Nietzsche, penseur des techniques
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*Nietzsche et les techniques*, sous la direction de David Simonin, Paris,
PUF, 1925, 370 p., Bibliogr.
On connaît un peu le poète et philosophe de *Zara...
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dimanche 13 décembre 2015
Presse et influence à vendre : Alibaba dans le quotidien
En 2013, le patron d'amazon s'est payé The Washington Post. Alibaba, le e-commerçant chinois Alibaba (阿里巴巴), achète le quotidien anglophone de Hong Kong, South China Morning Post et le SCMP Group Limited. Ce sont d'anciennes propriétés du groupe News Corp. L'acquisition inclut, entre autres, les éditions chinoises de Cosmopolitan, Elle, Harper's Bazaar, des entreprises d'affichage, de formation, de recrutement...
D'emblée, le nouveau propriétaire annonce que le quotidien chinois sera désormais gratuit sur les lecteurs sur Internet ("paywall down") ce, afin de développer un lectorat international et d'améliorer ainsi l'image internationale de la Chine (soft power ?). Alibaba se veut une entreprise chinoise citoyenne.
Notons que à la différence du Washington Post au moment de son rachat, le South China Morning Post est profitable, grâce à des revenus publicitaires élevés. Rappelons que Alibaba a pris en novembre 2015, le contrôle de Youku Tudou (优酷土豆), une sorte de YouTube chinois (vidéo online).
Illustrant la passion de la nouvelle économie pour l'ancienne, du numérique pour le papier, ces événements, comme le projet de magazine de Airbnb avec Hearst, invitent à penser de manière moins manichéenne les relations entre modèles économiques des médias et, peut-être la notion-même de disruption, concevant de manière trop radicale le changement de paradigme cher à Thomas Kuhn (1962).
Destruction créatrice ?
Par ailleurs, les synergies entre Alibaba et le South China Morning Post sont certaines, la presse traditionnelle profitant des savoir faire numériques et de l'expérience financière des acheteurs, Alibaba bénéficie de la capacité d'influence politique, nationale et internationale, du quotidien.
Après ces deux titres, à qui le tour ? Que pourraient vouloir acheter Apple, Google, Facebook ou Uber ?
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vendredi 14 novembre 2014
Sky tisse en Europe sa toile télévisuelle
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Sky (BSkyB) compte désormais 20 millions d'abonnés et 17 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel : c'est la taille des grands opérateurs américains (Multiple Video Progamming Distributors, MVPD). Si les fusions envisagées sont réalisées, Comcast + Time Warner Cable comptera plus de 30 millions d'abonnés, AT&T + DirecTV plus de 25 millions. En 7 ans, les tailles sont devenues plus importantes, apportant capacité de négociation des droits et diminution des coûts unitaires. Alors qu'aux Etats-Unis les désabonnements se multiplient (cord-cutting) la taille devient décisive. De plus, cette taille permet des lancements multi-nationaux : "Fortitude" (une série de 12 épisodes) sera lancée le 29 janvier 2015 en Europe, dans cinq pays (20 millions d'abonnés), et, aux Etats-Unis, auprès de 47 millions de foyers (sur la chaîne Pivot).
Ci-dessous un post publié en février 2008. Peu de changement depuis : la situation internationale de la télévision française s'est détériorée depuis la vente d'Eurosport à Discovery par TF1.
La télévision française pourra-t-elle longtemps ne pas être européenne alors que les entreprises média et le marché publicitaire du numérique sont mondiaux (Google, Apple, Netflix, Amazon) ?
25 février 2008
Après la Grande-Bretagne (BSkyB, plus de 8,2 millions d’abonnés) et l’Italie (Sky Italia, 4,3 millions d’abonnés), ce serait le tour de l’Allemagne ? News Corp. a pris en plusieurs opérations 25,01% du bouquet de chaînes allemand Premiere (dernière opération le 19 mai 2008). L'Allemagne est le premier marché télévisuel européen.
Premiere et son bouquet comptent 4,3 millions d’abonnés payants. Au total, plus de 16 millions d’abonnés pour News Corp. C’est la taille des grands opérateurs américains, DirecTV, Comcast, Time Warner Cable ou Dish Network.
Cet intérêt de News Corp. pour la télévision payante sur le marché allemand est passé presque inaperçu en France, tout obnubilés que nous sommes par notre « « microcosme ». Pourtant cet montée en puissance n’est pas sans conséquence sur le marché européen d’où les groupes français sont à peu près absents, à l'exception d'Eurosport (filiale de TF1) et ARTE, chaîne franco-allemande au financement public. De facto, la place de la télévision française sur le marché européen recule. A titre de comparaison, RTL Group, premier acteur audiovisuel et première régie du marché européen, détient en France 48,8% de M6 et contrôle RTL en radio.
La télévision est-elle un marché national ou un marché européen ?
Les deux, bien sûr. Un marché publicitaire européen, des produits publicitaires européens représentent la prochaine étape, inévitable, du développement des régies numériques. La France et la francophonie européenne ne constituent que l’une des grandes régions de l’Europe télévisuelle. Il faut commencer à penser la publicité en termes européens et à envisager des régies numériques de taille et de stratégie européennes.
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Sky (BSkyB) compte désormais 20 millions d'abonnés et 17 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel : c'est la taille des grands opérateurs américains (Multiple Video Progamming Distributors, MVPD). Si les fusions envisagées sont réalisées, Comcast + Time Warner Cable comptera plus de 30 millions d'abonnés, AT&T + DirecTV plus de 25 millions. En 7 ans, les tailles sont devenues plus importantes, apportant capacité de négociation des droits et diminution des coûts unitaires. Alors qu'aux Etats-Unis les désabonnements se multiplient (cord-cutting) la taille devient décisive. De plus, cette taille permet des lancements multi-nationaux : "Fortitude" (une série de 12 épisodes) sera lancée le 29 janvier 2015 en Europe, dans cinq pays (20 millions d'abonnés), et, aux Etats-Unis, auprès de 47 millions de foyers (sur la chaîne Pivot).Ci-dessous un post publié en février 2008. Peu de changement depuis : la situation internationale de la télévision française s'est détériorée depuis la vente d'Eurosport à Discovery par TF1.
La télévision française pourra-t-elle longtemps ne pas être européenne alors que les entreprises média et le marché publicitaire du numérique sont mondiaux (Google, Apple, Netflix, Amazon) ?
25 février 2008
Après la Grande-Bretagne (BSkyB, plus de 8,2 millions d’abonnés) et l’Italie (Sky Italia, 4,3 millions d’abonnés), ce serait le tour de l’Allemagne ? News Corp. a pris en plusieurs opérations 25,01% du bouquet de chaînes allemand Premiere (dernière opération le 19 mai 2008). L'Allemagne est le premier marché télévisuel européen.
Premiere et son bouquet comptent 4,3 millions d’abonnés payants. Au total, plus de 16 millions d’abonnés pour News Corp. C’est la taille des grands opérateurs américains, DirecTV, Comcast, Time Warner Cable ou Dish Network.
Cet intérêt de News Corp. pour la télévision payante sur le marché allemand est passé presque inaperçu en France, tout obnubilés que nous sommes par notre « « microcosme ». Pourtant cet montée en puissance n’est pas sans conséquence sur le marché européen d’où les groupes français sont à peu près absents, à l'exception d'Eurosport (filiale de TF1) et ARTE, chaîne franco-allemande au financement public. De facto, la place de la télévision française sur le marché européen recule. A titre de comparaison, RTL Group, premier acteur audiovisuel et première régie du marché européen, détient en France 48,8% de M6 et contrôle RTL en radio.
La télévision est-elle un marché national ou un marché européen ?
Les deux, bien sûr. Un marché publicitaire européen, des produits publicitaires européens représentent la prochaine étape, inévitable, du développement des régies numériques. La France et la francophonie européenne ne constituent que l’une des grandes régions de l’Europe télévisuelle. Il faut commencer à penser la publicité en termes européens et à envisager des régies numériques de taille et de stratégie européennes.
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mercredi 6 mars 2013
Fox Sports 1 : News Corp. contre Disney (ESPN)
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Fox (News Corp.) lancera FOX Sports 1 aux Etats-Unis, en août 2013, une chaîne grand public consacrée aux spectacles sportifs.
La chaîne s'installera à la place d'une chaîne consacrée aux sports mécaniques, Speed Channel (81 millions d'abonnés, lancée 1996) qui continuera d'assurer la couverture des sports mécaniques (NASCAR, notamment) pour FS1. D'emblée, grâce aux contrats existants avec les opérateurs (câble, satellite, télécoms), FS1 sera accessible à près de 90 millions de foyers TV (ESPN en compte 100 millions sur un nombre total de 114 millions de foyers TV, selon Nielsen).
FS2 s'installera à la place de Fuel TV (26 millions d'abonnés).
Une version mobile pour tablettes et smartphones sera proposée également : FOX Sports GO, accessible aux abonnés des opérateurs (sans doute, dans le cadre du dispositif TV Everywhere).
Le spectacle sportif est l'un des programmes majeurs de la télévision, en termes d'audiences et de revenus publicitaires, dans tous les pays. Sa mondialisation est très avancée : ESPN et Fox en sont les deux acteurs majeurs. La télévision française est désormais absente de ce marché, TF1 revendant Eurosport au groupe américain Discovery.
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Fox (News Corp.) lancera FOX Sports 1 aux Etats-Unis, en août 2013, une chaîne grand public consacrée aux spectacles sportifs.
La chaîne s'installera à la place d'une chaîne consacrée aux sports mécaniques, Speed Channel (81 millions d'abonnés, lancée 1996) qui continuera d'assurer la couverture des sports mécaniques (NASCAR, notamment) pour FS1. D'emblée, grâce aux contrats existants avec les opérateurs (câble, satellite, télécoms), FS1 sera accessible à près de 90 millions de foyers TV (ESPN en compte 100 millions sur un nombre total de 114 millions de foyers TV, selon Nielsen).
FS2 s'installera à la place de Fuel TV (26 millions d'abonnés).
Une version mobile pour tablettes et smartphones sera proposée également : FOX Sports GO, accessible aux abonnés des opérateurs (sans doute, dans le cadre du dispositif TV Everywhere).
- Les opérateurs devront payer environ 1 $ par abonné / par mois pour distribuer FS1 (ESPN leur coûte plus déjà plus de 5 $, Speed Network ne demandant actuellement que 0,5 $). Cette offre multi-sport supplémentaire risque, en provoquant une hausse du prix des abonnements, d'augmenter la pression des consommateurs sur les opérateurs (cord-cutting).
- La vente d'espace publicitaire commencera dès le début de l'été (upfront market).
Le spectacle sportif est l'un des programmes majeurs de la télévision, en termes d'audiences et de revenus publicitaires, dans tous les pays. Sa mondialisation est très avancée : ESPN et Fox en sont les deux acteurs majeurs. La télévision française est désormais absente de ce marché, TF1 revendant Eurosport au groupe américain Discovery.
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lundi 20 août 2012
Video : pas de Mega-Mediathek online en Allemagne
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Le tribunal de Düsseldorf (Oberlandesgericht) rejette le projet de plateforme online (Mega-Mediathek) envisagé conjointement par les deux groupes de télévision commerciale privés allemands, RTL et ProSiebenSat.1. Le modèle économique prévu pour cette plateforme était de type publicitaire.
On en a rapproché le principe de Hulu qui, aux Etats-Unis, associe plusieurs groupes de télévision commerciale pour réaliser un service mixte (gratuit et payant), diffusé sur le Web (Hulu est contrôlé par News Corp, Disney et Comcast/NBC Universal ; son modèle économique est fragile). Le projet prévoyait d'ouvrir la plateforme aux concurrents de langue allemande, privés ou publics, de RTL et ProSiebenSat.1.
Le tribunal confirme une décision précédente prise par le "Conseil de la concurrence" (Bundeskartellamt, mars 2011) pour limiter la concentration du marché publicitaire allemand ; le président de ce Conseil déclare qu'il s'agit de donner un signal important en matière de concurrence publicitaire dans le secteur des nouveaux médias ("wichtiges Signal für den Wettbewerbsschutz im Bereich der neuen Medien") en limitant leur part du marché publicitaire dans la vidéo.
Le tribunal de Düsseldorf (Oberlandesgericht) rejette le projet de plateforme online (Mega-Mediathek) envisagé conjointement par les deux groupes de télévision commerciale privés allemands, RTL et ProSiebenSat.1. Le modèle économique prévu pour cette plateforme était de type publicitaire.
On en a rapproché le principe de Hulu qui, aux Etats-Unis, associe plusieurs groupes de télévision commerciale pour réaliser un service mixte (gratuit et payant), diffusé sur le Web (Hulu est contrôlé par News Corp, Disney et Comcast/NBC Universal ; son modèle économique est fragile). Le projet prévoyait d'ouvrir la plateforme aux concurrents de langue allemande, privés ou publics, de RTL et ProSiebenSat.1.
Le tribunal confirme une décision précédente prise par le "Conseil de la concurrence" (Bundeskartellamt, mars 2011) pour limiter la concentration du marché publicitaire allemand ; le président de ce Conseil déclare qu'il s'agit de donner un signal important en matière de concurrence publicitaire dans le secteur des nouveaux médias ("wichtiges Signal für den Wettbewerbsschutz im Bereich der neuen Medien") en limitant leur part du marché publicitaire dans la vidéo.
- Cet arrêt jette un doute sur la capacité laissée à des groupes européens d'atteindre une taille leur permettant de résister à des concurrents non européens puissants et d'intervenir sur les marchés internationaux. Un tel arrêt, pris pour maintenir la concurrence entre groupes allemands, ne facilite-t-il pas la concurrence de groupes vidéo étrangers (Google-YouTube, Amazon, Netflix, iTunes, etc.) ?
- Quel périmètre du marché publicitaire prendre en compte pour juger de la concentration (par exemple, quid des revenus Web du display, du search) ?
- A quoi riment encore, dans ces domaines, des décisions nationales, calculées sur des revenus publicitaires nationaux, alors que tous les grands acteurs en sont internationaux ? La question primordiale n'est-elle pas plutôt celle du maintien et du développement d'une industrie de programmes européenne de puissance mondiale ?
- Les deux groupes de radio-télévision publique (ARD, ZDF) ont soumis un projet équivalent ("Germany's Gold") à l'examen du conseil de la concurrence.
- En Chine, Youku (优酷) et Tudou (土豆), les deux plus importantes entreprises de video fusionnent ; ensemble, leur part de marché est de 35,5% du chiffre d'affaires total de la vidéo en Chine. L'objectif déclaré est la réduction des coûts (Source : Analysys International). Les deux sociétés sont cotées à New York.
- Des projets du même type que Hulu se mettent en place en Belgique, tel Rumble avec VRT, VMMa et SBS Belgium.
mardi 8 novembre 2011
TV américaine. Cas N°6. Lancement d'une chaîne
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Le lancement d'une nouvelle chaîne de télévision thématique aux Etats-Unis ne peut guère se concevoir sans la contribution au décollage de partenaires déjà bien installés. Il ne peut se concevoir que progressif.
Quels partenaires ? Des groupes de stations de télévision puissants (dont les networks), des distributeurs (bouquets satellite, MSO), principalement.
Bounce TV, lancée en septembre 2011, a obtenu d'utiliser les canaux supplémentaires dont disposent les stations O and O de myNetWorkTV (Fox Television Stations, groupe News Corp.) pour les DMA de NY, LA, Chicago, Dallas, D.C., Phoenix, Minneapolis, Orlando, Baltimore. Bénéfice du passage au numérique du marché télévisuel terrestre américain (multicast channels).
Bounce TV a également des accords de diffusion avec d'autres groupes de stations : Raycom TV, Belo Corp., Lin TV Corp., Nexstar Communications, etc.
Bounce TV déclare couvrir de cette façon 70% de sa cible ("African-American 25-54") avec une grille mêlant divertissement, sport et religion. Avec une telle couverture "technique", la chaîne peut espérer vendre son espace à des annonceurs nationaux
Etudes de cas sur la télévision américaine
N°1 Station contre network
N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture
N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local
Le lancement d'une nouvelle chaîne de télévision thématique aux Etats-Unis ne peut guère se concevoir sans la contribution au décollage de partenaires déjà bien installés. Il ne peut se concevoir que progressif.
Quels partenaires ? Des groupes de stations de télévision puissants (dont les networks), des distributeurs (bouquets satellite, MSO), principalement.
Bounce TV, lancée en septembre 2011, a obtenu d'utiliser les canaux supplémentaires dont disposent les stations O and O de myNetWorkTV (Fox Television Stations, groupe News Corp.) pour les DMA de NY, LA, Chicago, Dallas, D.C., Phoenix, Minneapolis, Orlando, Baltimore. Bénéfice du passage au numérique du marché télévisuel terrestre américain (multicast channels).
Bounce TV a également des accords de diffusion avec d'autres groupes de stations : Raycom TV, Belo Corp., Lin TV Corp., Nexstar Communications, etc.
Bounce TV déclare couvrir de cette façon 70% de sa cible ("African-American 25-54") avec une grille mêlant divertissement, sport et religion. Avec une telle couverture "technique", la chaîne peut espérer vendre son espace à des annonceurs nationaux
Etudes de cas sur la télévision américaine
N°1 Station contre network
N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture
N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local
samedi 22 octobre 2011
Etats-Unis : le foot (soccer) change de chaînes
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Un événement secouera bientôt les habitudes des amateurs de sport télévisé aux Etats-Unis. ESPN détenait avec le network hispanophone Univision les droits de la Coupe du monde de football (soccer) jusqu'en 2014 (Brésil). Deux groupes dominants, le premier, groupe de stature presque mondiale, domine le sport télévisé américain ; le second domine la télévision hispanophone aux Etats-Unis.
La télévision hispanophone est capitale pour le football aux Etats-Unis car le public hispanophone et, dans une moindre mesure, lusophone, est la base de la propagation du fútbol et de sa culture dans la population américaine. De plus, cette population accroît son influence dans le pays et auprès des annonceurs.
Qui l'a emporté ?
Fox (groupe News Corp.) pour les droits en anglais et Telemundo (groupe NBC Universal / Comcast) pour les droits en espagnol (hommes et femmes). On dit que leur offre gagnante serait quatre à six fois plus élevée que celle des coupes précédentes. Ils détiendront les droits pour 2015 à 2022.
Moment crucial de la bataille pour le sport aux Etats-Unis, moment crucial également pour le football dont le montant des droits pour la FIFA a été multiplié. Plus que des chaînes, ce sont des groupes puissants et largement diversifiés qui l'ont emporté. News Corp. et Comcast donneront à ces événements sportifs une dimension nouvelle et profiteront de l'élan d'enthousiasme pour le soccer qui aura été acquis lors de la Coupe au Brésil. Difficile d'imaginer ce que seront les moyens numériques qui seront mis en oeuvre pour la couverture de cette compétition mais on peut être certain que ce sera un tournant médiatique décisif.
Un événement secouera bientôt les habitudes des amateurs de sport télévisé aux Etats-Unis. ESPN détenait avec le network hispanophone Univision les droits de la Coupe du monde de football (soccer) jusqu'en 2014 (Brésil). Deux groupes dominants, le premier, groupe de stature presque mondiale, domine le sport télévisé américain ; le second domine la télévision hispanophone aux Etats-Unis.
La télévision hispanophone est capitale pour le football aux Etats-Unis car le public hispanophone et, dans une moindre mesure, lusophone, est la base de la propagation du fútbol et de sa culture dans la population américaine. De plus, cette population accroît son influence dans le pays et auprès des annonceurs.
Qui l'a emporté ?
Fox (groupe News Corp.) pour les droits en anglais et Telemundo (groupe NBC Universal / Comcast) pour les droits en espagnol (hommes et femmes). On dit que leur offre gagnante serait quatre à six fois plus élevée que celle des coupes précédentes. Ils détiendront les droits pour 2015 à 2022.
Moment crucial de la bataille pour le sport aux Etats-Unis, moment crucial également pour le football dont le montant des droits pour la FIFA a été multiplié. Plus que des chaînes, ce sont des groupes puissants et largement diversifiés qui l'ont emporté. News Corp. et Comcast donneront à ces événements sportifs une dimension nouvelle et profiteront de l'élan d'enthousiasme pour le soccer qui aura été acquis lors de la Coupe au Brésil. Difficile d'imaginer ce que seront les moyens numériques qui seront mis en oeuvre pour la couverture de cette compétition mais on peut être certain que ce sera un tournant médiatique décisif.
mercredi 14 septembre 2011
News Corp. : quel journalisme ?
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Le scandale provoqué par la révélation, sans doute encore inachevée, d'écoutes téléphoniques illicites ("phone hacking") effectuées en Grande-Bretagne par des titres de presse du groupe News Corp. (dont le tabloïd News of the World) doit être mis en perspective. Bien sûr, cette presse a tort : aux tribunaux de le dire. Mais pourquoi en est-on là ?
La presse doit vendre, et, depuis toujours, les "scandales", ces pièges placés sur le chemin pour faire tomber ceux qui s'y risquent, font vendre du papier, à condition d'être le premier titre à les publier, les dévoiler. If it bleeds, it leads ! Sus aux scoops. Surenchères fatales...
Les analyses fouillées, circonspectes et savantes ne font pas vendre en masse. Toute l'histoire de la presse et des médias audio-visuels le rappelle.
On condamne bien sûr la presse, des bien-pensants en Europe, aux Etats-Unis s'émeuvent, actionnaires, parlementaires, se fendent de déclarations outragées, unilatérales... Tempérons ces indignations calculées.
Le scandale provoqué par la révélation, sans doute encore inachevée, d'écoutes téléphoniques illicites ("phone hacking") effectuées en Grande-Bretagne par des titres de presse du groupe News Corp. (dont le tabloïd News of the World) doit être mis en perspective. Bien sûr, cette presse a tort : aux tribunaux de le dire. Mais pourquoi en est-on là ?
La presse doit vendre, et, depuis toujours, les "scandales", ces pièges placés sur le chemin pour faire tomber ceux qui s'y risquent, font vendre du papier, à condition d'être le premier titre à les publier, les dévoiler. If it bleeds, it leads ! Sus aux scoops. Surenchères fatales...
Les analyses fouillées, circonspectes et savantes ne font pas vendre en masse. Toute l'histoire de la presse et des médias audio-visuels le rappelle.
On condamne bien sûr la presse, des bien-pensants en Europe, aux Etats-Unis s'émeuvent, actionnaires, parlementaires, se fendent de déclarations outragées, unilatérales... Tempérons ces indignations calculées.
- Le Web et ses outils de partage social rapide (Twitter, blogs) accélèrent le rythme et la vitesse de publication des scoops : le papier doit suivre, et pour ce média, la lutte est difficile (délais de production, de bouclage et de distribution les plus longs et les moins compressibles). La presse ne peut plus guère être le média des scoops comme elle l'a été, triomphante, à l'époque où des trains à vapeur traversaient le pays en une nuit pour apporter, partout, ses scoops à la une, en première exclusivité. Modèle économique moribond.
- Les pouvoirs se mettent en scène avantageusement dans la presse, grâce à la presse. Ce faisant, ils protègent leurs secrets, espérant détourner l'attention du grand public et des journalistes ; l'actualité américaine et française récentes ne cesse de l'illustrer. Vices privés et fonds publics sont-ils compatibles ? Lectorats, électorats, même combat ?
- Ces pouvoirs, nationaux et locaux, ne s'embarrassent pas toujours de transparence. Pour que l'on y voie clair, le métier de journalisme, ce contre-pouvoir, est d'abord travail d'enquêtes et d'investigations. On ne souligne jamais assez ce mot, CONTRE. Le "quatrième pouvoir" ne vaut que d'être un contre-pouvoir. Le métier de journaliste n'est pas facile lorsqu'il est d'investigation : ses vérités sont des conquêtes, des dé-couvertes, laborieuses.
- Quels lectorats ? Nos sociétés ont certainement la grande presse qu'elles méritent ; les attentes, la demande qu'expriment les lectorats constituent un baromètre infaillible de la performance du système éducatif et culturel (écoles, familles). Plutôt que se dédouaner et condamner les gens de média, balayons devant notre porte. Que demandons-nous aux médias ? Que leur demandent les pouvoirs établis ? De connivence, d'indulgence, il ne peut y avoir de journalisme ; que des relations publiques.
vendredi 8 juillet 2011
TV américaine. Fox change d'affiliée à Springfield. Etude de cas N°2
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Dans le marché de Springfield (Missouri, DMA N°74), le network Fox et sa station affiliée (KSFX, groupe Nexstar) se sont séparé sur un désaccord concernant les conditions financières de l'affiliation. Vraisemblablement sur le montant des compensations dont bénéficie une station affiliée en échange de la retransmission des programmes nationaux du network (retransmision consent fees).
En conséquence de cette rupture, KSFX deviendra, à partir de septembre prochain, une station indépendante (indie) et continuera de rediffuser des programmes de syndication ("The Simpsons", "Everybody Loves Raymond", "Seinfeld", "House", etc.). Seule la grille de prime time est affectée (19-21 heures, lundi-samedi, principalement. Cf. communiqué de la station). Notons qu le cs de KSFX n'est pas unique : trois stations du groupe Nexstar Broadcasting Group ont remis en question leur affiliation à Fox.
KSFX a été auparavant affiliée à ABC, qui lui a préféré une autre station en 1986, année de création du network Fox, qui proposera l'affiliation à KSFX.
Dans ce même marché, la station KRBK, qui était affiliée à MyNetworkTV devient une station affiliée du network Fox dont elle retransmettra le programme national à partir de la prochaine saison (septembre 2011. Cf. communiqué de la station) sous le nom de "Fox 49" (49 est le numéro de son canal UHF). Elle assurera également l'affiliation secondaire à MyNetworkTV (MyNetworkTV appartient au groupe News Corp., comme Fox).
Ce cas illustre la relation affiliée / network et sa fragilité. Il montre également la flexibilité et la mobilité du marché télévisuel américain dont la station locale reste la cellule de base. Les stations, maillons de la chaîne, peuvent à tout moment changer d'affiliation ou devenir indépendantes. Le network est une marque constante à la structure changeante.
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Dans le marché de Springfield (Missouri, DMA N°74), le network Fox et sa station affiliée (KSFX, groupe Nexstar) se sont séparé sur un désaccord concernant les conditions financières de l'affiliation. Vraisemblablement sur le montant des compensations dont bénéficie une station affiliée en échange de la retransmission des programmes nationaux du network (retransmision consent fees).
En conséquence de cette rupture, KSFX deviendra, à partir de septembre prochain, une station indépendante (indie) et continuera de rediffuser des programmes de syndication ("The Simpsons", "Everybody Loves Raymond", "Seinfeld", "House", etc.). Seule la grille de prime time est affectée (19-21 heures, lundi-samedi, principalement. Cf. communiqué de la station). Notons qu le cs de KSFX n'est pas unique : trois stations du groupe Nexstar Broadcasting Group ont remis en question leur affiliation à Fox.
KSFX a été auparavant affiliée à ABC, qui lui a préféré une autre station en 1986, année de création du network Fox, qui proposera l'affiliation à KSFX.
Dans ce même marché, la station KRBK, qui était affiliée à MyNetworkTV devient une station affiliée du network Fox dont elle retransmettra le programme national à partir de la prochaine saison (septembre 2011. Cf. communiqué de la station) sous le nom de "Fox 49" (49 est le numéro de son canal UHF). Elle assurera également l'affiliation secondaire à MyNetworkTV (MyNetworkTV appartient au groupe News Corp., comme Fox).
Ce cas illustre la relation affiliée / network et sa fragilité. Il montre également la flexibilité et la mobilité du marché télévisuel américain dont la station locale reste la cellule de base. Les stations, maillons de la chaîne, peuvent à tout moment changer d'affiliation ou devenir indépendantes. Le network est une marque constante à la structure changeante.
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jeudi 30 juin 2011
Fautes professionnelles ? News Corp., Viacom et MySpace
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Mis à jour le 22 octobre 2011
Facebook a fait perdre près de 2 milliards de dollars à News Corp. L'addition vient de tomber.
En 2005, le groupe News Corp., que dirigeait et dirige encore Murdoch, acheta, dans l'euphorie et l'impatience, MySpace, pour 580 millions de dollars. Durant six années, le site aurait perdu près de 200 millions de dollars par an. Il vient d'être revendu 35 millions de dollars au réseau publicitaire Specific Media (ad network).
Ayons une pensée teintée d'humour pour Tom Freston (MTV), licencié sèchement par Redstone, le patron de Viacom, pour avoir douté de l'intérêt de cet achat et n'y avoir pas succombé. Erreur qualifiée alors d'"humiliante" par cet autre grand visionnaire (octobre 2006). Redstone va-t-il s'excuser ? Rêvons !
Voilà un cas qui mérite une place de choix dans les manuels de sciences de gestion, à Harvard Business School (surtout) et ailleurs. Mais que faut-il apprendre d'un tel cas ?
Murdoch reconnaîtra en octobre 2011 avoir alors commis une énorme erreur ("I made a huge mistake") rappelant d'ailleurs que tous ceux qui ont ensuite participé à la mauvaise gestion (mismanagement) de Myspace ont quitté le groupe. Pas lui.
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Mis à jour le 22 octobre 2011
Facebook a fait perdre près de 2 milliards de dollars à News Corp. L'addition vient de tomber.
En 2005, le groupe News Corp., que dirigeait et dirige encore Murdoch, acheta, dans l'euphorie et l'impatience, MySpace, pour 580 millions de dollars. Durant six années, le site aurait perdu près de 200 millions de dollars par an. Il vient d'être revendu 35 millions de dollars au réseau publicitaire Specific Media (ad network).
Ayons une pensée teintée d'humour pour Tom Freston (MTV), licencié sèchement par Redstone, le patron de Viacom, pour avoir douté de l'intérêt de cet achat et n'y avoir pas succombé. Erreur qualifiée alors d'"humiliante" par cet autre grand visionnaire (octobre 2006). Redstone va-t-il s'excuser ? Rêvons !
Voilà un cas qui mérite une place de choix dans les manuels de sciences de gestion, à Harvard Business School (surtout) et ailleurs. Mais que faut-il apprendre d'un tel cas ?
Murdoch reconnaîtra en octobre 2011 avoir alors commis une énorme erreur ("I made a huge mistake") rappelant d'ailleurs que tous ceux qui ont ensuite participé à la mauvaise gestion (mismanagement) de Myspace ont quitté le groupe. Pas lui.
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mercredi 3 novembre 2010
News Corp. et Rubicon
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Alea jacta est. Un groupe média franchit le Rubicon. Le jeu de mots est facile et ne vaut pas cher, je le concède. Pourtant, il marche bien. News Corp. vient d'échanger la régie Internet de ses sites (Fox Audience Network, FAN) contre une participation dans Rubicon Project. S'associant à Rubicon, News Corp. ajoute des technologies de place de marché à ses régies.
News Corp. rejoint le camp des éditeurs qui dénoncent les serveurs de publicité (ad servers) et les réseaux publicitaires (ad networks) : le Manifesto de Rubicon est clair sur ce point. La philosophie de cette union est conservatrice : restaurer le poids de certains éditeurs, détenteurs autoproclamés de contenus "premium", ne concevant Internet que comme un média secondaire, complémentant des médias nobles.
Ce franchissement est symbolique, cohérent avec l'enfermement des sites de presse du groupe News Corp. derrière des octrois et la campagne récente du Wall Street Journal (racheté par News Corp.) contre les identifiants uniques (cookies). On peut y lire une réaction contre l'esprit d'ouverture, de gratuité, de liberté et d'égalité qui préside au développement d'Internet. Derrière un comportement de rationalisation technologique de l'activité de régie se profile un comportement réactionnaire, au sens strict du terme.
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Alea jacta est. Un groupe média franchit le Rubicon. Le jeu de mots est facile et ne vaut pas cher, je le concède. Pourtant, il marche bien. News Corp. vient d'échanger la régie Internet de ses sites (Fox Audience Network, FAN) contre une participation dans Rubicon Project. S'associant à Rubicon, News Corp. ajoute des technologies de place de marché à ses régies.
News Corp. rejoint le camp des éditeurs qui dénoncent les serveurs de publicité (ad servers) et les réseaux publicitaires (ad networks) : le Manifesto de Rubicon est clair sur ce point. La philosophie de cette union est conservatrice : restaurer le poids de certains éditeurs, détenteurs autoproclamés de contenus "premium", ne concevant Internet que comme un média secondaire, complémentant des médias nobles.
Ce franchissement est symbolique, cohérent avec l'enfermement des sites de presse du groupe News Corp. derrière des octrois et la campagne récente du Wall Street Journal (racheté par News Corp.) contre les identifiants uniques (cookies). On peut y lire une réaction contre l'esprit d'ouverture, de gratuité, de liberté et d'égalité qui préside au développement d'Internet. Derrière un comportement de rationalisation technologique de l'activité de régie se profile un comportement réactionnaire, au sens strict du terme.
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dimanche 17 octobre 2010
La chaîne, l'opérateur du câble et Internet
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News Corp. bloque, depuis vendredi 15 octobre, la retransmission de ses stations de télévision sur des sites de l'opérateur du câble américain Cablevision Systems à New York (WWOR, WNYW), à Philadelphie (WTXF). De même, la diffusion de Fox Deportes (chaîne sportive hispanophone) de Fox Business Network et de NatGeo Wild (documentaire) est bloquée sur ces réseaux.
Les téléspectateurs ont été informés par l'opérateur sur les sites concernés : "We regret to inform you that News Corp., in an act of corporate greed, has pulled the plug on Fox 5 and My9 from your Cablevision lineup. This is an unfortunate attempt to get unreasonable and unfair fee increases from Cablevision and our customers". Les téléspectateurs ont été privés de retransmissions sportives (MLB, NFL), de "House", "American Idol", notamment. L'opérateur suggère à ses abonnés, pour faire pression contre ce "blackout", d'adresser par son intermédiaire un message de protestation à News Corps. News Corps a refusé tout arbitrage ("binding arbitration") demandé par Cablevision, y compris l'arbitrage proposé par la FCC (qui couvre l'événement sur son site, à destination des abonnés).
De tels conflits ont déjà eu lieu opposant bouquets et détenteurs de programmes. Ce qui est nouveau toutefois, c'est l'enrôlement d'Internet dans le conflit : Fox a bloqué l'accès de ses émissions sur Fox.com et sur Hulu aux abonnés haut débit de Cablevision Systems. Une débat s'en est suivi sur la neutralité d'Internet. Fox a fait marche arrière sur Internet.
Ces incidents, après bien d'autres semblables au cours des mois passés illustrent la relation entre fournisseurs de programmes (stations, chaînes) et opérateurs du câble. Fox (News Corp.) demande 150 millions de dollars (contre 70 lors du précédent contrat) au câblo-opérateur pour la retransmission de ses stations terrestres (donc du network national Fox dans les marchés desservis par Cablevision Systems), en plus de la distribution de ses chaînes thématiques.
News Corp. bloque, depuis vendredi 15 octobre, la retransmission de ses stations de télévision sur des sites de l'opérateur du câble américain Cablevision Systems à New York (WWOR, WNYW), à Philadelphie (WTXF). De même, la diffusion de Fox Deportes (chaîne sportive hispanophone) de Fox Business Network et de NatGeo Wild (documentaire) est bloquée sur ces réseaux.
Les téléspectateurs ont été informés par l'opérateur sur les sites concernés : "We regret to inform you that News Corp., in an act of corporate greed, has pulled the plug on Fox 5 and My9 from your Cablevision lineup. This is an unfortunate attempt to get unreasonable and unfair fee increases from Cablevision and our customers". Les téléspectateurs ont été privés de retransmissions sportives (MLB, NFL), de "House", "American Idol", notamment. L'opérateur suggère à ses abonnés, pour faire pression contre ce "blackout", d'adresser par son intermédiaire un message de protestation à News Corps. News Corps a refusé tout arbitrage ("binding arbitration") demandé par Cablevision, y compris l'arbitrage proposé par la FCC (qui couvre l'événement sur son site, à destination des abonnés).
De tels conflits ont déjà eu lieu opposant bouquets et détenteurs de programmes. Ce qui est nouveau toutefois, c'est l'enrôlement d'Internet dans le conflit : Fox a bloqué l'accès de ses émissions sur Fox.com et sur Hulu aux abonnés haut débit de Cablevision Systems. Une débat s'en est suivi sur la neutralité d'Internet. Fox a fait marche arrière sur Internet.
Ces incidents, après bien d'autres semblables au cours des mois passés illustrent la relation entre fournisseurs de programmes (stations, chaînes) et opérateurs du câble. Fox (News Corp.) demande 150 millions de dollars (contre 70 lors du précédent contrat) au câblo-opérateur pour la retransmission de ses stations terrestres (donc du network national Fox dans les marchés desservis par Cablevision Systems), en plus de la distribution de ses chaînes thématiques.
- Le network national, Fox, se prive d'une audience significative dans les premier et troisième marchés TV américains et sur certaines chaînes thématiques. Les annonceurs et les agences média qui ont acheté ces audiences n'apprécient pas.
- L'opérateur du câble mécontente ses abonnés qui peuvent être tentés de regarder les stations terrestres directement ou de s'abonner à un service concurrent (bouquets télécoms et satellite). Or le câble ne cesse de perdre des abonnés.
- Internet commence à remettre en question les habitudes et l'autonomie de décision des acteurs média traditionnels. Au cours de ces péripéties, des principes généraux du droit américain des médias montrent leurs limites (retransmission content, must carry, entre autres) et ne manqueront pas d'avoir des répercussions juridiques sur l'organisation du marché de la télévision et des programmes.
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dimanche 27 juin 2010
Journalisme de la richesse ?
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Vendu à News Corp., le Wall Street Journal perdra-t-il son indépendance ? Le quotidien de la finance et de l'économie américaines semble vouloir aller au people, et donner la parole aux puissances économiques en place (the powers that be!). Péché mortel du journalisme : fréquenter les pouvoirs au lieu d'établir des contre-pouvoirs.
Chaque vendredi matin, le site diffuse désormais la vidéo (VOD) d'une interview de patrons d'institutions, d'entreprises : "The Big Interview", allusion ironique - sans doute involontaire - au roman de John Dos Passos, The Big Money. Premiers interviewés : la Présidente du FDIC, puis le "White House Chief of staff"... Don et contre-don ? La presse comme contre-pouvoir ?
Pour les "small" interviews des familles endettées, le chômage, la maladie, pour le journalisme de la misère, il y le talk show d'Oprah (et bientôt sa chaîne). "All right we are two nations", reconnaissait déjà Dos Passos, en 1936, dans "The Big Money".
Notes
Vendu à News Corp., le Wall Street Journal perdra-t-il son indépendance ? Le quotidien de la finance et de l'économie américaines semble vouloir aller au people, et donner la parole aux puissances économiques en place (the powers that be!). Péché mortel du journalisme : fréquenter les pouvoirs au lieu d'établir des contre-pouvoirs.
Chaque vendredi matin, le site diffuse désormais la vidéo (VOD) d'une interview de patrons d'institutions, d'entreprises : "The Big Interview", allusion ironique - sans doute involontaire - au roman de John Dos Passos, The Big Money. Premiers interviewés : la Présidente du FDIC, puis le "White House Chief of staff"... Don et contre-don ? La presse comme contre-pouvoir ?
Pour les "small" interviews des familles endettées, le chômage, la maladie, pour le journalisme de la misère, il y le talk show d'Oprah (et bientôt sa chaîne). "All right we are two nations", reconnaissait déjà Dos Passos, en 1936, dans "The Big Money".
Notes
- L'inflexion de la stratégie du Wall Street Journal pourrait être de s'ouvrir à des éléments rédactionnels moins spécialisés (sport, etc.) et d'attaquer le territoire du New York Times en fin de semaine avec une section "New York".
- Se diversifier en affinité avec son lectorat : voyages (WSJ Travel), vins et spiritueux (Wine Merchants).
lundi 9 novembre 2009
Test média en vraie grandeur
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Voici une bonne nouvelle pour la recherche média. Le groupe News Corp. (Wall Street Journal, The Times, The Sun, Fox News, etc.) déclare vouloir rendre ses sites d'information invisibles aux moteurs de recherche (traités de "content kleptomaniacs") car, estime-t-on dans ce groupe, les moteurs de recherche dérobent les contenus des médias d'information (stories) pour les mettre à la disposition gratuite des internautes (cf. l'interview de R. Murdoch sur Fox News Australia, diffusée sur YouTube !).
Les médias d'information de News Corp. seraient donc désindexés (via robots.txt) et les internautes désirant accéder aux contenus des sites des médias d'information devraient payer.
Ainsi, saura-t-on ce qu'il en est : les moteurs de recherche drainent-ils une audience utile vers les médias d'information (comme le prétend Google) ou, au contraire, ruinent-ils leur modèle économique en proposant une alternative gratuite (comme le prétendent de nombreux patrons de média d'information) ? Quel lectorat réuniront encore les sites des médias d'information une fois qu'ils seront hors de portée des moteurs de recherche ? Quelle variation de revenus publicitaires et de la vente aux lecteurs s'en suivront ?
Finie la spéculation : il ne restera qu'à observer. A moins que News Corp. change d'avis, une nouvelle fois.
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Voici une bonne nouvelle pour la recherche média. Le groupe News Corp. (Wall Street Journal, The Times, The Sun, Fox News, etc.) déclare vouloir rendre ses sites d'information invisibles aux moteurs de recherche (traités de "content kleptomaniacs") car, estime-t-on dans ce groupe, les moteurs de recherche dérobent les contenus des médias d'information (stories) pour les mettre à la disposition gratuite des internautes (cf. l'interview de R. Murdoch sur Fox News Australia, diffusée sur YouTube !).
Les médias d'information de News Corp. seraient donc désindexés (via robots.txt) et les internautes désirant accéder aux contenus des sites des médias d'information devraient payer.
Ainsi, saura-t-on ce qu'il en est : les moteurs de recherche drainent-ils une audience utile vers les médias d'information (comme le prétend Google) ou, au contraire, ruinent-ils leur modèle économique en proposant une alternative gratuite (comme le prétendent de nombreux patrons de média d'information) ? Quel lectorat réuniront encore les sites des médias d'information une fois qu'ils seront hors de portée des moteurs de recherche ? Quelle variation de revenus publicitaires et de la vente aux lecteurs s'en suivront ?
Finie la spéculation : il ne restera qu'à observer. A moins que News Corp. change d'avis, une nouvelle fois.
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mardi 3 novembre 2009
Payer l'information en ligne ?
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Heureux de payer ! Le consommateur serait heureux de payer pour des informations générales en ligne (general-interest news) ! Telle serait la conclusion d'enquêtes menées par sondages en Australie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, à la demande de News Corp. Conclusion : "If we get the the product and the delivery system right, people will happily pay for news content online" (publié par The Sidney Morning Herald). Une enquête Harris Interactive en Grande-Bretagne estime en revanche à 5% la proportion d'interviewés prêts à payer. Toute la différence tient sans doute à la méthodologie ! A quoi sert un tel sondage sinon à créer un peu de bruit favorable sur le mode de "l'opinion publique est avec nous" !
Le patron de News Corp. - qui aura tout dit et son contraire sur ce sujet - et dont le groupe détient un grand nombre de médias gratuits (télévision notamment) a décidé que le consommateur paierait son information, en commençant par le Wall Street Journal sur iPhone ou The Times (Londres) sur Internet. Il faut en finir avec le "free is good" enchaîne un autre qui précise : "I fundamentally believe readers are willing to pay for quality journalism". Voilà un énoncé limpide. Il croit. Il sait ce qu'est un "journalisme de qualité". Payer combien ?
A quelles conditions, un internaute accepte(ra)-t-il de payer pour des informations en ligne ?
Heureux de payer ! Le consommateur serait heureux de payer pour des informations générales en ligne (general-interest news) ! Telle serait la conclusion d'enquêtes menées par sondages en Australie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, à la demande de News Corp. Conclusion : "If we get the the product and the delivery system right, people will happily pay for news content online" (publié par The Sidney Morning Herald). Une enquête Harris Interactive en Grande-Bretagne estime en revanche à 5% la proportion d'interviewés prêts à payer. Toute la différence tient sans doute à la méthodologie ! A quoi sert un tel sondage sinon à créer un peu de bruit favorable sur le mode de "l'opinion publique est avec nous" !
Le patron de News Corp. - qui aura tout dit et son contraire sur ce sujet - et dont le groupe détient un grand nombre de médias gratuits (télévision notamment) a décidé que le consommateur paierait son information, en commençant par le Wall Street Journal sur iPhone ou The Times (Londres) sur Internet. Il faut en finir avec le "free is good" enchaîne un autre qui précise : "I fundamentally believe readers are willing to pay for quality journalism". Voilà un énoncé limpide. Il croit. Il sait ce qu'est un "journalisme de qualité". Payer combien ?
A quelles conditions, un internaute accepte(ra)-t-il de payer pour des informations en ligne ?
- Il faut que l'information soit demandée, corresponde à un besoin de consommation exprimé. Et non qu'elle soit rencontrée ou proposée (vue plutôt que lue).
- Il faut que cette information ne soit pas disponible gratuitement, ailleurs sur le net
- Quelle information publiée en ligne par des sites de la presse d'information n'est-elle pas accessible gratuitement sur plusieurs sites concurrents fonctionnant selon un modèle publicitaire ? Accessible signifiant que l'on peut trouver par un moteur de recherche (y compris les blogs et les twits) ? Accessible dans quels délais ?
- Pour de nombreux lecteurs, notamment pour l'information financière, économique, médicale, etc., la concurrence provient aussi de sites gratuits en langues étrangères.
- Ce qui n'est pas disponible ailleurs, ce qui est par définition exclusif, ce sont surtout des commentaires
- Qui veut payer pour des opinions ? Qui n'a pas d'opinion ? Des opinions, voire même des idées s'épanouissent et s'échangent sur les blogs, les réseaux sociaux... qui valent celles des journalistes. Pour l'opinion, les amateurs souvent surpassent les professionnels.
- Que le coût de transaction soit indolore et les ergonomies adéquates (claires, rassurantes). Plutôt l'abonnement que le micro-paiement (tel celui que propose Google à la presse), dit la rumeur (des sondages, encore!).
- Quel modèle écomique payant ?
- Apple a imposé un modèle à la musique, aux applications (iTunes Store). Est-il adaptable à la presse ? Relay (Lagardère) permet à l'internaute de configurer ses propres alertes presse, de feuilleter des magazines en ligne, où se trouvent des réponses, avant d'acheter un numéro complet. Mais ceci ne vaut que pour des magazines de niche, publiant des informations rares et spécialisées, s'adressant à des "amateurs-professionnels" (point de croix, collections, jeux vidéo, "petits sports", histoire, etc.). Sur iTunes, on achète un morceau de musique, pas un CD complet. En presse, cela signifierait acheter un article, pas un numéro complet. Ce qui ne manquerait pas d'affecter le modèle publcitaire. On dit que Time Inc. travaillerait à un kiosque électronique également. C'est aussi ce que promet maggwirre.com : "The iTunes of Magazine". Mais on s'est éloigné de l'information générale.
- Modèle freemium (free + premium) développé par le marché des jeux vidéo : accès gratuit d'abord, puis les niveaux suivants, les versions améliorées sont payants. Le lecteur régulier de The Times paie 50 £ pour accéder à des contenus spécifiques (Times +, comme Sky +, sur le bouquet télé).
- C'est un modèle à deux étages qui semble inspirer la presse : le déjà connu, le rassis est gratuit, l'info fraîche est payante... En langue de bois, cela s'euphémise ainsi : "free entry for a mass audience, with a charge for more up-market, high-quality data". Mais la valeur publicitaire de l'espace dans un contexte d'information gratuite risque de tendre vers le prix de l'info... Notons que l'exclusif d'aujourd'hui sera connu de tous demain, ce qui peut aussi conduire beaucoup de lecteurs à surseoir à leur lecture. Mais, comme chantaient déjà les Rolling Stones, "Who wants yesterday's papers? Nobody in the world"...
"Hypocrites lecteurs, mes semblables, mes frères", quelle information êtes-vous prêts à payer ?
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mercredi 1 avril 2009
Evénement et quotidien
En mars 2009, CNN (groupe Time Warner) était, selon les mesures de l'audience en cours, la troisième des chaînes d'information continue aux Etats-Unis, derrière Fox News (News Corp) et MSNBC (NBC Universal). Un peu plus de un million de téléspectateurs par jour de semaine pour CNN ou MSNBC, presque 3 millions pour Fox News en prime time.
Quel diagnostic dresser de cette situation ?
- Pas d'actualité politique extraordinaire (guerre, élection), "A slow news period", faible audience. L'ordinaire ne fait pas l'audience. Pourtant chaque jour apporte aux Américains sa part de cercueils, de Bagdad ou d'Afghanistan, pourtant la "crise économique" va bon train. Mais, même malheureux, ceci ne fait plus événement. Le téléspectateur s'y est habitué.
- Pas assez de "opinion shows" qui compenseraient le manque d'extraordinaire en fabriquant de l'actualité, Fox News a mis en place de telles émissions ("The O'Reilly Factor", etc.) . Une chaîne d'infos - on l'oublie - ne suit pas seulement l'actualité, elle la "fait" aussi, elle "l'invente". Un média doit fabriquer sa matière. Les grands médias du sport l'ont fait (ESPN, L'Equipe, La Gazetta dello Sport, etc.). Seule la météo, et encore, vit en permanence dans l'événement, d'où son succès.
En ligne, en revanche, le classement est différent. MSNBC.com est en tête (41 millions de visiteurs uniques) devant CNN (36 millions), loin devant Fox News (16 millions). Pour remonter la pente, Fox News lance Fox Nation, simple blog d'opinions patriotiques ("It is a community that believes in the American Dream"). A la manière de iReport, lancé par CNN, il s'agit d'introduire les contenus produits par les médianautes ("Unedited. Unfiltered").
Utilisons ce constat, à titre d'hypothèse, comme analyseur du déclin de la presse d'information quotidienne.
La partie de la population qui s'informe régulièrement passe sur Internet, plus commode, plus divers, plus riche, personnel, parfait pour la vie de tous les jours (comme le fut en son temps le "journal à un sou", 1867). Les irréguliers attendent un événement pour lire un journal "quotidien", qu'ils traitent comme un magazine (ce dont Libération eut l'intuition). Le quotidien papier n'est plus fait pour le quotidien, il lui reste l'événement. Le modèle économique confirme et accentue ce diagnostic. Le quotidien aurait ainsi deux avenirs, l'un en ligne, l'autre en magazine (ce dont témoigne déjà la multiplication des hors série, des suppléments).
Si cette hypothèse est confirmée : les médias traditionnels, papier, lourds à mettre à jour, au contenu complexe, comme la télévision devraient se réfugier dans l'événement, quitte à le provoquer (Star Ac, épisode final d'une série) ; le régulier, le quotidien sera de plus en plus en ligne, léger, courant réactif. Les périodiques, entraînés à l'événement, à la synthèse approfondie souffriront moins que les quotidiens dans leur support papier.
Ainsi se dessine une division du travail entre supports. Nous reviendrons sur ce diagnostic pour l'enrichir ou le révoquer en doute.
dimanche 1 février 2009
Football superball :100 000 dollars par seconde
Les networks se le repassent d'une année sur l'autre. Cette année, c'est le tour de NBC. Le revenu publicitaire total net déclaré pour ce dimanche d'hiver 2009 : 261 millions de $ (inclut le pregame). Les spots de 30 secondes de la finale NFL auraient été vendus 3 millions de $ (pour une audience foyers assumée de 42,4%), les premiers vendus du moins ... les derniers, en janvier, peut-être moins. Tarif moyen en hausse (+10% ?). 84 messages, 45 mn de publicité durant la finale (Source : TNS). Succès considérable : dont Obama profite en donnant une première partie d'interview pendant le pregame. L'audience est légèrement supérieure à celle de l'an passé : 98,7 millions de personnes (2+, au lieu de 97,5).
Selon comScore, 41% des téléspectateurs ont utilisé Internet durant la retransmission, 15% ont visité un site d'annonceur.
Comme chaque année, cette finale de football est aussi une finale de création publicitaire pour les 32 annonceurs du match. Les spots sont visibles aussi sur Internet: NBCsports.com, Superbowl.com, Hulu.com (joint venture de Fox et NBC)), certains sur YouTube, voire sur le site des annonceurs (GoDaddy, qui a deux spots en finale, les diffuse en version plus osée durant la finale, sur Internet). Sur Hulu (qui est également annonceur), les messages du Super Bowl sont précédés de messages publicitaires (pre-rolls) ! Quand la pub est précédée de pub, ce n'est plus de la pub : les messages du Super Bowl ont changé de statut, pour devenir des contenus comme les autres.
Des sites appellent à élire les meilleurs messages (AdBowl.com), USA Today, le quotidien national publie un Ad Meter (depuis 1989) et même The Wall Street Journal invite ses lecteurs à voter (le quotidien financier se déspécialise : à quand l'horoscope ? Effet Murdoch ?).
Des annonceurs ont ajouté Twitter à leur plan média, pour entretenir la propagation de leur effet et évaluer les réactions des téléspectateurs.
En comparaison, il saute aux yeux que l'Europe n' a pas réussi, à l'occasion des finales de football ou de rugby, à donner un tel tremplin à sa création publicitaire. Tremplin de Prix.
Peut-on en conclure que pour la TV grand public, tout va bien ? On peut certes en conclure que, récession ou pas, les événements qu'elle capture restent indispensables pour construire de très grands événements publicitaires. Leur puissance est remarquable.
Pourtant, l'optimisme doit être tempéré
- C'était déjà comme cela l'an prochain, il y a deux ans... Le format des retransmissions ne change guère. Triomphe de la régularité, confort d'une prédictibilité un peu ringarde (cheerleaders, hymne, uniformes de cirque, etc.). Le risque d'inertie n'est jamais loin.
- Ce qui gagne avec le Super Bowl, c'est le football et sa fédération (NFL). Pas la chaîne. Petit à petit, la NFL s'émancipe, créant son site, sa chaîne, etc. Un jour elle n'aura plus besoin des networks. Ceci vaut également pour les compétitions européennes de football et de rugby : le numérique libère le sport.
- Pour les annonceurs du Super Bowl, l'innovation est surtout l'affaire d'Internet, bien peu de la télévision, bien peu du sport. Internet étend indéfiniment le terrain de jeu publicitaire et créatif : le coût d'opportunité de l'innovation, donc du risque, y est faible. A l'inverse, structurellement, la TV grand public craint le risque donc l'innovation. Aversion paralysante.
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samedi 1 novembre 2008
Les déclarations, un art du mensonge ?
Tout le monde ment. C'est le fameux leitmotiv de House dans la série de Fox consacrée au diagnostic médical. C'est aussi l'un des postulats, plus ou moins tacite, des sciences humaines, tellement dépendantes des déclarations, confessions, entretiens, questionnaires auto-administrés, histoires de vie ... Informateur, panéliste, enquêté, patient : même combat ?
Il en va de même avec les déclarations des entreprises qu'il faut traiter avec circonspection, prudence alors que fleurissent les communiqués de presse où elles cultivent pour plaire aux analystes, aux actionnaires, une constante auto-satisfaction.
Voici un cas de déclaration. Le "bouquet de chaînes" allemand, Premiere, est soupçonné d'avoir gonflé le nombre de ses abonnés : ce n'est pas le "bouquet", bien sûr, mais probablement une série de responsables qui ont sciemment menti, du patron à ses subordonnés qui gèrent les fichiers d'abonnés. Dévoilée par News Corp, qui est devenu récemment le premier actionnaire du bouquet (avec 25,01% des actions. Cf. post du 1 mai 2008), l'erreur est désormais publique. Evidemment, le cours de l'action a chuté. On peut quand même se demander comment a été effectuée la due diligence d'acquisition...
On ne sait donc pas exactement combien d'abonnés compte la chaîne, d'ailleurs on ne sait même pas comment sont comptés les abonnés. Un audit conduit par News Corp. reprenant les principes comptables du bouquet BkyB (Sky Digital) en Grande-Bretagne donne des résultats surprenants : Premiere disait 4,2 millions, News Corp dit 3,6 millions, dont seulement 2,3 millions de clients directs.
En presse, les abonnements sont audités régulièrement (selon les pays par l'OJD, par l'ABC, notamment). Pourquoi les abonnements de la télévision (câble, satellite, télécoms) ne le sont-ils pas ? Comment sont comptabilisées les promotions ? Combien d'abonnements payants (et à quel prix), combien de gratuits ?
Or, si l'on ne dispose pas de ces données, fiables, régulièrement mises à jour, publiées après un audit neutre et non d'une déclaration toujours propre à séduire et à mentir (communiqué de presse), comment peut-on caler les enquêtes d'audience ? Comment élaborer, puis fonder, puis, éventuellement, imposer une politique de la concentration des médias ? Comment imaginer une réglementation qui n'aurait pas, préalablement, défini un standard comptable en ce domaine.
Ou bien se résigne-t-on à entériner une sorte de "mentir-vrai" et à se satisfaire d'une méfiance généralisée, chacun ayant sa recette pour cuisiner les déclarations et les faire avaler ?
dimanche 30 mars 2008
Le taux d’intérêt de la presse
Le Wall Street Journal n'était pas encore acheté par News Corp., à l'automne 2007, que l'on trompetait déjà que la partie payante du site (plus d’un million d’abonnés) serait bientôt gratuite. Début janvier 2008, marche arrière : elle reste payante et plus chère (119 $, et 59 $ pour les abonnés à la version papier- écart qui laisse présumer de la valeur ajoutée de l'édition en ligne). On annonce des extensions gratuites (sport, politique politicienne, etc.), des ouvertures au gratuit (opinion, interviews vidéo, éditoriaux), peu importe, le modèle économique mixte reste en place.
Quel raisonnement préside à ce revirement, outre le bon sens gestionnaire puisqu'un modèle mixte est moins vulnérable aux aléas du marché publicitaire ? Abordons plutôt la question sous l'angle du mediaplanning.
Le payant est doublement payant : il est signe d’un meilleur taux d’intérêt des lecteurs, d’où la valeur primordiale accordée en mediaplanning à la Diffusion Payée). La Diffusion Payée situe un lectorat primaire (qu'il faudrait plutôt appeler "premier", comme "primary"), qui a décidé de lire, et pour cela, d’acheter. Les lecteurs qui paient ne sont ni des lecteurs «en passant» ni surtout des passants qui lisent ; ils ne sont pas de ceux que Nietzsche appelait "les oisifs lisants" (je traduis littéralement "die lesenden Müßiggänger", que d'autres traduisent "ceux qui lisent en badauds"). Lecteurs engagés. Coeur de cible que recherchent annonceurs et mediaplanners, car il garantit la justesse de l’achat média.
Faire payer les lecteurs, leur proposer des contenus dont ils ont besoin, c’est les convaincre d’investir (les lecteurs mettent leur argent où il voient leur intérêt, il font, dans les deux sens de l’expression, crédit au média, crédit renouvelé, numéro après numéro). C’est aussi assurer une valeur supérieure à ces lectures et aux espaces publicitaires qu’elles découvrent. De plus, quand les lecteurs sont abonnés, il ont confié au titre des informations pertinentes que la régie peut utiliser (opt-in) pour leur proposer en plus des informations commerciales adéquates.
Cercle vertueux : le payant est payant car le payant valorise l’espace publicitaire.
Pour instruire plus avant cette affaire, prêtons attention à une décision récente de l’organisme d’audit de la presse américaine, ABC (Audit Bureau of Circulation, équivalent européen de l’OJD). L’ABC a décidé que sera considéré comme contribuant à la Diffusion Payée (paid circulation, DFP en France), tout exemplaire acheté, quelle que soit la part du prix facial payé (c’est déjà la cas pour les magazines). Jusqu’à présent, un quotidien devait indiquer pour le rapport d'audit la part des exemplaires payés au moins 50% de leur prix facial et la part entre 25 et 50%. A cela s’ajoutent d’autres modifications ; n’entrons pas dans les détails : retenons que la notion de payant s’étend notamment à des exemplaires que le lecteur obtient gratuitement (grâce aux compagnies aériennes, aux hôtels, aux cabinets médicaux, etc.).
Revenons encore au coût de transaction : peut-on affirmer que plus un lecteur accepte un coût de transaction élevé plus il est motivé ? Ainsi pourrait-on ordonner les lecteurs : d’abord celui qui se rend dans un point de vente presse, au jour et à l’heure de sortie du titre, paie et emporte son quotidien ou son magazine, puis celui qui s’abonne pour n’en manquer aucun, jusqu’à celui, enfin, lecteur d'occasion qui n’a rien demandé et à qui l’on met dans la main un titre et l’abandonne sur place, ou encore à celui qui le reçoit malgré lui dans sa boîte aux lettres.
Entre ces extrêmes : Internet, car on paie l’abonnement global à un fournisseur d’accès, Internet qui demande que l’on recherche le titre ou l’article, et que parfois l’on paie en confiant ses coordonnées pour recevoir une information commerciale choisie (lectorat hautement qualifié).
Bien des notions que nous avons ânonnées méticuleusement en agences média et en régies se trouvent aujourd’hui chamboulées par les nouveaux modèles économiques des médias (le modèle mixte existe aussi en radio, TV, musique, etc.). Sur quelles études fondera-t-on les nouvelles notions ? Faut-il encore distinguer "achetorat" et "lectorat", selon quelle arithmétique les combiner ? Un beau chantier à ouvrir : réparation, construction.
vendredi 28 mars 2008
L'exception chinoise : note de lectures
Bruce Dover, Rupert’s Adventure in China. How Murdoch Lost a Fortune and Found a Wife, 2008, Tuttle Publishing, 302 p. Index
Ce livre est une fable : celle du patron d’un groupe multimédia international qui voulait aller en Chine. Agréable à lire, sans prétention théorisante, écrit par un briscard de l’armée de Rupert Murdoch. Donc, Murdoch voulait implanter News Corp. en Chine pour disposer d’un réseau satellitaire mondial (avec DirecTV aux Etats-Unis, BSkyB et Sky Italia en Europe, et Star TV en Asie) et, partant, d’un formidable network publicitaire mondial. De l’intérieur, l’auteur raconte toutes les opérations, les stratagèmes imaginés, la politique des petits pas et des grands repas. Il décortique l’art de collectionner les relations intéressées (guanxi, 关系) et celui, méticuleux, de les mobiliser opportunément : tout ceci dans l’espoir qu’administration et gouvernement autoriseront les foyers chinois à s’équiper d’antennes paraboliques pour recevoir du ciel les bienfaits de la télévision occidentale. Rien n’y fit. Les gouvernements successifs ont littéralement baladé, au prix fort, News Corps et ses missi dominici.
Les médias Chinois aux Chinois : application de la "doctrine Monroe" à ses promoteurs américains. Manifestement, comment s’en étonner, la Chine a retenu la leçon des humiliations et des souffrances des années de colonisation occidentale (guerres de l’opium, Révolte des boxeurs, etc.). Et elle ne s’en laisse pas conter par ceux en qui elle ne voit plus que des « tigres de papier » (紙老虎). Et dans Google et Facebook et que des tigreaux numériques.
Ouvrir sa télévision aux étrangers, c’est risquer une partie de sa souveraineté. Les médias, rappelle cette fable moderne, ne sont pas des produits d’importation comme les autres : que faire pour que cette indispensable ouverture ne soit pas une abdication culturelle ? Prudents, les gouvernements chinois attendent, semble-t-il, que les médias chinois soient en état d’affronter la concurrence à armes égales.
Pour tous ceux qui s’imaginent encore que la "Chine est proche", que la mondialisation est "un dîner de gala", la leçon de ce livre sera salutaire. Elle recoupe d’ailleurs celle d'une autre expérience, savoureuse elle aussi, de la distance qui sépare la culture de gestion occidentale de la chinoise, exposée dans un livre fameux, Mr China, de Tim Clissold : les tribulations d’un banquier de Wall Street en Chine. Le récit de toutes ces erreurs constitue un superbe cours de gestion, « par l’exemple négatif », comme dit justement l’expression chinoise.
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