dimanche 26 janvier 2020

Netflix change de mesure


Regarder Netflix, ce sera désormais regarder (to watch) l'un de ses programmes pour 2 minutes au moins. A partir des chiffres publiés par Netflix dès le premier trimestre 2020. Auparavant, il fallait regarder au moins 70% d'un programme pour être compté dans son audience et attester la popularité du programme.

Ces 2 minutes seraient suffisantes, du point de vue de Netflix, pour que l'on puisse considérer que l'audience était bien volontaire, et le choix intentionnel (“Chose to watch and did watch for at least 2 minutes - long enough to indicate the choice was intentional -- is the precise definition", selon Netflix, January 21, 2020, FINAL-Q4-19-Shareholder-Letter.pdf).

"As we’ve expanded our original content, we’ve been working on how to best share content highlights that demonstrate popularity. Given that we now have titles with widely varying lengths - from short episodes (e.g. Special at around 15 minutes) to long films (e.g. The Highwaymen at 132 minutes), we believe that reporting households viewing a title based on 70% of a single episode of a series or of an entire film, which we have been doing, makes less sense. We are now reporting on households (accounts) that chose to watch a given title. Our new methodology is similar to the BBC iPlayer in their 1 rankings based on “requests” for the title, “most popular” articles on the New York Times which include those who opened the articles, and YouTube view counts. This way, short and long titles are treated equally, leveling the playing field for all types of our content including interactive content, which has no fixed length" (Netflix, o.c.).

Selon Netflix toujours, cette nouvelle manière de mesurer la popularité des programmes augmenterait les chiffres d'audience publiée de 35% (il s'agirait en fait plutôt de l'audience cumulée pour au moins 2 minutes d'un programme donné). Mais puisqu'il semble que YouTube, la BBC et The New York Times recourraient à la même méthodologie... Bien sûr, on est loin de la manière dont Nielsen donne des résultats d'audience, mais Netflix ne se sert pas de ses données pour vendre de l'espace publicitaire, à la différence de YouTube ou du New York Times...

Comcast et l'information mondialisée


Suite au rachat de Sky en 2018, NBC Sky World News serait une nouvelle chaîne de Comcast ; elle serait basée à Londres. La nouvelle chaîne ouvrirait une dizaine de bureaux supplémentaires dans le monde et recruterait 100 à 200 personnes qui s'ajouteraient aux 3500 personnes de Sky et NBC auxquelles la chaîne pourrait faire appel.
Dès son lancement, la chaîne viserait 130 millions de foyers téléspectateurs et serait concurrente de CNN et International et BBC World News.

mardi 21 janvier 2020

Streaming aux Etats-Unis : où en est-on ?


Apple+ aurait été essayé par 5% des foyers utilisant le streaming ("streaming homes"), la moitié des utilisateurs recourant à une promotion.
Pour Disney+, le pourcentage est nettement plus élevé : 23% (soit 20 millions de foyers). 41% d'entre eux se connectant chaque jour, sans doute notamment pour regarder The Mandolerian, une série de huit épisodes sur Star Wars.

Source : sondage HarrisX pour MoffettNathanson

Selon la même source, la progression de la pénétration du streaming aux Etats-Unis serait de l'ordre de 4% entre octobre 2018 et décembre 2019 ; cette progression a sensiblement diminué en 2019, le seuil se rapprochant d'un maximum possible.
En conclusion, MoffettNathanson semble privilégier une association possible, de facto, entre Netflix et Disney+. Reste à voir si une telle hypothèse se vérifie sur le moyen terme.

Pour le trimestre dernier, les résultats de Netflix pour les Etats-Unis s'avèrent inférieurs aux attentes soit 423 000 abonnés gagnés contre 600 000 attendus (guidance) : effet de maturité ? En revanche, Netflix gagne 8,33 millions d'abonnés dans le monde (hors Etats-Unis) contre 7 millions annoncés. Au total, Netflix présente un revenu de $5,47 millliards et un profit trimestriel de $586,9 ($1,30 par action).


The Mandalorian (teaser), sur Disney+

lundi 20 janvier 2020

Giri/Haji (Duty / Shame) : la vie si quotidienne d'un policier

Taki Mori avec son père Takehiro Hira

Giri / Haji (Duty / Shame) est le titre d'une série en huit épisodes, co-produite par la BBC et Netflix. Elle a été diffusée par BBC2 en fin d'année 2019 et elle est reprise par Netflix depuis le début de l'année 2020. Les dialogues fluctuent entre japonais et anglais ; ils content l'histoire d'un détective de Tokyo (平 岳大, Takehiro Hira, joue le rôle du détective, Kenzo Mori) qui est à la recherche de son frère Yuto, à Londres.
Dans sa quête, le policier de Tokyo rencontre Sarah, policière londonienne, et Rodney Yamaguchi, sex-worker, drogué, mi-japonais, mi- anglais. Rencontres et alliances improbables. La série suit l'investigation du détective à Londres où l'a bientôt rejoint sa fille, adolescente, Taki Mori (Aoi Okuyama), qui est une fan de Harry Potter dans la vraie vie ! La confrontation avec les membres de yakuzas, sociétés secrètes, sortes de mafias japonaises, constitue l'intrigue essentielle à laquelle sont mêlées les vies familiales quotidiennes des héros, embarqués malgré eux dans de sombres histoires qui les dépassent et changeront leur vie.

Cette co-production de Netflix et de la BBC est tournée au Japon (3 mois) et en Grande-Bretagne (8 mois), ce qui ne la rend pas bon marché. Taki Mori (16 ans) et Rodney Yamaguchi sont des révélations de cette série policière, Taki Mori surtout qui y fait ses débuts cinématographiques, entre Londres et Tokyo.
La série mêle sans cesse la responsabilité et l'honneur, l'amour de la famille, la triche, les rivalités, la conscience professionnelle. Chaque épisode donne à voir vivre les héros dans leur vie quotidienne, à Tokyo comme à Londres, vie quotidienne bouleversée, de plus en plus radicalement, par les intrigues de la série.

Parfois, l'écran est divisé en plusieurs parties, pour mieux décrire les ambivalences de l'action et de la situation, souvent mélangée, des personnages. Il y a également une danse en noir et blanc qui, à la fin, résume la situation et ses ambiguïtés.
Faut-il espérer une suite à cette série ? Ce n'est pas certain ; en tout cas, cette série bi-continentale rencontre un succès incontestable et inattendu : la collaboration de Netflix avec la BBC était un résultat imprévisible.


mercredi 15 janvier 2020

Démographie : le solde naturel de la France au plus bas


Catherine Beaumel, Sylvain Papon, Bilan démographique 2019, La fécondité se stabilise en France, INSEE Première, N°1789, 14/01/2020

La France a, légèrement, dépassé 67 millions de personnes françaises.
La France vieillit, les moins de 15 ans y représentant néanmoins 18,1% (record d'Europe après l'Irlande). Une personne sur cinq a soixante-cinq ans ou plus.
Le solde naturel baisse, mais le solde migratoire se maintient.
Le nombre de décès augmente et celui des naissances atteint son minimum depuis le dernier conflit mondial.
La baisse des naissances continue de diminuer mais se stabilise.
L'espérance de vie est de 85,6 ans chez les femmes, elle atteint 79,7 ans chez les hommes pour lesquels elle croît un peu plus vite. L'écart entre femmes et hommes se resserre. Seule l'Espagne présente une espérance de vie supérieure à son niveau en France pour les femmes (de presque un an).
En ce qui concerne les unions, il semble que le PACS et le mariage fassent désormais à peu près jeu égal.

Solde naturel = naissance - décès

mardi 14 janvier 2020

Les Polonais et la Shoah : une histoire sans fin ?


Sous la direction de Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wierviorka, Les Polonais et la Shoah. Une nouvelle école historique, Paris, 2019, CNRS Editions, 319 p.

C'est l'histoire des personnes polonaises de religion juive, pendant la seconde guerre mondiale mais aussi après ce conflit.
Cet ouvrage fait suite à un colloque qui s'est tenu les 21 et 22 février, à Paris, à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) où ont manifesté, de manière hostile, des militants polonais catholiques et antisémites ; leurs propos ont été repris et amplifiés par divers médias antisémites polonais dont les hebdomadaires Gazeta Polska, Sieci et Tylko Polska ainsi qu'une chaîne YouTube, suwerenny.pl.
Ceci constitue l'introduction du livre et annonce l'ambiance.

L'ouvrage commence par une intervention de Jan T. Gross, Professeur de sciences politiques à NYU, auteur, en 2000, de l'ouvrage Les Voisins. 10 juillet 1941. Un massacre de Juifs en Pologne, ouvrage portant sur le meurtre de tous les Juifs de la bourgade de Jedwabne, à l'Est de la Pologne, par leurs concitoyens catholiques polonais (ouvrage publié en français par Les Belles Lettres, traduit et présenté par Emmanuel Dauzat, 2019, 214 p.).
Ensuite, vient un texte de Jean-Charles Szurek qui rappelle, entre autres, les dix années (1984-1994) du Carmel d'Auschwitz ou le progrom de Kielce (4 juillet 1946) : la responsabilité polonaise est claire même si le gouvernement polonais actuel tend à la diminuer voire à la nier. Car, comme le souligne le chapitre de Jacek Leociak sur la "naissance d'une école historiographique" qui veut établir la vérité : "l'extermination des Juifs s'est déroulée sur le sol polonais et en présence des Polonais". Les Polonais ne furent pas des témoins passifs des assassinats des Juifs polonais mais des acteurs aussi. Le livre se poursuit par la naissance de la "nouvelle école polonaise d'histoire de la Shoah" et le Centre de recherche sur l'extermination des Juifs créé en 2003, sa revue et ses recherches.
Ensuite, la seconde partie du livre traite des "Juifs dans la Pologne occupée". Première question : pourquoi si peu de Juifs ont survécu ?" Pour répondre à cette question, il est important de continuer à dénombrer les Juifs assassinés : "où, quand, comment, combien ?" L'inventaire des modalités d'assassinats est dressé, y compris l'assassinat par les "voisins". "Plus loin, c'est encore la nuit", affirme un travail publié en 2018 : la coresponsabilité polonaise est immense et, comme le conclut Jan Grabowski, elle est loin d'être encore correctement estimée. Le "choc narratif" est grand et, pour partie, à venir. D'autant que, ensuite, il faut bien prendre en compte l'extermination indirecte, la chasse aux Juifs ("Judenjagd")...
D'autres chapitres continuent. "Oswięcim avant Auschwitz" montre la préparation historique de la population juive comme population "allogène", la prédisposant au ressentiment de ses "voisins".
Un chapitre est également consacré à l'aide communiste au milieu juif, "du côté aryen" de Varsovie ; Juifs et communistes luttaient ensemble dans la clandestinité contre le nazisme et ses collaborateurs, et ce de manière plutôt laïque (contribution de Barbara Engelking).
Joanna Tokarska-Bakir propose un chapitre sur le progrom de Kielce qui a eu lieu, la guerre finie, le 4 juillet 1946, mené par les mêmes antisémites qui n'ont fait que changer de nom, dans la Pologne contrôlée par l'armée soviétique qui assiste, mais refuse d'intervenir.
Et après ? Le livre revisite le personnage de Irena Sendler une Juste polonaise qui sauva des enfants ou encore le personnage de Anna Langfus qui écrira trois romans sur son expérience de femme juive de Lublin (voir le livre de Jean-Yves Potel, Les disparitions d'Anna Langfus, Paris, 2014). Le débat se poursuit : les méthodologies sont comparées, et c'est là l'important bénéfice de cet ouvrage qui ne se clôt pas. L'évocation en fin de volume des "meutres de voisins au Rwanda et en Pologne" cherche à montrer un logique sociale semblable, à l'oeuvre en Afrique et en Europe.

L'ouvrage donne indiscutablement à comprendre mieux, plus complètement, la situation de la Pologne en proie depuis bien longtemps à l'antisémitisme. Depuis quand ? Les études mentionnées font percevoir une partie de cette histoire et son évolution et, qui aujourd'hui se traduit par la volonté politique du gouvernement actuel de les dissimuler.
Au plan scientifique, le livre indique des pistes de réflexion, analyse des résultats (les manuels scolaires publiés depuis la fin de la guerre, par exemple, sont examinés). Pourtant, que cela constitue "une nouvelle école historique", est bien sûr discutable car la méthodologie historique n'innove pas : les historiens examinent tous les faits, scientifiquement, c'est tout. Il n'y a rien de nouveau et c'est amplement suffisant et très convaincant.

Alors, la Pologne, le pire des pays en ce qui concerne l'antisémitisme, la chasse aux Juifs et leurs assassinats ? Pas si sûr : l'inventaire devrait être dressé pour toute l'Europe, et la France, par exemple, ne sortirait sans doute pas grandie des résultats de l'exercice. Le mystère reste quand même la persistance de comportements antisémites depuis des siècles : à qui la faute ?

samedi 11 janvier 2020

Netflix or advertising? The big question!


When surveyed, three-quarters of American households claim to not want to spend more than $30 for a subscription to streaming services, and 59% would like to spend only 20 dollars. This would mean two or three services, at most.
The survey was conducted by YouGov and The Trade Desk among 2613 US consumers in November 2019 based on a weighted online sample.
According to this survey, 53% of households said they would prefer a service for a reduced fee, paid by advertising, especially if the ads are adapted to their own taste and centers of interest.

On one hand, Netflix already charges $13 a month. On the other hand, NBCUniversal's Peacock would be free for everyone, fully paid by advertising. And then, there is Apple for 4.5 dollars, ESPN+ for 5 dollars a month, Disney+ for 7, Showtime for 11, and Amazon Prime Video for 9 dollars with Hulu and HBO Max launching in May... And, about a third of American households already watch a subscription program paid only by advertising like Roku or Crackle...

So what are American households going to do? Netflix or advertising? People discussing the issue bet one way or another since they have to say something. But they do not know!





jeudi 9 janvier 2020

Sirius XM: more than 34 million subscribers


According to its figures, Sirius XM has a total of approximately 34.9 million paid subscribers. The forecast for 2020 is a little less than one million more subs and a revenue of 8 billion dollars. These statistics include Pandora subscribers since Sirius XM, controlled by Liberty Media, bought Pandora Media last year (for $3.5 billion).
Will Liberty Media acquire also post-bankruptcy iHeart Radio which counts more than 800 radio stations?

Subscribers to Sirus XM

mardi 7 janvier 2020

Virgin River : la vie y est presque belle


Virgin River. Série. Netflix, 10 épisodes.

Sur un roman de Robyn Carr (collection Harlequin, un ensemble de 20 romans vendus à 13 millions d'exemplaires), la série de dix épisodes, un "romantic drama", a été tournée par Netflix au dernier trimestre de l'année 2018. La série suit les aventures d'une nouvelle et jeune sage femme et infirmière, Mel (Melinda), qui, de Los Angeles, vient s'installer à Virgin River, au Nord de la Californie, suite à une annonce parue dans la presse, et, surtout, suite au décès de son mari. L'essentiel du tournage a lieu au Canada dans la région de Vancouver (British Columbia) ; une grande partie des acteurs est canadienne.
Il y a Jack, le patron du bistrot, ancien marine en Irak, qui, d'emblée, fait une cour assidue à Mel. Il y a le médecin grincheux, qui, il ya vingt ans, trompa sa femme. Il y a sa femme, le maire de Virgin River, non moins grincheuse, qui ne digère pas d'avoir été trompée. Il y a Charmaine, la coiffeuse, celle qui se dit la girl friend du patron du bistrot. Il y a Preacher, le copain de Jack... Tout ce monde vit plus ou moins ensemble, plus ou moins gentiment mais les histoires se compliquent, heureusement...
La série est sympathique, les malades sont soignés, le bistrot tourne. Dix nouveaux épisodes viennent d'être tournés, en 2019, pour une seconde saison à venir.
Dans le même ordre d'idées, Netflix a entrepris une nouvelle série à partir d'un autre roman de la même collection Harlequin, Sweet Magnolias, qui devrait voir le jour en 2020.
Netflix avec ces séries, tourne des idées gentilles, ces "drames romantiques" qui trouveront sûrement un public attentif et régulier. C'est le pari du moment. Même si ce n'est ni Fellini ni Bergman.

Melinda et Jack