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lundi 15 février 2016

Comcast, Google et le haut débit

Prospectus de Comcast
publié sur reddit, le 10 février 2016

Google est présent sur tous les fronts télévisuels, aux Etats-Unis.
  • Avec YouTube d'abord, et les très nombreux multichannel networks (mcn), avec la mesure l'analyse des audiences aussi.
  • Google est soupçonné d'être l'instigateur et le premier bénéficiaire de la remise en question par la FCC de la location des set-top boxes par les opérateurs traditionnels (MVPD). Google mène la bataille contre les MVPD, gate keepers de la télévision ; l'objectif immédiat est sans doute l'ouverture de l'accès aux données TV en laissant aux consommateurs le libre choix de leurs set-top boxes. La FTC (Federal Trade commission) est intervenue pour demander à la FCC le renforcement de la protection de la vie privée des utilisateurs.
  • Google Fiber (carte des implantations actuelles et prochaines ci-dessous) inquiète Comcast. En lançant un réseau à Atlanta (Georgia), Google propose son offre haut débit dans certains complexes immobiliers (condos). Or c'est justement à Atlanta que Comcast teste les différentes modalités de son offre haut débit. Manifestement agacé, Comcast a lancé une campagne dénigrant Google Fiber (Ne vous laissez pas séduire : "Don't fall for the hype", cf. supra). Ni la comparaison des prix, ni les limitations de volume ne sont mentionnées par le prospectus d'auto-promotion de Comcast. Or les comparaisons sont éminemment favorables à Google Fiber qui propose au meilleur prix un débit élevé sans limitation de volume (data cap). Péché d'omission ! M à J : Courant mars, Comcast riposte à Atlanta avec un test de haut débit (1 G downstream) pour 70$ dans le cadre d'un contrat de 3 ans. AT&T propos également une offre à 70$.
Stratégie TV de Google
On n'attendait pas Google sur ces deux champs de bataille. Google revendique sa place dans la distribution des contenus télévisuels et le traitement des données afférentes. Malgré l'évolution du portable, la télévision reste le plus important des médias de divertissement. Google veut faire sauter le verrou des distributeurs qui accaparent les dispositifs d'accès aux contenus télévisuels (câblo-opérateurs, opérateurs satellites, télécoms) que certains MVPD cumulent avec des programmes et des stations (NBCU / Comcast). Ces distributeurs sont impopulaires auprès des consommateurs ; leurs prix élevés et la réputation souvent médiocre de leur service après-vente prêtent le flanc aux attaques de Google.
La concentration croissante du secteur confère un pouvoir considérable aux MPVD, pouvoir que tentent de contourner les opérateurs OTT comme Netflix : la neutralité du net est l'autre grande bataille que mène Google dans ce cadre de sa stratégie TV.




mercredi 3 juin 2009

Débit rêvé et débit réel


L'ARCEP publie les chiffres du "haut débit". Selon les déclarations des fournisseurs d'accès, on compte 18 millions d'abonnements en France (ménages et entreprises, ADSL et câble).
Quel débit ? Car il existe aussi le "très haut débit", qui est d'ailleurs inclus dans cette statistique de l'Observatoire de l'Internet Haut débit. Le très haut débit, celui des "réseaux de nouvelle génération", désigne notamment la fibre optique, parfois le câble avec dans les deux cas une promesse de 100 Mbit/s. L'ARCEP met en place un Tableau de bord trimestriel du très haut débit. Evidemment, les définitions ne sont pas universelles, chaque pays a la sienne.

Comment s'y retrouver ? Le mieux est de s'en tenir aux usages, à ce que perçoit le consommateur, à son confort d'utilisation.
Le bas débit, commercialisé à la durée de connexion, ne permet qu'une expérience limitée d'Internet, en qualité et en durée.
Le haut débit est commercialisé au forfait : le consommateur ne compte plus son temps consacré à Internet, il est connecté en parmanence.
Le très haut débit y ajoute des capacités permettant l'accès confortable à la vidéo, à la télévision, au téléchargement rapide.

Mais il y a débit rêvé et débit actuel : aux débits promis par les fournisseurs se substituent souvent des débits misérables, la principale raison étant la distance entre la réception (ordinateur) et le noeud de raccordement.
Dommage que les statistiques du haut débit, celles de l'ARCEP notamment, ne distinguent pas débits observés, vécus, et débits théoriques (hélas ! les études de calage des enquêtes média ne les distinguent pas non plus !). La statistique des débits annoncés - "advertised" - comme dit l'OCDE, ne présente aucun intérêt, c'est un peu comme le brut par rapport au net pour les investissements publicitaires.
"Promesse vide" des publicités ADSL, en Allemagne aussi, "Leeres Versprechen", comme titre la FAZ, qui conclut en parlant de tour de passe-passe commercial à propos des débits : "die geworbene Geschwindigkeit ist nur ein Taschenspielertrick". Publicité et illusionisme !
Il en va de même avec la téléphonie. Mesurer l'écart entre débit promis et débit fourni peut être édifiant : cf. Speedtest et son application pour iPhone.

Ces distinctions dans la statistique des niveaux de débit présentent pourtant une importance cruciale.
  • Le bas débit ne change guère la vie, il apporte surtout le courrier électronique (sans trop de fichiers joints) et des fonctions d'annuaire.
  • Le haut débit apporte le confort, la consommation insouciante et continue qui permet la socialisation numérique (MSN, Facebook, etc.), les téléchargements, Skype, le commerce, etc.
  • Le très haut débit change tout. Internet devient alors le média de la vidéo, du cinéma, des concerts, des documentaires, de l'info et de la collaboration continue. La publicité devient vidéo, également. Le plein écran l'emporte sur la "mise en page" par pavés, hérissée de titraille, imitée de la presse quotidienne. Rupture radicale avec ce que l'on connaît actuellement dans le cadre du haut débit.
Puisque le futur proche est au très haut débit, autant ne pas trop passer de temps et d'énergie à conjuguer l'Internet à l'imparfait.