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mercredi 15 janvier 2020

Démographie : le solde naturel de la France au plus bas


Catherine Beaumel, Sylvain Papon, Bilan démographique 2019, La fécondité se stabilise en France, INSEE Première, N°1789, 14/01/2020

La France a, légèrement, dépassé 67 millions de personnes françaises.
La France vieillit, les moins de 15 ans y représentant néanmoins 18,1% (record d'Europe après l'Irlande). Une personne sur cinq a soixante-cinq ans ou plus.
Le solde naturel baisse, mais le solde migratoire se maintient.
Le nombre de décès augmente et celui des naissances atteint son minimum depuis le dernier conflit mondial.
La baisse des naissances continue de diminuer mais se stabilise.
L'espérance de vie est de 85,6 ans chez les femmes, elle atteint 79,7 ans chez les hommes pour lesquels elle croît un peu plus vite. L'écart entre femmes et hommes se resserre. Seule l'Espagne présente une espérance de vie supérieure à son niveau en France pour les femmes (de presque un an).
En ce qui concerne les unions, il semble que le PACS et le mariage fassent désormais à peu près jeu égal.

Solde naturel = naissance - décès

mardi 10 décembre 2019

France, portrait social à 40 ans : les inégalités vieillissent


France, portrait social, Edition 2019, INSEE, 290 p. Chaque élément du volume (articles et fiches divers) comporte une bibliographie, 290 p., Glossaire, Index et Bibliographie générale, 19,8 €

Cet ouvrage synthétise les évolutions socio-économiques récentes observables en France.
  • Tout d'abord, il rappelle que la France métropolitaine, avec 65 millions d'habitants, a gagné 12 millions d'habitants depuis les années 1970, dont plus de 3 millions d'immigrés. 
  • En 2018, la population immigrée résidant en France s'élève donc à plus de 6 millions de personnes (9,7% de la population) alors qu'elle n'était que de 3,9 millions de personnes en 1975 (7,4% de la population). 
  • Le solde naturel en 2018 atteint à peine 118 000 personnes avec une fécondité en recul à 1,84 enfant par femme (solde naturel = nombre de naissances - nombre de décès enregistrés pour une période donnée). Ce solde naturel connut son maximum en 2006 avec 280 000 personnes.
  • La population française vieillit, 20% de 65 ans et plus en 2019 (contre 13% en 1975) ; elle a changé ses comportements au cours des quarante dernières années. 
  • Tout d'abord, la fécondité moyenne des femmes en France est toujours l'une des plus élevées en Europe. Mais l'âge de la mère à la naissance des enfants est de plus en plus tardif, il a progressé de 3 ans au cours des trente dernières années, de 1988 à 2018. On y voit un effet, entre autres, de l'allongement des études des jeunes femmes. Les taux de fécondité des femmes augmente pour celles qui ont plus de 30 ans,  faisant plus que doubler pour les femmes de 35-39 ans (2,9 en 1975 ; 6,9 en 2018). 
  • Quant au mariage, il a manifestement perdu une part de sa valeur symbolique pour les couples qui légalisent leur union de plus en plus tard, bien après leur emménagement. Les naissances hors mariage sont désormais la majorité, elles dépassent 60% mais 84% des naissances sont reconnues par leur père en 2017.
  • La monoparentalité, principalement maternelle, touche 9,3% des familles avec enfants mineurs, surtout parmi les mères les moins diplômées.
  • En quarante ans, la mortalité infantile a significativement baissé, tout comme la mortalité des 65 ans et plus ; ceci est dû au progrès des soins médicaux. L'espérance de vie à la naissance a augmenté, touchant les femmes (85,4 ans) et les hommes (79,5 ans).
  • La population immigrée a augmenté et frôle désormais les 10%, dont 30% de Maghrébins et 15% provenant de l'Afrique sub-saharienne. Les femmes représentent désormais 52% de la population immigrée. Les immigré-e-s sont dans l'ensemble plus diplômé-e-s et d'âge actif, plus qu'autrefois.
  • Quid de la mobilité sociale ? Pour les hommes, elle a peu varié entre 1977 et 2015, mais elle s'est améliorée pour les femmes, quelle que soit leur origine sociale : "les destinées sociales des femmes salariées se rapprochent nettement de celles des hommes".
On a l'impression que les inégalités reculent d'une manière générale mais ces travaux, très globaux, ne font guère voir la manière dont ces inégalités se recomposent éventuellement, discrètement, sous d'autres formes. On ne les voit guère, on les observe peu, encore, sous ces autres formes. Les statistiques montrent mais occultent aussi quelque peu les changements.

Comment ont évolué les préoccupations de la société française depuis quarante années ? 
La famille reste certes la source majoritaire de bien-être pour près de 60% des Français-e-s. Mais la plupart des Français-e-s regrettent de manquer de temps pour des activité extérieures, autres que le travail et les tâches domestiques. Les plus jeunes sont de plus en plus inquiets quant à leur état de santé (75 % des 18-24 ans) ; ils sont aussi plus inquiets du risque d'agression dans la rue.
Alors, la France, ça va ou ça ne va pas ? A vous de voir ... Les auteurs, elles, concluent : "plus de liberté, mais aussi plus d'inquiétudes". Les femmes ont massivement rejoint le marché du travail, et désormais tout le monde est favorable à cette évolution alors que seuls les diplômés de l'enseignement supérieur et les cadres y étaient surtout favorables en 1979. Mais dans l'ensemble, neuf personnes sur 10 attendent que la société se transforme (83% alors qu'ils n'étaient que 76% en 1979). A noter : la fiche sur le niveau d'éducation de la population (5.5) montre que, pour les 25-34 ans, les femmes sont 36,1% à disposer d'un diplôme supérieur à Bac+2 contre 29,6% des hommes. Cette évolution, si elle se poursuit, va poser des problèmes sociaux et culturels...

L'ouvrage, après l'examen des grandes évolutions socio-démographiques des quarante dernières années, s'intéresse à différents sujets. Trois dossiers : un sur l'évolution des familles monoparentales,  deux qui portent sur les effets des politiques fiscales récentes. Ensuite, l'ouvrage aborde, dans plus d'une trentaine de fiches spécialisées, les aspects démographiques ; il s'achève par une chronologie de l'année 2018 et un glossaire.
L'ensemble constitue un ouvrage de référence et de cadrage général pour ceux et celles qui ont besoin de connaître la population française et ses grandes composantes.

mardi 21 juin 2011

Démographie 2009 : redessiner les cibles média et marketing

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L'INSEE publie situation démographique de la France en 2009. Quelles conséquences pour le travail média ?
  1. Vérifier la définition de la population de référence (champ), notamment dans les mesures d'audience : soit la France métropolitaine exclusivement, soit l'ensemble outre-mer comprenant les départements (1 870 000 personnes) et les collectivités (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre et Miquelon, Wallis-et-Futuna,Saint-Martin, Sant-Barthélémy: 780 000 personnes)
    1. Total outre-mer : 2 650 000
    2. Total métropole : 64 670 000
  2. Un pays parmi tant d'autres : la France ne représente que 13% de la population de l'Union européenne. Cette Union, en revanche, avec plus de 500 millions d'habitants, occupe une position démographique significative auprès de l'Amérique du Nord et des puissances asiatiques (Chine, Inde, Japon)
  3. Fécondité : les mères accouchent de plus en plus tard 
    1. En moyenne, l'âge moyen à l'accouchement est de 30 ans (29,9 ans en 2009)
    2. La fécondité des femmes de moins de 30 ans diminue et celle des plus de 30 ans augmente
    3. Une génération compte maintenant plus de 820 000 personnes (793 500 naissances en France métropolitaine et 31 000 outre-mer) 
  4. Vieillissement ? Derrière cette notion se cache celle, plus confuse qu'il y paraît, de population dite "active" qui inclut une part de plus en plus significative des 60-75 ans. Cette évolution est riche de conséquences sur les retraites, le patrimoine, les consommations (loisirs, santé)
    1. La population des 15-49 ans, cible préférée des grands médias, est stable depuis 1991 (près de 30 millions de personnes) mais son poids dans la population totale décroît régulièrement : de 50,4% de la population totale en 1991, elle est passée à 45,7% en 2009
    2. Les moins de 15 ans sont en légère augmentation (+ 200 000 personnes)
    3. La tranche des 60 ans et plus a gagné 3,5 millions de personnes ; celle des 75 ans et plus a gagné plus de 1,8 million. Quelle part de ces personnes est active, à quel taux ?
  5. Mariage + PACS : 425 000 cérémonies par an. La presse et le marketing de ces unions ont encore un bel avenir
    1. 251 000 mariages classiques par an
    2. Le nombre de PACS (pacte civil de solidarité) croît : 174 000 en 2009
    3. L'âge moyen des promis au premier mariage augmente (primo-nuptialité) : 31,7 ans pour les hommes, 29,8 pour les femmes. Depuis 1994, cet âge a augmenté de 3 ans pour les femmes comme pour les hommes.
    4. Trente ans représente un tournant dans les âges de la vie. Autrefois, c'était vingt ans. Après l'adolescence, plus d'une dizaine d'années constituent une période intermédiaire, plus ou moins active (emploi, études, loisirs) sans engagement sérieux (couple, enfant, imobilier, emploi). Cet âge définit une cible socialement hétérogène  : modes de vie, niveaux de vie
  6. Féminisation ? 
    1. Non, au contraire. Depuis 1991, le poids des femmes diminue pour les plus de 60 ans ; pour les 20-59 ans, il est passé, en 18 ans, de 50,0 % à 51,6% 
    2. Les générations âgées sur-représentent encore les femmes (63,2% des 75 ans et plus). Cf. graphe ci-dessous.
Conclusions : redessiner les cibles média et marketing
  • Importance d'une période allant de 18 à 30 ans, mal connue, peu appréhendable avec les outils traditionnels qui dissimulent encore cette tranche d'âge au profit des sacro-saints "15-24" et "25-34" ans. Cible à préciser avec les taux de diplômés, d'emplois, d'activité, les rites de passage, etc.
  • Croissance des effectifs de la population âgée de plus de 60 ans. Déjà, la référence des 50 ans est obsolète (enfants à charge bien au-delà de cet âge, éloignement du départ à la retraite, etc.). Où placer la nouvelle barre pour constituer une cible pertinente ? Croiser âge et santé (déficiences, handicap, dépendance, incapacités) pour définir la probabilité d'activité (au sens étendu du terme, incluant les loisirs, les responsabilités familiales, les participations sociales diverses) ?