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lundi 18 novembre 2013

The Time of Snapchat: towards an ephemeralnet?

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Social networks and photo messaging, Facebook is getting less young, young people might prefer Snapchat. Maybe, maybe not: by the way, do we have audited stats for mobile apps?
Send me a snap! You get it, it's gone. Snaps are ephemeral: they disappear a few seconds after they are opened (from 1 to 10 seconds, sender's choice), unbundled temporary states of mind. Snaps are definitively unique. And Snapchat is not the only ephemeral messaging app, there is also Leo, Confide, Blink (acquired by Yahoo!) or Frankly, for instance. On the other hand, Instagram has launched a private photo-sharing service (Instagram Direct). No more broadcast: are social apps trying to reassure and avoid privacy issues ?
Update June 2014
"The liquid self", as the Snapchat blog says, questions "the assumed permanence of social media content" and the "unchanging identity".
"Liquid self" : it sounds like Zygmunt Bauman and his "liquid modernity". We are living "in an age of uncertainty". Social communication of this age should be temporary. Is Snapchat a social media for a time of "social disintegration", an "era of instantaneity" and "immediate data of consciousness" ("données immédiates de la conscience", Henri Bergson).
Linearity of time has always been disrupted by technology (books, records, DVR, mailboxes, catchup TV, etc.). Books, letters and photos are kept, archived: libraries. On the contrary, Snapchat reduces the flow of time into instants, lost forever in a stream of life, while Facebook builds a "timeline" ("Timeline is the story of your life", says Mark Zuckerberg).

Snapchat, like YounityFrankly, FYEO or Wickr in some ways, brings no trace, no memory, no past, nothing to forget. No old data, only present, no story, no storytelling. Memorylessness (as in a Markov chain). No nostalgia?
As Zygmunt Bauman notes: "A swift and thorough forgetting of outdated information and fast ageing habits can be more important for the next success than the memorization of past moves and the building of strategies on a foundation laid by previous learning." Snapchat can be understood as a symbolic revolution in the form of time. Is our time now made of moments, a succession of brief innovations, no history but snaps. Is digital technology of communication changing time?
After all, maybe an erasable Web would be better, safer... But no digital past, no data!

N.B.
- With Poke by Facebook Poke, you could choose how long the message you are sending will be available (up to 10 seconds).
- Of course, you can still make a screenshot of a Snapchat message.
- Some brands are testing ephemeral advertising (cf. "Social Snapping").

Update : July 2016, Snapchat introduces Snapchat Memories.

References
Bauman, Zygmunt, Liquid Modernity, Polity Press, 2000
Bauman, Zygmunt, Liquid Times. Living in a time of Uncertainty, Polity Press, 2007
Bergson, Henri, La Pensée et le mouvant, Essais et conférences, 1903-1923, in Œuvres, Paris, PUF, 1959
Bergson, Henri, Essai sur les données immédiates de la conscience, 1889, Paris
Jurgenson, Nathan, "Temporary social media", Snapchat blog, July 19, 2013
Jurgenson, Nathan, "The liquid self", Snapchat blog, September 20, 2013.
Manjoo, Fahrad, "Do we want an erasable Internet?, WJS.com, December 22, 2013.

mardi 23 avril 2013

Facebook, nouveau mass-media ?

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Qu'est ce qu'un média de masse ?
Un média qu'utilise presque tout le monde, presque tous les jours. Large couverture, répétition des usages. Suivant M. McLuhan, on ajoutera que ce média se distingue en inculquant un changement perceptif, voire cognitif, chez ses utilisateurs (l'effet invisible du média s'avérant tout aussi puissant que celui, mesurable, des messages).
Le journal, le cinéma, la radio furent des mass-médias. La télévision reste le plus présent des mass-médias... Facebook, social media, laisse-t-il entrevoir un nouveau type de mass-média ?

  • Média financé par la publicité, donc perçu comme gratuit par ses utilisateurs, Facebook se doit, comme la télévision, de réunir des audiences massives. Innombrables utilisateurs : on en compterait plus d'un milliard (selon Facebook). 
  • Facebook étant accessible partout, à partir du Web et des supports mobiles connectés, les utilisateurs en font un usage quotidien, voire multi-quotidien, en temps réel (Messenger). Facebook n'est jamais éteint, toujours sous la main, sous les yeux : dans les points de vente, dans les cours (hum!), dans les transports, au travail, tous lieux restés hors de portée de la télévision. Facebook devient le fond de toute communication (multiscreentasking).
  • Mass-média, car tout le monde l'utilise, Facebook est aussi un média personnel puisque chacun l'utilise à sa manière et en fait son micro-média. Paradoxe : c'est parce qu'il est tellement personnel (personnalisable), qu'il peut être mass-média.
  • Facebook constitue progressivement un univers total : il dispose de son propre moteur de recherche (Graph Search), de son propre courrier, de sa propre messagerie, il est servi par une kyrielle d'entreprises ancillaires et d'applis qui aident les marques, les entreprises, les institutions à y surveiller leur image (monitoring), à y configurer des alertes déclenchées en cas de mention gênante, à y étudier leur audience, leur influence, les sentiments et les engagements s'y exprimant à leur égard (analytics). 
En consultant notre tableau comparatif simplifié TV / Facebook (cf. supra), on perçoit deux grandeurs dont l'incommensurabilité tient aux effets de réseau (loi de Metcalfe), d'une part, et à la portabilité, d'autre part.
Par les ergonomies qu'il suscite, Facebook transforme délibérément l'appréhension du monde social et sa perception : création d'un idiome, incorporation du réseau puis, avec Facebook Home, de gestes ("We're not building a phone and we're not building an operating system. We're building something that's a whole lot deeper than an app" explique M. Zuckerberg). Et ce n'est pas tout ! Facebook envisage d'envahir l'écran d'accueil du téléphone (home screen), cette page qui est "l'âme du téléphone" selon M. Zuckerberg. Après la "facebookisation de la télévision", la facebookisation du smartphone : contagion propre aux mass-médias.
Au bout de tout cela, on comprend que Facebook sécrète une quantité diabolique de données.
Mass-data à vendre ?
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lundi 31 décembre 2012

Magazine pour enfants : le Facebook de François 1er

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OKAPI, 100% ado, 5,2 €, bimestriel, éditions Bayard, 52 pages

Facebook a banalisé un mode d'exposition auprès d'une partie de la population française, et notamment des plus jeunes. Aussi, s'adressant à de jeunes adolescents (cible déclarée par le titre : 10-15 ans), il peut paraît raisonnable et efficace (ou démagogique) pour un magazine d'éveil de traiter un personnage historique comme si le lecteur était son ami sur le réseau social dominant.
François 1er aurait donc eu 10 000 amis. Sa vie privée est "compliquée". Sa timeline semble simple. Quelles traces aurait-t-il laissées sur Facebook ?
  • Il dialogue avec son fils, sa soeur, avec le pape,  avec Jacques Cartier qui colonise le Canada sans y trouver d'or (ce qui déçoit le Roi qui, comme l'Espagne, compte sur des colonies pour financer ses guerres). Cartier publi une image de lui-même posant avec des Iroquois qui l'accompagneront en France où certains se marieront.
  • Il fait de la langue française la langue officielle du royaume (à la place du latin) ; il met en place le dépôt légal.
  • La liste de ses amis est longue et brillante : des savants et artistes comme François Rabelais, Guillaume Budé qui lui suggère de fonder ce qui deviendra le Collège de France ("docet omnia" - tout enseigner, en commençant par le grec et l'hébreu), des princes, des jeunes femmes (c'est vraiment "très compliqué"), le sultan Soliman, son allié contre leur ennemi commun, Charles Quint. Mais où est Clément Marot ?
  • La publicité est lourdement présente : pour un emprunt d'Etat (les finances de l'Etat vont mal), un bijoutier, les voyages, des cartes officielles du royaume, une imprimerie, des livres, un tapissier...
  • Le Roi "aime" ("like") les arts italiens, la chasse, la musique de luth, le jeu de paume et les châteaux... Il aime la poésie ; on lui doit des vers émouvants : "Malgré moi vis, et en vivant je meurs ; de jour en jour s'augmentent mes douleurs...". Il publie l'image de l'un des tableaux qu'il préfère, "La Joconde"... François 1er a de l'avenir dans sa timeline !
En fait, ce mode narratif et son vocabulaire (storytelling) se révèlent féconds et stimulants. Moins anachroniques qu'il n'y paraît, souvent drôles, ils ne manquent pas de vertus pédagogiques. Grâce aux outils d'exposition décalqués de Facebook (timeline, open graph / social graph, like, etc.), les jeunes lecteur entr'aperçoivent d'un seul coup d'oeil des liens entre les arts, la politique, la religion et le commerce d'une époque ; ils peuvent situer les acteurs et les enjeux qui trament leurs relations.
Un travail plus ambitieux au plan des contenus consisterait à analyser le réseau social de François 1er avec des outils de la théorie des graphes, comme ont pu le faire certains chercheurs à propos d'oeuvres comme L'Iliade. On passerait alors du réseau social comme procès d'exposition au réseau social comme procès de recherche. Et si l'on produisait un Facebook du passé, à partir des travaux des historiens ? Osons admettre qu'une didactique nouvelle peut émerger des outils et de la culture numériques. L'enseignement de l'histoire ne peut qu'y gagner en efficacité.

Cet exemple indique combien les outils numériques inculquent insensiblement des manières de percevoir et concevoir le monde (et son propre monde), de s'exprimer aussi (habitus). Facebook s'avère un outil dynamique de classement et d'organisation de la pensée au même titre qu'un moteur de recherche (cf. "res googlans").
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lundi 16 avril 2012

TV Conversation


SocialGuide, entreprise new-yorkaise lancée en 2010, évalue les activités sociales déclenchées et propagées par la télévision. Sans grande surprise, il ressort de ces analyses que le sport d'abord, et les séries ensuite sont les émissions les plus socialisantes. Parmi les séries, celles qui relèvent du type "reality" viennent en tête ("The Voice", "American Idol", etc.).
En plus de ces statistiques qui ne manqueront pas d'intéresser les réalisateurs, les acteurs et les responsables de l'antenne, SocialGuide édite un guide TV, qui organise les émissions selon leur genre et la puissance de leur écho social (nombre de commentaires, % de buzz, etc.).

Ce classement, à la manière des hit parades et des best sellers, peut devenir une manière de "découvrir" et de célébrer les émissions. Grâce au SocialGuide, il y a désormais des scores pour toutes les émissions, des records à battre, des paris à prendre, comme pour le sport. Assistons nous à une sorte de panurgisme télévisuel ou à une dimension nouvelle de la vie des téléspectateurs ? Cette obsession de la tendance alimente une fascination curieuse, ludique, pour les statistiques, pourtant dérisoires.

SocialGuide propose évidemment son guide sous la forme d'une appli, compagnon logique de la télévision. Comme d'autres, cette appli contribue au multiscreentasking. Elle permet de prendre part à la conversation, de lire les commentaires de ses amis pendant l'émission regardée, partagée, d'y répondre. Cette interactivité est-elle le signe d'un engagement transférable à la publicité télévisée ?

Les téléspectateurs peuvent se connecter à cette appli via Twitter ou Facebook (procédures bien lourdes). Les réseaux sociaux donnent ainsi une seconde ou troisième vie aux commentaires et autres actes sociaux télévisuels, tous figurant dans la timeline de Facebook. Twitter et Facebook en tirent assurément des données très riches que les chaînes de télévision ne manqueront pas de devoir leur acheter (en attendant d'en développer elles-mêmes).
Cette application contribue à la diversification de la mesure de la télévision, bien au-delà des audiences. Tout ce nouvel environnement de la télévision (cf. Social TV) démultiplie l'expérience télévisuelle qui se trouve au centre d'une gigantesque conversation : évolution passagère ou définitive ?
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