Nietzsche, penseur des techniques
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*Nietzsche et les techniques*, sous la direction de David Simonin, Paris,
PUF, 1925, 370 p., Bibliogr.
On connaît un peu le poète et philosophe de *Zara...
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lundi 2 septembre 2019
AT&T against Nexstar Media Group. Is there a winner?
A war is over! The blackout of the Nexstar TV stations by the AT&T satellites, which started early July 2019, is now over. The new retransmission consent will cover almost a hundred DMAs (97) for DirecTV, TV Now and U-Verse TV (all AT&T properties).
During this blackout, Nexstar TV stations could not be received by AT&T subscribers. Therefore ABC's "Good Morning America" gained a little over "Today" (NBC) because more NBC stations were affected.
The inconveniences experienced by subscribers and advertisers were probably important. Some AT&T subscribers no doubt stopped their subscriptions for good since they suffered from the blackout for two-thirds of the summer. For the time being, we do not know what the damages are.
Of course, "terms of the deal were not disclosed"!
It took two months for the two companies to agree. That is a very long time!
AT&T has also signed a multi-year carriage agreement with Starz, Starz Encore, etc.
lundi 20 juin 2016
Mini-bouquets (Skinny Bundles) pour abaisser le prix d'accès à la télévision
Pour le câble comme pour le satellite (Multiple Video Programing Distributors, MVPD), aux Etats-Unis, l'heure semble aux désabonnements. Les abonnés, surveillant leur dépense de télévision, s'orientent vers les offres OTT et particulièrement vers Netflix, amazon Video, Hulu ou YouTube.
L'offre de chaînes par les MVPD, exorbitante, ne correspond pas ou ne correspond plus à la demande des abonnés qui veulent choisir les chaînes auxquelles ils s'abonnent et rejeter celles qui ne les intéressent pas (ou plus). Sont ainsi mises en question les offres sportives dont les coûts très élevés payés par les opérateurs sont reportés sur la facture des abonnés (sont visés notamment ESPN 1 et 2, très chers). Rappelons que, en moyenne, un foyer TV américain reçoit 206 chaînes pour n'en regarder que 20 (source : Total Audience Report, Nielsen, September 2016). En réaction, pour lever cette barrière à l'entrée dans la télévision, des opérateurs adaptent progressivement leur marketing et proposent des bouquets réduits (dits "skinny"-amaigris, minces-, on parle aussi parfois aussi de slim package ou de slimmmed-down bundle), ce à quoi les fournisseurs de contenus (chaînes) sont évidemment hostiles.
- Ainsi Verizon (Fios, 5,8 millions d'abonnés) mit en place, en avril 2015, des petits bouquets thématiques complémentaires du bouquet de base (35 chaînes), dits "Custom TV", reportant ESPN (ABC - Disney) dans un bouquet sport séparé, optionnel. En réaction, ESPN (Disney) a déposé une plainte contre Verizon pour rupture de contrat. Le conflit Verizon / ESPN s'est réglé à l'amiable en juin 2016, sans que l'on en connaisse les termes ; il semble que ESPN et ESPN 2 aient finalement été inclus dans le bouquet Sports & More (65 $).
- En décembre 2015, NCTC, une association de 750 petits câblo-opérateurs (National Cable Television Cooperative, 4 millions d'abonnés) s'est plaint auprès de la FCC parce que AMC Networks leur impose l'achat de 5 chaînes à faible potentiel d'audience (WE tv, IFC, SundanceTV, BBC America, BBC World News), pour une durée de dix ans, s'ils veulent acheter AMC, la chaîne principale (qui diffuse des émissions à succès comme "The Walking Dead"). De plus, AMC demande à NCTC de payer pour tous ses abonnés et non seulement pour ceux qui veulent AMC. AMC Networks tente ainsi de compenser l'effritement des abonnements (cord shaving), en prenant une sorte d'assurance contre les "skinny bundles" ; de leur côté, les opérateurs cherchent à satisfaire leurs clients en proposant des abonnements moins chers, avec des petits bouquets à la carte. Début 2016, un accord a été trouvé réduisant les prix pour NCTC et diminuant le nombre de chaînes diffusées par les opérateurs.
- En août 2016, Dish Network lance Flex Pack, un mini-bouquet de 50 chaînes pour 39,99$ / mois ne comprenant aucune station locale (donc aucun network) et ne propose pas non plus ESPN ou Fox News (que l'on peut ajouter avec un supplément de dix dollars). Ce skinny network se veut tout l'opposé des "giant bundles" habituels.
- Durant l'été 2017, Charter lance Spectrum TV Stream, un bouquet pour 19,95 $ par mois (sans contrat), sans sport, comptant plus d'une vingtaine de chaînes (dont les versions locales des quatre grands networks nationaux et PBS). Le bouquet peut être reçu sur iOS, android et sur des téléviseurs connectés. Début 2018, Charter enrichit son offre avec Spectrum Choice (stations locales des networks, 25 canaux musicaux de Music Choice et dix autres chaînes au choix) ; l'abonnement est à 25 dollars par mois.
Bien sûr, AT&T (U-verse, DirecTV) qui lancera 3 chaînes OTT en fin d'année, estime que le modèle économique des mini-bouquets est intenable à terme et déclare que les petits bouquets seront inévitablement amenés à grossir ("Skinny will turn to fat sooner or later").
Une enquête de Digitalsmith (TiVo,“Q4 2015 Video Trends Report”) auprès de 3 100 répondants appelés à simuler une composition de leur mini-bouquet laisse entendre qu'une offfre optimale proposerait sept "skinny bundles" de 15 chaînes pour environ 35$ chacun.
En attendant, les opérateurs perdent des abonnés et Netflix en gagne. L'été, saison des changements télévisuels, risque d'être riche d'enseignements.
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mardi 8 décembre 2015
Négociations ardues entre groupes média américains : groupes de stations contre distributeurs
- D'un côté, Tegna (ex. Gannett), groupe de 46 stations locales qui réclame une augmentation de ses droits de retransmission (retransmission fees). La plupart de ces stations sont affiliées et retransmettent les programmes nationaux des grands networks (NBCU, CBS, ABC, en plus d'une programation locale spécifique. Ces stations, souvent situées dans de grands DMA, représentent un tiers des foyers TV américains (voir liste des stations).
- De l'autre côté, AT&T avec U-verse et DirecTV : un MVPD comptant près de 26 millions d'abonnés. L'une des raisons du rachat de l'opérateur satellite DirecTV par AT&T (48,5 millions de $) était de renforcer sa position dans ses négociations avec les fournisseurs de programmes (les groupes de stations) en ajoutant dans la balance les 19,5 millions d'abonnés de DirecTV aux 5,9 millions de U-verse.
Les conflits et négociations de ce type (MVPD / stations) se multiplient. Le montant total des droits payés aux groupes de stations augmenterait cette année de plus de 20% (6 milliards de $). Ces négociations sont à la base du modèle économique des networks et du localisme de la télévision américaine (cf. Retransmission consent. L'équilibre local de la télévision américaine, à propos de la négociation AT&T avec Tribune Broadcasting). Elles constituent également une forte incitation à la concentration des groupes de stations, d'une part, et des MVPD d'autres part.
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| Annonce de l'accord aux abonnés de AT&T (U-verse et DirecTV) de la station KVUE (affiliée ABC à Austin, Texas) |
samedi 22 mars 2014
L'abonné, un risque d'exécution calculé ?
Fusions et acquisitions dans le câble aux Etats-Unis (Comcast / Time Warner / Charter Communications) ou dans les télécoms en Europe (SFR / Bouygues ou Numéricable ; Vodafone / ONO ; Vodafone / Kabel Deutschland, par exemple). Analystes et journalistes spécialisés y vont de leurs prédictions stratégiques et de l'estimation des risques d'exécution.
Or, nous avons affaire à des entreprises qui vendent et achètent, entre autres, des abonnés. Or ces abonnés sont souverains, même s'ils sont entrés dans un contrat avec l'opérateur.
Risques d'exécution ? Ces risques se trouvent aussi du côté des abonnés. Les degrés de liberté des abonnés sont limités mais ils existent (portabilité des numéros, durée limitée de l'engagement, durée du préavis de résiliation, reprise d'engagement... ). L'abonné n'est pas fidèle par défaut mais par intérêt.
Il peut migrer d'un opérateur télécom vers l'autre, passer du câble au satellite... Il n'est la propriété d'aucun opérateur.
Churn ? Cord-cutting ? Autant de réponses possibles des abonnés. L'abonné consommateur veut un système flexible et simple lui permettant de profiter à tout moment du meilleur service au meilleur prix dans un univers commercial et technologique. Les changements technologiques alimentent une occasion continue et renforcée de changements d'appareils, de services, de fournisseurs, d'abonnements.
En France, l'entrée de Free sur le marché du mobile, a provoqué de forts déplacements d'abonnés. L'arrivée de l'iPhone aussi. Aux Etats-Unis, on observe que les plus gros consommateurs de streaming (Netflix, Amazon Prime) sont les plus prompts à se désabonner du câble. Selon une étude de Morgan Stanley auprès d'un échantillon représentatif de 2 500 personnes : 28% des 18-29 ans déclarent envisager de se désabonner au cours de l'année, 20% pour l'ensemble des abonnés). Depuis 2011, le câble a perdu près de 4 millions d'abonnés (source : SNL Kagan), tandis que les télécoms (Verizon / FiOS, AT&T / U-Verse) en gagnaient 3 millions.
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jeudi 27 février 2014
La neutralité du Net et l'accord Netflix /Comcast
Qui doit payer pour assurer aux consommateurs une liaison haut débit de qualité ? L'opérateur ou le fournisseur de contenus ? L'accord Netflix / Comcast intervenu aux Etats-Unis la semaine passée propose une réponse : puisque c'est le fournisseur de contenu qui en a le plus besoin, c'est lui qui doit payer.
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| Source : Netflix, US & Canada blog |
Ainsi, Netflix et Comcast semblent appliquer de facto la décision du tribunal de Washington (D.C.) (janvier 2014), saisi par Verizon, remettant en question les principes de l'"Open Internet". En réalité, Netflix paie parce que, dans ce cas, le trafic Netflix / distributeurs est disymétrique, presque exclusivement descendant à partir de Netflix ; il s'agit donc plutôt d'une compensation que d'un paiement, les accords d'appairage (peering), reposant a priori sur la gratuité, puisqu'ils présupposent la symétrie. La compensation n'a rien à voir avec la neutralité du Net.
Le volume de vidéo circulant sur les réseaux s'accroissant régulièrement, de tels accords paraissent désormais inévitables, instaurant sans doute une inégalité de distribution entre fournisseurs de vidéo, celle-ci pouvant être amenée à payer de plus en plus plus cher sa distribution. Rappelons que 30% du trafic haut débit sur Comcast, aux heures de pointe, provient de Netflix.
Le bruit de ce cas particulier retentit dans le cadre d'une discussion générale sur la neutralité du Net qui stipule l'égalité de traitement de tous les contenus (au sens de Tim Wu, cf. infra). Les éléments actuels instaurant la neutralité du Net aux Etats-Unis renvoient à des notions floues comme la "discrimination déraisonnable" et la "gestion raisonnable" (cf. infra). Dans l'accord Netflix / Comcast, il semble qu'il n'y a pas de discrimination déraisonnable et qu'il s'agit d'un cas de gestion raisonnable du réseau.
Toutefois, si ce cas doit faire jurisprudence, les principaux fournisseurs de contenus vidéo devront payer les distributeurs pour leur transport. On peut penser à Hulu, à YouTube, iTunes, Disney, Amazon, aux chaînes de télévision... Déjà, Verizon (FiOS), qui réclame des frais de transit (transit fee), a fait savoir que les plus importants utilisateurs du réseau devraient contribuer davantage, invitant la FCC à intégrer des entreprises comme Google, Apple, Netflix, Microsoft dans le périmètre de sa réflexion sur la neutralité du Net. AT&T (U-verse) a déjà commencé des négociations avec Netflix. Quant à Google, Microsoft, Yahoo!, ils paient les opérateurs depuis longtemps, semble-t-il. Dans tous ces cas, nous avons affaire à des accords commerciaux classiques : à quoi bon une législation ?
- Si une question doit être posée à l'occasion de ce débat, c'est celle du seuil de concentration : la FTC autorisera-t-elle l'achat de Time Warner Cable par Comcast ? L'ensemble représenterait plus de 32 millions d'abonnés haut débit et donnerait à la nouvelle entité un pouvoir exorbitant de négociation avec les fournisseurs de contenu.
- Cette affaire peut éclairer la stratégie de Google Fiber, classée en tête pour la vitesse de connection aux Etats-Unis (cf. supra, tabeau de Netflix). Google pourrait compter sur la mise en place de ses réseaux hauts débits pour sécuriser la distribution de ses contenus, de YouTube notamment, qui représente presque 20% du trafic actuellement... Ses essais de très haut débit à Kansas City, Austin, Provo pourraient être étendus prochainement à une trentaine d'autres agglomérations.
- Un accord du type Netflix / Comcast valorise les fournisseurs d'accès Internet (FAI) qui peuvent, avec la fibre optique, escompter des revenus supplémentaires des fournisseurs de contenus ou, le cas échéant, des avantages pour leurs propres contenus.
- Verra-t-on Netflix reporter ses frais de transit sur la facture de ses abonnés ?
- Quel sera son comportement de Netflix sur le marché européen ? Il semble qu'aux Pays-Bas, où Netflix est présent, le câblo-opérateur Ziggo (racheté par Liberty Global) envisage de faire payer les fournisseurs de contenus pour garantir la qualité de distribution... En Norvège, Netflix a un accord de peering avec Telenor et paie pour la diffusion de ses contenus... On dit qu'en France, Netflix négocierait une garantie de bande passante avec Orange...
- Le débat s'envenime. Dans un post (20 mars 2014) Netflix réclame un renforcement de la neutralité du Net : "Internet Tolls and the Case For Strong Net Neutrality". A cela, AT&T rétorque dès le lendemain : "Who Should Pay For Netflix?", qui doit payer pour Netflix, sinon Netflix ou ses clients ? "As we all know, there is no free lunch, and there’s also no cost-free delivery of streaming movies. Someone has to pay that cost".
- Quelques semaines après la signature de l'accord Comcast - Netflix, la performance de Netflix s'est fortement améliorée sur les réseaux Comcast comme le montre la comparaison des tableaux ci-dessus (janvier / mars 2014).
Rappels sur la neutralité du Net :
FCC, "Fixed broadband providers may not unreasonably discriminate in transmitting lawful network traffic over a consumer’s broadband Internet access service. The no blocking and no unreasonable discrimination rules are subject to limited exceptions for “reasonable network management.”", The Open Internet, Guide.
Tim Wu, "Internet Neutrality, Broadband Discrimination", Journal of Telecommunications and High Technology Law", Vol. 2, p. 141, 2003.
Tim Wu, "Network Neutrality FAQ", avec biblio.
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