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samedi 27 août 2011

TV, Web : beau temps pour la météo

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Les problèmes météo des Etats-Unis (tremblement de terre puis ouragan Irene, etc.) devraient valoir aux chaînes météo de belles audiences. Donc de bons revenus publicitaires. Mauvais météo pour la population, beau temps pour la météo. Touchant la côte Est, l'ouragan et ses conséquences (destructions, inondations) affectent toutes les activités d'une région comptant plus de 65 millions de personnes, des événements sportifs (les Yankees joueront-ils à Baltimore ?) aux équipements média (antennes, panneaux d'affichage, câble aérien, etc.).
Des packages publicitaires spécifiques ont été conçus : "Severe Weather Packages". Les agences peuvent acheter pour les annonceurs de l'espace publicitaire placé dans le calendrier avant ou après les dégâts produits par l'ouragan. Avant, c'est pour la préparation, après, c'est pour la réparation. Les clients, captifs : compagnies d'assurance, grande distribution spécialisée, société de nettoyages, vendeurs ou loueurs de générateurs, organisations caritatives, etc.
The Weather Channel (TWC, groupe Comcast NBC) commercialise également auprès de ses "affiliées" (stations ou réseaux câblés) des alertes géo-localisées. De plus, le web social entre en jeu et localise aussi son information partagée : l'ouragan selon les tweets de votre région ("conversation in your area").
Jeudi, TWC a multiplié l'audience TV de son quart d'heure moyen par quatre (total journée, 25-54 ans), dépassant celle de toutes les chaînes d'information (Fox News, CNN et MSNBC). Son site weather.com a connu sa plus forte audience pour un ouragan (hurricane) soit 99 millions de pages vues.
Google Maps a fait récemment son entrée dans le domaine de la météo : après la circulation et les transports publics, Google Maps donne la météo, rendant sa cartographie encore plus indispensable. Les données sont fournies par weather.com (TWC). Sur l'ouragan Google Maps fournit aussi une carte zoomable de la situation. Travail systématique d'agrégation de Google.

Comme dit la chanson (Brassens), "rendez-vous au prochain orage".... En attendant, tout le travail consiste, pour la chaîne, à fidéliser l'audience irrégulière que lui a apportée le mauvais temps.
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jeudi 30 juillet 2009

Payer les cartes ?


Après la presse d'information qui réclame à Google des compensations, car Google mettrait en péril son marché, voici le tour de la cartographie d'attaquer : Bottin Cartographes qui vend de la "cartographie sur mesure" demanderait un demi million d'Euros de dommages et intérêts à Google (source : AFP). Cette fois, il est reproché à Google Maps d'offrir gratuitement la cartographie que d'autres (Bottin) vendent. La cartographie a un coût (de fabrication) et ne saurait donc être donnée. Le mot de dumping n'est pas présent dans la dépêche, mais celui de monopole s'y trouve.
En fait, Google se rémunère, en principe, avec la publicité. Google Maps est gratuit sur les sites gratuits, payant sur les sites qui font payer. Voilà un procès à venir qui rapelle, entre autres, ceux faits à Amazon et Alapage pour livraison gratuite.

Le débat autour de cette demande de dommages et intérêts pourrait nourrir le débat sur la gratuité, débat bien mal posé, arbitrairement circonscrit (car les médias gratuits à financement publicitaire sont légion). La cartographie n'est-elle pas partie d'un média ? A suivre le 16 octobre.

NB : l'information, relayée par l'AFP, est disponible sur Google News (qui a un contrat de fournisseur payant avec Google). Le tout est agrémenté d'une carte Google Maps situant Paris sur une carte de l'Ile-de-France.
C'est l'occasion de voir à l'oeuvre le travail d'information et la performance d'automatisation de sa redistribution (agrégation) : la dépêche AFP est reprise telle quelle, ou élaguée (cf. les liens au-dessous du texte). Aucun ajout, aucun apport, un seul point de vue...

lundi 20 avril 2009

Coins de rues : l'information hyper locale


L'information la plus importante est celle qui concerne la vie locale. C'est aussi la plus rare car elle ne s'invente pas, ne fait guère l'objet de "communiqués de presse" (drôle de nom pour de l'info) ; de plus, elle est aussi immédiatement vérifiable et exploitable par tous. Elle doit être constamment mise à jour, plusieurs fois par jour. Elle est multi-thématique (sport, culture, politique, consommation, etc.). La plus exigeante donc ! Bien plus que les mêmes rubriques au plan national ou international.
Sur support papier, cette information, au mieux quotidienne, est en difficulté, répartie entre la presse commerciale et la presse "gratuite" des collectivités locales. Aux Etats-Unis, elle est en perdition. Paradoxe : la plus importante des informations n'a-t-elle plus de modèle économique, sinon même de modèle culturel ?

Une solution est en test avec EveryBlock. Le site recherche et collecte les informations disponibles sur Internet pour une agglomération donnée puis les classe et les distribue géographiquement. Chaque utilisateur reçoit l'information correspondant à son lieu d'habitation par abonnement, email ou RSS. Pour une adresse donnée, un pâté de maisons (a block), le site rassemble les infos disponibles, toutes sources confondues, celles des médias locaux, des administrations, de l'immobilier et de l'urbanisme (permis de construire, travaux de voirie, etc.), des objets trouvés, des critiques de restaurants (avec Yelp), de la criminalité (notre "main courante"), des photos d'amateurs, de voisins, des faits-divers, etc. On peut choisir son périmètre géographique d'intérêt, 1, 3 ou 8 "blocks". 

Le financement du développement par une bourse de la Knight Foundation, attribuée après appel d'offres, s'achèvera fin juin et tout le code deviendra public (open source) ; chacun pourra s'en emparer et créer des sites semblables, concurrents... ou partenaires, aux Etats-Unis ou ailleurs (en France ?). 
Le modèle économique est loin d'être clair : publicité bien sûr, mais peut-être aussi abonnement. On imagine des développements presque évidents : une appli pour téléphone avec localisation, par exemple. Ou les contributions de Twitter. Il faudrait pouvoir se choisir plusieurs aires d'appartenance locale : celle du domicile mais aussi la localisation professionnelle qui compte de plus en plus, on y fait ses courses, on en fréquente les restaurants, les bistrots, les coiffeurs. Domicile bis, qui invite à redéfinir ou d'élargir la notion-même de zone de chalandise, donc de "local".

Comme toujours avec Internet, la créativité technique devance la création de contenus et les modèles économiques correspondants. Ici, la question de la collecte, du contrôle des informations, des investigations, du journalisme donc, n'est pas réglée, même pas posée, semble-t-il, hors quelques collaborations ponctuelles avec la presse locale. Problème de curation. L'absence d'info sportive est révélatrice des limites de l'expérience actuelle. L'économie de l'information hyper locale est à imaginer. Le journalisme de proximité aussi qui ne relève sans doute pas uniquement de professionnels à plein temps, mais aussi d'amateurs, de localiers, ces fameux "journalistes-fourmis". Ce qui renvoie à des ajustements législatifs et réglementaires pour un statut adapté. 

Addendum : le 17 août 2009, MSNBC annonce l'acquisition de EveryBlock. Pour en faire quoi ? Souhaitons que la créativité de cette inovation n'en souffrent pas, quant à l'indépendance...