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samedi 5 avril 2014

Aereo : coupure dans l'économie de la télévision américaine


Aereo est un dispositif qui permet de recevoir sur tout appareil numérique, mobile ou fixe, la télévision diffusée localement par voie terrestre moyennant un abonnement pour couvrir l'accès à une antenne distante et à un enregistreur numérique distant également (in the cloud platform).

Depuis son lancement en 2012, Aereo divise le marché américain de la télévision. Avant le 22 avril 2014, date à laquelle la Cour Suprême doit se prononcer sur sa légalité et sur son avenir, les prises de position publiques sous la forme d'amicus brief adresses à la Cour se multiplient, révélant une structuration du champs des intérêts télévisuels. Les positions hostiles ont été les premières à se manifester (cf. Aereo insupporte les puissances télévisuelles américaines), ensuite, se sont fait connaître les organisations favorables à Aereo.
Cette division des acteurs du marché recoupe d'assez près celle du débat sur le SOPA (2012) : logique puisque l'enjeu du débat est celui du droit d'auteur et des contenus. Cette division révèle la coupure entre les entreprises anciennes qui produisent et contrôlent les contenus, d'une part, et les entreprises nouvelles nées des technologies numériques, entreprises de spectacles sans contenus (ou très bon marché, user generated content) qui exploitent la socialisation, la recherche et la mise à disposition de contenus.

D'un côté, favorables à Aereo, les entreprises d'électronique et de cloud computing, les associations de consommateurs qui prônent la réduction des coûts du numérique et les méta-média (entreprises dont le métier consiste à faciliter l'accès à des contenus, sans les produire : ce sont surtout des sociétés exploitant le Web comme Facebook, Google, etc.). Selon elles, Aereo peut être assimilé à une antenne ou à un enregistreur numérique (DVR).
De leur point de vue, la Cour Suprême doit être neutre quant à la technologie, il n'est pas dans son rôle de définir l'avenir de la télévision ("either way, the Court should not attempt to predict the future of television.”)

De l'autre côté, hostiles à Aereo, se trouvent les partisans du status quo ante bellum, détenteurs directs des droits d'auteur ou en profitant indirectement : stations et groupements de stations (networks), studios.

Pour Aereo :

The American Cable Association (ACA) qui représente plus de 800 petits et moyens câblo-opérateurs (et non les MSO)
Dish Network / Echostar (opérateur satellite / satcaster)
Consumer Electronics Association
Electronic Frontier Foundation
Public Knowledge
Engine Advocacy
Des associations de consommateurs : The Consumers Union (CU), the Consumer Federation of America (CFA)
Computer & Communications Industry Association (CCIA) qui compte parmi ses membres, entre autres, Google, Yahoo!, Samsung, Microsoft, Facebook, T-Mobile. Elles défendent surtout le cloud computing.
Mozilla Corporation
Des petits opérateurs indépendants de stations comme Blok Broadcasting (WKRP Cincinatti), Soul of the South Television, WatchTV, Mako Communications, LeSEA Broadcasting, Cocola Broadcasting

Contre Aereo :

SAG-AFTRA (syndicat d'acteurs, artistes, animateurs, journalistes du secteur de la télévision)
Les studios : Viacom, Time Warner, Warner Bros Entertainment
Les networks, y compris PBS
Les groupes de stations de télévision locale
Des ligues sportives professionnelles : NFL, MLB
L'administration Obama

lundi 2 avril 2012

Satellite, cable and connected TV in Europe and USA

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What are the major trends in television distribution? How could they influence and somehow predict the development of connected TV?
  • Terrestrial reception which brings free TV to homes (i.e. paid by taxes and or advertising) is declining. Its level in the USA is now at an all time low: less than 10% of US TVHH (TV households) among which there are probably also many Netflix, iTunes or Hulu customers.
  • Satellite and cable
    • In Europe, television comes to homes mainly through direct satellite (DTH: 33,7%). (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, satellite increases its market share. Alternative Delivery Systems (ADS, i.e. telco + direct satellite) reaches 31.1 % of American TVHH). According to TVB, paid TV is already delivered mostly by ADS in 34 DMA.
    • Cable is king in the USA, despite all talk about cord-cutting (60.4 % in 2011, 10% less than ten years ago).
Marketshares in %, 2011, TVHH.
ADS = telcos + satellite
  • Digitalization takes over, in both Europe and the USA, making room for broadband, HD, DVR and some interactivity.
    • Already 75% of European HH are digital. More than 90% of TVHH in Spain, UK, France and Italy, but only 76% in the Netherlands, 71% in Germany, 58% in Switzerland, 54% in Portugal. (Source: SES, Satellite Monitor, 2012).
    • In the USA, digital TV is almost everywhere. Digital penetration in basic cable reaches 79.4%. (Source : NCTA, 2011).
Gatekeepers ?

On the one hand, digitalization makes connected TV possible. On the other hand, cable and satellite operators and now phone operators (Orange, Verizon, AT&T, etc.) may want to keep companies like Yahoo, Google or Apple from accessing the television set and its set-top box. Interactivity is becoming the USP of cable/telco/satellite multi-system operators (cf. tablets, multiscreentasking, social TV,VOD, TV EveryWhere, XFINITY, UltraViolet, etc.). Smart TV is their business. And, of course, smart advertising.
      • N.B. This opposition concerning connected TV is exactly in line with what we have seen when the SOPA was debated in January 2012.
Major operators are powerful in the USA where they can act as gatekeepers: Comcast, Time Warner Cable, DirecTV, Dish Network hold more than half of the paid TV market; some of them are closely related to studios and national networks (Comcast / Universal), Time Warner Cable). They work with DVR (TiVo, etc.). These operators not only bring TV but also broadband to households.
Connected TV will not happen without them.

Europe, where terrestrial TV is digital and still strong (32%), is the market most vulnerable to newcomers like Google, Apple or Yahoo! That's where HbbTV (industry standard for Hybrid Broadcact Broadband TV) will be so decisive. The list of its members is impressive and counts, among others:
  • satellite companies : Eutelsat, SES ASTRA
  • major TV companies : Canal+, TF1, RTL, BBC, france televisions, SRG SSR, EBU, Mediaset, etc.)
  • software companies or STB manufacturers like Opera, Cisco / NDS, Ocean Blue, etc.
Will HbbTV consortium be strong and determined enough to resist Web companies such as Apple, Google, etc.?
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vendredi 13 janvier 2012

SOPA: The Great Media Divide


Le monde des médias américains est coupé en deux. Un projet de loi, dit Stop Online Piracy Act (SOPA, mot à mot : "loi sur le piratage en ligne", projet dit aussi PIPA pour Protect IP Act) oppose les médias traditionnels, nés analogiques, aux médias issus du Web, nés numériques. Objet du projet de loi : la protection des droits d'auteur et les mesures à prendre contre les infractions à ces droits, contre ceux qui enfreignent la loi et contre ceux qui "facilitent" l'infraction, fût-ce involontairement. Version média de la querelle des Anciens et des Modernes ? Pas si simple.
  • Du côté des médias traditionnels, dits parfois "Mainstream media", expression quelque peu condescendante, se trouvent ceux qui financent, produisent et détiennent des contenus et veulent les protéger à tout prix du streaming illégal autrement dit non payé : des studios et leurs distributeurs (networks, câble, etc.), des éditeurs, des ligues sportives, des annonceurs. Conservateurs par position, ils veillent à maintenir, au cours de leur passage au numérique, leurs avantages acquis : chiffre d'affaires, emplois, parts de marché. Ce parti est dominé par les grands studios hollywoodiens, leurs filiales dans la distribution (networks, MSO) et leurs grands partenaires (ligues sportives, annonceurs).
  • Du côté des médias issus du Web, des outils facilitateurs (moteurs de recherche, navigateurs, courrier), des réseaux sociaux, des incubateurs, des éditeurs de jeux vidéo. Réformateurs, ils défendent leurs intérêts, indissociables d'une liberté d'action sur le Web. Selon ces entreprises, le projet de loi menace les libertés (freedom of speech) et l'économie des médias numériques. Il menace surtout leur ascension économique et leur position sur le marché publicitaire. 
  • Indécis ? Notons la position apparemment confuse de Apple (cf. iTunes), de Microsoft, d'Amazon. Quant aux opérateurs des télécoms, ils ne semblent pas avoir pris publiquement parti.
Rappelons la répartition des acteurs en fonction de leurs prises de position publiques.
ABC, Disney, ESPN
Viacom, CBS
Comcast /NBC Universal
MLB (baseball)
News Corp. (Fox)
NFL (football)
Sony
Time Warner
L'Oreal
Pfizer
VISA
Associations d'artistes, d'acteurs, de techniciens de divers métiers du spectacle
AOL
Craiglist
eBay, Paypal
Facebook
Foursquare
Google
LinkedIn
Mozilla
Reddit
Tumbler
Twitter
Wikipedia
Yahoo!
YCombinator (incubateur)
Zynga
  • Certaines entreprises semblent avoir retiré leur support au projet de loi
Apple
Microsoft

Au-delà de son issue, cette bataille est un formidable observatoire du champ des médias et de ses positions, un révélateur de sa structuration à un moment crucial de son histoire. Structuration selon des enjeux économiques majeurs. Changement de paradigme, tournant, révolution...