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dimanche 21 août 2011

Google, encore plus connecté à la télévision

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Google a racheté Motorola Mobility Holdings (sauf désaccord de la FTC). Après coup, les explications et les rationalisations de ce mouvement ne manquent pas : brevets d'abord (la bataille fait rage), téléphonie ensuite. Mais il est aussi un autre aspect de cette fusion que les opérateurs de la télévision payante américaine observent avec méfiance et, peut-être, avec intérêt : Google devient le second fournisseur de set-top boxes aux Etats-Unis (derrière Pace et Cisco), set-top boxes qui commandent l'accès (conditional access system) aux téléviseurs installés dans les foyers. Motorola détiendrait près d'un tiers de ce marché (MediaCipher). Principaux clients : les deux principaux opérateurs du câble, Comcast et Time Warner Cable (MSO).

Avec cette acquisition, Google sera un partenaire régulier des opérateurs de télévision. Cela favorisera-t-il  l'acceptation et le développement de Google TV que ces opérateurs de télévision ont, dans l'ensemble, mal accueillie, et qui piétine ?
  • Coopérant avec les opérateurs (MSO), Android pourrait, par exemple, enrichir les set-top boxes (interfaces utilisateurs, fonction de recherche, fonction d'analytiques) et rendre les téléviseurs un peu plus "smart". L'achat récent de SageTV par Google est un signe de la détermination de Google à réussir Google TV. En mars 2010, Google a entamé des tests d'utilisation de Android sur des set-top boxes avec Dish Network. De plus, Google propose désormais aux développeurs de réaliser des applis Android pour la télévision.
  • L'entrée de Google en télévision n'est pas récente. Les incursions discrètes de Google TV Ads dans le marché de l'espace publicitaire TV ne doivent pas être sous-estimées. Google TV Ads touche plus déjà de 35 millions de foyers américains en collaboration avec les opérateurs satellites (Dish Network, DirecTV) et télécom (Verizon) : le tout concerne plus d'une centaine de chaînes.
  • Google pourrait mettre les chaînes de YouTube au programme de la distribution par les opérateurs (avec les conséquences économiques que cela implique pour les partenaires).
  • A terme, l'enjeu le plus formidable est celui des données (data) collectées par les set-top boxes, s'ajoutant et se mêlant à celles du Web et de la mobilité. Autrement dit de la mesure des audiences.
Google inquiète le monde de la télévision : aux bonnes raisons (protection de la vie privée, puissance et technique publicitaires, etc.) s'ajoutent des procès d'intention (à usage politique). Quelles réactions peut-on attendre des acteurs traditionnels de la télévision, studios et networks, distributeurs ?
  • Cette acquisition peut inciter à des fusions défensives, renforçant les opérateurs de télévision traditionnelle, sur le modèle de la récente acquisition du network NBC Universal par le câblo-opérateur Comcast.
  • Tout accroissement de la concurrence dans la distribution augmente la valeur des contenus : les studios et leurs networks ne peuvent pas voir cette intervention de Google d'un mauvais oeil.
  • Dans le sillage de Google, Apple, Amazon vont entrer en piste . Des sociétés sont sans doute à l'horizon des appétits de ces géants : TiVo, Netflix, Hulu...
Google dans la télé confirmera la fin d'un modèle pour les médias audio-visuels, l'épuisement d'un paradigme né avec la radio, il y a près d'un siècle.
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mercredi 9 avril 2008

Equipement des ménages : l’âge de nos concepts média

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Le musée est le lieu où s’entrevoit l’avenir d’autrefois. Au musée de Boulogne-Billancourt (M° Marcel-Sambat), une exposition consacrée à l'"Esthétique médiatique" raconte le design des médias du siècle passé. Plusieurs centaines d'objets réunis par Jean-Bernard Hebey, homme de radio, se voulant "archéologue de la modernité". Téléphone, téléviseurs, caméras, ordinateurs, tourne-disques, projecteurs, micros, antennes pour auto-radio… tout n’y est pas (encore) : j’aurais aussi voulu voir l’audimètre du M.I.T racheté par Nielsen (1929), le Volksempfänger de Goebbels (1933), frère de lait de la non moins "populaire" Volkswagen, le téléphone avec lequel Proust écoutait "Pélléas et Mélisande"(Debussy, 1901) au théâtrophone, des lanternes magiques …

L’exposition rappelle combien les médias ont d’abord été des objets professionnels avant d’être domestiqués, investis par le foyer familial. Objets dont le design n'importe guère avant qu'ils n'habitent un "foyer radio" puis un "foyer TV" et ne trônent dans la salle de séjour, parfois déguisés en meubles classiques, comme si l'on avait honte de leur modernité bien provisoire.

Bonne idée d’exposition qu’il faut étendre, développer, organiser, enrichir, documenter. Allez-y avec des enfants ; ils vous étonneront de leurs étonnements condescendants, car il faut tout leur expliquer : les combinés téléphoniques et la TSF, le juke boxe et les 33 tours. Même le premier Macintosh 128k de Apple (1984) leur paraît antédiluvien. A ceux qui n’ont connu que le Web et le portable, allez donc expliquer le Minitel des PTT (1982), les cassettes ou le walkman (1979) !

L’exposition rappelle que l’avenir et l’innovation ont une histoire. Que notre présent qui se prend pour une modernité définitive aura bientôt la même allure désuète : le premier coup de téléphone sur mobile (Motorola) a eu lieu 35 ans avant l’iPhone… Obsolescence programmée ? Bientôt le tour du Blackberry, de l'iPOD, des calculettes, des CD...
Enfin, gardons à l’esprit que la plupart des notions que nous mobilisons dans le travail média d’aujourd’hui ont l’âge de ces étranges machines : GRP, couverture, répétition, playliste, soap opera, feuilletons, émission, journal télévisé, bandeaux et bannières, chaînes et grilles mériteraient aussi leur place au musée imaginaire du médiaplanning. Pensons que l’on réfléchit et calcule les plans de communication pour des objets contemporains avec ces concepts rempaillés, rétamés, rafistolés.

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