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vendredi 12 novembre 2021

Squid games : ne pas en rire ?

 "Squid Games", Netflix, série de dix épisodes

C'est, dit-on, le succès de l'année. Et, si c'est le cas, y a-t-il une raison de s'en réjouir ? On peut en discuter : la bataille qui se déroule à l'écran entre les candidats du jeu est sans pitié.

La série, "série-phénomène" selon des journalistes français, produite en Corée du Sud, aura rapporté un peu moins de 900 millions de dollars ; la production n'en a coûté que 21,4 millions, ce qui est très inférieur aux prix courants pour de telles séries. La qualité de la production est moyenne. 

Bonne opération économique donc, mais que penser des contenus ? La brutalité de la série où les vaincus de chaque épisode, éliminatoire, finissent dans un four crématoire est étonnante... Toute la misère du monde s'affiche, et disparaît, progressivement, au cours de l'émission ; au fur et à mesure des éliminations, les condamnés sont mis dans un cercueil en forme de paquet cadeau et brûlés.


Dans l'image ci-dessus : en rouge, visages masqués, armes à la main, les gardiens du camp de prisonniers ; en bleu, les prisonniers concurrents. Nous sommes au début de la partie : ils sont encore nombreux. Chacun des prisonniers porte un numéro qui les identifie. Ils sont plutôt dociles.

Que penser d'une telle série ? Ce n'est qu'un jeu ?

lundi 8 mars 2021

Les séries d'hier et d'aujourd'hui avec Netflix, surtout

 Série Mag'. Le guide des séries télé d'aujourd'hui ! trimestriel, France quotidien, Distribution MLP, 84 p. 

Un magazine sur les séries est à coup sûr une bonne idée. Mais pourquoi un rythme trimestriel seulement ? Bien sûr, comme l'affirme l'édito "les séries font partie de notre quotidien", alors pourquoi trimestriel ? Le mode de consommation des séries a changé depuis Netflix et le streaming pratiqué en tout temps.

Comment choisir sa plateforme de streaming pour les séries ? Deux pages pour le titre c'est beaucoup, et inutile. Disney est raconté comme Netflix, tout comme Canal + Séries. En  conclusion, le journaliste qui déclare avoir testé les offres une semaine durant : "s'il ne fallait choisir qu'un seul service, Netflix serait incontestablement le plus complet".

"Le jeu de la Dame" ("The Queen' Gambit") qui traite de l'amour des échecs d'une joueuse, la série est commentée par une une championne, Marie Sebag. C'est sympa de l'entendre rappeler le coup du berger, un coup pour débutant-e et de souligner que, même quand on est une championne, on continue à perdre.

Ensuite, le magazine évoque des séries "peu connues" : "Away" (sur une astronaute qui part pour Mars), "Love 101", une série turque, "Spinning out" (sur le patinage), puis, plus connue,  "La chronique des Bridgerton !"...

Ensuite le magazine traite de personnages de séries (souvent anciens comme Monk, Gregory House, Patrick Jane ou Daenerys Targayryen (la mère des dragons dans la série "Game of Thrones" !). On trouve des tests pour les lecteurs aussi. Un grand article sur la série "Lupin", un autre sur Chernobyl. Et, enfin, un article sur les séries à venir avant la rubrique d'astrologie et deux pages de publicité.

Le magazine est bien fait mais on peut vouloir des articles plus longs et plus fouillés, un inventaire (quelle série est diffusée par quel service, avec quelle note...). Attendons le numéro suivant pour voir si l'éditeur et ses journalistes trouvent le moyen d'intéresser un lectorat.


dimanche 1 novembre 2020

Netflix, modes d'emploi et révolution culturelle dans l'entreprise

Reed Hastings, Erin Meyer, No Rules Rules. Netflix and the Culture of Reinvention, 2020, Penguin Random House, 320 p. , Bibliogr., Index

Cet ouvrage est en quelque sorte dialogué. D'une part, Reed Hastings P-DG et fondateur de Netflix en 1997 ; d'autre part, Erin Meyer, qui enseigne à l'INSEAD, en banlieue parisienne, dont elle a reçu un MBA en 2004. Elle est aussi l'auteur d'un livre intitulé "The Culture Map: Breaking Through the Invisible Boundaries of GlobalBusiness", publié en 2014. 

Il est rare que le patron d'un média prenne la parole, en détails, pour expliquer et justifier, la manière dont fonctionne son média. Le patron de Netflix explique ses choix et ceux de l'équipe qu'il a recrutée. Il expose donc ses erreurs, aussi. Le livre est par conséquent intéressant tant les remarques sur le fonctionnement de l'entreprise sont franches et peuvent être étendues à d'autres médias, notamment à ceux qui ne comptent pas sur la publicité pour vivre.

Netflix a commencé par la location de DVD via envoi postal (DVD by mail) avant de passer à l'abonnement en ligne, par téléchargements. Fin 2020 Netflix est devenue la première entreprise mondiale, diffusant et produisant des émissions et films de télévision. Comment, en moins de vingt ans, Netflix en est-elle arrivée à ce stade de la  réinvention permanente ? L'ouvrage passe en revue les raisons, et les moyens, de réussir.

  • En commençant par "talent density". Quand, dans l'entreprise, la densité des talents, des savoir-faire, est élevée, tout le monde dans l'entreprise en profite et, surtout les bons ("top performers") qui deviennent encore meilleurs car "la performance est contagieuse". C'est le point de départ, "the first dot", qui repose donc sur les "stunning colleagues" (impressionnants, doués).
  • Parler franchement, face à face ("Only say about someone what you will say to their face") est un moment décisif dans l'évolution de l'esprit de l'entreprise. Reed Hastings se fait l'avocat de la candeur, il faut donner un feedback qui ne blesse pas, et pour cela il recommande aux employés de dire au chef d'entreprise et aux cadres ce qu'ils (elles) pensent : "it's when employees begin providing truthful feedback to their leaders that the big benefits of candor really take off" et c'est la réception de ces critiques qui fait l'ambiance d'une entreprise (d'où l'importance des "belonging cues", les justes réponses des victimes à la franchise des critiques exprimées). Ce qui accroît encore l'importance de "Preach feedback anywhere, anytime" et de sa conséquence : "Get rid of jerks as you instill a culture of candor". Netflix n'a pas besoin de leaders excentriques ("brilliant jerks").
  • "Remove vacation policy", cet énoncé qui établit la totale liberté des vacances est la conséquence de "in the information age, what matters is what you achieve, not how many hours you clock", déclare Reed Hastings qui précise n'avoir jamais prêté attention au nombre d'heures de travail de ses employés. Ensuite, la logique veut que les notes de dépense et de frais de voyages disparaissent également. C'est une culture de frugalité et de bon sens : "Spend company money as if it were your own" qui deviendra plutôt "Act in Netflix's best interest". 
  • "Bonuses are bad for flexibility" : le bonus n'encourage pas le changement, il nuit à l'évolution de l'entreprise ; cela suit l'idée du "rock-star principle" (il faut recruter d'abord celles et ceux qui inventent, résolvent les problèmes rapidement). Il s'en suit qu'une culture de transparence demande d'en finir avec les bureaux fermés, avec les assistant(e)s qui montent la garde à l'entrée. Il faut ouvrir les livres de compte aux employés, et leur apprendre à lire un P&L (document qui analyse les pertes et profits d'une opération).

Et l'ouvrage se poursuit ainsi : "ne pas chercher à plaire à votre patron". Chercher ce qui est le meilleur pour votre entreprise. Prendre en compte tous les éléments nécessaires pour une décision. La densité des talents est la première des qualités d'une entreprise ; le reste suit, logiquement. Ainsi, le cycle d'innovation commence par la recherche systématique des désapprobations, des divergences ("farming for dissent") : il faut écouter les désaccords et "prendre la température" de l'entreprise (cette idée est née de l'échec cuisant de Qwikster, l'entreprise qui devait gérer les DVD tandis que le streaming l'était par Netflix). L'objectif n'est pas le consensus souvent trop mou mais la bonne décision. "What matters is moving quickly and learning what we're doing". L'essentiel est d'aller vite, et d'apprendre ! L'erreur est banale : "First if you take a bet and it fails, Reed will ask you what you learned. Second, if you try out something big and it doesn't work out, nobody will scream and you won't lose your job."

Virer un bon employé pour en recruter un meilleur ? "Firing a good employee when you think you can get a great one". Aussi la famille n'est-elle pas une bonne comparaison pour penser une excellente entreprise ; l'équipe sportive, compétitive semble une meilleure métaphore.

Quelle est la structure optimale d'une entreprise ? Pour Netflix, elle a déjà changé depuis la publication du livre, mais l'idée essentielle reste que, pour réussir, Netflix doit devenir une machine à apprendre internationale ("international learning machine"), sa forme générale évoquant plus l'arbre avec tronc, racines et branches principales que la pyramide. "Leading with context" serait le principe de la cartographie, de l'organisation générale, à condition que la "densité des talents" le permette.

Tout décider en moins de trente minutes, et surtout "Talk, talk, talk". Avec la vitesse, tel est le principe fondamental du travail international. L'erreur majeure : "it's failing to attract top talent, to invent new products, or to change direction quickly when the environment shifts" et Reed Hastings insiste, c'est plus du jazz que de la musique classique, "Leave the conductor and the sheet music behind. Build a jazz band instead". Donc une culture d'improvisation et de franchise dans un ensemble qui sait où il va.

Ce livre donne des idées pour la gestion des entreprises, des idées essentielles, pour que l'innovation soit continue. Trois points paraissent particulièrement importants : tout d'abord le talent et la vitesse d'exécution et puis communiquer sans cesse dans l'entreprise. Plus que des stratégies, ce livre donne des principes pour une culture d'entreprise vivante. La vraie révolution culturelle dans l'entreprise doit être une "réinvention" permanente. 


vendredi 2 octobre 2020

Netflix : streaming en tête

 


Netflix et YouTube atteignent donc presque la moitié de la durée du streaming. Telle est la conclusion de l'analyse de LightShed Partners pour le mois de juillet 2020. L'analyse utilise les données de Comscore. 


mardi 15 septembre 2020

Karate Kid a pris de l'âge : voici Cobra Kaï, 34 ans plus tard, rajeuni


Cobra Kaï est la poursuite d'un ancien film (Karate Kid, 1984). Elle a d'abord été lancée par YouTube Red, devenu depuis YouTube Premium, avant d'être rachetée par Netflix qui produira la troisième saison en 2021. Notons que Amazon, AMC, Hulu et Netflix étaient déjà preneurs de la série que YouTube a emportée. Les deux premiers ensembles de 10 épisodes sont désormais, après YouTube, proposés aux abonnés de Netflix. 
34 ans plus tard, Cobra KaÏ prend la suite de Karate Kid. Sur YouTube, la série a connu un très raisonnable succès avec plus de 90 millions de spectateurs chaque année pour sa première diffusion ; sur Netflix, le succès semble prometteur également. Mais attendons la troisième saison de cette "action comedy-drama".

Pour l'instant, voici donc les deux anciens finalistes du film, William Zabka (Johnny Lawrence) et Ralph Machio (Daniel LaRusso) qui se retrouvent face à face ; ils sont maintenant patrons de dojo's et ils sont dans le rôle qu'ils occupaient dans le film, ils ont vieilli, bien sûr, et ils ont dû reprendre l'entrainement qu'ils avaient plus ou moins abandonné après Karaté Kid. Ils font revivre leur concurrence dans une atmosphère un peu ancienne et classique, quelque peu nostalgique et fière (on dirait "corny", en anglais). L'un est plutôt pauvre, parfois alcoolique, seul, sans épouse, tandis que l'autre a réussi  brillamment dans la vente d'automobiles ; il a une femme et deux enfants, dont une fille qui pratique excellemment le karaté. Le premier est hargneux, le second est calme. Et l'on retrouve aussi dans la série, entre autres, des oppositions courantes de la culture des teen-agers américains.

L'ensemble constitue une incontestable réussite pour Netflix, l'audience regroupant sans doute des anciens fans de Karaté Kid - ils ont 34 ans de plus - et des nouveaux, plus jeunes (teen-agers), qui se reconnaissent plus ou moins dans les gestes et les paroles des héros de Cobra Kaï. Conflits de générations, de cultures surtout : la plupart des Américains peuvent se retrouver dans l'un ou l'autre des héros de la série.

Quant à la série, elle même, son histoire se complexifie : des films, on passe beaucoup plus tard à une série de deux saisons (20 épisodes) sur YouTube qui, ensuite, sont reprises sur Netflix, qui lui-même produira les saison suivantes. C'est ainsi toute l'économie de la télévision qui peut se trouver bouleversée.

En octobre 2020, Netflix a lancé la production de Cobra Kaï pour une quatrième saison par Sony Television.



jeudi 23 juillet 2020

Câble américain : un abonné sur trois en promotion !


Un tiers des abonnés au câble souscrit à une promotion (enquête conduite auprès de 1021 abonnés) : ce chiffre est pour Altice de 45%, pour Comcast de 42%, et pour Charter de 32%. 20% d'entre eux bénéficient d'un type d'abonnement s'achevant dans moins d'un an.
Un nombre croissant, dépassant la moyenne, de ces abonnés, est également abonné à un service OTT, Amazon et hulu, et, bien sûr, forcément, Netflix.
L'enquête ne dit pas ce qu'est la consommation actuelle des abonnés, ce qu'ils regardent aujourd'hui mais on peut parier que les abonnés à des services promotionnels risquent d'être nombreux à passer exclusivement à des services OTT et abandonneront le câble classique.



mardi 9 juin 2020

Will TV Be Going Back to a New Future? Netflix and Amazon lead the pack


What happened exactly with TV during the pandemic, beginning in January 2020?
Four of the five most important SVOD services reached their maximum level of audience during the month of April. According to research company 7Park Data, Netflix remains at the top with 550 minutes in May. Disney+ returns to its February level as does AppleTV. Amazon stays almost at its April level (400 minutes), ahead of Hulu which dips under 300 minutes. Dead to Me was the biggest success of May (it is the second season of the series).
Of course, we need another quarter to see if Netflix keeps its level of audience or if it returns to normal as does its competition. It seems that, already, Broadcast and cable TV are returning to their pre-COVID levels (source: VideoAmp).
According to a study by Kill the Cable Bill, an average Netflix user missed 58 hours of advertising during the quarantine: will the advertisers also snub the commercial networks soon?

 Dead to Me

mercredi 13 mai 2020

Hollywood, une mini série qui refait l'histoire


Hollywood, minisérie de Ian Brennan et Ryan Murphy (qui a signé un accord de collaboration avec Netflix pour cinq années). Netflix, 7 épisodes de 45 à 55 mn

Nous sommes à l'époque d'Hollywood triomphant, après la fin de la deuxième guerre mondiale. La série est sortie le 1er mai 2020. Elle suit les aventures de quelques acteurs et actrices débutants prêts à tout pour réussir, mais aussi de réalisateurs et de productrices qui se sont faits un nom dans les années cinquante. Mais la série énonce et dénonce aussi les inégalités qui pour l'essentiel n'ont pas encore changé : inégalités sexuelles et raciales notamment, pour les plus évidentes. Mieux valait être homme et blanc. Homosexuels, non-blancs et femmes de talents, mieux valait se cacher et ne jouer que son rôle attendu.


La série suit donc les aventures, succès et déboires des héros qui vont tous réussir, mieux souvent que les héros qu'ils ou elles sont censés représenter. C'est là que se trouve l'astuce de la série : ce sont des personnages de Hollywood qui sont joués, presque tous dans des positions dominées : sexisme, homophobie et racisme sont les cultures qui dominent alors Hollywood. Les personnages sont des héros plus ou moins vrais de Hollywood, Rock Hudson, Hattie McDaniel, Anna May Wong ou Henry Wilson, le prédateur qui engage des homosexuels contre services et quelques autres. Mais si, dans la série, la plupart des héros finissent par réussir leur carrière cinématographique et amoureuse, dans le Hollywood de la réalité, ce n'était pas toujours le cas et le suicide évité de l'actrice qui veut se jeter du haut de l'enseigne "Hollywood" a en revanche réussi dans la vraie vie.

Une station service de Richfield Oil, sur Hollywood Boulevard, sert de point de ralliement. Des aventures s'y jouent, des rencontres s'y organisent. Cette série est une vision satirique de Hollywood. Beaucoup des problèmes évoqués sont toujours d'actualité. Les rêves n'ont guère changé : le cinéma fait sa télé. Mais le procès récent de Harvey Weinstein peut donner quelque espoir...

mardi 17 mars 2020

Cord-cutting au programme de la télévision américaine


Selon MoffetNathanson, les distributeurs de télévision perdent, depuis quelque temps, de plus en plus d'abonnés, 7% au cours de l'année passée, ce qui nous mène à 83 millions d'abonnés fin 2019 (on serait passé d'un taux de 87,8% des foyers télévision en 2009 à 65,3% en 2019). Soit moins 1,16 million pour AT&T, moins 0,149 million pour Comcast et moins 1,101 million pour Charter. A quoi il faut bien sûr ajouter les 194 000 abonnés perdus par Dish (satellite). Devant la hausse continue des tarifs du câble, les abonnés actuels sont de plus en plus souvent tentés de se désabonner de l'offre des réseaux (cord-cutting) au profit des offres virtuelles, de Netflix principalement.

Néanmoins, il semble que les opérateurs classiques de télévision soient prêts à réagir au moyen de quelques acquisitions. Pour limiter les dégâts, pour quelque temps au moins.
  • On pense bien sûr que NBC/ Universal (Comcast) pourrait finalement s'assurer du rachat de Vudu à Walmart (qui l'avait payé 100 millions de $ en 2010) et, par ailleurs, aiderait le site de vente de tickets de cinéma, Fandango ; de plus, Comcast a également acquis Xumo fin février (190 chaînes).
  • Fox, de son côté, a racheté le site Tubi (25 millions d'utilisateurs en décembre 2019, alors que le site est présent chez de nombreux distributeurs, dont Apple TV, Roku, Amazon Fire Stick avec Alexa, Samsung et Sony). Fox paye 440 million de dollars cash en revendant la part de Fox dans Roku.
  • Quant à ViacomCBS, la société compte sur Pluto TV, rachetée l'an passé (elle déclare 20 millions d'abonnés) 
  • Enfin, il semble que Sony envisagerait le re-lancement, avec Chicken Soup for the Soul Entertainment, de Crackle.
Si l'on en croit MoffetNathanson, l'univers télévisuel américain passerait donc progressivement à un univers d'abonnés, reconfiguré à quelques services seulement. Quelle sera la place du câble et du satellite dans cette hypothèse ? Quel rôle pourrait y jouer prochainement la 5G ?

dimanche 26 janvier 2020

Netflix change de mesure


Regarder Netflix, ce sera désormais regarder (to watch) l'un de ses programmes pour 2 minutes au moins. A partir des chiffres publiés par Netflix dès le premier trimestre 2020. Auparavant, il fallait regarder au moins 70% d'un programme pour être compté dans son audience et attester la popularité du programme.

Ces 2 minutes seraient suffisantes, du point de vue de Netflix, pour que l'on puisse considérer que l'audience était bien volontaire, et le choix intentionnel (“Chose to watch and did watch for at least 2 minutes - long enough to indicate the choice was intentional -- is the precise definition", selon Netflix, January 21, 2020, FINAL-Q4-19-Shareholder-Letter.pdf).

"As we’ve expanded our original content, we’ve been working on how to best share content highlights that demonstrate popularity. Given that we now have titles with widely varying lengths - from short episodes (e.g. Special at around 15 minutes) to long films (e.g. The Highwaymen at 132 minutes), we believe that reporting households viewing a title based on 70% of a single episode of a series or of an entire film, which we have been doing, makes less sense. We are now reporting on households (accounts) that chose to watch a given title. Our new methodology is similar to the BBC iPlayer in their 1 rankings based on “requests” for the title, “most popular” articles on the New York Times which include those who opened the articles, and YouTube view counts. This way, short and long titles are treated equally, leveling the playing field for all types of our content including interactive content, which has no fixed length" (Netflix, o.c.).

Selon Netflix toujours, cette nouvelle manière de mesurer la popularité des programmes augmenterait les chiffres d'audience publiée de 35% (il s'agirait en fait plutôt de l'audience cumulée pour au moins 2 minutes d'un programme donné). Mais puisqu'il semble que YouTube, la BBC et The New York Times recourraient à la même méthodologie... Bien sûr, on est loin de la manière dont Nielsen donne des résultats d'audience, mais Netflix ne se sert pas de ses données pour vendre de l'espace publicitaire, à la différence de YouTube ou du New York Times...

mardi 21 janvier 2020

Streaming aux Etats-Unis : où en est-on ?


Apple+ aurait été essayé par 5% des foyers utilisant le streaming ("streaming homes"), la moitié des utilisateurs recourant à une promotion.
Pour Disney+, le pourcentage est nettement plus élevé : 23% (soit 20 millions de foyers). 41% d'entre eux se connectant chaque jour, sans doute notamment pour regarder The Mandolerian, une série de huit épisodes sur Star Wars.

Source : sondage HarrisX pour MoffettNathanson

Selon la même source, la progression de la pénétration du streaming aux Etats-Unis serait de l'ordre de 4% entre octobre 2018 et décembre 2019 ; cette progression a sensiblement diminué en 2019, le seuil se rapprochant d'un maximum possible.
En conclusion, MoffettNathanson semble privilégier une association possible, de facto, entre Netflix et Disney+. Reste à voir si une telle hypothèse se vérifie sur le moyen terme.

Pour le trimestre dernier, les résultats de Netflix pour les Etats-Unis s'avèrent inférieurs aux attentes soit 423 000 abonnés gagnés contre 600 000 attendus (guidance) : effet de maturité ? En revanche, Netflix gagne 8,33 millions d'abonnés dans le monde (hors Etats-Unis) contre 7 millions annoncés. Au total, Netflix présente un revenu de $5,47 millliards et un profit trimestriel de $586,9 ($1,30 par action).


The Mandalorian (teaser), sur Disney+

lundi 20 janvier 2020

Giri/Haji (Duty / Shame) : la vie si quotidienne d'un policier

Taki Mori avec son père Takehiro Hira

Giri / Haji (Duty / Shame) est le titre d'une série en huit épisodes, co-produite par la BBC et Netflix. Elle a été diffusée par BBC2 en fin d'année 2019 et elle est reprise par Netflix depuis le début de l'année 2020. Les dialogues fluctuent entre japonais et anglais ; ils content l'histoire d'un détective de Tokyo (平 岳大, Takehiro Hira, joue le rôle du détective, Kenzo Mori) qui est à la recherche de son frère Yuto, à Londres.
Dans sa quête, le policier de Tokyo rencontre Sarah, policière londonienne, et Rodney Yamaguchi, sex-worker, drogué, mi-japonais, mi- anglais. Rencontres et alliances improbables. La série suit l'investigation du détective à Londres où l'a bientôt rejoint sa fille, adolescente, Taki Mori (Aoi Okuyama), qui est une fan de Harry Potter dans la vraie vie ! La confrontation avec les membres de yakuzas, sociétés secrètes, sortes de mafias japonaises, constitue l'intrigue essentielle à laquelle sont mêlées les vies familiales quotidiennes des héros, embarqués malgré eux dans de sombres histoires qui les dépassent et changeront leur vie.

Cette co-production de Netflix et de la BBC est tournée au Japon (3 mois) et en Grande-Bretagne (8 mois), ce qui ne la rend pas bon marché. Taki Mori (16 ans) et Rodney Yamaguchi sont des révélations de cette série policière, Taki Mori surtout qui y fait ses débuts cinématographiques, entre Londres et Tokyo.
La série mêle sans cesse la responsabilité et l'honneur, l'amour de la famille, la triche, les rivalités, la conscience professionnelle. Chaque épisode donne à voir vivre les héros dans leur vie quotidienne, à Tokyo comme à Londres, vie quotidienne bouleversée, de plus en plus radicalement, par les intrigues de la série.

Parfois, l'écran est divisé en plusieurs parties, pour mieux décrire les ambivalences de l'action et de la situation, souvent mélangée, des personnages. Il y a également une danse en noir et blanc qui, à la fin, résume la situation et ses ambiguïtés.
Faut-il espérer une suite à cette série ? Ce n'est pas certain ; en tout cas, cette série bi-continentale rencontre un succès incontestable et inattendu : la collaboration de Netflix avec la BBC était un résultat imprévisible.


samedi 11 janvier 2020

Netflix or advertising? The big question!


When surveyed, three-quarters of American households claim to not want to spend more than $30 for a subscription to streaming services, and 59% would like to spend only 20 dollars. This would mean two or three services, at most.
The survey was conducted by YouGov and The Trade Desk among 2613 US consumers in November 2019 based on a weighted online sample.
According to this survey, 53% of households said they would prefer a service for a reduced fee, paid by advertising, especially if the ads are adapted to their own taste and centers of interest.

On one hand, Netflix already charges $13 a month. On the other hand, NBCUniversal's Peacock would be free for everyone, fully paid by advertising. And then, there is Apple for 4.5 dollars, ESPN+ for 5 dollars a month, Disney+ for 7, Showtime for 11, and Amazon Prime Video for 9 dollars with Hulu and HBO Max launching in May... And, about a third of American households already watch a subscription program paid only by advertising like Roku or Crackle...

So what are American households going to do? Netflix or advertising? People discussing the issue bet one way or another since they have to say something. But they do not know!





mardi 7 janvier 2020

Virgin River : la vie y est presque belle


Virgin River. Série. Netflix, 10 épisodes.

Sur un roman de Robyn Carr (collection Harlequin, un ensemble de 20 romans vendus à 13 millions d'exemplaires), la série de dix épisodes, un "romantic drama", a été tournée par Netflix au dernier trimestre de l'année 2018. La série suit les aventures d'une nouvelle et jeune sage femme et infirmière, Mel (Melinda), qui, de Los Angeles, vient s'installer à Virgin River, au Nord de la Californie, suite à une annonce parue dans la presse, et, surtout, suite au décès de son mari. L'essentiel du tournage a lieu au Canada dans la région de Vancouver (British Columbia) ; une grande partie des acteurs est canadienne.
Il y a Jack, le patron du bistrot, ancien marine en Irak, qui, d'emblée, fait une cour assidue à Mel. Il y a le médecin grincheux, qui, il ya vingt ans, trompa sa femme. Il y a sa femme, le maire de Virgin River, non moins grincheuse, qui ne digère pas d'avoir été trompée. Il y a Charmaine, la coiffeuse, celle qui se dit la girl friend du patron du bistrot. Il y a Preacher, le copain de Jack... Tout ce monde vit plus ou moins ensemble, plus ou moins gentiment mais les histoires se compliquent, heureusement...
La série est sympathique, les malades sont soignés, le bistrot tourne. Dix nouveaux épisodes viennent d'être tournés, en 2019, pour une seconde saison à venir.
Dans le même ordre d'idées, Netflix a entrepris une nouvelle série à partir d'un autre roman de la même collection Harlequin, Sweet Magnolias, qui devrait voir le jour en 2020.
Netflix avec ces séries, tourne des idées gentilles, ces "drames romantiques" qui trouveront sûrement un public attentif et régulier. C'est le pari du moment. Même si ce n'est ni Fellini ni Bergman.

Melinda et Jack

mercredi 23 octobre 2019

Netflix : quelles solutions à venir ?


Pour affronter la concurrence de Apple et Disney, Netflix vient d'emprunter 2 milliards de dollars.
Ces deux milliards serviront notamment à la production de nouveaux contenus ainsi qu'à de nouvelles acquisitions (“content, production and development and potential acquisitions”). La bataille Netflix / Disney semble inégale tant les archives de Disney semblent incomparablement importantes : plus d'un siècle de productions accumulées ! Mais qui veut les voir, les revoir ?

De son côté, Verizon annonce offrir gratuitement un abonnement de Disney+ pour un an à ses abonnés à des services illimités à Internet (FiOS, 4G LTE, 5G, etc.). Au total, environ l'offre concerne 50 millions d'abonnés. Disney + sera lancé le 12 novembre.
Le lendemain de la publication de cet accord, le cours de Netflix a perdu 4% (à 266,69 $).

De même, Apple offre un abonnement gratuit à son service vidéo (Apple +) pour un an aux acheteurs d'un nouveau téléphone. Ce service sera mis en place dès le lancement, le 1er novembre 2019.

De son côté, Peacock, l'application de Comcast / NBCU, se prépare pour son lancement en avril 2020 : tout d'abord, gratuite pour les abonnés de Comcast, l'application sera d'emblée soutenue par la publicité (mais pas uniquement, puisque le service pourra être également vendu sans publicité), ensuite elle exploitera les Jeux Olympiques. Comcast compte sur le service Xfinity qui a gagné 379 000 abonnés ce trimestre alors que le câble en perdait 238 000.

Et l'on commence à répéter qu'il va falloir cesser de donner son mot de passe Netflix à ses amis, sa famille...

samedi 19 octobre 2019

Netflix ne va pas si mal, jusqu'à présent du moins


Les chiffres du troisième trimestre ont été publiés. Et ils ne sont pas si mauvais.

Globalement, les résultats sont conformes aux attentes : un peu meilleurs que ce qui avait été annoncé pour ce qui est de l'international (6,3 millions d'abonnés gagnés), un peu moins bons au plan intérieur américain que ce qui était attendu (0,517 million d'abonnés gagnés contre 0,8 attendus), le manque à gagner étant attribué aux augmentations de tarif du trimestre précédent (quand l'abonnement est passé de 10,99 à 12,99$).
L'ensemble est donc néanmoins positif et Netflix répond ainsi aux attentes globales du marché. Pour l'instant, du moins.

On attend maintenant le prochain trimestre, quand Apple TV+ et Disney+ seront également proposés aux téléspectateurs à un tarif nettement moins élevé, rejoignant Netflix, hulu et Amazon PrimeVideo.


Dès lors, ou bien les téléspectateurs américains pourront quitter la télévision payante classique (environ 65% des foyers américains sont encore abonnés à une offre payante au moins) ; ou bien, ils pourront s'abonner à Netflix ou à l'un de ses concurrents, ou alors ils considéreront Netflix et ses concurrents comme des suppléments dont ils peuvent, le cas échéant, se passer aisément.
Vraisemblablement toutefois, la situation, une fois passé l'événement, sera mixte, la télévision classique ne perdra ses avantages que lentement.
Mais Netflix est également international aussi, la place de l'international s'accroît et s'accroîtra davantage que le national.

Donc une révolution serait en marche, certes, mais elle serait loin d'être complètement effectuée. D'autant que Peacock (MBC) et HBO+ (AT&T) vont également rejoindre l'offre de Amazon Prime Video et de Hulu. La bataille sera donc très difficile, mais difficile pour tous les intervenants, pas seulement pour Netflix.
En fait, la clef principale pour Netflix tient sans aucun doute à la qualité et à la diversité de son offre. Sera-t-elle suffisante pour attirer les téléspectateurs et les faire payer chaque mois ? Le prix proposé par Netflix n'est-il pas trop élevé ?

N.B. Les prochains résultats seront répartis en quatre régions : Etats-Unis et Canada, Asie et Pacifique, Europe, et Moyen-Orient / Afrique.

lundi 23 septembre 2019

Comment va Netflix ?


Les jours, les mois qui viennent ne manqueront pas de devenir intéressants aux Etats-Unis pour la bataille de la vidéo. Plusieurs acteurs s'attaquent à la domination de Netflix : Disney+ (qui sera lancé le 12 novembre), Apple TV+ (lancé le 1er Novembre), sans compter bientôt Peacock, le service de Comcast (NBCUniversal) qui sera lancé en avril 2020, et le service de TimeWarnerMedia (HBO Max) qui ne commencera qu'en mars. Sans oublier Amazon Prime Video et Hulu. Et il faudra bientôt commencer de compter aussi avec Metrological que vient d'acquérir Comcast, qui espère ainsi lutter contre Android (Google).

Le cours de l'action Netflix tenant compte des pronostics pessimistes est passé bien au-dessous de 300 $ (24% de chute de l'action depuis le 17 juillet, 283 $). Netflix a perdu 126 000 abonnés aux Etats-Unis (alrs que l'on en espérait 352 000 de gagnés) et n'en a gagné "que" 2,8 millions à l'international (on en attendait 4,8 millions).
Cours comparés de Disney et Netflix. Sources : The Wall Street Journal et FactSet (octobre 2019)
Néanmoins, attendons d'abord, pour un premier diagnostic, le 16 octobre, quand Netflix publiera les résultats du troisième trimestre de l'année en cours.

Netflix s'est préparé à cette compétition depuis 2012. "It’ll be tough competition", a récemment noté son président Reed Hastings à Londres (Royal Television Society, Cambridge).

mercredi 18 septembre 2019

Apple attaque Disney ?


Source : Forbes, September 2019

La guerre est-elle déclarée entre Disney et AppleTV Plus ?
Apple propose une offre pour 4,99 $ par mois le 10 novembre de cette année (offre gratuite pour un an en cas d'achat d'un nouvel appareil Apple).
Disney propose son offre pour 6,99 $ (le 12 novembre) ou 12,99 $ si l'abonnement inclut ESPN+ et Hulu.
Donc le président de Disney, Bob Iger, quitte le Conseil d'administration de Apple dans lequel il siégeait depuis 2011, le 10 septembre.
C'est la conséquence d'une bataille difficile qui s'annonce.
Est-ce le début d'une forte croissance - indispensable - pour Apple ? On parle de rachats de toutes sortes...

lundi 16 septembre 2019

Too young to watch TV?




Examining ten years of TV watching shows a constant change, affecting even now the oldest tv viewers.

TV viewing is declining now among all age categories, not only the youngest: young adults (18-24 years old) seem to have eroded their audience by 60% since 2010 but the other categories have also lost between 10 and 40 % during that 10-year period of time.
People Using Television (PUTs), according to Nielsen data, shows a constant decline, even now, since 2019 for people over 55. That is the observation of the UBS.
People obviously use more and more digital alternatives (like Netflix or Amazon). Out-Of-Home (OOH audiences) is also growing slightly (source : PQ Media).

If this trend is confirmed in the years to come, the economy ofAmerica television is going to change seriously, affecting advertising investments. Then, it is not the television set which is in question but the vehicles to watch it on.
Conclusion? The networks need to change the way they work, and quickly.

lundi 6 mai 2019

The Big Bang Theory : c'est la dernière séance


La série TBBT qui finit par s'achever fait la une d'un numéro de l'hebdomadaire Entertainment Weekly , "The Ultimate Guide to the Big Bang Theory", $13,99, publié par  Meredith Corp. en mai 2019.

Le tournage du dernier épisode (qui dure une heure) de la plus longue des séries multi-caméra de la télévision américaine vient de s'achever en présence du public. 279 épisodes pour CBS, le network national, produits par WarnerMedia. Immédiatement après le dernier épisode (le 16 mai 2019), CBS diffusera une sorte de rétrospective de 30 minutes, "Unraveling the Mystery: A Big Bang Farewell", animée par deux des acteurs, Johnny Galecki et Kaley Cuoco.

Succès d'audience en prime time depuis 12 ans, donc succès publicitaire pour ce média traditionnel (legacy), nombreuses nominations pour des Emmy Awards et les Golden Globe. Entre la première diffusion et la rediffusion en syndication (reruns sur TBS depuis 2011, en exclusivité, et sur de nombreuses stations, dont les stations O&O de Fox), le succès aurait rapporté gros, y compris aux acteurs de la série, dont les revenus seraient comparables à ceux des acteurs de "Friends" (NBC).

Conclusions ? 
  • Alors que commencent les ventes publicitaires (upfront market), le modèle télévisuel le plus traditionnel, network national de stations locales puis syndication, semble encore fonctionner et les annonceurs américains s'y engagent toujours. Bien sûr, les audiences ne sont plus ce qu'elles furent, bien sûr l'audience se répartit autrement dans la durée, bien sûr la consommation en streaming (OTT) ne compense pas l'érosion de la diffusion linéaire et des MVPD (cord cutting et cord shifting). Mais, pour une marque, rien ne vaut une série comme TBBT, pour sa puissance sur une une cible large de consommateurs. 
  • La diffusion en syndication off-network (second marché télévisuel, broadcast et chaînes câble satellite) continue de bien se tenir, de même que les ventes à l'étranger qui, depuis des années, en font une série télévisuelle presque mondiale.
  • TBBT a été produite et lancée avant la réussite du streaming, avant l'ère de Netflix et Amazon Prime Vidéo et de la vente directe aux consommateurs : qu'en sera-t-il dans le nouveau marché de la vidéo, marché dit parfois "flixocalyptic" ?


Références
"The Big Bang Theory : des hommes savants, des geeks ridicules", Media Mediorum, octobre 2016.