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dimanche 23 mai 2010

Le foot sur Satellite Radio

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Le foot, on l'oublie parfois, se regarde aussi à la radio. Aux Etats-Unis, la radio par satellite (Sirius XM Radio) diffusera l'ensemble des 64 matchs de la Coupe du monde, sur plusieurs canaux différents lorsque plusieurs matchs seront joués simultanément. C'est ESPN Radio qui produit les matchs. Outre les matchs, la radio offrira des commentaires avant et après match : tout est résumé en un slogan "World class soccer now - Sirius is soccer central".
  • Pour l'instant il n'est pas question de diffuser ces matchs sur le service Sirius Backseat TV, qui propose de la télévision pour les sièges arrière de la voiture : trois programmes de dessins animés (Disney Channel, Cartoon Network, Nickelodeon). Pendant que les passagers des sièges arrière regardent la TV, les passagers des sièges avant peuvent écouter la radio. Dommage qu'il n'y ait pas aussi le foot : sûr que les "soccer moms" apprécieraient !
  • La radio par satellite compte désormais 19 millions d'abonnés qui, chaque mois, paient de 7 et 20 $. Les deux chaînes XM et Sirius ont fusionné mais offrent encore deux programmations distinctes : 130 chaînes chacune, les musicales (70) étant sans aucune publicité. L'équipement de réception est proposé en première monte par la plupart des marques automobiles présentes sur le marché américain. Cette radio est présente au Canada. Les abonnés peuvent également l'écouter en ligne.
Comme souvent les grandes compétitions sportives provoquent un développement des médias. Le football, cette année encore, est un facteur déterminant de développement des médias (cf. posts précédents) : les applis, la 3D, la couverture complète par radio satellite...
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lundi 23 novembre 2009

Oprah, marque média

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"The Oprah Winfrey Show" s'arrêtera en 2011, 25ème et dernière saison d'un talk show distribué à 216 stations locales (donc couverture nationale). C'est l'émission la plus populaire de la tranche horaire de "journée" (daytime, diffusée généralement à 16H), qui apporte beaucoup d'audience et de revenus publicitaires aux stations, beaucoup de notoriété et de légitimité aussi (cf. OBprAMAh).

Oprah déclare qu'elle se consacrera ensuite à la chaîne thématique OWN (Oprah Winfrey Network) qu'elle lance avec  Discovery Channel (Joint Venture Harpo Productions / Discovery : 50/50) en janvier 2011, ce qui laisse du temps pour la promotion de la chaîne et permet d'attendre la reprise du marché publicitaire. Pourquoi OWN ? Au-delà de l'acronyme, la promotion suggère une réponse : "It's your life, Own it!"
On dit, vu de France, qu'il ne s'agit que d'une "chaîne du câble". L'expression peut induire en erreur : aux Etats-Unis, toute la télévision est distribuée par le câble, le satellite ou les télécoms. Le terrestre strict (exclusif, désormais numérique) concerne moins de 10% des foyers américains. Passant d'une émission diffusée en syndication nationale à une chaîne non terrestre bien implantée auprès des opérateurs câble-satellite-télécoms, Oprah perdra peu de couverture et gardera donc la faveur des annonceurs nationaux.

Modèle économique
La chaîne est commercialisée, dès maintenant, 10 à 15 cents par abonné / mois aux opérateurs. OWN remplacera Discovery Health Channel (74 millions d'abonnés actuellement) ; elle conservera une partie de programmation santé / médecine. OWN pourra donc compter sur 80 millions d'abonnés au lancement sur un marché national de 114,5 millions de foyers TV ; Discovery compte plus de 100 millions d'abonnés et OWN peut viser ce niveau. Le versement des opérateurs représentera près de 150 millions de $ à quoi s'ajouteront les revenus des écrans publicitaires.
En 2009, pour la syndication, les revenus publicitaires - en hausse - seront de l'ordre de 300 millions de $ (source : mes calculs, d'après TNS). On voit que la contribution des opérateurs câble/satellite/télécoms couvrira la moitié des revenus publicitaires. Changeant de distributeur, Oprah passe à un modèle économique moins dépendant de la publicité.
S'adressant aux femmes, OWN aura plusieurs concurrentes : Oxygen, Bravo (NBCU) et Lifetime Networks (Lifetime Real Women, Lifetime Movie Network et Lifetime Real) de AETN. Aucune n'a la force d'attraction d'Oprah.

Qui est touché par la décision d'Oprah ?
  • ABC qui diffuse le programme en syndication sur ses stations "O and O" et perd un excellent programme servant de lead-in pour les soirées.
  • CBS Television Distribution qui commercialise le programme en syndication
  • Chicago, la ville où Oprah a commencé et où se trouvent ses studios (le maire a marqué son mécontentement).
  • Les chaînes féminines concurrentes
  • Le marché de la syndication qui perd un de ses acteurs de référence au profit des réseaux câblés
OWN diffusera sans doute un talk show où interviendra plus ou moins régulièrement Oprah, ce qui raménerait à la chaîne les spectateurs réguliers de son émission. Tout ceci est possible parce que le personnage d'Oprah, son émission et ses produits dérivés ont une notoriété supérieure à celle des stations qui la diffusent (fussent-elles "O and O" d'un network national). Les produits dérivés du talk show sont des médias puissants : le Book Club, Oprah Radio sur Sirius XM, O The Oprah Magazine avec une diffusion payée de 2,4 millions d'exemplaires (ABC), The Oprah Store, etc.)


La marque média, c'est l'émission et ses médias dérivés, et non l'ensemble de stations ou la chaîne qui la diffusent : Oprah veut réussir  le transfert de ce capital d'image et de notoriété vers sa propre chaîne (d'où "own") maintenant que les chaînes thématiques peuvent accéder à l'audience nationale que recherchent les annonceurs nationaux. Avec OWN, la marque Oprah (contenu) et le distributeur ne feront plus qu'un : une marque média.
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mardi 20 janvier 2009

Obama, élu bien après Oprah


Quand triomphe Obama, il y a longtemps que l'Amérique profonde, celle qu'ignorent touristes et arrogants voyageurs, Tocqueville de grands hôtels et buffets chics, il y a longtemps déjà que cette Amérique a voté Oprah. Toutes couleurs confondues ("transcending the races").

Oprah est une grande dame de la télévision américaine. On lui doit le "Oprah Winfrey Show", émission quotidienne d'une heure distribuée par CBS Television Distribution et vendue en syndication nationale (depuis 1986). Le talk show est diffusé l'après-midi (16H, dans la plupart des DMA), en HD. L'audience est féminine et "multi-culturelle". L'audience se situe entre 5 et 6%, (Nielsen Media Research, "live-plus-same-day", 2008).
Les engagements de l'émission sont clairs. Pour les femmes d'abord : ses émissions invitent des personnalités (people) mais surtout des femmes en difficulté dans leur vie quotidienne. Des idéal-types, en quelque sorte : il est question des difficultés au sein de la famille, de l'obésité, de l'échec scolaire, du travail des femmes, à la maison, à l'extérieur, etc. Sorte de psychanalyse collective ("talking cure", pour suivre une expression freudienne), son émission dans un style sans chichi, mêle en direct l'ordinaire et l'extraodinaire. Style personnel, au sens strict, car elle est souvent elle-même la matière de son programme. 
Avec des ambitions de service public aussi : "faire lire le pays" (et illustrer la compatibilité de la TV et de la lecture de livres), lutter contre l'endettement des plus pauvres, dénoncer la violence contre les femmes, protéger les enfants (une loi du gouvernement Clinton fut adoptée à la suite de ce que l'on appela "Oprah Bill", 1993). Redonner la main aux démunis dans leur propre vie, réinstaller la fierté, dénoncer la "slave mentality" qui n'est jamais loin de la "welfare mentality", mentalité d'assisté) : "Be all you can be". Courageux, et mal vu des lobbies constitués.
Son émission rompt avec les lamentations habituelles et les approches voyeuristes : "The time has come for this genre of talk shows to move on from dysfunctional whining and complaining and blaming" (1994). Fonction thérapeutique. Il y a du Gorki dans cette tonalité !

Oprah, c'est aussi une marque média : deux magazines papier avec Hearst Magazines, "O: The Oprah Magazine" (2000) et "O at Home" (décoration), un club de livres Opah's Book Club (1996), un site Internet, Oprah.com et une chaîne de télévision. Elle a été co-fondatrice d'une chaîne féminine, Oxygen, rachetée par NBC. "Oprah and Friends" sur XM satellite Radio. Cette année, elle lancera sa propre chaîne, OWN, (The Oprah Winfrey Network) avec le groupe Discovery Channel. 
Oprah dispose d'un immense pouvoir de prescription ("the Winfrey effect"), tant au plan des idées, des comportements que des consommations (Living Oprah, un blog raconte au jour le jour l'expérience de quelqu'un qui a décidé de suivre toutes les recommandations de Oprah !). 

Sa philosophie est claire : les hommes sont libres, égaux et responsables de leur vie. Ses engagements s'affichent, en acte, nets : financer une école pour jeunes filles pauvres en Afrique du Sud, accompagner Elie Wiesel pour une émission depuis Auschwitz, inviter Toni Morrison pour une leçon de littérature, etc
Oprah a soutenu la candidature de Obama parce qu'il lui semble "transcender" la politique. Sans doute n'est-elle pas pour rien dans le résultat de cette élection qui, après plus de deux siècles, voit les Etats-Unis transcender races et communautés. Oprah prouve que la télévision, avec des idées et du style, peut inciter les téléspectateurs à changer eux-mêmes leur monde et, d'abord, à renoncer au renoncement.


Biblio : Janice Peck, The Age of Oprah. Cultural Icon for the Neoliberal Era, Bibibliogr., Index.

mercredi 14 mai 2008

La radio à l’écoute de ses mesures

Comment mesurer l'audience de la radio ? Les modalités de consommation de la musique et des médias audio se multiplient (MP3, iTunes, téléphonie, Internet, Satellite radio, HD Radio, radio numérique. Cf ci-contre le linéaire "audio" d'une grande surface spécialisée américaine en 2007). La radio, qui tarde à passer massivement au numérique, ne sait plus à quelle méthodologie se vouer. Le bilan des orientations méthodologiques en cours n'est pas commode. Tentative.

Rajar abandonne le PPM (Portable People Meter) d’Arbitron pour mesurer la radio en Grande-Bretagne (Rajar, Radio Joint Audience Research, rassemble la BBC et les stations commerciales). Au Canada, en revanche, BBM Sondages l’adopte pour la télévision et la radio (association Arbitron / TNS) après 10 mois de tests au Québec.

Les Etats-Unis ont adopté le PPM pour la mesure de la radio (mais pas pour la TV), après des audits répétés du MRC, beaucoup de retard de Arbitron (au point qu’une class action est lancée par des actionnaires). Pour l'instant, l’accréditation a été accordée en radio pour Houston (Texas) mais refusée pour Philadelphie et New York : question de représentativité des panels. Rappel : contre toutes les prévisions des experts, la radio par satellite compte aux Etats-Unis 18 millions d'abonnés.

Au PPM, on reproche en Grande-Bretagne une sous-estimation (mon interprétation) de l’écoute au moment sacré du breakfast (prime time), et trop de difficultés pour épouser la complexité du marché radio anglais (NB : il faut que chaque station encode son signal à l’émission).

Aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne, on bute diversement sur les modalités d’échantillonnage, liées à l’acceptation de l’appareil (respect de quotas, eux-mêmes discutables).

Depuis 2001, selon le quotidien The Guardian, Rajar aurait ainsi dépensé 3,5 millions de £ pour des tests en vue de remplacer ses 130 000 carnets d’écoute annuels. Aux dernières nouvelles, on pencherait pour un carnet d’écoute rempli en ligne (conçu par Nunwood Research). Carnet d’écoute en ligne qui a été abandonné aux Etats-Unis, en avril 2007, car le eDiary de Arbitron souffrait d’un taux de retour médiocre.

Plaisante justesse qu'un océan borne ! vérité au deçà de l'Atlantique, erreur au-delà.

En Grande-Bretagne, après sept ans de tests, on reprend tout à zéro, car tout a changé, les comportements d’écoute, les opérateurs, les programmes, les technologies de diffusion, les réglementations.

La vitesse de changement du marché est supérieure à la vitesse de mise en place des tests d’évaluation de ce marché. Voici une Proposition de la science nouvelle des médias numériques : le test est encore en cours que déjà son domaine d'application a changé. D'où les versions bêta et la "révolution permanente par étapes" qu'a définitivement instituées la culture Internet, toute en flexibilité, condamnée à l'ajustage sans fin et à la mesure continue. La mesure désormais doit faire partie du média, sinon elle est condamnée à lui courir après, toujours déjà en retard.

Comment s’y retrouver, on croirait assister à un lent et copieux raisonnement méthodologique par exhaustion ? Ne pourrait-on, au moins, imaginer une coopération internationale pour les tests : optimiser les durées et les budgets en fédérant et confrontant les compétences ?

lundi 14 avril 2008

Auditeurs et écouteurs

Comment va la radio ? Plutôt mal, si l’on en croit les augures publicitaires. Démodée par les nouveaux modes de consommation de la musique, elle tarde à se faire numérique et mobile. Aux Etats-Unis ? Le numérique (HD Radio) s'installe doucement et la radio par satellite compte déjà 17 millions d’abonnés automobilistes qui paient 13 dollars / mois. Pour redorer le blason terni de la radio traditionnelle, les organismes interprofessionnels de la radio ont lancé à la mi-avril une campagne nationale d'image, plurimédia, vantant l'ubiquité sociale de la radio : Radio Heard Here .

Aux yeux des annonceurs,
cela ne suffira pas.
D’ici cinq ans, il faut que la radio soit présente dans tous les supports musicaux mobiles : c’est le programme que lui assigne le président du Radio Advertising Bureau américain. Selon lui, le développement de la radio passe par le téléphone portable et le balladeur. Etre partout où il y a des écouteurs, telle doit être l’ambition publicitaire de la radio.

Il y a du travail en perspective.
Jusqu’à présent le iPhone et le iTouch n’offrent pas de réception radio tandis que YouTube est d’emblée présent (tout YouTube est disponible sur l'Internet mobile). "Video Killed the Radio Star" chantaient les Buggles en 1981 au lancement de MTV : ce que MTV a commencé, YouTube pourrait bien l'achever.

Certes, il existe des accessoires pour capter la radio sur un iPod et de nombreux téléphones incorporent la radio (Nokia, Samsung, Sony Ericsson, etc.). Les nouveaux récepteurs HD Radio permettent le taggage par l’auditeur des musiques qui l’intéressent : il peut ensuite les acheter sur iTunes après synchronisation avec l’ordinateur. Clear Channel Radio viennent d’implanter ce service pour 345 de ses stations.

Certes, tout ce qui est disponible sur Internet l'est aussi en Wi-Fi sur tout bon PDA ou sur iTouch : AccuRadio vient de mettre 320 stations à disposition en streaming aux utilisateurs mobiles sur son site AccuTunes. Encore faut-il disposer en continu du Wi-Fi à

XM, l'un des deux bouquets re radio satellite déclare entamer une collaboration avec Apple pour être présent sur le "iPod front". Mais est-ce l'intérêt de Apple d'installer la radio sur tous ces récepteurs ?

Dans les années 1960, le transistor avait donné de la mobilité à la radio mais il fallut plus de 20 ans pour que la FM, longtemps hors la loi, se généralise en France. Décidément, la radio n’a pas de chance : la voici de nouveau en retard d’une technologie. Vivement la radio numérique : c’est le nom d’une association, optimiste.

En attendant, les générations collégiennes et lycéennes flânent l’iPod à l’oreille, écouteurs partagés, une oreille chacun, stéréophonie sentimentale, rejouant à leur manière les vers d’Aragon (« Il ne m’est de Paris que d’Elsa », 1964) :
"Des générations déjà comprennent différemment la flânerie
Qui s'en vont l'oreille au transistor sentiments et cheveux au vent".