. Chaque épisode de 30 mn est interrompu par des messages publicitaires selon le modèle des networks. Le premier épisode sera diffusé le 14 février, les autres suivront à raison d'un par semaine, tandis que Netflix propose plusieurs épisodes de "Lilyhammer" simultanément. 
  • "Battleground" inaugure en matière de marketing d'antenne : la promotion de l'émission recourt entre autres à une campagne de recommandation exploitant les données collectées auprès des spectateurs de Hulu. Médiaplanning Web comptant d'abord sur les effets de réseau et sur le ciblage comportemental. Il en va de même pour la mesure de l'audience qui échappe aux habituels taux évalués par Nielsen, leur préférant des indicateurs de participation, d'engagement, de buzz, etc.
  • Fox fut à l'origine de la série (2010) mais s'en est détourné. On pense aux networks refusant des séries qui firent le succès de HBO, à "Mad Men", refusé par HBO. TV des "refusés" ou conscience lucide des effets de sélection des publics par le mode de distribution ?
Après "A Day in a Life", lancé en janvier 2011, Hulu produit un documentaire en 10 épisodes, "Up to Speed" et une série de 6 épisodes de 23 mn sur la mode ("The Fashion Fund") ainsi qu'une sorte de magazine, "The Day After" avec des épisodes de 5 mn.

S'agit-il de coups pour voir ou d'un virage significatif dans la logique de Hulu ? Quelles sont les intentions des actionnaires (Fox, NBC Universal, ABC/Disney) qui sont aussi les fournisseurs essentiels de ses concurrents (Amazon, Netflix, Redbox, Vudu, iTunes, etc.) ? NBC Universal / Comcast n'a-t-il pas mis fin à la production d'émission de télévision pour le Web, n'attendant de celui-ci qu'un rôle ancillaire et promotionnel (cf. NBC met le Web à son service).
  • Hulu semble chercher prudemment un positionnement réaliste entre télévision traditionnelle (financement, rythme de diffusion) et Web (ciblage, promotion, connaissance des publics). "Internet TV network" ou "Netcaster" ? Ce vocabulaire bardé de définitions surannées n'aide pas à penser l'évolution numérique des médias. 
  • Le modèle des studios et des networks fait rêver le Web : Netflix (qui lance "Lilyhammer" en février, et ensuite "Orange is the new Black") se verrait bien en HBO... tandis que Yahoo! s'imagine en cinquième network. "Dream on" ! Le Web et son public inventeront autre chose, qui n'est ni l'un ni l'autre et que tente peut-être Hulu, en tâtonnant.

lundi 19 septembre 2011

Walmart is going digital

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Walmart is the largest multinational retailer in the world (4,000 stores in the U.S., 200 in China). Digital marketing is a challenge for such a company with mostly lower and middle class clients. Walmart cannot - will not -give up digital media. How will a company whose core of business is mass market (FMCG) break away from mass media. How will the transition take place? The creation of Walmart Labs in Silicon Valley (not far from Googleplex) in April 2011 is a visible sign of a decisive change.
Walmart faces three different and interconnected challenges:
Updated April 30, 2012
  • From DVD to VOD
Sam's Club app for iPhone
Walmart was known as a major in-store retailers of DVD's.  In order to remain in the market, given the recent evolution of VOD - from DVD to streaming (see Blockbuster) -Walmart acquired Vudu in 2010 and entered the streaming-media business, competing with iTunes, Netflix, Amazon and Hulu. Now it offers more than 10,500 episodes for VOD.
By the way, Walmart shut down its online music store in August.
  • From DVD to the Cloud
In April 2012, Walmarts launches "Disc-to-Cloud". People bring their DVDs to their local Walmart store. They pay a small fee and then can access their content stored in the cloud through any device.
  • From Walmart TV to Smart Network and digital signage
Little by little, the in-store TV network, launched in 1997 and operated by PRN, went digital. From satellite broadcasting to IP network, from TV sets hanging high over shoppers' heads to flat screens installed at eye level  in the middle of products (zone specific, endcaps or category screens). Although they steal part of the show from the products (as those of 3Gtv), reducing the facing, screens are here to sell: they support the marketing at the Point Of Sale (POS) digital displays. The message needs to be clear, concise, simple, efficient. Over the last 15 years in-store marketing has gone from TV to display, following the Web and its logic. It is not TV anymore, it is digital signage. Walmart went from TV viewers to shoppers, from audience (30s spots and contacts collected by intercept surveys to build GRPs) to recommendations, conversions and purchases. The next step will establish a proven relationship between what people watch and what they buy: sales lift pricing. Online and offline problems  - and solutions - converge: capping, attribution management, branding, ROI, mobile payment, etc.
  • Smartphones and in-store marketing
Shoppers can use their smartphone for shopping, making lists, couponning, comparing prices, collecting product information (barcode, etc.), looking for products (mapping the stores).
iPhone app for a Walmart store in
Iron Montain (Wisconsin)
Walmart tests the water at Sam's Club with an app: according to a survey, members suggest using  smartphones as membership cards (loyalty cards), for viewing purchase history, discounts, etc.
To go further into digital, Walmart bought Kosmix (social media, April 2011) and seems to be testing Shopycat, an app using social profiles to make recommendations.
Kosmix is known for a platform called "Social Genome" which analyzes purchase and surfing data to improve personalization and recommendations. In September, Walmart acquired OneRiot which will become part of Walmart Labs. OneRiot describes itself as a "Social Targeting Engine" developing a "Social Geo Census Database". Later, Walmart bought three startups specialized in mobile marketing and retail: Small Society, Grabble and Set Direction.
Along the same lines and at the same time, Walmart has invested in two large Chinese e-commerce companies (B2C), Yihaodian (于1号店 ) and 360buy.
Recently, Wallmark launched a localized Facebook app, "My Local Walmart". Customers can download a a store map and receive news concerning their local store: events; savings, etc.
In March 2012, Walmart bought Social Calendar, a Facebook app (birthday reminders, virtual greetings, etc.).

Get on the shelf: @WalmartLabs has launched a contest in order to determine which items should be available on the Walmart shelves, crowd sourcing suggestions for product listing. People vote with videos.

To conclude, for the time being: Walmart going digital opens (or reopens) four major issues:
    1. EDLP strategies (Every Day Low Price) and/or member cards (for personalized EDLP,  "EDLP for me"): which is best and when?
    2. Online and offline strategies, online and offline data. Online marketing is now in line with store marketing, both kinds of data can be merged. At Walmart, e-commerce is no longer independant from offline commerce. Since September, online commerce reports to offline store management. 
    3. Social networking is a growing part of Walmart's strategy
    4. How to take advantage of such fantastic data?

jeudi 5 mai 2011

Where have all the TVs gone?

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Nielsen says there are less TV households than last year: the number of TVHH has dropped from 115.9 to 114.7 million (Preliminary Household Universe Estimate).
  • How do we know? Estimations based on the 2010 US census and on data gathered by Nielsen while recruiting people meter households: so what is the margin of error?
  • TV sets that do not receive digital signal are not counted. Some households did not update for the digital switch (June 2009). 
  • About cord-cutting? According to a Convergence Consulting study, pay TV lost 1 million subscribers in 2010. Do some people decide to use a computer or an iPad to watch TV? They might have a big screen but no TV set. They watch movies: if they are using Hulu, Netflix, iTunes, Amazon Video, RedBox or Vudu, what would they need TV for? News? Everything is available online. Cord-cutting sounds like a viable option. People unsubscribe from cable or satellite and save, especially "the young and the restless". Netflix boasts as many subscribers as the biggest cable-operator (MSO).
  • Price could be an issue: average pay TV subscribers spend $75 / month. One can give up TV, not the Web. 
Could it happen in Europe? 
Same causes produce the same effects. VOD is growing. And since there is, in Europe, an annual tax on the TV set (150 to 200 $, depending on the country) for public TV, this might be one more reason to give up TV.
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mercredi 27 avril 2011

Vidéo, la FCC remet ses calculs à plat

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Dans un document du 21 avril 2011 (Further Notice Of Inquiry), la FCC, organisme américain de régulation des médias numériques, demande aux acteurs du marché de lui fournir toute information statistique et économique nécessaire pour une analyse de la concurrence dans le marché de la distribution vidéo (Status of Competition in the Market for Delivery of Video Programming). Destinataires de cette demande :
  • Les deux opérateurs télécom  (OVD, Online Video Distribution) : ATT (U-Verse) et Verizon (FiOS), qui comptent ensemble 6,5 millions d'abonnés
  • Les opérateurs du câble (60 milions d'abonnés) et du satellite (33 millions d'abonnés, DirecTV, Dish Network) : MVPD, Multichannel Video Programming Distribution
  • La distribution terrestre (Broadcast TV stations)  par les stations de télévision (couverture locale / nationale)
Documents à rendre pour le 8 juin 2011 (avec effet rétroactif jusqu'à 2007), les premiers commentaires de la FCC seront publiés le 8 juillet. Plusieurs éléments de cette requête administrative à fin de régulation retiennent l'attention.
  • Quels critères (metrics) communs mobiliser pour comparer les divers modes de distribution ?
  • Comment cette analyse de concurrence prendra-t-elle en compte des services aussi disparates et complexes que Hulu, Netflix, iTunes, Vudu (les quatre services cités ; Amazon ne l'est pas, Blockbuster, acquis par Dish Network, non plus) ? 
  • Comment et jusqu'où prendre en compte la distribution Wi-Fi à des supports mobiles (Wireless Providers of Video Programming) ? On a vu que l'iPad, par exemple, créait des problèmes que la réglementation ignorait. Le droit est en retard sur les possibilités offerte par les équipements.
  • La demande n'exclut pas une remise en chantier des outils classiques, "scolaires", de calcul. 
    • Comment calculer la concentration horizontale (à quel niveau, national, local ?), la concentration verticale (comment prendre en compte la syndication)
    • Quelles sont les conséquences des modèles d'affaires mis en oeuvre par les diverses entreprises concernées, les politiques des prix selon les situations de concurrence ?
    • Quels effets sur l'aménagement du territoire ("geographical availability")
Les résultats de cette enquête, mais plus encore les principes techniques pour la conduire, seront du premier intérêt. Les catégories, les agrégats, les définitions, que l'on traite comme des "faits" indiscutables, reposent souvent des présupposés tacites et dissimulent autant qu'ils montrent (cf. les notions de hors média, de contacts, de télévision, de gratuité, etc.). L'épistémologie est l'hygiène de l'analyse et de la démonstration.
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mercredi 12 janvier 2011

Vidéo : la grande distribution, du DVD à la VOD


Mise à jour : 11/01/2015
L'évolution du marché américain de la vidéo semble s'effectuer au profit de la grande distribution.
Dans les années 1980-90, Blockbuster met en place sa chaîne de magasins spécialisés ; Walmart et Kmart (supermarchés) vendent des DVD, Best Buy (GSS) aussi. Une dizaine d'années plus tard, Netflix, nouvel arrivant recourt à la voie postale pour faire parvenir et récupérer les DVD loués à ses abonnés. Le magasin est en ligne, la commande et sa gestion, paiement inclus, s'effectuent sur un site Web. Modèle mixte, off et online : 20 millions d'abonnés. Nouvel arrivant aussi, Amazon vend des DVD (transaction en ligne, acheminement postal). Sur le modèle des machines à monnaie (self-service coin-counters), redbox, InstaFlix et Blockbuster mettent en place des réseaux de distributeurs de DVD (video rental kiosks).
La grande distribution tient le marché du DVD. Elle effectue maintenant son virage online.
  • Best Buy (GSS) entre dans le marché du streaming avec l'acquisition de CinemaNow fin 2008.
  • Après un premier essai manqué avec HP en 2007, Walmart, premier distributeur mondial (9 000 magasins), rachète Vudu (streaming) en février 2010. Appli iPhone pour le catalogue.
  • Sears Holdings, qui regroupe Kmart et Sears, lance fin 2010 Alphaline Entertainment. Le consommateur accédera à un film en même temps que sa sortie en DVD, pour le louer (4 $) ou l'acheter (20 $). Le service devrait être multi-plateforme (mobile, etc.). 
  • Amazon InstantVideo entre sur le marché du streaming également. 
  • iTunes passe de la musique à la vidéo pour louer et vendre des programmes mais propose également un boîtier de connection Web / téléviseur.
  • YouTube triomphe sur le Web mais le cinéma et les grandes séries TV lui échappent. 
  • Des boîtiers / players permettent de transférer ce qui est sur le Web vers le téléviseur (Apple TV, Boxee, Roku) et relaient Vudu, Netflix, Amazon...
Observations générales, et provisoires
  1. Pour conquérir ce marché, la grande distribution, généraliste ou spécialisée, dispose de nombreux atouts maîtres, transférables aisément à la distribution de vidéo : relation clients, connaissance des consommateurs, bases de données, facturation, cartes de fidélité, clientèle fréquentant régulièrement ses points de vente, capacité de promotion croisée (cf. Vudu / Walmart, Tesco / blinkbox), expérience de la vente en ligne. Par construction, elle est au coeur même de l'articulation on-line / off-line, le prochain champ de bataille du commerce.
  2. On observe, à l'oeuvre, le fonctionnement d'une économie de transition (et non de simple substitution). Les trois modes de distribution coexistent et tous les trois restent dynamiques. Ainsi, la distribution "sur place" via DVD continue de se développer (cf. instaFlix, flilale de NCR, distributeurs de billets). La plupart des entreprises de distribution vidéo sont actives sur deux ou trois segments (cf. supra, schéma). Cette articulation des trois modes / segments semble vertueuse : ainsi de Netflix qui invite ses abonnés au transfert progressif du DVD à la VOD en ligne, et les accompagne dans cette lente évolution pour ne pas les perdre (taux de churn très bas).
  3. L'approche multiplateforme se développe : distribution sur tablettes, smartphones, consoles de jeux vidéo, en plus des téléviseurs, des ordinateurs et des enregistreurs numériques (TiVo). 
  4. Quand cette distribution passera-t-elle au cloud computing, logique et ultime étape qui facilitera la gestion des stockages personnels, comme le pratiquent déjà entre autres Amazon et iTunes?
  5. Dans la distribution vidéo, les chaînes de télévision (networks) semblent marquer le pas. Ensemble, elles ont mis en place hulu (ABC / NBCU / Fox), reproduisant pour la VOD leur modèle gratuit publicitaire (ciblage avec adSelector, de Publicis), puis Hulu Plus. Elles utilisent aussi leurs sites pour diffuser leur programmes. Fox a abandonné Bitbot, diffusion de la vidéo sur smartphones, en revendant Fox Mobile Group. En revanche, en mai 2011, le bouquet satellite Dish Network a racheté Blockbuster.
  6. Sans doute, en dernière instance, l'initiative est-elle laissée par les networks aux studios auxquels ils sont adossés (Disney / ABC, NBC / Universal, Fox, etc.).
  7. Le marché publicitaire associable à la distribution vidéo via streaming est théoriquement considérable, notamment pour la publicité vidéo. Il sera nécessairement multiplateforme (la sélection, la transaction commerciale et la consommation n'étant pas nécessairement effectuées sur la même plateforme), et recourra aux formes les plus avancées du ciblage affinitaire (pour ne pas déranger le destinataire) : marketing comportemental, ciblage langagier, etc. A moins que les consommateurs ne préfèrent payer plutôt que de supporter une publicité qui les dérange...
  8. Et en Europe ? Faut-il imaginer, en France, Carrefour, Leclerc, FNAC, Casino, Darty, etc. se lancer dans ce métier ? Ils sont déjà implantés dans la distribution en ligne et vendent des DVD. Restent les accords avec les studios... En Grande-Bretagne, Tesco (grande distribution) a racheté Blinkbox en avril 2011... pour le revendre en janvier 2015 à TalkTalk. Concurrence de Netflix ?
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