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mardi 5 novembre 2013

TV : le nouveau modèle Comcast

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Comcast est un nouveau type d'entreprise média. Premier opérateur du câble (MSO) avec plus de 21 millions d'abonnés, Comcast a racheté NBC Universal à General Electric avec, entre autres, un studio, des networks (NBC, Telemundo), des stations et de nombreuses chaînes thématiques. Comcast est aussi le premier fournisseur d'accès Internet avec plus de 20 millions d'abonnés.
Voyons le bilan, après complétion de l'acquisition, à la fin du troisième trimestre 2013 (T3).
  • Comme les autres opérateurs américains, Comcast perd des abonnés au câble, lentement mais sûrement. Au cours du T3, Comcast en a perdus 129 000 (117 000 au T3 2012). Pour expliquer ces désabonnements (churn), Comcast évoque la concurrence des opérateurs télécoms AT&T (U-Verse) et de Verizon (FIOS). A cela s'ajoutent sans doute la concurrence du satellite également ainsi que les désabonnements définitifs des cord-cutters. Comcast compense ces pertes en augmentant le prix de l'abonnement mensuel, ce qui ne manquera pas de provoquer la prochaine érosion du nombre d'abonnés, même si, pour améliorer la valeur du service, Comcast propose désormais à ses abonnés 35 chaînes accessible hors domicile, sur support mobiles.
  • Le coût des programmes de télévision augmente (retansmission-consent fees, VOD, etc.).
  • En revanche, Comcast a gagné 297 000 abonnés Internet haut débit (avec téléphone).
  • L'augmentation significative de cash-flow provient du cinéma, grâce au film "Despicable Me 2", NBC Universal s'étant rallié à la stratégie du blockbuster.
Résumons ce bilan simplifié : côté distribution, le Web (dont le Wi-Fi) compense le câble ; côté contenus, le cinéma compense les programmes TV.

En conséquence logique de ce diagnostic, Comcast a commencé de commercialiser pour 40 dollars par mois un nouveau package qui combine une offre Web haut débit avec une offre de VOD ; l'ensemble comprend le set-top box, les programmes des networks, Streampix, l'offre de cinéma de Comcast (4,99 $ /mois), HBO et HBO GO (streaming). Comcast anticipe ainsi la demande des cord-cutters et des cord nevers. Tout se passe comme si Comcast s'éloignait du câble et de son métier classique d'agrégateur (bundling) pour développer une offre désagrégée sur le Web.
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dimanche 29 mai 2011

Blockbuster reaction. First step

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Blockbuster, sold to Dish Network ($320 million), "restructures" and closes stores. How many? It depends on the negociations with studios for DVDs.
On the marketing side, Blockbuster starts a new DVD rental pricing policy:
For new movies, $2.99 / day ; for older movies $1.99 instead of the previous $4.99 for a three day rental. Blockbuster has always been known by its customers for offering newer movies than its competition.
  • The pricing is still far from redbox $0.99 / day. And from Netflix. But neither can rent new releases. They must wait 28 days for Universal, Time Warner and Fox movies. Blockbuster is 28 days ahead of them both thanks to its higher price. This is its main trump card.
  • The final equation for video rentals has three main variables: price, novelty, convenience. Blockbuster maximizes profit under these three constraints.
Next step? The digital offering. It is still to come, and might increase Blockbuster's power and image. Providing more convenience to people more at ease with digital culture. The video battle goes on.

    lundi 11 avril 2011

    Vidéo : synergies bouquet TV et grande distribution

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    DISH Network, bouquet satellite de chaînes de télévision, a racheté Blockbuster. La vente aux enchères suivait le dépôt de bilan. La faillite de la chaîne de magasins de location de DVD et jeux vidéo fait suite à diverses erreurs de gestion. Aussi ne faut-il pas l'interpréter comme l'annonce de la fin du DVD, que dément le succès de Netflix, RedBox et d'autres (cf. Vidéo : la grande distribution du DVD à la VOD).
    Blockbuster, troisième fournisseur de télévision payante après Comcast et DirecTV, compte environ 14 millions d'abonnés (impossible de trouver des chiffres officiels, ce qui n'est pas bon signe : Dish Network perd des abonnés). Deux remarques intermédiaires, en marge.
    • La transition vers la dématérialisation des consommations est lente. La force d'inertie des habitudes, des équipements est sous-estimée. Beaucoup de foyers utilisent encore leurs VHS et leur magnétoscope. Nos petits prophètes du numérique sont pressés d'annoncer des révolutions : mouches du coche, ils vivent de les prédire, menaces par-ci, opportunités par là (il faut inscrire cette fable au programme des diplômes de gestion) !
    • En revanche, dans les entreprises, les changements sont soudains : il y a deux ans, Blockbuster comptait 5 000 magasins aux Etats-Unis (il en restera 1 700) et 60 000 salariés  ; comment ne pas penser aussi à Borders, autre chute spectaculaire... Dans un secteur fragilisé, les erreurs se paient cher et comptant.
    Pour se représenter l'importance stratégique de ce rachat, il faut imaginer BSkyB ou le groupe Canal + rachetant en Europe de grands distributeurs de DVD déjà engagés dans la VOD en ligne.

    Fort de cette acquisition, DISH Network pourra pénétrer le marché de la VOD (streaming) en conduisant les clients de Blockbuster vers le bouquet ; cette synergie peut constituer un atout dans la concurrence avec les opérateurs de télévision payante. Comme Blockbuster a déjà lancé le service de streaming pour ses clients, il ne reste plus qu'à mieux le vendre aux abonnés de Dish Network.

    Mais nous devons placer cette acquisition dans une autre perspective : la collaboration de Dish Network avec Google. Cette collaboration concerne deux domaines de la télévision.
    • Google TV : la télévision connectée est accessible pour les abonnés du bouquet (Logitech Revue est proposé en promotion aux abonnés de Dish Network pour 179 $).
    • Google TV Ads : cette place de marché. propose aux annonceurs des emplacements sur de nombreuses chaînes thématiques du bouquet (liste des chaines). Le principe est celui de Adwords. Google TV Ads est un laboratoire de la publicité télévisée pour Google. A terme, les deux directions pourront être combinées.
    L'achat de Blockbuster accroît les moyens de Dish Network qui déja, grâce à Google TV, donne accès à Netflix, Amazon Video, Hulu, etc. La vidéo à la demande, au détriment des chaînes, apparaît de plus en plus comme la dimension essentielle de l'accès aux loisirs numériques. Facteur d'émiettement de l'offre, la VOD favorise un médiaplanning publicitaire de type self service, tel que le propose Google TV Ads.
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    mercredi 12 janvier 2011

    Vidéo : la grande distribution, du DVD à la VOD


    Mise à jour : 11/01/2015
    L'évolution du marché américain de la vidéo semble s'effectuer au profit de la grande distribution.
    Dans les années 1980-90, Blockbuster met en place sa chaîne de magasins spécialisés ; Walmart et Kmart (supermarchés) vendent des DVD, Best Buy (GSS) aussi. Une dizaine d'années plus tard, Netflix, nouvel arrivant recourt à la voie postale pour faire parvenir et récupérer les DVD loués à ses abonnés. Le magasin est en ligne, la commande et sa gestion, paiement inclus, s'effectuent sur un site Web. Modèle mixte, off et online : 20 millions d'abonnés. Nouvel arrivant aussi, Amazon vend des DVD (transaction en ligne, acheminement postal). Sur le modèle des machines à monnaie (self-service coin-counters), redbox, InstaFlix et Blockbuster mettent en place des réseaux de distributeurs de DVD (video rental kiosks).
    La grande distribution tient le marché du DVD. Elle effectue maintenant son virage online.
    • Best Buy (GSS) entre dans le marché du streaming avec l'acquisition de CinemaNow fin 2008.
    • Après un premier essai manqué avec HP en 2007, Walmart, premier distributeur mondial (9 000 magasins), rachète Vudu (streaming) en février 2010. Appli iPhone pour le catalogue.
    • Sears Holdings, qui regroupe Kmart et Sears, lance fin 2010 Alphaline Entertainment. Le consommateur accédera à un film en même temps que sa sortie en DVD, pour le louer (4 $) ou l'acheter (20 $). Le service devrait être multi-plateforme (mobile, etc.). 
    • Amazon InstantVideo entre sur le marché du streaming également. 
    • iTunes passe de la musique à la vidéo pour louer et vendre des programmes mais propose également un boîtier de connection Web / téléviseur.
    • YouTube triomphe sur le Web mais le cinéma et les grandes séries TV lui échappent. 
    • Des boîtiers / players permettent de transférer ce qui est sur le Web vers le téléviseur (Apple TV, Boxee, Roku) et relaient Vudu, Netflix, Amazon...
    Observations générales, et provisoires
    1. Pour conquérir ce marché, la grande distribution, généraliste ou spécialisée, dispose de nombreux atouts maîtres, transférables aisément à la distribution de vidéo : relation clients, connaissance des consommateurs, bases de données, facturation, cartes de fidélité, clientèle fréquentant régulièrement ses points de vente, capacité de promotion croisée (cf. Vudu / Walmart, Tesco / blinkbox), expérience de la vente en ligne. Par construction, elle est au coeur même de l'articulation on-line / off-line, le prochain champ de bataille du commerce.
    2. On observe, à l'oeuvre, le fonctionnement d'une économie de transition (et non de simple substitution). Les trois modes de distribution coexistent et tous les trois restent dynamiques. Ainsi, la distribution "sur place" via DVD continue de se développer (cf. instaFlix, flilale de NCR, distributeurs de billets). La plupart des entreprises de distribution vidéo sont actives sur deux ou trois segments (cf. supra, schéma). Cette articulation des trois modes / segments semble vertueuse : ainsi de Netflix qui invite ses abonnés au transfert progressif du DVD à la VOD en ligne, et les accompagne dans cette lente évolution pour ne pas les perdre (taux de churn très bas).
    3. L'approche multiplateforme se développe : distribution sur tablettes, smartphones, consoles de jeux vidéo, en plus des téléviseurs, des ordinateurs et des enregistreurs numériques (TiVo). 
    4. Quand cette distribution passera-t-elle au cloud computing, logique et ultime étape qui facilitera la gestion des stockages personnels, comme le pratiquent déjà entre autres Amazon et iTunes?
    5. Dans la distribution vidéo, les chaînes de télévision (networks) semblent marquer le pas. Ensemble, elles ont mis en place hulu (ABC / NBCU / Fox), reproduisant pour la VOD leur modèle gratuit publicitaire (ciblage avec adSelector, de Publicis), puis Hulu Plus. Elles utilisent aussi leurs sites pour diffuser leur programmes. Fox a abandonné Bitbot, diffusion de la vidéo sur smartphones, en revendant Fox Mobile Group. En revanche, en mai 2011, le bouquet satellite Dish Network a racheté Blockbuster.
    6. Sans doute, en dernière instance, l'initiative est-elle laissée par les networks aux studios auxquels ils sont adossés (Disney / ABC, NBC / Universal, Fox, etc.).
    7. Le marché publicitaire associable à la distribution vidéo via streaming est théoriquement considérable, notamment pour la publicité vidéo. Il sera nécessairement multiplateforme (la sélection, la transaction commerciale et la consommation n'étant pas nécessairement effectuées sur la même plateforme), et recourra aux formes les plus avancées du ciblage affinitaire (pour ne pas déranger le destinataire) : marketing comportemental, ciblage langagier, etc. A moins que les consommateurs ne préfèrent payer plutôt que de supporter une publicité qui les dérange...
    8. Et en Europe ? Faut-il imaginer, en France, Carrefour, Leclerc, FNAC, Casino, Darty, etc. se lancer dans ce métier ? Ils sont déjà implantés dans la distribution en ligne et vendent des DVD. Restent les accords avec les studios... En Grande-Bretagne, Tesco (grande distribution) a racheté Blinkbox en avril 2011... pour le revendre en janvier 2015 à TalkTalk. Concurrence de Netflix ?
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