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mardi 15 juillet 2014

Start-Ups en série


START-UPS <silicon valley> est une série qui a été programmée par la chaîne américaine Bravo (NBCUniversal), en 2012 : la diffusion fut interrompue après huit épisodes et ne fut pas renouvelée depuis. L'audience, raisonnable pour le premier épisode (700 000 personnes selon Nielsen), diminua ensuite. "Geeks are definitely the new rock stars", prophétise le site de Bravo ; pas sûr !

Screenshot de l'émission (générique)
Start-ups. Silicon Valley relève du genre télé-réalité (unscripted drama) ; elle réunit six acteurs, entrepreneurs de start-ups de la Silicon Valley : deux ont lancé Ignite Wellness qui suit les activités sportives (monitoring); l'un recourt à un accélérateur Appcelerator, plateforme d'incubation d'applications (cloud software suite) ; l'une est journaliste bloggeuse; l'une travaille à une start-up pour la mode (Shonova); l'autre à un comparateur de prix pour l'automobile.

Randi Zuckerbergexecutive producer de la série, souligne qu'il s'agit d'un reality show, pas d'un documentaire ; l'ancienne directrice marketing de Facebook se veut garante de la véracité des personnages et souligne sa volonté de vulgariser la culture des start-ups (television friendly) et de l'économie numérique.  Pour cela, la série met l'accent sur les relations, amicales et amoureuses, les flirts, les confidences ("capturing the interpersonal dynamics that go on in companies. There is real drama in start-ups", dit Randi Zuckerberg). De plus, tout ce monde se veut à la mode, s'habille avec une distinction toute californienne, parle à la mode, mange à la mode...

Certes, la série évoque l'angoisse de la levée de fonds, le doute des jeunes entrepreneurs au moment de passer du statut de salarié à celui d'entrepreneur, de quitter la Silicon Valley pour New York... On perçoit les décors emblématiques et les rituels des entreprises du numérique : présentations PowerPoint, diagrammes jetés au feutre sur des tableaux blancs, ordinateurs portables, smartphones et tablettes omniprésents, dès le matin, de la cuisine à la salle de bain.
Le montage fait alterner des dialogues champ-contrechamp avec des monologues introspectifs, sorte de sous-conversation disant le non-dit, illustrant la vigueur du débat intérieur.
Derrière l'intrigue, on perçoit aussi des questions plus générales : que signifie la Silicon Valley, une aire géographique (le générique s'ouvre sur une carte de la Silicon Valley), un pôle économique ou un état d'esprit ("entrepreneurial mindset") ?

Parce qu'elle donne une image fausse de la Silicon Valley, la série a été beaucoup critiquée. On y a vu plus de soap-opera que de réalité. Cet essai souligne combien il est difficile de montrer le travail d'une start-up du Web, la gestation si peu spectaculaire ("relatable", dit Randi Zuckerberg) des idées innovantes : codeurs devant un écran, présentations de business plan aux VCs et business angels, discussions stratégiques ("pivoting")... Comment faire vibrer un public pour des événements aussi peu visibles, si peu lisibles : pour la levée de fonds, on montre la signature du chèque de un demi million de dollars...
D'autres émissions s'essaient à faire voir l'économie numérique et à célébrer la culture scientifique : ("Shark Tank", sur ABC depuis 2009, "The Big Bang Theory", sur CBS depuis 2007, "Person of Interest" sur CBS depuis 2011, sans compter le film sur Facebook, The Social Network).
A priori, la vidéo semble se prêter moins bien à cette ambition de vulgarisation que l'essai ou le roman (cf. l'approche de Katherine Losse dans The Boy Kings. A Journey into the Heart of the Social Network).
Sur le même sujet, dans un tout autre style, HBO a également produit une série intitulée "Silicon Valley", sitcom réunissant six jeunes gens créant une start-up. La première saison est un succès. A suivre.

Bien sûr, on peut voir dans la série de Bravo une bonne idée mal ficelée, une occasion manquée de faire connaître une nouvelle économie et ses contradictions. Les start-ups y appparaissent comme un univers de privilégiés, monde irénique où tout le monde il est beau, tout le monde il est jeune et riche. A l'opposé, on oublie la gentrification provoquée par Apple, Google, Facebook et autres, aux manifestations anti-tech contre les bus transportant luxueusement les employés du numérique, aux problèmes sociaux d'Amazon... Lutte des classes dans numérique ? Belle occasion de série ?

mardi 20 août 2013

The end of 3D TV?

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How is 3D TV doing ? Not well.
ESPN 3D has said it was stopping 3D production for sporting events by the end of 2013. The BBC also is stopping production and will not launch a 3D channel: why ? "lack of public appetite for the technology". In 2013, the French tennis open (Roland Garros) was not broadcast by France Television in 3D anymore.

Last year, Canal+ (France) stopped broadcasting its 3D channel in France. In Australia, Foxtel will stop broadcasting 3D programs next week. ESPN 3D will close at the end of the year, BT Sport calls 3D "a waste of time".
There are still 3D channels: in the US, DirecTV still has 3D lineup (with ESPN 3D and 3net), but for how long? ; in Turkey, 3D exists within Digiturk's package (with Discovery); in France, Orange offers 3D on canal 333 as well as some VOD and there is still a Canal+ 3D in Spain. And there is Sky3D in the UK.
Among the reasons mentioned by operators against 3D TV: the price of a 3D TV set, lack of programming, the need to wear special glasses at home...
Being "smart" for TV will not include 3D.
3D was supposed to be the next big thing for TV, people were supposed to buy expensive 3D TV sets... It will not happen.
For the time being, you can still watch 3D movies in theaters...

mardi 30 mars 2010

Football 3D

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Le foot investit en force la 3D. Après quelques diffusions tests dans des lieux publics, en Grande-Bretagne (janvier) et en Allemagne (mars), les grands médias télévisuels passent à l'attaque.
  • En Grande-Bretagne, Sky Digital, le bouquet satellite lance une chaîne 3D, le 3 avril 2010 à 12H, pour le coup d'envoi du match Manchester United - Chelsea (Barclays Premier League). Cette chaîne qui a déjà sa place dans le guide de programmes (canal 217) sera gratuite pour les abonnés au bouquet HD. La promotion de Sky 3D est assurée en parrainant le film de Tim Burton, "Alice in Wonderland"qui est en 3D. Cinq autres matchs seront retransmis en 3D avant la fin de la saison de Premier League (9 mai) et celle la finale des play-offs de la Coca Cola Football League à Wembley (fin mai). 
  • Si peu de foyers sont encore équipés de téléviseurs 3D (Sony, Samsung, LG, Panasonic en proposent sur le marché), plus d'un millier de pubs en Angleterre et en Irlande se sont déjà équipés et sont prêts à recevoir les supporters avec des lunettes 3D. Evidemment, cette audience ne sera pas mesurée (cf. Ecrans foot sans mesures).
  • Aux Etats-Unis, ESPN, premier groupe sportif média mondial, lance ESPN 3D qui diffusera 25 matchs de la Coupe du monde, dont le premier, Afrique du Sud - Mexique.
  • En France, que se passe-t-il ? Rien ? Avez-vous entendu parler de quelque chose (en dehors de France-Angleterre diffusé dans 22 salles de cinéma par France 2... mais c'était du rugby (une étude d'opinion réalisée par Médiamétrie auprès des spectateurs : résultats favorables...).
Comme toujours, football et sport sont moteurs de l'innovation média. Seul, le football conjugue la passion et la visibilité qui permettent aux innovations de conquérir les très grands publics mondiaux, assurant à ces innovations notoriété et intentions d'achat. 
Comme toujours, l'innovation la plus récente commence par s'installer dans les lieux publics, ne nécessitant pour le téléspetateur aucun frais d'équipement. Influenceurs, les lieux publics lancent la tendance.
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mercredi 12 novembre 2008

Tout à la demande, sans condition


Le bouquet Sky Digital (8,3 millions d'abonnés payants, Grande-Bretagne) vient de mettre sans fanfare son offre de vidéo à la demande (VOD) à disposition de tous, même non abonnés ("non-Sky TV customers") :  "Anybody can use Sky PLayer". "For everybody - no Sky TV subscription required. Sign up is free".
Cette offre de VOD en ligne comprend tous les éléments, désenchaînés, d'une grille de chaîne grand public : divertissement dont sport (Sky Sports Highlights), documentaire, cinéma (pour l'instant seulement annoncé), émissions pour enfants, information, etc.
Il suffit de télécharger et installer un logiciel ... et de payer (7£ pour le pack sport, 1,5£ pour les autres émissions). On est donc loin de l'offre "CanalSat à la demande" qui n'est offerte qu'aux abonnés.

Cette offre inaugure discrètement une nouvelle conception du marketing des programmes télévisés.  
Délinéarisation totale. Pour ceux qui n'en veulent pas, suppression du carcan du bouquet, tout en profitant de son image. Cette offre dessine un nouveau modèle économique, mixte : bouquet ou programmes à l'unité, comme chez la fleuriste. L'offre non-clients constitue de plus une incitation à essayer le bouquet et à s'abonner. Excellente promotion qui rompt avec l'auto-célébration courante.

On voit dans tout cela poindre une évolution de fond : le distributeur prend toute la place et toute la notoriété. La marque distributeur (MDD) pourrait l'emporter sur les marques des chaînes. Tiraillées entre l'émission que souvent elle ne font qu'acheter et le bouquet qui les distribue, les chaînes s'estompent.

Ce qui n'est pas encore clair dans ce modèle : 
  • Quel rôle est assigné à l'enregistrement (qui est une fonctionnalité du Sky PLayer) et à la synchronisation sur divers supports (dont supports mobiles). 
  • Quelle place à la publicité : garde-t-on la publicité d'origine (écrans de coupures) ou commercialise-t-on un nouvel espace publicitaire pour de nouveaux annonceurs ou de nouveaux messages ? 
  • Comment sont mesurées et prises en compte les audiences de cette VOD par les panels audimétriques, selon quel degré de différé (J+1, J+3, J+15) ?
  • Comment l'offre est-elle connue des clients non-abonnés ? Vont-ils y accéder par le guide de programmes en ligne (IPG, "accessible TV listing") ?
  • Aujurd'hui, c'est la chaîne linéaire qui construit et finance la visibilité première des programmes ? Peut-on se passer de cette vitrine ?