L'université numérique fait son chemin. Le livre électronique et l'iPhone laissent entrevoir des outils didactiques plus efficaces, moins chers et une nouvelle économie de l'éducation.
Avec le Kindle grand format (Kindle DX), sa formidable capacité de stockage (3 500 livres), son accès à Wikipedia et aux documents PDF, Amazon vise le marché universitaire : un programme pilote est prévu pour la rentrée prochaine avec plusieurs universités américaines, dont Princeton. Quelques centaines d'étudiants (chimie, gestion, comptabilité, informatique) participeront au test.
Un livre électronique comme le Kindle DX peut rassembler sur un seul support tout ce dont un étudiant a besoin : manuels, exercices et corrigés, ouvrages de référence... tout cela en plusieurs langues, avec des outils de traduction, des liens, etc. De plus, le moteur de recherche interne désenclave et rapproche les disciplines scolaires. Le manuel numérique est pluri-disciplinaire par construction. Toutefois, le livre électronique manque encore de couleurs (c'est pour bientôt).
Le iPhone pénêtre également le marché unversitaire en proposant des applis didactiques et pratiques (en sciences et en langues principalement). Regardez, par exemple, l'une des applis consacrées à la classification périodique de Mendeleiev.
L'aspect opérationnel et portable de l'iPhone est déterminant : l'école de journalisme de l'université du Missouri l'a mis sur la liste du matériel nécessaire pour la rentrée 2009 des étudiants de première année (pour ré-écouter, revoir et apprendre les cours).
A Tokyo, Aoyama Gakuin University recourt à l'iPhone 3G pour tester les connaissances, communiquer les travaux à effectuer pour les cours, transmettre des vidéos de révision mais aussi pour suivre les présences sur le campus.
Les décideurs politiques s'intéressent aux possibilités éducatives du numérique. En Californie, dès la rentrée 2009, les établissements scolaires proposeront des manuels gratuits open source sur support numérique. Objectif : réduction des coûts de l'éducation.
Le projet précédent, en 2002 (California Open Source Textbook Project), avait échoué sur des obstacles de nature "ethniques": comment refléter les différentes composantes "culturelles" de la société, représenter les diverses religions, etc.
Pour éviter ces réactions et prétextes, le projet 2009 attaque le problème par des disciplines scientiques et techniques (maths, physique, chimie, biologie, technologie, etc.) qui laissent peu de prise aux élucubrations idéologiques.
L'open source conjugué au support numérique présente des avantages importants :
- Mises à jour régulières, continues
- Insertion d'outils d'autodidaxie, d'auto-évaluation
- Recherchabilité (searchability)
Avec la numérisation des outils de transmission des savoirs universitaires, la mondialisation est inévitable (économies d'échelles). Dans une telle perspective, quelle place, quel rôle pour les éditeurs nationaux (cf. l'enquête conduite par l'éditeur scientifique Springer auprès d'institutions de recherches) ? Pour les auteurs de manuels ? Le modèle du manuel à venir, inévitablement collaboratif, est sans doute à rechercher du côté de Wikipedia.