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lundi 26 mai 2014

Audiences TV et temps libre


Comment expliquer les variations globales d'audiences de la télévision ?
Le mois de mars 2014 a vu les audiences de la télévision en France baisser significativement par rapport à mars 2013 : 14 mn de moins pour les plus de 4 ans, 17 mn de moins pour les fameuses "ménagères de moins de 50 ans" (Source : Médiamétrie). Explication donnée communément : la météo, mars 2014 fut un mois d'hiver doux, donc défavorable à la fréquentation de la télévision.

La météo ? L'environnement concurrentiel de la télévision, c'est le vrai monde, l'ailleurs, le temps qu'il fait. "Parlez moi de la pluie et non pas du beau temps, le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents, le bel azur me met en rage", chantait George Brassens (1960). La télé approuverait.
S'il fait beau, les téléspectateurs prennent l'air, ils sortent. Ils se dé-programment. Car leur vie est très programmée. Par les horaires de travail, les horaires scolaires, les horaires des magasins et les rendez-vous divers ; il en pleut des rendez-vous : pédiatre, coiffeur, parents d'élèves, garagiste, co-propriété, etc. Et puis les fêtes et célébrations de toutes sortes...
La société des loisirs n'est pas une société du temps libre, au contraire. La liberté de l'emploi du temps y a été limitée, aliénée.

La télévision cherche à programmer ce qui reste de liberté, à s'intégrer dans les emplois du temps, à s'y faire une place, régulière : il y a des applis et encore des magazines pour cela. Avec ses grilles et ses chaînes, la télévision traditionnelle se nourrit de la liberté du téléspectateur ; celui-ci s'acharne à reconquérir sa liberté avec le numérique : délinéarisation, VOD, streaming, enregistrement pour différer la consommation, binge viewing...
Une météo clémente libère le téléspectateurs des chaînes et des grilles de la télé. Quelques degrés... de liberté de plus.

mardi 8 avril 2014

Deux visions du temps qu'il fait à la TV : WeatherNation vs Weather Channel


Une bataille a opposé The Weather Channel à l'opérateur satellite DirecTV. Du point de vue de l'opérateur, The Weather Channel est trop cher. Les opérateurs paieraient 13 cents par abonné par mois pour la retransmission de la chaîne (selon SNL Kagan). DirecTV lui a substitué WeatherNation avec un contrat pluri-annuel.
DirecTV compte 20 millions d'abonnés (fin 2013), c'est le second opérateur après Comcast.

Ce n'est peut-être qu'une partie du débat.
The Weather Channel a une programmation mixte, qui se généralise : 1/3 météo, 2/3 reality shows et séries ("Deadliest Space Weather", "Coast Guard Alaska", "Highway Thru Hell", "Prospectors"). Programmation en partie concurrente des autres chaînes. De plus, la chaîne est contrôlée par le câble-opérateur Comcast (NBCUniversal), quelque peu concurrent des opérateurs satellites et télécom.
En revanche, WeatherNation a une programmation exclusivement consacrée à la météo ("all weather related information all the time", selon le responsable des contenus de DirecTV).
Deux logiques d'agrégation s'opposent : celle du distributeur global (MSO) et de son bouquet, d'une part, celle de la chaîne, d'autre part. Pour résister aux offres concurrentes issues du numérique (OTT), comme Netflix, l'opérateur doit préférer rassembler un bouquet de chaînes nettement thématiques, clairement distinctes. Or The Weather Channel semble se dé-thématiser en mêlant information météorologique et fiction.
Enfin, l'importance discriminante d'une chaîne météo décroît avec la prolifération de sites et applis spécialisés dans la météo, disponibles en permanence sur support mobile.

Mise à jour 9/8/2014

The Weather Channel a fait marche arrière et a réduit de moitié la part de fiction dans sa grille des jours de semaine. Les abonnés à DirecTV pourront aussi regarder gratuitement la chaîne sur des supports mobiles. De son côté, DirecTV a accepté d'augmenter légérement le réunération de la chaîne.
Le P-DG de la chaîne a présenté ses excuses. Difficile de se priver d'un potentiel de 20 millions d'abonnés.

vendredi 14 juin 2013

Météo : le temps des données

 Sommaire partiel : l'appli de WABC (NY)
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Aux Etats-Unis, le temps qu'il fait, celui qu'il fera dans la région, est depuis longtemps une affaire de télévision locale. Avec le développement du câble et de chaînes spécialisées, puis de leur prolongement sur le Web, les stations locales et les networks perdaient un peu de leurs prérogatives.
La première réaction fut celle de NBC qui racheta The Weather Channel (TWC) en 2008.
Voici maintenant la réaction du groupe ABC (Disney) dans le droit fil de sa panoplie d'applis déjà lancées : le ABC Owned Television Stations Digital Group, qui réunit les O&O du groupe, publie des applis gratuites (iOS, android) dotées de fonctions d'alerte vocale et de suivi en cas de déplacement. ("Follow me anywhere" : l'utilisateur peut choisir trois régions, en plus de sa région d'origine (DMA) pour laquelle l'appli est personnalisée.
Les 7 stations O&O de ABC couvrent 23% des foyers TV et sont présentes dans les plus grands agglomérations américaines (New York, Los Angeles, Philadephie, San Francisco, Houston, Raleigh-Durham et Fresno).
L'appli a été développée par WDT (Weather Decision Technologies), éditeur de iMapMobile, qui associe la météo à une location géographique et de iMapTV. WDT a déjà pour clients de nombreuses chaînes et stations de télévision.
Rien comme la météo et le temps qui ne cesse de changer n'est complice de la mobilité et de la continuité de la production de données.

La météo est importante pour l'image locale des stations, pour leur insertion dans la vie la plus quotidienne et locale de leurs audiences, dans le rituel télévisuel ; elle est aussi essentielle pour la quantité de données qu'elle permet de collecter et d'exploiter. L'audience télévisuelle de la météo est large, diversifiée. Elle n'exclut aucune cible marketing, sauf peut-être celle des enfants, encore qu'ils soient souvent inclus dans l'audience familiale.
Or la météo est de plus en plus consultée sur un smartphone et de moins en moins à la télévision sauf en cas de situation météorologique dramatique ou spectaculaire. Pour les stations qui tissent le réseau des networks, le lancement de ces applis est la confirmation de leur stratégie tout écran (multiscreen).
Ensuite, il appartient aux stations affiliées de déployer une stratégie analogue, voire coordonnée avec le network, notamment pour disposer aussi d'une couverture nationale.
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mercredi 31 octobre 2012

La radio tient tête à Sandy. Broadband et broadcast

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L'ouragan Sandy qui ravage le Nord-Est américain aura affecté inégalement les médias qui se sont révélés inégalement efficaces et robustes au coeur de la tempête.

La téléphonie, fixe ou mobile, Internet et la télévision ont été sévèrement touchés, les réseaux câblés également. Et même 911. Coupures d'électricité, locaux inondés, antennes et émetteurs arrachés...
Les opérateurs de téléphonie étaient mal voire pas du tout préparés ; et l'on se souviendra qu'ils se sont opposés à la FCC qui, après les destructions dues à l'ouragan Katrina (2005), voulait imposer des équipements de secours résilients. Irresponsable impéritie.

Pour l'essentiel, seule la radio a résisté ; seule, elle a pu fournir en continu les informations indispensables aux zones très sinistrées.
Grâce à son mode de diffusion, la radio s'avère, au coeur du désastre, le média d'information le plus sûr, le moins vulnérable, le plus opérationnel ; d'ailleurs le directeur de la Federal Emergency Management Agency a recommandé aux sinistrés d'écouter la radio.

Ceci constitue un argument important pour la diffusion broadcast (modèle one-to-many) dans la bataille des fréquences en cours : la FCC demande aux broadcasters (radio, TV) de rétrocéder une part de leur spectre pour le broadband.
Depuis quelque temps, les radios réclament qu'une législation fédérale rende obligatoire la présence de la radio FM dans les téléphones portables, pour des raisons de sécurité : Sandy leur donne raison. Broadband ou broadcast ? Non, broadband et broadcast.
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mardi 10 janvier 2012

TV américaine. Cas N° 11 DOOH TV à la station service

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Networks de stations services qui diffusent des sujet télévisuels pendant que les clients font le plein. Du point de vue de la télévision, il s'agit d'être partout pour renforcer la promotion de l'antenne (comme pour les taxis), la notoriété des chaînes, celles-ci fournissant les programmes.
Du point de vue des stations services, il s'agit de moderniser leur l'image, d'encourager la fidélité des clients.
  • Gas Station TV (GSTV) diffuse des sujets concernant le sport (ESPN), la météo locale (AccuWeather), des infos générales (Head Line News, version simplifiée de CNN),  des informations économiques et financières (Bloomberg Television). GSTV produit également un programme "social", Your Neighborhood pour la promotion des stations et du réseau via Facebook et Twitter. 
    • Média national (GSTV est présent dans plus de 100 DMA, vise les annonceurs locaux (du DMA où se trouve une station service donnée).
    • Accords avec toutes les grandes marques de carburants.
    • inOvation TV lancé par GSTV avec Wayne Industries qui produit les dispositifs de commercialisation du carburant à la pompe (Ovation fuel dispensers). Etend le réseau de stations à tout le pays.
  • Outcast avec PumpTop TV. 
    • Diffuse New Weather I.Q.  qui aligne le message des annonceurs avec les conditions météo au moment et lieu de la réception. 
    • Fusionne avec Health Club Media Network pour créer un réseau ("place-based") présent dans 130 DMA.
Remarques
  • Cette télévision hors du foyer touche les automobilistes : ceci était jusque là le privilège de la radio et de l'affichage. Un signe de plus que la grande distribution réorganise sa relation aux médias.
  • A terme sont en jeu les possibilités, pour les partenaires de ces réseaux, de capter des données (la carte de crédit), de fournir des éléments de fidélisation (au réseau), etc. 
  • Ces réseaux peuvent devenir des relais pertinents pour la publicité automobile.
  • Le modèle économique publicitaire est celui que l'on trouve dans les réseaux de pharmacies, de supermarchés, de centres commerciaux, de salles d'attente, etc. La station est équipée gratuitement (écrans de 10 pouces intégrés, maintenance). L'audience est dite mesurée et contrôlée par Nielsen Research (socio-démo, DEA, notoriété). Pour que cette audience soit efficace, il faut à terme qu'elle puisse fournir des analytics de ciblage comportemental des automobilistes et de qualification des stations. Les intercepts et les déclarations n'y suffiront pas.
  • En France, Total lancerait une chaîne pour les aires de distribution de carburant (boucle de 7 mn). En Allemagne, Amscreeen est présent dans 1 200 stations Aral et presque autant en Grande-Bretagne (Esso et Shell).

Rappel : études de cas sur la télévision américaine 


N°1 Station contre network                                                        N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture                                                       N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local                 N°6 Lancement d'une chaîne
N°7 Une émission, deux écrans                                                  N°8 Stratégie de syndication
N°9 Un network prend le taxi                                                     N°10 Réglementation : son de la pub TV
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samedi 3 décembre 2011

TV américaine. Cas N°9. Des networks prennent le taxi

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La télévision sort des foyers pour s'adresser aux téléspectateurs lors de leurs déplacements : taxis, stations service, points de vente, transports en commun, etc. Les networks sont attentifs à exploiter ces nouvelles occasions de contact. Dans le cas des taxis, tout change avec l'année nouvelle, en janvier 2012.
Deux des grands networks diffusent des des programmes promotionnels dans des taxis sur des écrans HD de 10.4" placés à l'arrière du véhicule (au dos du siège du passager avant). Les passagers peuvent régler le son et éteindre complètement l'écran, à leur convenance.

Mise à jour le 12 janvier 2012
Ecran ABC dans un taxi new-yorkais. A droite, au bas de l'écran, le prix de la course s'affiche en continu
Au-dessous de l'écran, le système de paiement par carte de crédit
  • Le network ABC (groupe Disney) diffuse des éléments de ses programmes locaux (brèves, météo, sport provenant de ses stations) dans plus de 10 000 taxis dans des grandes villes américaines. Ceci fait suite à un accord avec Creative Mobile Technologies (CMT). L'accord a pris effet en janvier 2012. 
    • Dans les programmes sont insérés des bandeaux publicitaires. La mesure de l'audience est déclenchée lorsque le chauffeur démarre son compteur.
    •  CMT a constitué un network avec des compagnies de taxis affiliées dans les grandes villes. 
    • ABC commercialise l'espace publicitaire, local et supra-local, par l'entremise des régies de ses stations locales.
  • NBC a quitté CMT, remplacé par VeriFone pour les installations techniques. Les 10 stations O&O du network fournissent des "programmes" à 12 000 taxis dans les grands DMA (dont 6 800 à New York). 
    • Les nouveaux appareils permettent de distribuer des coupons, de payer des produits apparaissant dans les messages publicitaires avec une carte ou via NFC. La nouvelle situation a pris effet le 1er janvier 2012. 
Quelle est la valeur de cette audience, dite captive ?

Pour les annonceurs
Les passagers représentent une extension de la couverture publicitaire des campagnes.
Comme les courses durent généralement moins d'un quart d'heure, le capping est possible pour un même passager, dans un même véhicule.
Ils peuvent effectuer un ciblage géographique (par ville, par quartier d'une ville, par événement, etc.) et par tranche horaire.
Dispositif pour paiement par cartes de crédit (VeriFone)
placé à l'arrière du taxi
La réactivité du support est séduisante : une campagne peut être mise en place en moins de deux heures. Enfin, des possibilités d'interactivité existent avec les grands écrans dans certaines villes (cf. Time Square à New York avec ABC) à l'occasion d'événements localisés.

Pour les chaînes de télévision (networks)
Pour les networks et leurs stations, ce type de support contribue à la promotion de l'antenne auprès d'une population active et mobile dont il est difficile de capter l'attention. D'après mon expérience, limitée, promotion et publicité représentent la totalité des programmes diffusés.
La bataille pour le DOOH (Digital Out-Of-Home) est engagée.
Quel est le média le plus apte à en tirer profit ? La télévision ou le Web ? Les deux disposent de contenus (vidéo, rich media). Les métiers et les technologies du DOOH et du Web sont voisins : adserving, adnetworks, RTB, géo-marketing, collecte et commercialisation de data (analytics). Les synergies semblent évidentes.
Une question reste actuellement sans réponse faute d'analyses suffisantes s'attaquant aux préjugés du domaine : que faut-il diffuser, combien de temps doit durer une boucle de contenus, quelle formats publicitaires ?

Mise à jour 19 octobre 2015
Encore faut-il que les contenus diffusés et les interfaces utilisateur soient à la hauteur : en octobre 2015, l'appli diffusant dans les taxis new-yorkais a été supprimée en raison de sa mauvaise qualité.


Etudes de cas sur la télévision américaine 
N°1 Station contre network                                                        N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture                                                       N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local                 N°6 Lancement d'une chaîne
N°7 Une émission, deux écrans                                                  N°8 Stratégie de syndication
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samedi 27 août 2011

TV, Web : beau temps pour la météo

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Les problèmes météo des Etats-Unis (tremblement de terre puis ouragan Irene, etc.) devraient valoir aux chaînes météo de belles audiences. Donc de bons revenus publicitaires. Mauvais météo pour la population, beau temps pour la météo. Touchant la côte Est, l'ouragan et ses conséquences (destructions, inondations) affectent toutes les activités d'une région comptant plus de 65 millions de personnes, des événements sportifs (les Yankees joueront-ils à Baltimore ?) aux équipements média (antennes, panneaux d'affichage, câble aérien, etc.).
Des packages publicitaires spécifiques ont été conçus : "Severe Weather Packages". Les agences peuvent acheter pour les annonceurs de l'espace publicitaire placé dans le calendrier avant ou après les dégâts produits par l'ouragan. Avant, c'est pour la préparation, après, c'est pour la réparation. Les clients, captifs : compagnies d'assurance, grande distribution spécialisée, société de nettoyages, vendeurs ou loueurs de générateurs, organisations caritatives, etc.
The Weather Channel (TWC, groupe Comcast NBC) commercialise également auprès de ses "affiliées" (stations ou réseaux câblés) des alertes géo-localisées. De plus, le web social entre en jeu et localise aussi son information partagée : l'ouragan selon les tweets de votre région ("conversation in your area").
Jeudi, TWC a multiplié l'audience TV de son quart d'heure moyen par quatre (total journée, 25-54 ans), dépassant celle de toutes les chaînes d'information (Fox News, CNN et MSNBC). Son site weather.com a connu sa plus forte audience pour un ouragan (hurricane) soit 99 millions de pages vues.
Google Maps a fait récemment son entrée dans le domaine de la météo : après la circulation et les transports publics, Google Maps donne la météo, rendant sa cartographie encore plus indispensable. Les données sont fournies par weather.com (TWC). Sur l'ouragan Google Maps fournit aussi une carte zoomable de la situation. Travail systématique d'agrégation de Google.

Comme dit la chanson (Brassens), "rendez-vous au prochain orage".... En attendant, tout le travail consiste, pour la chaîne, à fidéliser l'audience irrégulière que lui a apportée le mauvais temps.
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lundi 27 décembre 2010

Télé diversité ? Revue de presse TV

Lundi 27 décembre 2010, point de vente presse, Paris. Photo CmM.
Lundi télé dans les kiosques
Télé 2 semaines, télé 7 Jours, Télé Star, télé TNT : quatre magazines TV mettent en une le couple phare de la série américaine "Grey's Anatomy" (ABC, saison 6), diffusée sur TF1.
Télé Cable Sat et télé Z titrent sur Claire Keim, présentatrice de l'émission "Passage au Vert" sur la chaîne Ushuaïa TV (groupe TF1).

Télé Poche s'offre "les belles confidences" d'une présentatrice de la météo sur TF1.
Seul Télé Loisirs déroge n'accordant que deux lignes à "Grey's Anatomy" mais le magazine se rattrapera le lundi suivant en titrant pleine page sur une interview "exclusive" de Patrick Dempsey ("Grey's Anatomy").

Bravo TF1 !
Pour qui prend-t-on les lecteurs et les téléspectateurs ? Croit-on que la presse TV s'en portera mieux ?

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vendredi 2 juillet 2010

Où passer le temps qu'il fait ? Au cinéma ?

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De toutes les variables qui déterminent la consommation de médias, la météo est l'une des plus importantes, des plus incertaines et, sans doute, des plus difficiles à mobiliser à temps.
Ainsi, la "Fête du cinéma", qui, pourtant, abaissait le prix des entrées à 3 € pour toute séance n'a rien pu contre une météo de grand beau temps et de chaleur. On peut aussi, comme la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF), incriminer le football (Coupe du Monde). Cette première semaine d'été (N°26, 23-29 juin) aura été la plus faible semaine de l'année pour les entrées cinéma. Source : CBO Box-Office.
Voilà qui rappelle qu'une analyse de fréquentation médiatique, qu'elle anticipe ou qu'elle constate, ne doit jamais ignorer les variables exogènes, notamment la météo. La météo décide d'aller ou non au cinéma. L'affiche décide du film. Ceci rappelle aussi ce qu'affirme depuis longtemps la sociologie de "L'Amour de l'art", que, musées, concerts ou cinéma, abaisser le prix ne suffit pas pour infléchir les consommations "culturelles".
Le temps qu'il fait décide en dernière instance, de la manière dont les cinéphiles passe leur temps libre.
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mercredi 20 janvier 2010

Météo mentale et carnet d'écoute numérique

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L'association téléphone portable / appli permet de moderniser et améliorer les enquêtes déclaratives. Téléchargée sur un téléphone portable, l'appli développée pour l'enquête (généralement de type questionnaire) permet une réponse aisée et surtout conjoncturelle, ce dont on rêvait à propos du carnet d'écoute ou de lecture, généralement rempli après coup, longtemps après parfois.
En Hongrie, IPSOS MediaCT a développé pour une station de radio une enquête sur l'humeur des auditeurs de la radio. Pendant une semaine, un échantillon d'auditeurs a déclaré son humeur sur / à son portable, en même temps que son activité des deux heures passées (micro-budget-temps) et son écoute radio. Carnet d'écoute numérique portable.
La méthodologie est adaptée à ce questionnement. L'humeur est changeante (cf. Diderot et l'humeur inconstante des Langrois !) et connaît beaucoup de micro-climats. La déclarer ne peut qu'intéresser l'enquêté, incité à répondre pour le plaisir de l'introspection : lui-même est amené à s'interroger sur la relation entre son humeur, l'ambiance sonore du moment et son activité. L'enquête rend-elle de bonne humeur en faisant prendre conscience des mauvaises humeurs ? L'enquête aurait un effet cathartique ! Mais ce serait un biais !

On peut souhaiter des améliorations de cette méthodologie. Par exemple, recourir à l'enregistrement et au codage passifs de l'ambiance sonore, à l'aide de technologies d'"empreintes acoustiques" telles que celles mobilisées dans des applis du type Shazam, ou dans Gracenote ( iTunes). Pour peu que cette application localise les panélistes (opt-in), l'information recueillie sera très riche.
Reste, bien sûr, l'éternelle et lancinante question du recrutement des panélistes et de leur représentativité. Quant aux rappels à l'ordre par SMS, ils peuvent aussi paraître intrusifs.
Une telle application suggère et laisse entrevoir les voies prochaines des enquêtes audimétriques qu'ouvre la nouvelle téléphonie.
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dimanche 29 novembre 2009

Prime time chinois aux enchères

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CCTV, le secteur public télévisuel chinois met le 18 novembre de chaque année son espace publicitaire de prime time aux enchères (黄金资源广告招标) . Comme la vente upfront aux Etats-Unis, cette "ouverture de planning" constitue un test de la santé économique des entreprises chinoises. La vente a duré 13 heures pour récolter 10,97 milliards de yuans (1,36 milliard de $) : l'augmentation du chiffre d'affaires fut de 18,5% par rapport à l'année précédente (Source : CCTV9, CCTV Advertising Economic Indicator). Les présentateurs des antennes ont participé à la mise en scène des enchères.

Un millier d'annonceurs étaient présents dans le CCTV Media Center. Le premier investisseur fut la firme laitière Mengniu qui a dépensé 343 millions de Yuan. Viennent ensuite une autre firme de produits laitiers Heilongjiang Feihe, puis Gree (air conditionné) et Midea. Reculant à la 5ème place, Procter and Gamble a dépensé 256 millions.
Les émissions les plus recherchées furent le gala de nouvel an (festival du printemps), la coupe du monde de football et la météo. Un des spots les plus chers a été vendu 7,6 millions de dollars (compte à rebours du passage à la nouvelle année - 过年 - durant le gala du festival du printemps - 春节 - par Midea (équipement des foyers). Langjiu (boissons) a payé 4,8 millions pour parrainer les résultats de la Coupe du monde de football (classement des meilleurs buteurs). Le coût de l'espace a augmenté de 20%. La demande s'est accrue plus fortement pour l'espace des chaînes des agglomérations régionales : la montée du régional se confirme.
La télévision chinoise comme la télévision américaine réussissent à faire de la vente d'espace publicitaire un événement économique majeur. Cet événement procure à la publicité télévisée une visibilité et une notoriété auprès des entreprises que de nombreuses campagnes d'auto-promotion ne pourraient construire.

Les mécanismes du marché publicitaire français semblent figés et les groupes TV bien timorés en comparaison ; la régie de France Télévision a pourtant innové en mettant depuis une dizaine d'années une partie de son espace aux enchères (medi@exchange) mais le marché ne l'a pas suivie. Une ouverture de planning en France ne saurait être un événement dans un contexte commercial d'où toute surprise a été exclue : le marché de la publicité télévisée manque de supense. Ce que la vente aux enchères de 3 mn de pub par francetélévisions publicité dans le cadre d'un téléthon ne peut que souligner.
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vendredi 12 juin 2009

Kiss Analog Good Bye


Vendredi 11 juin, la diffusion de toute la télévision américaine terrestre est passée au numérique (cet objectif de migration est prévu en France pour le 30 novembre 2011). Près de 1 800 stations, publiques ou commerciales étaient concernées. 68 ans de standard analogique (NTSC) se sont achevées auxquelles succède le standard ATSC (Advanced Television System Committee). Le ATSC travaille aux prochains standards pour la télévision mobile, le différé (Non-Real Time Program Delivery, ATSC-NRT).
Depuis plus de deux années, les téléspectateurs étaient prévenus ; il leur a même été proposé des coupons (40$) pour acheter le nécessaire décodeur numérique (digital converter box), coupons valables jusqu'au 31 juillet 2009. La facture totale de la transition s'élèvera à 2 milliards de $ pour l'Etat américain.
On compterait encore 2 à 3 millions de foyers (moins de 3% des 114 millions de foyers TV) qui ne sont pas prêts et une dizaine qui a des difficultés (règlages essentiellement). La FCC, l'organisme de réglementation de la communication a mis en place des hot lines et un site d'information pour aider les retardataires.
Opération longue et sensible (la nouvelle administration avait accordé 4 mois de délai supplémentaire. Pour plus de quatre cinquièmes des foyers recevant la télévision par câble, satellite ou télécoms, la transition était insensible, puisque les opérateurs s'en chargeaient à leur place.

Cette mutation a et aura plusieurs conséquences
  • Abaissement des coûts de distribution pour les stations, toutes locales, cela n'affecte donc pas les networks.
  • Les stations (locales) disposent toutes désormais de fréquences supplémentaires qu'elles peuvent exploiter pour lancer trois ou quatre canaux nouveaux, diffusant des programmations complémentaires ou non de l'antenne principale (jusqu'à présent, ces canaux sont surtout utilisés pour la météo, l'actualité, l'information, la musique). La FCC recommande l'utilisation de cette capacité nouvelle pour ouvrir la télévision à plus de diversité culturelle et linguistique. L'offre de télévision locale sera donc à terme multipliée par quatre ou cinq. Un indéniable raffraichissement de l'offre télévisuelle, un élan nouveau pour la télé dans un contexte concurrentiel difficile.
  • Evolution de la configuration télévisuelle des foyers. 5% des foyers américains ont profité de la transition numérique pour s'abonner au câble ou au satellite, soit près de 6 millions de foyers (Source : sondage Knowledge Networks, avril 2009). Dans l'ensemble, un foyer sur quatre a transformé et amélioré son univers télévisuel (appareils, abonnements, HD, périphériques, etc.). Cette mise à jour devrait se refléter dans la composition des panels de mesure (l'équipement est un quota de recrutement), et sans doute dans la consommation télévisuelle.
  • Libération de fréquences pour la réception en mobilité, qui pourrait se développer (à suivre).
  • Gérée en finesse par deux administrations successives, cette opération s'est révélée un modèle d'information et d'éducation des consommateurs, de collaboration entre institutions et entreprises liées à la télévision (stations, installateurs, distribution, opérateurs, etc.). Au point que certaines associations réclament une opération du même type pour orchestrer une mutation vers le haut débit.

mercredi 1 avril 2009

Evénement et quotidien


En mars 2009, CNN (groupe Time Warner) était, selon les mesures de l'audience en cours, la troisième des chaînes d'information continue aux Etats-Unis, derrière Fox News (News Corp) et MSNBC (NBC Universal). Un peu plus de un million de téléspectateurs par jour de semaine pour CNN ou MSNBC, presque 3 millions pour Fox News en prime time.

Quel diagnostic dresser de cette situation ? 
  • Pas d'actualité politique extraordinaire (guerre, élection), "A slow news period", faible audience. L'ordinaire ne fait pas l'audience. Pourtant chaque jour apporte aux Américains sa part de cercueils, de Bagdad ou d'Afghanistan, pourtant la "crise économique" va bon train. Mais, même malheureux, ceci ne fait plus événement. Le téléspectateur s'y est habitué. 
  • Pas assez de "opinion shows" qui compenseraient le manque d'extraordinaire en fabriquant de l'actualité, Fox News a mis en place de telles émissions ("The O'Reilly Factor", etc.) . Une chaîne d'infos - on l'oublie - ne suit pas seulement l'actualité, elle la "fait" aussi, elle "l'invente".  Un média doit fabriquer sa matière. Les grands médias du sport l'ont fait (ESPN, L'Equipe, La Gazetta dello Sport, etc.). Seule la météo, et encore, vit en permanence dans l'événement, d'où son succès. 
En ligne, en revanche, le classement est différent. MSNBC.com est en tête (41 millions de visiteurs uniques) devant CNN (36 millions), loin devant Fox News (16 millions). Pour remonter la pente, Fox News lance Fox Nation, simple blog d'opinions patriotiques ("It is a community that believes in the American Dream"). A la manière de iReport, lancé par CNN, il s'agit d'introduire les contenus produits par les médianautes ("Unedited. Unfiltered").

Utilisons ce constat, à titre d'hypothèse, comme analyseur du déclin de la presse d'information quotidienne.
La partie de la population qui s'informe régulièrement passe sur Internet, plus commode, plus divers, plus riche, personnel, parfait pour la vie de tous les jours (comme le fut en son temps le "journal à un sou", 1867). Les irréguliers attendent un événement pour lire un journal "quotidien", qu'ils traitent comme un magazine (ce dont Libération eut l'intuition). Le quotidien papier n'est plus fait pour le quotidien, il lui reste l'événement. Le modèle économique confirme et accentue ce diagnostic. Le quotidien aurait ainsi deux avenirs, l'un en ligne, l'autre en magazine (ce dont témoigne déjà la multiplication des hors série, des suppléments).

Si cette hypothèse est confirmée : les médias traditionnels, papier, lourds à mettre à jour, au contenu complexe, comme la télévision devraient se réfugier dans l'événement, quitte à le provoquer (Star Ac, épisode final d'une série) ; le régulier, le quotidien sera de plus en plus en ligne, léger, courant réactif. Les périodiques, entraînés à l'événement, à la synthèse approfondie souffriront moins que les quotidiens dans leur support papier.
Ainsi se dessine une division du travail entre supports. Nous reviendrons sur ce diagnostic pour l'enrichir ou le révoquer en doute.

vendredi 9 janvier 2009

DOOH à Berlin, renaissance numérique


Dix ans après la fin de l'occupation soviétique, Berlin retrouve sa souveraineté et son statut de capitale culturelle. C'est une renaissance : Berlin fut au début XXème siècle, une capitale des médias, de la mobilité. On y a même inventé alors une pathologie, la neurasthénie, maladie emblématique de la modernité (cf. Andreas Killen, Berlin Electropolis. Shock, Nerves and German Modernity, University of California Press, Berkeley, 2006).
Un siècle plus tard, le numérique s'installe dans la ville, sans présence spectaculaire, mais sûrement. Premier secteur converti, celui des transports.
Voici quatre exemples.
  • Le métro accueille des écrans Infoscreen (Groupe Ströer). Des grands écrans qui s'éteignent quand arrive le train et se rallument quand il part. Contenus : météo, infos (fournies par la chaîne de TV N24) et publicité. Les messages sont vendus à la seconde, à la journée et demi-journée (durée : de 5 à 20s). Etude par téléphone (CATI), 1950 personnes interviewées pour les dix grandes villes concernées entre le 6 et le 19 décembre 2006... Voici, les informations pour réaliser un plan média avec ce support aujourd'hui à Berlin (17 stations), si je comprends bien : 2 à 300 personnes interviewées, des données datant de deux années, pas de saisonnalité, pas de tendance, seuls les Berlinois sont interrogés (pas les touristes alors que les écrans sont à dessein installés dans des lieux touristiques (Friedrichstrasse, Potsdamer Platz ...).
  • Touchandtravel permet l'utilisation d'un porte-monnaie électronique pour voyager sur le réseau ferré. La seconde phase de tests commence en décembre 2008. Le téléphone portable sert de support. 
  • Internet dans le centre commercial, Sidewalk Express : en attendant que tout le monde puisse accéder à Internet via un support portable. Voici une installation qui ne désemplit pas, et témoigne des sous-équipements mobiles et d'un besoin impératif de connexion permanente. Les écrans d'accueil sont vendus aux annonceurs.
  • Dans les wagons du métro (U-Bahn), Berliner Fenster, des petits écrans doubles dans plus d'un millier de wagons (1,5 million de voyageurs). Etude d'audience classique : 1166 interviews par téléphone. Etudes d'impacts.  Dernière étude disponible : mai-juin 2001.
"Nous vous remercions pour votre attention"
Avec tous ces médias hors domicile, les annonceurs vont à la rencontre d'une cible mobile, active, qui vit la ville à plein temps, ses équipements de transports, de loisirs (cinémas, bistros, restauration, musées, salles de concert, etc.), ses vitrines.
Les argumentaires commerciaux répètent ces évidences à l'envi, comme si cela suffisait à justifier un investissement média : faut-il une enquête pour convaincre des spécialistes des média que les usagers des transports en commun sont mobiles ? En revanche, connaître leurs itinéraires, les croiser avec des habitudes et des horaires fonderait un médiaplanning plus précis. Mais les études ponctuelles et déclaratives ne peuvent saisir cette dimension primordiale des usages médiatiques.

Chaque média, ou plutôt chaque support "hors foyer", y va de son étude. Cette multiplication d'études est déraisonnable et contreproductive d'autant que beaucoup sont pauvres et infréquentes.
Il faut méconnaître le travail média pour se laisser aller à tant de mesures, non auditées, non certifiées, ponctuelles, souvent surannées et qui n'apparaissent aux yeux de beaucoup d'utilisateurs que comme prétextes à communiqués de presse. Ce n'est même pas mieux que rien, c'est moins que rien, négatif.

Ce secteur publicitaire nouveau a grand besoin d'une grande étude plus fréquente voire continue, auditée, avec un seul grand panel. L'exigence qui se fait jour avec insistance dans le médiaplanning et l'achat d'espace publicitaire d'une approche opérationnelle 360° pluri-média doit être prise au sérieux, a fortiori lorsqu'il s'agit d'un seul média.

Photo et Vidéo : Cass MM.

samedi 22 novembre 2008

Le stade s'habille en numérique : "Field of Dreams" ?


Le stade des Yankees à New York (53 000 places) investit 17 millions de dollars avec Cisco afin d'être à l'heure numérique pour la prochaine saison de baseball (MLB, avril 2009). Les travaux sont en cours.
  • 1 100 écrans HD seront installés ("fan-facing technology"), omniprésents dans tout l'univers du stade, le Yankee Museum, les restaurants, les bars, les boutiques diverses ("concessions stands"), les toilettes, les travées. Chaque écran pourra être programmé individuellement : statistiques sportives, informations sur la circulation, échauffements de l'équipe, météo, alertes en cas de danger (évacuation, etc.), indications pratiques, adaptées à l'emplacement de chaque écran, etc.
  • Le Wi-fi haut débit sera accessible partout pour servir les équipements des visiteurs (smart-phones, Net Pc) et leur donner accès aux boutiques du stade, recevoir les grands titres, s'abandonner à quelque "réseau social" spécialisé (MLB, baseball, fans de l'équipe) ... 
  • Un système de téléconférence (TelePresence) pour communiquer avec les fans. 
  • Des ordinateurs avec écrans tactiles dans les vestiaires des joueurs. 
Le jeu repris sous tous les angles, multiplié, partout, en direct et en bref différé. Rève d'Argus aux cent yeux, tout voir (panoptique) et revoir (Aργος Πανόπτης). Tout ceci est en phase avec une politique de présence systématique du baseball sur les médias mobiles : bientôt les Yankees seront sur tous les téléphones : fantasy games, scores, brêves, réseau social, etc.

Cisco StadiumVision apporte aux Yankees le dernier état de sa technologie avant que Cisco construise un stade portant son nom, Cisco Field (naming) à Fremont (Californie, où jouent les Oakland A's). Cisco est déjà présent dans 60% des stades américains.

Nous assistons au changement de tout l'univers visuel des spectacles grand public, musiques et sports populaires d'abord. Bientôt, la musique savante, les expositions, les musées suivront. A terme aussi, inéluctablement, les univers didactiques (établissements scolaires et universitaires).

Economie. Le stade devient un lieu de vie commerciale, sociale où l'on se rend pour passer le temps autour d'un événement sportif. Avec tous ces écrans, la périphérie devient centrale. Le sport est de plus en plus une expérience numérique, un spectacle omniprésent, un environnement : définition nouvelle du média (forme en acte du 360°). Ce média a besoin de contenus frais pour fuir la rediffusion et l'ennui, de nouvelles manières de filmer, de moins de montages a priori. C'est le spectateur dans sa déambulation qui effectue, à son gré, à son rythme le montage de l'événement. 
Le modèle économique du sport (et du spectacle en général) en est affecté, donnant plus de poids au stade, au local, au direct sur place, donc à l'audience massive et émiettée dans les stades.

Mais comment tout ces contenus offerts seront-t-ils gérés, quelle place sera donnée à la publicité, à la promotion ? Nielsen avait déclaré mesurer l'audience des écrans de Arena Media Network (34 stades, dont le Yankee Stadium et Shea Stadium à New York, le Dodger Stadium à Los Angeles, Wrigley Field à Chicago), mais cette mesure semble remise à plus tard, fautes de clients (cf. post suivant !).

Nostalgie. Avec tout cela, on est loin des petits ballparks de quartiers, soirs d'été, odeurs de hot dog, l'orgue hammond ponctuant les phases de jeu, bancs de bois, home runs guettés par les enfants, mitaine à la main, les moustiques aussi ..."The House That Ruth Built" était dans le Bronx la maison des Yankees depuis 1923. "If you build it, they will come"... Qui viendra rêver dans cet univers d'écrans ? Babe Ruth ? Shoeless Joe ? Will you still "Take me out to the ball game".

mardi 9 septembre 2008

Vendre la TV consommée loin des audimètres foyer


Compter les téléspectateurs hors du foyer est au programme des chaînes de télévision depuis longtemps. Elles sont en effet incapables aujourd'hui de vendre cette part d'audience ... qui s'accroît : la mesure actuelle ne permet de vendre que la télévision regardée au foyer. Notons que l'on ne connaît donc pas le volume total de la télévision consommée, ce qui n'empêche pas de spéculer, à la décimale près, sur l'évolution des audiences de la télévision !

Aux Etats-Unis, Nielsen collabore avec IMMI pour mesurer l'audience hors foyer avec un téléphone portable (cf. notre post du 3 avril 2008, "La télé n'est pas seulement au salon"). Pour commencer, seront mesurées les audiences dans les grandes agglomérations (DMA) : Chicago, Denver, Houston, Los Angeles, Miami et New York. Le panel hors foyer comptera 500 panélistes par marché local, plus 1 700 répartis sur le reste du territoire, afin de disposer également d'une représentativité nationale. IMMI fournit les panélistes qu'il équipe du téléphone configuré pour la mesure de l'audience (capte une signature numérique insérée dans le signal).

Mais qui dit audimètre, dit panel volontaire, opt-in. Et l'engagement du panéliste n'est pas neutre puisqu'il lui est confié gracieusement un téléphone portable, pourvu qu'il en fasse son téléphone personnel (smartphone HTC, voix et data gratuites, AT&T/ Cingular pour l'opérateur). Biais de recrutement ?
 
Les données du panel hors foyer s'ajoutent à celles du panel foyers, ce qui suppose des fusions de données pour produire une audience totale. Procédure toujours délicate.
 
Cette mesure est de plus en plus importante alors que la télévision sort du foyer, pour être diffusée dans les stations services, les salles d'attente, les transports, les lieux de travail, les bars, les hôtels, les résidences secondaires... L'assiette de l'audience évolue : la mesure doit suivre.

A priori, l'audience hors foyer paraissait devoir être plus importante pour les chaînes diffusant en continu info, météo, sport ou musique. En fait, pas seulement !
Les premiers résultats publiés montrent que, en prime time, "House" (Fox, série), "Home Run Derby" (ESPN, baseball) et la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques (NBC) ont été les émissions les plus regardées hors foyer. Tout type de programme est donc concerné, toute tranche horaire. Le manque à gagner pour les chaînes, considérable, s'accroît de jour en jour.

A cette mesure que l'on pourrait appeler "user centric", qui compte sur des panels de plus en plus difficiles à recruter (donc chers, et sûrement peu représentatifs de la population étudiée), on commence à opposer une mesure "site centric", partant de l'écran regardé et non des passants. Conflits de mesures ? Elles sont sans doute plutôt complémentaires car le coût d'un panel armé de téléphones portables semble exorbitant, interdisant toute extension à des échantillons de grande tailles, indispensables à un marketing opérationnel recourant à des ciblages fins. Seule une mesure "site centric", partant des appareils, pourra donner accès à des effectifs assez nombreux.

mercredi 9 juillet 2008

L'avenir média de la météo

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On attribue au romancier américain Mark Twain la phrase qui donne la clé du succès médiatique de la météo : "Everybody talks about the weather but nobody does anything about it" (tout le monde parle de la météo mais personne n'y change rien). La météo est l'un des contenus les plus recherchés par les médias (Weather.com a une audience voisine de celle de CNN.com). Aux informations et prévisions, s'ajoute un aspect documentaire et vulgarisateur : réchauffement climatique, incendies de forêt, tremblements de terre, environnement, etc. Comme le sport et la bourse, la météo se repaît de statistiques mais aussi de cartographie, contenus automatisables, personnalisables, localisables. De plus, les événements météorologiques, presque toujours dramatiques, ne manquent pas et les présentateurs de la télé ont quelque chose de romantique : "Levez-vous orages désirés !" D'ailleurs, la météo a ses stars : James Cantore (The Weather Channel), Catherine Laborde sur TF1.

Aux Etats-Unis, la bataille pour la première chaîne météo, The Weather Channel (TWC), s'achève. Le groupe NBC (General Electric) l'acquiert auprès de Landmark Communications pour 3,5 milliards de $, associé à la Deutsche Bank, General Electric et des hedge funds de Bain Capital et The Blackstone Group. CBS, Comcast et Time Warner qui avaient fait connaître leur intérêt se sont désistés (mais Comcast rachètera NBC). Le prix de 35 $ par abonné est supérieur à celui de l'acquisition, par NBC, de Bravo (chaîne culturelle, 22 $ en 2002) et de Oxygen (chaîne Femmes, 12 $ en 2007). Sundance Channel (chaîne cinéma) a été achetée en 2008 par Cablevision Systems pour 19 $ / abonné (NBC en détenait un tiers).
L'acquisition comprend la chaîne TVC (crée en 1980, 97 millions de foyers abonnés), le site Weather.com (35 millions de visiteurs uniques en juin, selon comScore), Weather Services International (services de prévisions, 5 500 clients), Electronics Corporation (radars météo) et une participation dans Pelmorex (météo canadienne).
Quelle évolution après l'acquisition ? Trois évolutions semblent primordiales :
  1. Les contenus météo pourront être exploités par toutes les chaînes d'infos de NBCU (NBC, CNBC, MSNBC, stations O&O et affiliées, etc.) et par Internet. Cette acquisition consolide la puissance de NBC sur Internet et en téléphonie au moment où se cumulent les audiences tous médias.
  2. En 2004, NBC avec ses stations affiliées avait lancé NBC Weather Plus, qui décollait difficilement (la chaîne est toujours dans le rouge). Une fusion des moyens semble inévitable.
  3. NBC devra augmenter progressivement la contribution des réseaux câblés et opérateurs satellite qui ne versent que 11 c pour retransmettre TWC (selon les standards du marché, on attendrait 25 c).
TWC n'aura qu'un seul grand concurrent sur le marché américain, The Local AccuWeather Channel souvent présent en marque blanche dans les stations TV, les réseaux câblés et leurs sites. Signalons une initiative qui devrait inspirer des imitations : le Denver Post, quotidien de Denver, publie une comparaison des prévisions météo, après coup, le Weather-O-Meter.

Et en France ? Lagardère a vendu La Chaîne Météo (bénéficiaire) en 2006 au groupe Meteo Consult (Prosodie)... stratégie mystérieuse.

Mises à jour octobre 2008
  • Gulli et Tiji, deux chaînes TV pour enfants de Lagardère, mettent en place une météo adaptée à leur public.
  • Le Groupe Figaro acquiert Meteo Consult (10,2 millions de VU /mois selon Nielsen Netratings.
La météo est aisément multimédia et multi-support : pas de média sans météo, pas d'info sans météo. Elle est présente sur les téléphones, encadre le prime time, trône dans les portails. Chaque pays a sa chaîne météo, chaque région, chaque agglomération l'aura. La météo se combine au sport, à l'agriculture et à la pêche, au jardinage, aux vacances, au voyage, au tourisme. La météo, c'est du quotidien, du local de chaque instant, pour les loisirs et pour le travail. Montesquieu avait raison de voir dans l'homme un être du temps qu'il fait et des climats.
L'avenir média de la météo est au beau fixe !
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mercredi 7 mai 2008

Couvertures cumulées

Nielsen Online a mis en place TotalWeb qui associe, pour un même site, la mesure de son audience sur PC et sur téléphone. Sans surprise, les premiers résultats montrent une augmentation de l’audience cumulée à au moins 1 contact (+13% en moyenne, +22% pour la météo dont +46% pour AccuWeather.com, mais +1% seulement pour le e-commerce, 2% pour les moteurs de recherche). AccuWeather ? Site de météo présent dans les services d'un grand nombre d'opérateurs mobiles.

La méthodologie de TotalWeb reste mystérieuse qui collecte des données auprès des mobinautes membres du MegaPanel de Nielsen Online et associe Nielsen Online et Nielsen Mobile. On aimerait en savoir plus... fusion ?

Conclusions provisoires :

  • Intégrer la mesure de l'Internet immobile et de l'Internet mobile devient indispensable pour rendre compte complètement de ce qui se passe sur Internet, d'autant que les nouveaux PDA accroissent la propension à la mobilité, qui deviendra de moins en moins marginale avec des ergonomies et des écrans plus favorables, mais aussi avec les forfaits "illimités" commercialisés par les opérateurs. L'effet iPhone (techologie multi-touch) sur l'usage de l'Internet mobile est déjà observable en Allemagne (selon la FAZ), en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, selon StatCounter.
  • Actuellement, aux Etats-Unis, seuls 14% des abonnés à la téléphonie mobile sont utilisateurs de l'Internet mobile (mobinautes). Imaginons l'ampleur du phénomène quand une première moitié de la population sera équipée, d'autant que ce seront sans doute les consommateurs les plus riches en capital économique, culturel et social.
  • La part de marché du support traditionnel dans l'ensemble pluri-support d'un même média est encore rétrécie par une mesure comme TotalWeb, rendant plus nécessaire aux groupes média la construction de l'audience de la marque, et plus délicate.
  • L'association Internet immobile + mobile n'est que la première des étapes d'une mesure multi-plateforme. Il faut ensuite intégrer cette mesure et celle du média traditionnel (presse, radio, TV, annuaires, etc.). Voilà pour la quantité et la distribution des contacts.
  • Puis il faudra dépasser le stade des additions pour en venir au qualitatif. Dans quel ordre, selon quel rythme orchestrer ces trois types de supports ; quelles créations sont appropriées à cette cascade publicitaire, quelles relations entre ces créations (charte graphico-sémiologique) ? Une sorte de topologie de l'articulation et de l'optimisation des médias est à construire.
  • Les annonceurs attendent sur ces points des programmes de tests, si possible audités (ce qui nous délivrerait de l'autocélébration coutumière), tests rendant compte de la logique du rendement des investissements publicitaires. Grâce à ses outils de tracking et d'évaluation du ROI, Internet est le seul média permettant la mise en oeuvre de protocoles d'expérimentation appropriés. Cela sera plus convaincant que des calculs de quantités de contacts bruts (GRP) et de répétition moyenne car, du point de vue de l'annonceur, la notion d'effective frequency converge vers le ROI (la notion de effective frequency fut mise en place par l'Association of National Advertisers (ANA) en 1979).
  • Les médias traditionnels sont le maillon faible de cette fusion en chaîne : il importe, à terme, qu'ils trouvent le moyen de tirer profit de "leurs" mots imprimés ou prononcés. Ces mots déjà numérisés sur Internet ou numérisables via speech-to-text, permettront que s'appliquent les outils de tracking lexicaux et sémantiques, de marketing comportemental au travers des trois types de support. Rappel : une chaîne vaut ce que vaut son maillon le plus faible.
  • En attendant, beaucoup d'acheteurs d'espace sur Internet peuvent au moins se dire qu'ils ont obtenu 10% d'espace gracieux sur le mobile (emplacement préférentiel) ! Au moins.

mardi 4 mars 2008

Ecrans des villes, vidéo ou non ?

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La Commission des transports du Texas vient d’autoriser, à l’unanimité, les panneaux d’affichage numérique ("digital boards" ou, plus exactement, "changeable electronic signs") le long des voies de circulation, en agglomération ("within city limits"). La réglementation stipule que les images doivent être sans mouvement, statiques, renouvelées toutes les 8 secondes, pas plus rapidement, et visibles dans un seul sens de circulation. Toutes précautions prises au nom de la sécurité routière, afin d’éviter de distraire les automobilistes. Pour l’instant, l'affiche numérique est donc réduite à une sorte de Power Point géant, à la dimension urbaine.

Les panneaux pourront aussi servir pour diffuser des alertes, en cas d’urgence (Amber Alerten cas de disparition d’enfants), d’intempéries ou des informations simples lors d’événements (résultats d’élection, ou de matchs, par exemple).
  • Combien de temps faudra-t-il pour que la vidéo soit autorisée sur les écrans, comme au cinéma ? Rappelons que les auto-radios furent d'abord interdits pour des raisons de sécurité car le législateur de l’époque estimait qu’il fallait choisir : écouter ou conduire. Or nous avons appris qu’un nouveau média éduque toujours son public et transforme l’économie de l’attention et ses habitudes perceptives. Mais, dans l'intérêt du travail publicitaire, les annonceurs ont besoin de tests rigoureux pour comparer l'impact d’une image, fixe ou animée, sur des spectateurs mobiles. Tests qu'il faut étendre aux centres commerciaux, aux gares, au stations de métro, aux aéroports, sur les trottoirs, par exemple, où le passant se déplace.
  • Lorsqu’un nouveau média passe au numérique, nous savons que s’en suit une meilleure gestion des contenus, qu’il s’agisse de publicité ou de services publics, une commercialisation plus fine et plus flexible de l’inventaire, optimisée par tranche horaire ou selon la météo, la circulation (par exemple). Commercialisation ouverte aux enchères (RTB), promise aux places de marché. A court terme, la mesure d’audience sera inéluctablement affectée (grâce au téléphone mobile, au GPS, etc.). On peut aussi en attendre une pige plus précise, sans délai, parfaitement synchronisée avec les données d’audience. Cette communication urbaine rejoint ainsi, dans ses méthodes de travail, le Web et la télévision. Elle rompt avec l'affichage papier, dont elle est souvent prisonnière et qui l'entrave. Les synergies entre médias avec écrans s’en trouveront facilitées, jouant sur les messages délivrés au foyer, en route et sur les points de vente.
  • Etant donnée la taille de ces écrans urbains, la qualité de la création sera plus que jamais décisive, tant pour l’efficacité que pour l’esthétique du paysage urbain, déjà si mal traité. « Les affiches qui chantent tout haut », dans lesquelles Apollinaire voyait de « la poésie », devront être à la hauteur.