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lundi 2 septembre 2019

AT&T against Nexstar Media Group. Is there a winner?


A war is over! The blackout of the Nexstar TV stations by the AT&T satellites, which started early July 2019, is now over. The new retransmission consent will cover almost a hundred DMAs (97) for DirecTV, TV Now and U-Verse TV (all AT&T properties).
During this blackout, Nexstar TV stations could not be received by AT&T subscribers. Therefore ABC's "Good Morning America" gained a little over "Today" (NBC) because more NBC stations were affected.

The inconveniences experienced by subscribers and advertisers were probably important. Some AT&T subscribers no doubt stopped their subscriptions for good since they suffered from the blackout for two-thirds of the summer. For the time being, we do not know what the damages are.
Of course, "terms of the deal were not disclosed"!
It took two months for the two companies to agree. That is a very long time!

AT&T has also signed a multi-year carriage agreement with Starz, Starz Encore, etc.


lundi 7 décembre 2015

ESPN : la situation de la TV sportive se dégrade-t-elle ?


Il y a près de 40 ans, en 1979, ESPN fut une start-up, ESP-TV. Son projet reposait sur trois idées originales, innovantes : la première, réaliser une chaîne de télévision consacrée uniquement aux sports (avant même que CNN ne lance l'information TV en continu) ; la deuxième idée fut de recourir au satellite pour la diffusion nationale de cette chaîne ; la  troisième fut de faire payer les opérateurs du câble (à l'époque, 10 cents par abonné, par mois). Pour la télévision, ESPN fut donc à la fois une révolution dans la programmation, une révolution dans la distribution, une révolution dans le modèle économique.
Le succès ne fut pas immédiat et, comme pour beaucoup de start-ups, l'histoire de ESPN est marquée par des investissements manqués. Ce furent d'abord T. Turner puis Time Warner (malgré l'avis positif de son magazine sportif, Sports Illustrated) qui déclinèrent l'invitation à investir. Le premier investisseur avec 85 % du capital, fut étranger aux médias et à la publicité : Getty Oil (pétrole) en 1979 (laissant 15% aux fondateurs). En 1982, le network ABC prit 10% et une option pour 39%. En 1984, Texaco (qui a racheté Getty Oil) revend ESPN à ABC (80%) et Nabisco (annonceur de la grande consommation, 20%, qui seront rachetés par Hearst en 1990). Cécité par trop prudente de médias qui n'aiment pas prendre de risques.
ESPN The Magazine, lancé en 1998

8 ans après son lancement, en1987, ESPN était à l'équilibre. Depuis lors, la chaîne a poursuivi son développement sans trop d'encombres, conjuguant diversification (ESPN2, radio, magazine, ESPNews, MVNO, etc.) et internationalisation pour devenir bientôt "Worldwide Leader in Sports", selon son propre slogan. Dès 1995, toujours innovant, ESPN met en place une stratégie Internet offensive.
ESPN est ainsi devenue la première chaîne auprès des MVPD, la plus chère et la plus puissante, la plus indispensable pour les téléspectateurs : comptant près de 100 millions d'abonnés, la chaîne est facturée plus de 6 dollars par abonné, par mois.

Mais le modèle si remarquable semble se gripper : le groupe Disney (qui a racheté ESPN en même temps qu'il prenait le contrôle du network ABC, en 1995) doit annoncer aux actionnaires, en décembre 2015 que, au cours des deux dernières années, ESPN a perdu 7 millions d'abonnés. Or ESPN est la première source de profit du groupe Disney (près de 45 %). ESPN avait déjà annoncé en octobre 300 licenciements (ESPN compte 8 000 employés).

Que s'est-il passé ?
La première hypothèse explicative avancée est celle de la réticence croissante des foyers américains à prendre des abonnements groupés (bundling), jugés trop chers. Cord-cutting + cord-nevers constituent un phénomène général, en partie lié à l'augmentation du montant des droits sportifs auquel le groupe ESPN doit faire face (du fait, entre autres de la concurrence de Fox et de Comcast) et qu'il repasse à ses abonnés. De plus, les coûts de production du direct ne cessent d'augmenter. L'audience de l'émission emblématique, SportsCenter (lancée en 1979), baisse suite au départ de plusieurs journalistes phares.

La plupart des chaînes thématiques subissent une érosion semblable de leur portefeuille d'abonnés.
Pas d'explication par Netflix dans le cas de ESPN qui a déclaré ne pas envisager de diffuser de sport ! Toutefois,  il est probable que la chaîne amène les foyers américains à réfléchir et revoir leur abonnement groupé lorsqu'ils paient 10 $ par mois pour une offre considérable de divertissement : en comparaison, l'abonnement au câble leur paraît très cher.

Chaîne sans data
ESPN n'est pas distribué en OTT : la chaîne ne connaît donc pas ses télépectateurs, leurs comportments et leurs goûts : ce sont les MVPD, petits ou grands qui les connaissent pour l'instant. Data indispensables pour personnaliser et recommander les contenus (programmes et publicité) et construire une DMP efficace. Le passage en diffusion OTT, envisagé, supposerait que la chaîne soit vendue au moins 30 $ par mois pour garder le même niveau de profit qu'avec le modèle actuel, soit trois fois plus que l'abonnement mensuel à Netflix. C'est beaucoup... Mais surtout cela sonnerait la fin de la vente groupée de chaînes.

Si le changement paraît "inévitable" selon Disney, il est encore difficile d'en imaginer les conditions et la chronologie (du fait des contrats en cours, récemment renouvelés, avec les opérateurs MVPD et avec les fédérations sportives). Le nouveau modèle économique du sport télévisé n'est pas encore imaginé. Quel prix les téléspectateurs sont-ils prêts à payer le sport ?
Etant donnée l'importance du modèle ESPN pour la télévision sportive, son évolution prochaîne devra être suivie de près.
Le succès passé et présent de ESPN semble fonctionner comme un obstacle à l'innovation indispensable pour affronter les nouveaux marché de la télévision, ESPN n'a guère modifié son modèle économique depuis son lancement ; il l'a amélioré, pour faire mieux et beaucoup plus de la même chose, tout en conservant un même paradigme (cf. Thomas Kuhn, 1962). Que doit faire une entreprise lorsqu'elle est prise dans une disruption ?

jeudi 2 avril 2015

Cours de gestion des médias par la Cour des comptes


La Cour des comptes publie son analyse de la situation de Radio France (2004-2013) : Radio France : les raisons d'une crise, les pistes d'une réforme. Avril 2015, 238 pages (dont 43 pages de réponses des adaministrations et organismes concernées).

Peu d'a priori idéologique ou partisan autre que le bon sens de gestion dans ce texte. Difficile de ne pas s'étonner, naïvement, des éléments mobilisés pour son diagnostic par la Cour : Radio France étant financée par l'impôt (90% du CA provient de la redevance), il est logique d'en attendre une gestion rigoureuse, et un style de vie frugal.

Or Le Canard enchaîné, qui se délecte de tels scandales, c'est son métier de journaliste, vient par trois fois successives d'épingler la gestion de Radio France pour des dépenses somptuaires incompatibles avec la gestion publique, pour des privilèges difficiles à admettre par les contribuables (voiture de fonction et bureau luxueux, frais de conseil en image, etc.). Toutefois, l'Inspection générale des finances ne verra aucun "caractère anormal" dans ces dépenses.
Canard et Cour des comptes, même combat ? "S'assurer du bon emploi de l'argent public, en informer le public", stipule la devise de la Cour.

L'analyse de la Cour des comptes dénonce, en une belle euphémisation, "une gestion peu rigoureuse", qu'il s'agisse des achats ou de la gestion de la masse salariale (4 300 employés).
La Cour des comptes recommande, entre autres, "la mutualisation dans le domaine de l’information et la création d’une rédaction unique" donc de "fusionner les rédactions de France Inter, France Info et France Culture"). Soulignant "l’intégration incomplète du numérique", les magistrats de la Cour demandent à Radio France d"accélerer la mue numérique". Métaphore malencontreuse, car il s'agit plus que d'une "mue", plus que d'un changement de peau ou de plumage : c'est une révolution, un changement de paradigme, de modèle économique qui demandent des actions radicales. En fait, plus encore que la gestion courante, c'est le modèle économique du média qui est en question. Même le mot "radio" ne convient plus tout à fait pour nommer ce média.

NPR, un autre modèle de radio publique

Le rapport évoque d'autres modèles de radio publique nationale européenne : Belgique (RTBF), Danemark, Grande-Bretagne (BBC). La radio publique américaine aurait pu être étudiée également, pour son articulation efficace du local et du national, notamment, et pour son mode de financement.

NPR (National Public Radio), réseau américain de 860 stations réparties sur tout le territoire américain, emploie 840 salariés. NPR fédère et coordonne des stations membres, à qui elle propose et vend des programmes (130 heures par semaine) et une interconnexion satellitaire.

NPR ne gère pas de station de radio - ceci est laissé à des initiatives locales indépendantes. NPR s'autofinance, les stations membres du network payant les programmes qu'elles diffusent (fees, qui repésentent la moitié de son CA).

L'Etat fédéral ne contribue qu'à hauteur de 2% du CA de NPR. Le CA de NPR provient également des messages de parrainage (sponsorship) retransmis par les stations (un quart du CA).

Les stations locales fournissent, le cas échéant, des sujets au network national "stations are partners in newsgathering" (station reporting). Les stations locales, indépendantes, sont d'abord financées par des donnations des auditeurs et, ensuite, par le parrainage local. Les deux tiers d'entre elles sont associées à des institutions universitaires.

N.B. Sur la structure du network de radio publique, voir npr radio and public media.
Sur les finances de NPR, voir public radio finances

samedi 5 avril 2014

Aereo : coupure dans l'économie de la télévision américaine


Aereo est un dispositif qui permet de recevoir sur tout appareil numérique, mobile ou fixe, la télévision diffusée localement par voie terrestre moyennant un abonnement pour couvrir l'accès à une antenne distante et à un enregistreur numérique distant également (in the cloud platform).

Depuis son lancement en 2012, Aereo divise le marché américain de la télévision. Avant le 22 avril 2014, date à laquelle la Cour Suprême doit se prononcer sur sa légalité et sur son avenir, les prises de position publiques sous la forme d'amicus brief adresses à la Cour se multiplient, révélant une structuration du champs des intérêts télévisuels. Les positions hostiles ont été les premières à se manifester (cf. Aereo insupporte les puissances télévisuelles américaines), ensuite, se sont fait connaître les organisations favorables à Aereo.
Cette division des acteurs du marché recoupe d'assez près celle du débat sur le SOPA (2012) : logique puisque l'enjeu du débat est celui du droit d'auteur et des contenus. Cette division révèle la coupure entre les entreprises anciennes qui produisent et contrôlent les contenus, d'une part, et les entreprises nouvelles nées des technologies numériques, entreprises de spectacles sans contenus (ou très bon marché, user generated content) qui exploitent la socialisation, la recherche et la mise à disposition de contenus.

D'un côté, favorables à Aereo, les entreprises d'électronique et de cloud computing, les associations de consommateurs qui prônent la réduction des coûts du numérique et les méta-média (entreprises dont le métier consiste à faciliter l'accès à des contenus, sans les produire : ce sont surtout des sociétés exploitant le Web comme Facebook, Google, etc.). Selon elles, Aereo peut être assimilé à une antenne ou à un enregistreur numérique (DVR).
De leur point de vue, la Cour Suprême doit être neutre quant à la technologie, il n'est pas dans son rôle de définir l'avenir de la télévision ("either way, the Court should not attempt to predict the future of television.”)

De l'autre côté, hostiles à Aereo, se trouvent les partisans du status quo ante bellum, détenteurs directs des droits d'auteur ou en profitant indirectement : stations et groupements de stations (networks), studios.

Pour Aereo :

The American Cable Association (ACA) qui représente plus de 800 petits et moyens câblo-opérateurs (et non les MSO)
Dish Network / Echostar (opérateur satellite / satcaster)
Consumer Electronics Association
Electronic Frontier Foundation
Public Knowledge
Engine Advocacy
Des associations de consommateurs : The Consumers Union (CU), the Consumer Federation of America (CFA)
Computer & Communications Industry Association (CCIA) qui compte parmi ses membres, entre autres, Google, Yahoo!, Samsung, Microsoft, Facebook, T-Mobile. Elles défendent surtout le cloud computing.
Mozilla Corporation
Des petits opérateurs indépendants de stations comme Blok Broadcasting (WKRP Cincinatti), Soul of the South Television, WatchTV, Mako Communications, LeSEA Broadcasting, Cocola Broadcasting

Contre Aereo :

SAG-AFTRA (syndicat d'acteurs, artistes, animateurs, journalistes du secteur de la télévision)
Les studios : Viacom, Time Warner, Warner Bros Entertainment
Les networks, y compris PBS
Les groupes de stations de télévision locale
Des ligues sportives professionnelles : NFL, MLB
L'administration Obama

dimanche 18 août 2013

Le sport, limite du modèle économique de la TV

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Les opérateurs de télévision américaine (câble, satellite, telecom) doivent limiter les hausses du prix de l'abonnement au câble et au satellite et maintenir leur marge. Pour cela, ils leur faut réduire le prix payé pour la retransmission des chaînes, et notamment des plus chères, les chaînes sportives. La bataille est constante :
  • Dish Network se fâche avec Disney à propos de ESPN (98 millions d'abonnés) : le contrat expire fin septembre 2013. Dish déclare être prêt à envisager de ne plus retransmettre les chaînes de Disney. ESPN facture 5,71 $ par abonné, par mois (pour deux chaînes, selon SNL Kagan).
  • DirectTV refuse de retransmettre PAC-12 Network, un ensemble de 7 chaînes sportives dont 6 régionales.
  • Fox semble avoir eu du mal a convaincre les opérateurs de retransmettre ses nouvelle chaînes sportive FS1 et FS2 : DirecTV, Time Warner Cable, Dish Network et Bright House Networks se sont finalement mis d'accord. Ensemble, ces opérateurs représentent 50% des abonnés potentiels. FS1 remplace Speed qui coûtait 31 c / abonné / mois, Fox en aurait demandé 80 pour FS1.

  • DirectTV, AT&T (U-verse) et Suddenlink refusent de retransmettre CSN Houston (la chaîne des Astros et des Rockets) qui demande $3,40 $ par abonné, par mois. En revanche, ils proposent de la vendre à la carte, ce que CSN Houston n'accepte pas.
  • Le coût du sport est évoqué dans le désaccord entre Time Warner Cable et CBS (retransmission-consent).
Comme le sport est responsable de la hausse des abonnements ; certains opérateurs voudraient le sortir de la vente groupée en bundle et le vendre à part. Hors bundling, la plupart des chaînes disparaîtraient car elles ne trouveraient ni abonnés ni annonceurs. Quant à ESPN, elle devrait être facturée une trentaine de dollars / mois aux abonnés. Le nombre des "abonnés" diminuant, les revenus publicitaires diminueraient aussi.


Le spectacle sportif représente 50% des coûts de programme payés par les "abonnés" mais 25% des contenus consommés seulement : les contenus sportifs sont donc payés deux fois trop cher, en moyenne (on parle d'un "impôt sport"). Sans cet "impôt", certains abonnements pourraient baisser de moitié pour ceux qui ne consomment pas de sport, d'autres doubler, au moins.
Une partie des téléspectateurs qui s'intéressent peu au spectacle sportif ne veulent plus payer aussi cher et se désabonnent (cord-cutting : près d'un million de foyers au cours des 12 derniers mois) ; les nouvelles générations ne veulent pas d'abonnement (cord-nevers) préférant des modalités commerciales à la carte (iTunes) ou des forfaits non agrégés (Netflix).
Certains agrégateurs comme Verizon (Fios) ou Cablevision (MSO) commence à réclamer de pouvoir payer les chaînes en fonction de leur audience, c'est à dire, pour la plupart, rien.

Avec la critique radicale du bundling, le modèle économique de la télévision est remis en question. Le bundling, c'est à la fois l'agrégation de contenus qui fait les chaînes et l'agrégation de chaînes qui fait les bouquets (forfaits). Pyramide d'agrégations caractéristique de la culture des médias analogiques, déjà mise à mal dans le domaine de la musique et de la presse.
  • La télévision actuelle, issue d'une culture analogique, est une agrégation d'agrégations 
  • La culture numérique donne un accès direct au contenu primaire et peut facturer à l'unité
Certains économistes estiment que la fin du bundling télévisuel (désagrégation liée d'ailleurs à la délinéarisation) se traduirait pour l'industrie télévisuelle américaine par une chute des revenus de 50% tandis que survivraient moins d'une vingtaine de chaînes (au lieu de plusieurs centaines aujourd'hui). Si seul le sport était touché par la désagrégation, la chute des revenus seraient moindre mais importante pour ce secteur des programmes.
Aux consommateurs comme aux annonceurs, la désagrégation apporterait la vérité des consommationset des prix, et la transparence des coûts : on n'achète que ce que l'on désire regarder, et l'on ne regarde que ce que l'on achète. Aurait-on encore besoin de mesure d'audience ?

dimanche 23 juin 2013

TV payante : désabonnements aux Etats-Unis

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Un foyer américain sur cinq n'accède à la télévision que par la transmission terrestre : ni câble, ni satellite, ni télécom, une antenne en râteau sur le toit. De cette voie terrestre, dans certains marchés (New York, Boston, etc.), les émissions peuvent être transférées à bon marché sur supports mobiles (tablette, smartphone, etc.) avec Aereo ou Boxee Cloud DVR.
Le taux de réception exclusivement terrestre est passé, en deux ans, de 14% (2010) à 19,3% (2012). Ce taux est de 41% pour les foyers appartenant à des "minorités", disposant généralement de revenus moindres, il est 28% pour les foyers de personnes de 18-34 ans, selon une récente étude de GfK Media & Entertainment, "The Home Technology Monitor". Notons encore qu'une étude de Harris Interactive pour CouponCabin.com en juin 2013 estime que 45% des Américains considèrent que s'abonner au câble relève du gaspillage ("waste of money").
Les raisons de cette désaffection pour la réception payante sont multiples et se sur-déterminent pour aboutir à une décision de rupture. Question d'économie, d'âge et de génération, sans doute.
Contestation d'un abonnement par forfait (bundle) qui fait payer certains contenus à des abonnés qui n'en veulent pas, et tout particulièrement des contenus sportifs, si onéreux que certains demandent qu'il fasse offre à part.
Sous l'effet exaspérant de la crise économique et du sentiment de ne pas en avoir pour son argent, des foyers coupent l'abonnement : cord-cutting.

D'une part, le passage de la télévision terrestre au numérique a augmenté l'offre de télévision terrestre, télévision  linéaire gratuite.
D'autre part, les chaînes "thématiques" comprises dans le forfait de base, se trouvant de plus en plus encombrées de publicité, ne constituent plus une alternative satisfaisante à la télévision terrestre, elle aussi farcie de publicité (pour les éviter, un opérateur propose un hopper). Au-delà de la télévision terrestre gratuite, la concurrence de supports sans publicité, d'accès commode avec une offre riche est nombreuse : Netflix, Hulu+, iTunes, Amazon Prime, etc.

Le luxe télévisuel n'est plus de disposer, avec le câble ou le satellite, de centaines de chaînes ; c'est plutôt, désormais, de disposer des émissions que l'on veut, quand on veut, où l'on veut, à la demande, à l'unité. Pas trop chère, sans intrusion publicitaire. Maximiser sans contraintes.
Et voici les "cord-nevers" foyers TV qui ne s'abonnent pas et ne s'abonneront peut-être jamais... Sauf à la téléphonie. S'il ne reste qu'un abonnement, ce sera sans doute celui là. Les américains le disent, surtout les plus jeunes : on peut vivre aisément sans téléviseur mais pas sans smartphone.
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vendredi 6 juillet 2012

Le satellite de télévision a 50 ans


Il y a cinquante ans, le 10 juillet 1962, Telstar, ouvrait une voie royale pour la télévision. Cette innovation, quinze à vingt ans plus tard, déclenchera aux Etats-Unis l'éclosion des premières chaînes thématiques et payantes : CNN, HBO, ESPN, Nickelodeon... et le développement du câble.

Avec son nom aux multiples connotations, et, comme le fameux signal de Spoutnik cinq ans auparavant, Telstar invitait à la rêverie. En témoigne la bande-son de la société des années 1960. "Cette année là", Telstar était dans l'air du temps.

Le satellite est d'abord inséparable du son des Tornados, groupe anglais emblématique, dont la musique sera reprise, "citée" à la fin du 10e épisode de Mad Men, décidément subtile et précis dans ses allusions historiques.

Les paroles françaises d'une chanson de Jacques Plante écrites sur cette musique, chanson interprétée par Colette Déréal et par Les Compagnons de la Chanson, exploitent ce potentiel de rêveries : "Tout là-haut plus haut que les oiseaux", "une étoile d'amour" : on est loin de la course militaire à l'espace...




A la même époque, un groupe suédois, The Spotnicks, se produit en combinaison spatiale pour costume de scène, comme Youri Gagarine. Surgissement de la modernité. L'imaginaire du satellite a pris des directions opposées, le compagnon de route stellaire, le paradis sur Terre et Star Wars... "La valeur d'une image se mesure à l'étendue de son auréole imaginaire" (G. Bachelard, L'air et les songes).
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mardi 10 avril 2012

TV américaine N°14: to cut or not to cut... the cord?

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That is the question. And it is not an easy one to answer.

Why "cut the cord"? 
  • Economic reason: to save money (The "official poverty rate" is 15.1 % of Americans in 2010. Source: Census Bureau, September 2011). Monthly pay-TV bills average 73 $ (source: LRG, 2011) and 91.44 $ for cable + broadband (without add-ons or premium channels, of course. Source: SNL Kagan, Feb. 2012).
  • To regain some degrees of economic liberty: with free terrestrial TV (broadcast), you receive all the commercial networks available in your area (DMA) and their local stations; you get PBS as well as a few other stations (indies, etc.). Plus you can rent DVDs from kiosks (Redbox, etc.). No cord anymore (but how about the Web connection?)
  • Also, cord-cutting and unbundling have a transaction cost (paperwork, changing email address, phone number, etc.) which act as as barrier to exit.
Then come the numbers

How many TV households (TVHH) unsubscribe (churn rate), but also how many new subscribers? Among cord-cutters, how many moved for personal or professional reasons? How many moved into a nursing home? How many passed away?

According to the Convergence Consulting Group (April 2012), 1.05 million TVHH cut their subscription last year: in other words, 1% of subscribing TVHH. New subscribers were 0.11 million. All in all, since 2008, cable and satellite lost 2.65 million subscribers. Some of them now subscribe to telcos: U-verse (AT&T) or FIOS (Verizon). Some might subscribe to Netflix or Hulu+, etc. Anyway, these households did not cut the cord; they just switched cords (cf. Satellite, cable and connected TV). Nielsen call them "cord swappers".

Among the households that did unsubscribe, how many were "poor" customers who subscribed only to the cheapest services? MSO and satellite companies prefer usually to focus on "good" customers and they might want to lose "poor" customers in order to increase their margin with good ones - those who buy many services (DVR, multiroom equipment, triple play, etc.). Subscription management is more complex  than gaining or losing subscribers.

Among households without TV sets (3 to 4% of American households), how many subscribe to broadband and only watch on tablet, computers? According to Nielsen, their number is growing. Remains to be seen.

To make a long story short: there does not seem to be such a thing as cord-cutting. There is some cord swapping. Some people watch TV only on the Net. 
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lundi 2 avril 2012

Satellite, cable and connected TV in Europe and USA

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What are the major trends in television distribution? How could they influence and somehow predict the development of connected TV?
  • Terrestrial reception which brings free TV to homes (i.e. paid by taxes and or advertising) is declining. Its level in the USA is now at an all time low: less than 10% of US TVHH (TV households) among which there are probably also many Netflix, iTunes or Hulu customers.
  • Satellite and cable
    • In Europe, television comes to homes mainly through direct satellite (DTH: 33,7%). (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, satellite increases its market share. Alternative Delivery Systems (ADS, i.e. telco + direct satellite) reaches 31.1 % of American TVHH). According to TVB, paid TV is already delivered mostly by ADS in 34 DMA.
    • Cable is king in the USA, despite all talk about cord-cutting (60.4 % in 2011, 10% less than ten years ago).
Marketshares in %, 2011, TVHH.
ADS = telcos + satellite
  • Digitalization takes over, in both Europe and the USA, making room for broadband, HD, DVR and some interactivity.
    • Already 75% of European HH are digital. More than 90% of TVHH in Spain, UK, France and Italy, but only 76% in the Netherlands, 71% in Germany, 58% in Switzerland, 54% in Portugal. (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, digital TV is almost everywhere. Digital penetration in basic cable reaches 79.4%. (Source : NCTA, 2011).
Gatekeepers ?

On the one hand, digitalization makes connected TV possible. On the other hand, cable and satellite operators and now phone operators (Orange, Verizon, AT&T, etc.) may want to keep companies like Yahoo, Google or Apple from accessing the television set and its set-top box. Interactivity is becoming the USP of cable/telco/satellite multi-system operators (cf. tablets, multiscreentasking, social TV,VOD, TV EveryWhere, XFINITY, UltraViolet, etc.). Smart TV is their business. And, of course, smart advertising.
      • N.B. This opposition concerning connected TV is exactly in line with what we have seen when the SOPA was debated in January 2012.
Major operators are powerful in the USA where they can act as gatekeepers: Comcast, Time Warner Cable, DirecTV, Dish Network hold more than half of the paid TV market; some of them are closely related to studios and national networks (Comcast / Universal), Time Warner Cable). They work with DVR (TiVo, etc.). These operators not only bring TV but also broadband to households.
Connected TV will not happen without them.

Europe, where terrestrial TV is digital and still strong (32%), is the market most vulnerable to newcomers like Google, Apple or Yahoo! That's where HbbTV (industry standard for Hybrid Broadcact Broadband TV) will be so decisive. The list of its members is impressive and counts, among others:
  • satellite companies : Eutelsat, SES ASTRA
  • major TV companies : Canal+, TF1, RTL, BBC, france televisions, SRG SSR, EBU, Mediaset, etc.)
  • software companies or STB manufacturers like Opera, Cisco / NDS, Ocean Blue, etc.
Will HbbTV consortium be strong and determined enough to resist Web companies such as Apple, Google, etc.?
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jeudi 29 octobre 2009

Moins de pub TV ? Plus de quoi ?

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La télévision allemande rejoint la presse quotidienne dans la dénonciation de la "culture gratuite" ("Kostenlos-Kultur". cf. Bild et l'iPhone, mais aussi les applis du quotidien berlinois BZ. et Die Welt, le quotidien national). En effet, la télévision commerciale dépend presque entièrement des revenus de la publicité. Echaudés par la crise, certains groupes TV en viennent à envisager un modèle économique mixte, semblable à celui de la presse : publicité + ventes. Dans le cas de la télévision, ce serait des ventes d'émissions à la demande (VOD) ou des abonnements. Le patron du groupe allemand ProSiebenSat.1 déclare, au quotidien économique Handelsblatt, en attendre à terme jusqu'à 30% des revenus, espérant ainsi réduire sa dépendance à l'égard du marché publicitaire ("Wir müssen vom Werbemarkt unabhängiger werden").
Osé ! D'autant que le modèle économique de la VOD grand public, pour l'instant le plus prometteur, semble être publicitaire.
Osé, car ne perdons pas de vue, quand même, que le téléspectateur allemand paie déjà une redevance TV (17,03 € / mois) et que les chaînes commerciales grand public comme Sat1ou ProSieben exploitent des fréquences hertziennes qui sont un bien public rare.
Et comme on commence à parler aussi d'impôt pour la réception numérique par satellite des chaînes de la TNT allemande (via les satellites ASTRA), l'humeur télévisuelle des téléspectateurs allemands pourrait devenir maussade !

Dans cette interview, le patron de ProSiebenSat.1 évoque aussi, brièvement, une voie alternative : celle d'investir (dans) la création et la production télévisuelles. Voie plus politiquement raisonnable, économiquement plausible, et qui correspond exactement à son métier et au troc sur lequel repose, au moins tacitement, son contrat d'exploitation - optimale - d'un bien public rare.
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jeudi 13 août 2009

TV sans domicile

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Dans les régions riches du monde, la télévision fourmille hors des domiciles sur-équipés pour que les annonceurs puissent suivre les consommateurs sur  des supports mobiles dans tous leurs lieux de consommation. Et dans la rue parfois, pour des événements sportifs, quand la saison s'y prête.
Dans les régions pauvres du monde, où l'équipement au domicile est rare, la télévision s'installe hors du domicile pour rencontrer son plus grand public.
En Afrique du Sud, des écrans 4x3m diffusent l'après-midi des programmes de télévision dans les parcs (14 parcs équipés, pour commencer). Les programmes reprennent des émissions diffusées par des chaînes du bouquet satellite DSTV. L'après-midi, émissions pour enfants, Disney (émissions importées). Les écrans sont allumés à partir de 14H, dès que la journée d'école est finie. En soirée, sport : football, rugby. 
L'objectif est de permettre à la population démunie, pauvre, d'accéder à la télévision en toute sécurité : "TV to the people", c'est le slogan de Township TV (MTN Ekasi TV).
Des parrains annonceurs, institutionnels, accèdent ainsi à une large notoriété et à une légitimité de service public. Les communautés locales peuvent ouvrir des stands pour la vente de boissons (pas d'alcool), de snacks, etc.
Expérience collective, plein air. Spectacle gratuit, entièrement : il n'y a pas d'achat d'équipement à acheter, aucune barrière à l'entrée. De plus, la sécurité des personnes est assurée (l'un des droits de l'homme les plus aisément oubliés). 

Cette offre de télévision collective remet en perspective les spéculations sur le "village mondial" ("global village") de Marshall. McLuhan (War and Peace in the Global Village, avec Quentin Fiore, 1968), "village  mondial" qui serait créé par la propagation des médias électroniques. Les très fastueuses dépenses que montrent au monde entier les retransmissions de la Coupe du monde de football fournissent une bonne occasion de remettre en chantier cette notion bein confuse.
Grand écran HD au salon pour les uns, grand écran dans un parc grillagé pour d'autres : il y a plusieurs demeures dans le "village mondial". Mais y-aura-t-il un seul et même message diffusé, indifférent aux conditions de réception ? Une science des médias, si un tel projet a un sens, doit critiquer cet apparent paradoxe : écarts dans les conditions de réception / unicité du message. La variation du contexte commercial mène à un début de réponse : il n'y a pas de message unique, universel. La publicité s'adapte à la réception, au contexte de consommation.
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vendredi 12 juin 2009

Kiss Analog Good Bye


Vendredi 11 juin, la diffusion de toute la télévision américaine terrestre est passée au numérique (cet objectif de migration est prévu en France pour le 30 novembre 2011). Près de 1 800 stations, publiques ou commerciales étaient concernées. 68 ans de standard analogique (NTSC) se sont achevées auxquelles succède le standard ATSC (Advanced Television System Committee). Le ATSC travaille aux prochains standards pour la télévision mobile, le différé (Non-Real Time Program Delivery, ATSC-NRT).
Depuis plus de deux années, les téléspectateurs étaient prévenus ; il leur a même été proposé des coupons (40$) pour acheter le nécessaire décodeur numérique (digital converter box), coupons valables jusqu'au 31 juillet 2009. La facture totale de la transition s'élèvera à 2 milliards de $ pour l'Etat américain.
On compterait encore 2 à 3 millions de foyers (moins de 3% des 114 millions de foyers TV) qui ne sont pas prêts et une dizaine qui a des difficultés (règlages essentiellement). La FCC, l'organisme de réglementation de la communication a mis en place des hot lines et un site d'information pour aider les retardataires.
Opération longue et sensible (la nouvelle administration avait accordé 4 mois de délai supplémentaire. Pour plus de quatre cinquièmes des foyers recevant la télévision par câble, satellite ou télécoms, la transition était insensible, puisque les opérateurs s'en chargeaient à leur place.

Cette mutation a et aura plusieurs conséquences
  • Abaissement des coûts de distribution pour les stations, toutes locales, cela n'affecte donc pas les networks.
  • Les stations (locales) disposent toutes désormais de fréquences supplémentaires qu'elles peuvent exploiter pour lancer trois ou quatre canaux nouveaux, diffusant des programmations complémentaires ou non de l'antenne principale (jusqu'à présent, ces canaux sont surtout utilisés pour la météo, l'actualité, l'information, la musique). La FCC recommande l'utilisation de cette capacité nouvelle pour ouvrir la télévision à plus de diversité culturelle et linguistique. L'offre de télévision locale sera donc à terme multipliée par quatre ou cinq. Un indéniable raffraichissement de l'offre télévisuelle, un élan nouveau pour la télé dans un contexte concurrentiel difficile.
  • Evolution de la configuration télévisuelle des foyers. 5% des foyers américains ont profité de la transition numérique pour s'abonner au câble ou au satellite, soit près de 6 millions de foyers (Source : sondage Knowledge Networks, avril 2009). Dans l'ensemble, un foyer sur quatre a transformé et amélioré son univers télévisuel (appareils, abonnements, HD, périphériques, etc.). Cette mise à jour devrait se refléter dans la composition des panels de mesure (l'équipement est un quota de recrutement), et sans doute dans la consommation télévisuelle.
  • Libération de fréquences pour la réception en mobilité, qui pourrait se développer (à suivre).
  • Gérée en finesse par deux administrations successives, cette opération s'est révélée un modèle d'information et d'éducation des consommateurs, de collaboration entre institutions et entreprises liées à la télévision (stations, installateurs, distribution, opérateurs, etc.). Au point que certaines associations réclament une opération du même type pour orchestrer une mutation vers le haut débit.