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vendredi 1 juin 2018

Patrimoine national, tous héritiers ?


Découvertes. PATRIMOINE, magazine trimestriel, premier numéro publié en avril 2018, 100 p., publication du groupe Cap Elitis, 9,9€

La presse magazine constitue un observatoire des passions françaises ; le patrimoine est l'une de ces passion et, semble-t-il, l'une des obsessions françaises. D'ailleurs, n'y a-il pas chaque année, depuis les années 1980, des journées du patrimoine : 17 000 lieux, 26 millions de visiteurs (en 2016). Voilà qui promet un bel avenir à ce magazine, entre les châteaux et les églises, les marchés et les remparts, les beffrois et les forts, les routes, les anciennes usines... Le second numéro (juin 2018) porte sur "les sites touristiques de France les plus visités" mais évoque aussi la fameuse tarte des sœurs Tatin et le Cadre noir de Saumur ("école de l'excellence à la française"). Son premier hors-série est consacré aux "40 plus beaux châteaux de France" (juillet 2018, 9,9 €).

Qu'est-ce que le patrimoine ? Ce que l'on possède (et qui nous possède ?), ce dont certains héritent et qu'ils transmettront peut-être à leur tour, tout comme un patrimoine génétique, ensemble de "lieux de mémoire", carte de l'identité nationale. Quand on naît Français, quand on le devient, on hérite, bon gré mal gré, d'un patrimoine national. Dans ce patrimoine, il y a des monuments conçus pour que les générations futures se souviennent (du latin monere, faire se souvenir). Et, parmi les monuments, il y a les ponts auxquels est consacré ce premier numéro.
Pont du Gard, pont d'Avignon, pont Valentré à Cahors, viaduc métallique de Garabit (1900, Gustave Eiffel), viaduc de Millau... Indispensables à la circulation, ils commémorent aussi (Alexandre III, Louis-Philippe, Arcole, Iena, Austerlitz, Sully, etc. ). Découvertes. PATRIMOINE propose un dossier sur les ponts de Paris, sans le pont Mirabeau, sans Apollinaire... Dommage, mais il y a tant de ponts et de viaducs en France. On aurait pu faire figurer le viaduc de Chaumont dans l'inventaire et combien d'autres...  Dans son numéro 3, Découvertes. PATRIMOINE inscrit la collection des ouvrages de La Pléiade ("le fleuron de la littérature française, Gallimard), Honoré de Balzac (son roman, Les Illusions perdues) et le cassoulet dans son inventaire du patrimoine. Le numéro 3 est consacré aux églises.

Le patrimoine suscite une floraison de titres dans la presse : environ 300 titres depuis 2003 (cf. infra, source : Base MM, janvier 2019), dont plus de 200 hors-séries. L'attribution d'une catégorie à un magazine n'est pas commode car, pour la plupart des titres, le thème du patrimoine se combine à l'histoire, à la région, à l'architecture, à la cuisine, au transport, au tourisme. La notion de patrimoine est confuse et ses contours sont flous : "le train c'est aussi notre patrimoine", annonce le magazine Le Train Nostalgie (lancé en avril 2015, trimestriel, 14,9 €). Notre comptage est plutôt restrictif - et discutable : nous y intégrons les routes (ainsi, chaque année Moto Revue publie un hors-série sur "les plus belles routes de France" qui fait une part belle au patrimoine) et les villages ("Les plus beaux villages de nos régions", hors-série annuel de Détours en France, "Les plus beaux villages de bord de mer", hors-série de Télé Star, mai 2018, 7,9 €), "Partir en France" (juin 2018) titre sur "Les 50 plus beaux villages" (sous-titre : "A la découverte du plus beau pays du monde"). Notre statistique comprend donc une part inévitable d'intuition et comporte certainement, hélas, de nombreuses omissions. La notion de patrimoine ne va pas sans épouser les arbitraires d'une époque.


Tout est prétexte à patrimoine. Quelques exemples récents : en mars 2018, Le Point titre : "comment sauver le patrimoine français". "Soyons fiers de nos territoires", titre #Nous, le nouvel hebdomadaire du groupe Nice Matin lancé en avril 2018. Châteaux & Patrimoine est publié en mai 2018 (trimestriel, 5,9 €). Le magazine Pyrénées évoque "l'héritage romain" et invite à la "découverte d'un patrimoine d'exception" (numéro spécial, juin 2018, 6,95€). "Découvrez les trésors de notre patrimoine", (hors-série de Détours en France, juin 2018). Géo publie en juin 2018 un hors-série sur le Tour de France : "étape par étape, les trésors et pépites de notre patrimoine" (6,9 €). Quant au nouveau magazine Storia Corsa, il est sous titré "histoire et patrimoine" (juin 2018, 9,9 €). Télé Star en juillet 2018 publie un trimestriel Jeux intitulé "Patrimoine & Régions"... Télérama, plus radical, titre : "Réinventons le patrimoine !" (15 septembre 2018). Quant à Ça m'intéresse - Questions & Réponses, il consacre son numéro de janvier 2019 aux "secrets de notre patrimoine" (la perruque de Louis XIV, la Tour Eiffel, les vieux cépages, le Mont Saint-Michel...).

Patrimoine et terroir, territoire, patrie et terre, culture, pays, patriotisme, fierté nationale... Champ sémantique complexe dont on perçoit pourtant l'axe et la dominante... Mais il existe une liste officielle des monuments historiques, un monument y est "inscrit" ou "classé" (la Maison de la radio vient d'y être inscrite, en avril 2018). On compterait en France 44 000 monuments, inscrits ou classés, beaucoup sont en péril et, l'impôt n'y suffisant pas (i.e. le budget de l'Etat), on recourt à un loto (18 septembre 2018) pour les "sauver".
La notion de patrimoine est large et dépasse les monuments, tout le passé, l'histoire peuvent être dits patrimoine : la culture (musique, littérature, cinéma), la cuisine et le vin également et même la publicité peinte (pignons publicitaires de longue durée). Quid du patrimoine agricole, du patrimoine industriel, des anciens ateliers, des moulins, des canaux, des vignobles (cf. l'œnotourisme), des jardins : Marianne a publié un hors série sur "les derniers vrais fromages de France"(juin 2015, 7,5 €) tandis que Le Figaro magazine publie, en mai 2018, "les 100 inventions qui font la fierté de la France" (mayonnaise, douche, soutien-gorge...).

Notons encore que beaucoup des monuments du patrimoine relèvent d'une "architecture de domination" comme les monuments gallo-romains, les arcs de triomphe (triomphe de qui ?), de lieux d'exercice du pouvoir d'anciennes classes dominantes : châteaux, palais, tribunaux, voies romaines, casernes...
La notion de patrimoine ouvre d'ailleurs bien des problèmes que l'on pourra trouver délicats : ainsi les noms des ponts de Paris, comme ceux des boulevards extérieurs, n'en fissent pas de célébrer la légende militaire napoléonienne. Voulons-nous encore commémorer cette histoire alors que se construit une Europe qui se veut paisible et accueillante aux touristes ?
En mars 2019, Le Parisien annonce un hors-série régulier consacré au patrimoine : Patrimoine & balades. Le premier numéro traite des châteaux. (5,9 €)

Découvertes. PATRIMOINE est un magazine qui sensibilise son lectorat à la dimension historique du patrimoine, à l'architecture, à la technique des constructions monumentales. Invitation intelligente au tourisme "culturel" en France, heureuse vulgarisation. Devrait intéresser les annonceurs malins (et leurs conseils !).


Références

Pierre Nora, Les lieux de mémoire, Paris, Gallimard, 1984-1992.

MediaMediorum, Musées et patrimoines : une histoire transnationale

Marc Combier, Les publicités peintes de nos nationalales (2 vol.)

samedi 3 février 2018

Les mois de la presse : saisons, événements



Cette statistique des nouveautés presse papier porte sur plus de 38 500 nouveaux titres publiés en France (sont pris en compte les titres en circulation depuis 1990 ; les hors-série ne sont pris en compte que depuis 2003). Elle inclut toutes les périodicités, tous les titres, payants ou gratuits ; seules en sont exclues - et c'est peut-être dommage - les très nombreuses publications consacrées aux jeux (mots croisés ou fléchés, sudoku, scrabble, etc.).

Octobre l'emporte : c'est la rentrée dans une nouvelle année (scolarité, emploi, politique, prix littéraires, etc.). Vendémiaire, était le premier mois du calendrier républicain. Mois des vendanges, et des "marronniers" aussi ! La presse enfants et celle de la décoration, la presse de la cuisine également préparent dès octobre les fêtes de fin d'année. C'est aussi le mois de la chasse, des champignons, des nouveaux modèles automobiles (salons, guides d'achat)...
Juin, mois de transition, est également un mois favorable à la presse, avec beaucoup de hors-série, comme juillet : sans doute, est-ce l'effet de spectacles sportifs de masse, des périodes d'examen (le bac, ses sujets, ses corrigés !), de la proximité des grandes vacances d'été, des plages ensoleillées (presse pour enfants, invitation au voyage, beauté-mode, etc.) ? Célébration et préparation de l'été à venir sont à la une des magazines : "Envies d'été" (Grazia, juin 2018), "Le meilleur de l'été" (Esprit d'ici, hors-série, juin 2018), "Je perds 3 kg avant l'été !" (Top Santé, juin 2018), "On mange dehors" (Modes & Travaux, juin 2018), "Nos plus beaux jardins d'été" (Mon Jardin & ma maison, hors-série, juin 2018), "6 histoires à lire tout l'été" propose Les belles histoires (hors-série, Bayard) aux parents de jeunes enfants...
Août, en revanche, n'est pas favorable aux lancements : fermeture de nombreux points de ventes, faible actualité prévue... Mai est un mois relativement faible également : sans doute en raison des nombreuses fêtes (1er mai, 8 mai, Ascension, Pentecôte, Fête des mères) et des ponts qui les accompagnent souvent.

Pour les innovations en presse, ce sont les événements prévisibles, réguliers qui comptent surtout, (salons, prix, rentrées, fêtes, saisons, anniversaires). Ainsi, 2018 verra fêter le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale (Clémenceau), le cinquantenaire de 1968 (assassinats de Martin Luther King, de J.F. Kennedy, Mai 68 en France), le 200ème anniversaire de la naissance de Karl Marx, le vingtième anniversaire de la victoire française lors de la Coupe du monde de football, le quarantième anniversaire de la mort de Claude François... Les anniversaires peuplent ainsi régulièrement la thématique "histoire". Forcément, l'imprévisible est traité après qu'il ait eu lieu (hors série pour célébrer des célébrités récemment décédées, des victoires sportives, etc.).
Seuls les médias audio-visuels et le Web peuvent traiter l'événement en temps réel. Reste à la presse la possibilité de créer ses propres événements : le Tour de France (lancé par Le Vélo puis L'auto, 1903), suivi du Giro en Italie (lancé par La Gazzetta dello Sport, 1909), la Fête de l'Humanité (1930), le Critérium du Dauphiné Libéré (1947), le cross du Figaro (1961), le Festival Historia (février 2018), les festivals estivaux musicaux de Nice-Matin (Les Aoutiennes, Lunallena)... Certains événements durent depuis plus d'un siècle et sont devenus des institutions nationales, d'autres n'ont vécu que quelques décennies. La plupart sont des événements ponctuels et relèvent d'une stratégie promotionnelle (cf. le cas du Financial Times selon Ian Burrell).

La presse dans MediaMediorum, entre autres :

lundi 12 septembre 2016

Courir, courir : vies de héros ? (magazine Running Heroes)



The Running Heroes - Society -, hors-série semestriel de Society publié par le groupe So Press qui réalise déjà SoFoot, SocietyDoolittle (enfants), Pédale! (cyclisme), So Film.
9,9 €, 132 p.
Ce titre s'inscrit dans une stratégie de groupe cohérente, centrée sur l'observation des changements socio-culturels.
Il est édité avec en collaboration avec une startup parisienne du même nom, Running Heroes (2014). Synergie évidente, à développer...

Le sport comme phénomène de société. Le phénomène est ce que l'on met en lumière (du grec φαίνεσθαι), un objet d'expérience, perceptible et que l'on peut étudier parce qu'il se manifeste à l'observation. Propice au journalisme donc.
En effet, le running se voit partout, il existe presque toujours hors de toute fédération, de tout enrégimentement, même s'il y a des communautés de runners, qu'évoque le magazine, et des compétitions nombreuses organisées, hiérarchisées. Mais la liberté prime pour la majorité des runners : "Courez comme vous voulez ! ou comme vous pouvez", dit la une. "Les sportifs sont les héros des temps modernes. Ce magazine est notre manière de les célébrer", proclame l'édito.
Eloge de la liberté de courir n'importe où, en ville, surtout (le magazine apporte des exemples, et des idées) ; liberté de courir à n'importe quelle heure, du jour ou de la nuit, avec ou sans musique ; de courir de toutes les manières, mêmes tout nus, même en marche arrière (bel article sur le rétro-running venu de Chine)...

Phénomène de société ?
Phénomène langagier avec son histoire et sa sémantique : dire "course à pied" est démodé, "cross" encore plus, il faut préférer "running". Jogging ne va plus très bien, semble-t-il, et footing ? S'y ajoute le champ sémantique de la chaussure, celui de la quantification généralisée (quantified self, benchmarking continu grâce aux wearables). Une analyse lexicale des usages serait bienvenue...
Phénomène de groupe ? Finie la course en solitaire ? Pas si sûr. Le running comme foule ? La sociologie du phénomène évoquée dans la magazine est une sociologie sans data, sans statistique descriptive, intuitive. Dommage. Avec les appareils wearable et les applis des smartphones, le running est pourvoyeur de data riche, alliant santé et loisir, équipement et historique personnel. Prochain numéro ?
Phénomène politique ? Les périodes de propagande électorales sont propices à l'étalage des performances sportives des candidats. Attendons les prochaines présidentielles !
Phénomène historique ? Voir l'article sur le fameux cross du Figaro avec Alain Mimoun et Michel Jazy, manifestation qui s'achève suite aux attentats du 11 septembre à New York. Trop dangereux. L'attentat lors du marathon de Boston a rappelé la pertinence de la décision et l'enjeu de visibilité politique du sport.
Phénomène social ? Voir la communauté "Running Heroes" qui récompense les runners avec des cadeaux fournis par des partenaires : Nike, adidas, Garmin, OOshop, Uber, Bose... Plusieurs de ces partenaires sont annonceurs dans le magazine. Les runners peuvent partager leurs performances avec une appli, une montre, un bracelet connecté... Compétition différée ?
Phénomène économique ? L'industrie du sport et de loisirs est sur le coup depuis longtemps ; la publicité dans ce numéro en témoigne : Nike (cf. Nike+ Run Club), adidas, Puma, la montre GPS de Tomtom, Polar...
Pour couvrir plusieurs de ces dimensions, les articles racontent, en privilégiant l'humour, des histoires, des anecdotes ou des réflexions originales. Ainsi le running vu par des mal-voyants, la chaussure de running en 2050, les problèmes intestinaux du runner.

Par son positionnement original, The Running Heroes se distingue des magazines de sport consacrés au jogging et à la course à pied, aux compétitions (marathon, trail). Le magazine ne se prend pas au sérieux. Rien, ou presque, sauf de manière humoristique, sur la diététique, la nutrition, les chaussures, les performances, les entraînements, rien sur les applications et leurs fonctionnalité, sur les wearablesThe Running Heroes se distingue aussi des magazines de sport grand public, du sport spectacle avec ses people, ses résultats. The Running Heroes, magazine sans concurrents ?
Le format hors série joue son rôle favorable à l'innovation et à la prise de risque. Avec sa longue durée, il permet de tester le lectorat, la réaction des circuits de distribution (il nous a semblé bénéficier d'une excellente mise en place). Marketing à maturation lente, patient. N'est-ce pas aussi cela le temps réel ? Qu'en sera-t-il de la connaissance du lectorat puisque les hors-série pas plus que les semestriels ne sont pris en compte par les études de référence ? Dommage, dommage...

Le magazine s'avère un bon vecteur de publicité. Les secteurs tout public (bière, automobile, commerce en ligne, banque, médias y côtoient les annonceurs captifs : chaussures, complément nutritif, montre de sport, wearable... Tout se passe comme si les informations techniques du running avaient été transférées à la publicité. Féconde coexistence qu'organiserait cette division technique du travail de story telling : aux produits l'explication publicitaire des produits, au journalisme, l'analyse sociétale et le plaisir de lire.

lundi 4 mars 2013

Les jours de moindre activité des quotidiens

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Que doivent faire les médias à modèle économique exclusivement publicitaire lorsque la majorité de leur lectorat est en vacances ? Le "quotidien gratuit d'information générale"(lundi-vendredi) 20 minutes qui suspend habituellement sa parution pour les vacances de Noël et d'été (mais avec une édition des Plages) cesse aussi sa parution pour deux jours au début des vacances les 4 et 5 mars. Metro sera absent toute la semaine du 3 au 9 mars.

La raison évoquée est publicitaire. L'audience de cette presse, du fait de son mode de distribution, est dépendante des déplacements pour activité professionnelle dans les grandes agglomérations. Les jours de vacances scolaires sont souvent des "jours de moindre activité" professionnelle pour les familles avec enfants à charge, donc des jours de moindre audience pour les cibles marketing des actifs urbains.

Qu'appelle-t-on "quotidien" ?
Voici quelques exemples de diffusion de "quotidiens" en 2012 (source : OJD) pour quatre catégories de journaux.
  • Presse gratuite nationale
    • Metro a paru 202 fois au cours des 12 derniers mois (février 2012-janvier 2013)
    • 20 minutes a paru 210 fois (février 2012-janvier 2013)
  • Presse nationale 
    • Pour Les Echos (lundi-vendredi), on compte 249 parutions en 2012
    • Pour Le Figaro (lundi-samedi), on en compte 310 
  • Presse départementale 
    • Pour Le Journal de la Haute-Marne (Champagne)on compte 360 parutions (308 pour l'édition du lundi-samedi et 52 pour celle du dimanche).
  • Presse régionale
    • Pour Sud-Ouest, quotidien régional, on compte 363 jours de parution en 2012 (310 + 53).
La notion de "quotidien" s'avère une notion quelque peu trompeuse : fondée sur la priodicité de la publication, elle désigne également des titres comptant de 202 à 363 jours de diffusion. D'où l'intérêt de se reporter à l'OJD pour préciser le rythme réel de parution derrière le rythme affiché.

Evidemment, l'édition numérique, qui n'a ni les mêmes structures de coûts ni les mêmes contraintes de distribution que la presse papier, peut s'accorder un rythme de parution flexible. Sur le Web, un numéro ne chasse pas l'autre, comme sur les points de vente ; ainsi a-t-on pu dire que le Web devenait un droit de chaque jour, "comme le pain" (come il pane).
On imagine aisément que ces différences ne vont pas sans conséquences tant pour l'évaluation des audiences mixtes (Web / papier / applis) que pour les outils et concepts de médiaplanning.
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mercredi 12 décembre 2012

The tablet as a perfect gift

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Of course, it makes perfect sense for Google to give a nexus 7 to households who subscribe to its Google Fiber in Kansas City, since the tablet is going to be used as a remote control for the television set. It is also an opportunity to test and find out who uses it, when and what for, who doesn't, etc. And of course, this tablet is a Google tablet (android).

Magazines and newspapers follow an old promotional path. In the past, with a subscription you might receive a radio, a CD player, a calculator or a clock, etc. Now it is the time of the tablet. In early 2012, for a yearly subscription to The New York Times there was a Nook tablet (Barnes & Noble). Now The Times proposes a Google nexus 7 to new subscribers (18 months / $28 a month) at a very reduced price (£50 instead of £199). The Financial Times (Pearson) offers nexus 7 to its digital subscribers (12 months at $48 a month, in the US). An FT app is - of course - preloaded. Do manufacturers help cover part of the gift? In French-speaking Europe, Le Soir, Les Echos (iPad mini), La Montagne, Le Progrès, Le Figaro (Arnova7 Archos) and now (March 2013) the local papers (Le Télégramm) also propose a tablet.

According to buzz from Santa's helpers, his sleigh is full of tablets. But no idea if there are newspaper or magazine subscriptions that come with them. Doubtful.

On the other hand, The Wall Street Journal (News Corp.) does not seem to need to sell tablets to convince people to subscribe.


jeudi 5 avril 2012

La presse et le marché de l'éducation

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Les produits para-scolaires prennent place sur le marché français de la presse. L'édition scolaire en avait jusqu'à présent le monopole avec les cahiers de devoirs de vacances et les annales du bac. La presse élargit cette offre. Elle tire profit de son réseau de distribution (30 000 points de vente) et de sa légitimité culturelle auprès d'une partie de la population (pour certains titres, du moins). Beaucoup de ses lecteurs, les enseignants notamment, sont prescripteurs (les publications du Monde, cf. infra, sont d'ailleurs parrainées par la MAIF, compagnie d'assurance des enseignants).
Marché de la "bonne volonté culturelle" aussi : beaucoup d'adultes en profitent pour tenter de boucher des trous creusés par l'oubli et le manque de pratique, voire pour se mettre au niveau de leurs enfants ("Auriez vous le bac aujourd'hui", demandera ironiquement Le Monde).
Les produits para-scolaires publiés par la presse font appel à plusieurs genres didactiques et les mélange : quizz, jeux, résumés, tests, exercices corrigés, fiches. La proximité des contenus avec les programmes des examens (bac) et des concours (culture générale) le principal argument de vente. Toutes les classes, du CP au baccalauréat (et à certaines classes préparatoires) sont touchées. Le Monde fut précurseur en 1973 avec ses Dossiers & documents suivis plus tard des Dossiers & documents littéraires.
  • Exemples de Hors-séries ou numéros spéciaux consacrés à des tests, quiz et autres interros
Le Point : la philo,
Le Monde : la psychologie, la géographie de la France, du monde
L'Expanion : l'économie
L'Express : le français, la France et ses régions (spécial jeux)
Le Figaro : la géographie de la France, la littérature française, Histoire de France (questions et jeux)
Beaux Arts Magazine : l'art
L'Etudiant : Cahier de vacances de culture générale pour les adultes, quizz de culture générale
ça m'intéresse : Cahier de jeux & d'exercice
Le Nouvel Observateur / Challenge : Réussir son Bac S. Révisions Maths 2012 (DVD)
Actualité de l'Histoire, 250 questions pour tester vos connaissances historiques
  • Pour l'école primaire
Champions du CP, du CE1, etc. magazines qui publient également des cahiers de vacances ("pour réussir l'entrée au CM1", etc.), Mon cahier après l'école (classe par classe), Tout pour réussir le CP, Mon magazine du CP... Sans compter "les bons sites d'Internet pour faire mes exposés" (Images DOC)
  • Ton bac d'abord. Le marché des examens
Avec plus de 650 000 candidats (2011), des épreuves réparties sur deux ans, le bac représente en France une clientèle potentielle importante. Même si sa valeur universitaire s'érode, cet examen vieux de plus de deux siècles (1808) reste un rite de passage capital (cf. le film de Pialat, 1978). En parcourant le magazine pour le Français 1ère, candidats et professurs auront une pensée pour Zola, recalé deux fois au bac, jamais reçu mais qui se rattrape par une présence imposante dans les textes proposés à l'examen.

Source : Presstalis
Le Monde lance en avril les révisions du bac et publie six hors séries : tout ce qu'il faut pour réussir, dans plusieurs disciplines (manquent les maths, la physique et les langues). Sur le même segment, le Magazine Littéraire s'attaque à "L'épreuve anticipée de français" offrant "les clés de la réussite" (5,9 €). Citons encore le "Guide de survie au bac philo" publié par le magazine Philosophie (5,9 €), ou Lire traitant des "écrivains du bac". La presse magazine occupe depuis longtemps déjà le segment de l'apprentissage des langues étrangères (I love English, Vocable, etc.). Le Monde ajoute aux contenus didactiques des articles déjà publiés par le quotidien ; ce recyclage de documents journalistiques actuels semble risqué, surtout pour les futurs candidats. Dans ce premier numéro (mais je n'ai lu que le Français), il n' y a pas de publicité : les éditeurs d'ouvrages classiques y auraient pourtant leur place.

Entre les questions d'orientation et la préparation des examens, le marché de l'éducation est déjà très important et compte de nombreux titres et hors séries. Pour l'instant, ce marché est saisonnier, épousant le rythme des vacances, des rentrées et des examens. La pression pour la réussite scolaire s'accroît sous l'effet du marché de l'emploi, de la détérioration de l'enseignement gratuit et laïque, de la généralisation du lycée : la presse devrait y trouver une occasion de développement et de diversification, surtout si elle sait jouer de la dynamique papier / Web. Il faudra suivre l'initiative d'accompagnement scolaire payant de Ouest France proposée, pour l'instant, sur le Web uniquement : meilleurenclasse. N.B. : le site meillerenclasse et les magazine de préparation au bac publiés par le Monde sont, l'un et l'autre, produits par un même éditeur, rue des écoles (dont la MAIF est "partenaire").
Sur ce marché, la presse aura des concurrents média :
  • CanalSat a lancé en mai - juin, une chaîne conjoncturelle, Campus Bac pour la préparation de l'écrit ! 
  • France 2 diffusa en mai 2012 un quizz "La grande révision pour le brevet des collèges"(émission ouverte au parrainage). 
Voilà qui réconciliera les enseignants avec la télévision.
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mardi 8 mars 2011

Innovations presse : formats poche

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Linéaire presse féminine et présentoir Madame Figaro
La presse fait évoluer ses formats. Un  rétrécissement s'observe depuis plusieurs années. Recherche d'économie, réduction de l'encombrement. Exigence de portabilité surtout dont le numérique n'a pas le monopole. The Independant, le quotidien anglais, publie une édition concentrée sur l'essentiel, dont a été émondé l'inutile people ("no celeb gossip nonsense") : "I, the essential daily briefing". Journal bon marché, dense (20 pages), maniable : "concise quality newspaper". Et si le changement de format constituait une innovation décisive ?
  • Une soixantaine de magazines français, principalement des féminins, proposent déjà deux formats sur les linéaires : un format traditionnel et un format "poche". Format sac à main ?
  • La presse quotidenne aussi passe à des formats plus restreints (berlinois, tabloïd), plus commodes pour des lectures mobiles (transports), moins chers aussi que les grands formats (broadsheet). 
Cette semaine, dans les points de vente français, deux innovations en termes de formats :
  • L'Express Grand format, à longue périodicité (trimestriel) déclare couvrir l'histoire au présent avec des "images" (6,5 €). 
  • Madame Figaro met en vente une version "pocket" avec dos carré. Double évolution du titre qui, en même temps qu'il propose un nouveau format, s'évade du package de fin de semaine (4 titres) : ce nouveau magazine sera mis en vente toute la semaine (sortie le vendredi, 1 € au lancement, 1,3 € ensuite). Pour cette cible et ce contenu, une telle innovation est peut être plus décisive qu'un site Internet. A suivre. Commodité, portabilité. Un titre qui se range plus facilement et dont l'espérance de vie sera sans doute étendue au délà de son rythme hebdomadaire. Qu'en disent les annonceurs ?

mercredi 8 décembre 2010

La presse est régionale

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Même en ligne, la presse est d'abord régionale. L'OJD publie les fréquentations des sites et des groupes de sites du mois de novembre. Pour l'audience France, en nombre de visites, le "Groupe Presse Régionale" talonne le Groupe L'Equipe, devant le Groupe Figaro, largement.
Ce groupe Presse Régionale agrégeant de plus de 240 sites représente une puissance considérable associée à un fort pouvoir de résolution grâce à une couverture fine du territoire et des centres d'intérêt locaux. Et si cet agrégat comptable devenait un produit publicitaire ?
Imaginons une offre Web du type "240x3" (240 fois 3 ou 5 ou 10 insertions) associant puissance nationale et affinité géographique... Un rêve pour bien des annonceurs, surtout si ce rêve se réalise avec des outils publicitaires modernes et des formats créatifs riches. C'est bien la définition du rêve, la réalisation d'un désir... "refoulé" ?

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jeudi 14 octobre 2010

Rentrée universitaire gratuits

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Comme dans beaucoup d'universités et d'écoles, on trouve, chaque matin, à l'entrée de Dauphine des piles de journaux et magazines mis à disposition gratuitement. Quels titres ? Voici le résultat d'un peu plus d'un mois de relevés mis à jour durant l'année universitaire.
Ce post a été revu, complété et corrigé avec des étudiants de Master de Communcation Intégré. Certains de leurs commentaires, qui n'engagent qu'elles /eux, sont cités à la fin du post.

Inventaire
Une douzaine de titres sont présents à partir de la mi-septembre, la plupart d'entre eux déposés entre 7 et 9 heures. A la douzaine de titres régulièrement présents s'ajoutent des titres irréguliers, présents de temps en temps. Certains de ces titres "gratuits" sont vendus également dans le kiosque, à quelques mètres de là.
  • Des quotidiens payants 
    • Les Echos
    • Wall Street Journal (Europe)
    • Libération
    • La Tribune
    • France Soir
    • L'Equipe
    • Le Figaro
    • Le Monde (de la veille)
    • La Croix
  • Irrégulièrement, s'y ajoutent des périodiques payants, en petites quantités 
    • L'Equipe Mag
    • Be
    • Femmes actuelles
    • Stratégies
    • Paris Match
    • Management
    • Le Journal des Finances
    • 01 Informatique
    • Les Afriques
    • L'Agefi Hebdo
  • Des quotidiens gratuits
    • Direct Matin
    • 20 Minutes
    • Metro
  • Des périodiques gratuits, en fonction de leur périodicité
    • FUSAC ("English speaking resources and contacts")
    • Campus Mag, grauit des universités ("le magazine des années étudiantes")
    • A nous Paris
    • Le Petit Juriste ("fait par les étudiants pour les étudiants")
    • L'Etudiant autonome (journal d'information étudiant)
    • Le Monde campus (supplément au quotidien)
    • Grandes Ecoles Magazine
    • ZOO (magazine culturel sur la BD et les arts visuels)
    • Zoom Japon
    • La Grande Epoque (The Epoch Times)
    • Recrut.com (Le bi-media au service de l'emploi)
L'offre gratuite est large, diverse (une trentaine de titres). Le rythme de "disparition" des exemplaires est significatif des attentes et des intérêts des étudiants. Les magazines "féminins", quand il y en a, disparaissent les premiers. Sans sur-interpréter ces données, quelle information peut-on tirer de l'observation de ce "marché" gratuit, qui neutralise les effets du coût et de la commodité (pas de déplacement, pas de queue pour payer) ?
  • Des indications de ciblage : une même personne peut vouloir Be et Wall Street Journal. 
  • Pour un public qui a fait de l'anglais durant presque toute sa scolarité, et qui se spécialise en sciences de gestion, Les Echos et Wall Street Journal sont dans le même ensemble de considération. Le rendement scolaire avantage le second. Un jour prochain, la presse spécialisée de certains secteurs pourrait laisser sa place aux titres en anglais. 
  • Aucun titre en espagnol, en arabe ou en allemand, ni bien sûr en chinois ou en japonais (pourtant, l'INALCO- Langues O - est présent dans l'immeuble). 
  • Gratuits et payants sont placés par ce marché au même niveau d'offre ; les "gratuits" partent un peu moins vite, entre autres parce qu'ils ont déjà été lus dans les transports en commun.
  • Ce kiosque improvisé en self service constitue un observatoire des pratiques de presse plus véridique, quant à certains aspects, que les enquêtes déclaratives : bon terrain pour des tests ?
En étant présente ainsi dans les universités, la presse cherche à conquérir et fidéliser un lectorat jeune, mixte et diplômé (bientôt !) alors que se forment leurs habitudes média. La majorité d'entre ces étudiant(e)s seront cadres en entreprises, certain(e)s, comme beaucoup de leurs aîné(e)s en entreprises de communication et de publicité.

Commentaires d'étudiant(e)s du Master de Communication Intégrée

Camille Allard
Parmi les titres distribués, il y a également Stratégies assez régulièrement, mais depuis peu de temps. De mémoire, nous avons aussi le droit à d'autres titres de manière plus sporadique tels que the Herald Tibune ou El Pais. J'ai aussi déjà aperçu Le Parisien
Etant inscrite à Dauphine pour la 6e année déjà, j'ai pu voir évoluer l'offre. Elle est devenue à la fois plus large mais aussi plus aléatoire. Certains titres sont présents depuis bien longtemps et de manière régulière. D'autres "réguliers" sont apparus assez récemment (comme La Croix présent depuis 2 ans seulement). Des titres peuvent n'être distribués que très ponctuellement (à ma connaissance Be, Marie-Claire). La combinaison de deux éléments déclenche le "désintérêt" des étudiants :
  • Les titres sont distribués en très peu d'exemplaires : une centaine d'exemplaires pour une fac qui regorgent d'étudiants mais aussi de thésards, de profs, de personnel et d'intervenants. Les piles des titres les plus plébiscités partent donc très rapidement.
  • Les titres sont distribués tous les matins entre 7h et 8h30, il ne sont disponibles que pour ceux qui arrivent tôt. Or les étudiants ont des rythmes de cours très très irréguliers si bien que se met en place une heuristique de décision : "les seules titres toujours disponibles à tout moment sont 20 minutes et metro pour lesquels l'accès est facile." Le réflexe de consulter l'offre disparaît car son intérêt diminue. 
J-H 
Il est vrai qu'il reste souvent plus de gratuits, cependant les journaux qui sont sortis et lus pendant les cours (notamment en amphi) ou en pauses sont bien plus souvent des gratuits que des payants. Je ne sais pas si cela présente un intérêt mais on peut ainsi se poser la question de la lecture effective du quotidien après la prise du journal. 


Guillaume Trillat
Un phénomène intéressant vous a peut-être échappé. Tous les journaux distribués rencontrent un vrai succès... Sauf un : La Croix. J'ai pu faire ce constat également lorsque j'étais dans une précédente université, Assas Paris 2 pour ne pas la nommer. Passé 18h, c'est le seul journal qui reste. Je pense que le désamour des étudiants envers ce titre vaut le coup que l'on s interroge à ce sujet : qu'est ce qui repousse les étudiants dans la lecture de ce titre ? Est-ce le contenu ou plutôt l'image que l'on renvoie lorsque l'on lit ce titre ? C'est d'ailleurs le seul titre "communautaire" distribué à la fac. Je pense que ce titre souffre de son image de journal religieux (d'ailleurs de nombreuses pages sont consacrées au catholicisme). Un étudiant lambda essayera le plus souvent de se fondre dans le moule et de ne pas se faire remarquer et encore moins par sa religion. De plus, le nombre de catholiques pratiquants à Dauphine et qui le clament haut et fort ne doit pas être gigantesque. Mes suppositions se basent sur une constatation empirique de plusieurs années de présence à Dauphine.
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vendredi 31 juillet 2009

Intermittences du quotidien



Un quotidien, c'est tous les jours. Chaque jour (du latin quot = tout, chaque, et dies, le jour). En fait, il est peu de quotidiens conformes à leur nom, paraissant 7 jours par semaine. Seuls les titres de la presse régionale (dont Le Parisien, quotidien d'Ile-de-France) correspondent à cette définition depuis qu'ils ont mis en place une édition du dimanche (et même s'ils colportent la fiction publicitaire de deux journaux différents, l'un de semaine, et l'autre du dimanche affublé du nom bizarre de "quotidien du septième jour").
Certains titres s'en tiennent à 5 jours (presse économique, presse gratuite) au prétexte explicite que seuls importent les jours d'activité, même s'il s'appuient sur une définition inadéquate de l'activité. La plupart des autres quotidiens nationaux généralistes sortent 6 jours par semaine (Le Monde, Libération, La Croix). L'Equipe, consacré à l'information sportive, est publié 7 jours sur 7.

L'Humanité a longtemps publié une édition du dimanche, sur papier journal, mais enrichie, vendue porte à porte aux sympathisants communistes ; désormais, elle paraît le jeudi en format magazine. Loin, la vente militante du dimanche matin, loin "La valse de l'Huma", composée par Jean Wiener en 1954, (pour le cinquantenaire du journal : "un journal dans un matin de France..."). Ne reste que la "Fête de l'Huma" (créée en 1930), un week-end en septembre. Plus d'Huma non plus le samedi (alors que ce numéro du samedi a diffusé autrefois, en encart, Les Lettres françaises que dirigeait Aragon).

Depuis 1999, Le Parisien publie une édition du dimanche sur papier journal. Semblable à l'édition de semaine.
La presse "gratuite d'information", 5 numéros par semaine, déserte aussi durant les vacances d'été et d'hiver, alors même que beaucoup moins de la moitié des habitants des grandes villes sont partis. Raisons de gestion.
Récemment, plusieurs titres ont décidé de ne pas paraître certains jours de l'année : pour Le Figaro, le 15 août, le 25 décembre et le 1er janvier ; Libération y ajoute le 8 mai, le jeudi de l'Ascension, mais paraîtra le 15 août. Mystère ! Le 1er mai, aucun quotidien. La plupart des titres de la presse régionale sont absents des points de vente le 25 décembre et le premier janvier. Les gratuits et la presse économique sont absents également pour la plupart des jours de fête. 
  • Dans cette atmosphère raréfiée, Le Parisien affiche qu'il est encore là, même en août, tous les jours. La campagne sur abribus s'adresse aussi aux médiaplanners : on peut compter sur Le Parisientout l'été, à la différence des gratuits. Cette affirmation vaut également à l'avantage de la plupart des autres titres de la presse quotidienne régionale.
  • Quand nous calculons la diffusion de la presse, à fin de classements commerciaux, nous devrions, pour apprécier la puisance d'un titre, compter le nombre total d'exemplaires diffusés dans l'année, au lieu de nous en tenir à des moyennes caclulées sur les uniques périodes de diffusion. Pour le médiaplanning, la période de diffusion est désormais plus certaine que le rythme affiché de diffusion. Le même terme, "quotidien", peut signifier 210 numéros par an... ou 360 (Source : OJD). Ecart amplifié par le lectorat et les reprises en main. Donc mieux vaut concevoir une stratégie média avec en tête le nombre de parutions qu'avec la classification apparente quotidiens / hebdomadaires.
  • La profession média / publicité devrait mettre un peu de rigueur dans le vocabulaire technique.
  • Stricto sensu, seule la presse régionale mérite le nom de quotidien d'information générale.
  • Allons nous vers une extension à la presse de la notion de "jours de moindre activité" (JMA), notion élaborée par Médiamétrie pour le calcul des audiences, à la demande du marché radio ? N.B. Un jour de moindre activité est un jour durant lequel le taux d'activité national est inférieur à 55%. Ces jours sont mis à part pour le calcul de l'audience de la radio.
  • La tentation du magazine chez les quotidiens est constante, visible à travers les suppléments (et parfois le rédactionnel, comme dans Libération) : L'Equipe, Le Figaro, L'Humanité, presse quotidienne régionale, etc. et désormais Le Monde Magazine qui remplacera Le Monde 2 en spetembre 2009. Objectif : tenir le week-end dont l'importance s'accroît ; disponibilité pour la lecture, proximité des achats propice aux engagements publicitaires. L'attrait du modèle américain est évoquée, sauf qu'il y manque toute la gamme des newspaper inserts et du couponnage qui lui donnent sa valeur commerciale (Free Standing Inserts. Post à venir). De plus, aux Etats-Unis, la plupart des commerces sont ouverts le dimanche.

samedi 31 janvier 2009

Brut de brut


Voilà, cela continue (notre post du 16 janvier 2009). La presse commente les revenus de la presse en ligne communiqués par TNS et l'APPM. Lisons Le Figaro :
"Le chiffre d'affaires brut de la publicité en ligne sur les sites de presse a crû de 31,5 % en 2008 pour atteindre 342 millions d'euros, dont 193 millions pour la presse quotidienne et 149 millions pour les marques magazines, selon une étude TNS Media Intelligence (TNS MI) réalisée pour le compte de l'Association pour la promotion de la presse magazine (APPM)".

Ou bien la décote brut / net est constante, et ce taux de 31,5% est significatif. Ou bien la décote varie selon les années, les saisons, les rapports de force commerciale, et alors ce taux ne signifie rien (ce qui ne veut pas dire qu'il ne veut rien dire). Aucune indication qui permette de trancher. Parions pour le variable, en attendant un démenti savant.

Et le chiffre d'affaires ? Reprenons Le Figaro : "Toutefois, les 342 millions d'euros brut de publicité en ligne consacrés aux sites de presse ne représentent plus, après les remises et négociations commerciales en vigueur dans le secteur, que près de 80 millions d'euros net qui reviennent directement dans la poche des éditeurs".
Donc, décote globale d'au moins 75% en 2008 ... (pas de source, hum !). 

Sans compter que l'on ne sait rien des investissements en mots clés et liens sponsorisés, pas grand chose non plus des synergies papier / Internet, des effets des couplages bi-média ... Comment calculer des parts de marché dans un univers aussi inégalement élastique, comment effectuer des analyses de concurrence ?

A quoi sert tant de bruit, à quoi servent tant de communiqués et de commentaires "Où l'Indécis au Précis se joint" ? Certainement pas à rien. Faîtes vos hypothèses ... La loi Sapin (1993) prétendait en finir avec l'opacité tarifaire. Pourquoi ne pas supprimer ces tarifs "bruts" : pas de tarifs, pas de brut ! 

mercredi 9 juillet 2008

L'avenir média de la météo

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On attribue au romancier américain Mark Twain la phrase qui donne la clé du succès médiatique de la météo : "Everybody talks about the weather but nobody does anything about it" (tout le monde parle de la météo mais personne n'y change rien). La météo est l'un des contenus les plus recherchés par les médias (Weather.com a une audience voisine de celle de CNN.com). Aux informations et prévisions, s'ajoute un aspect documentaire et vulgarisateur : réchauffement climatique, incendies de forêt, tremblements de terre, environnement, etc. Comme le sport et la bourse, la météo se repaît de statistiques mais aussi de cartographie, contenus automatisables, personnalisables, localisables. De plus, les événements météorologiques, presque toujours dramatiques, ne manquent pas et les présentateurs de la télé ont quelque chose de romantique : "Levez-vous orages désirés !" D'ailleurs, la météo a ses stars : James Cantore (The Weather Channel), Catherine Laborde sur TF1.

Aux Etats-Unis, la bataille pour la première chaîne météo, The Weather Channel (TWC), s'achève. Le groupe NBC (General Electric) l'acquiert auprès de Landmark Communications pour 3,5 milliards de $, associé à la Deutsche Bank, General Electric et des hedge funds de Bain Capital et The Blackstone Group. CBS, Comcast et Time Warner qui avaient fait connaître leur intérêt se sont désistés (mais Comcast rachètera NBC). Le prix de 35 $ par abonné est supérieur à celui de l'acquisition, par NBC, de Bravo (chaîne culturelle, 22 $ en 2002) et de Oxygen (chaîne Femmes, 12 $ en 2007). Sundance Channel (chaîne cinéma) a été achetée en 2008 par Cablevision Systems pour 19 $ / abonné (NBC en détenait un tiers).
L'acquisition comprend la chaîne TVC (crée en 1980, 97 millions de foyers abonnés), le site Weather.com (35 millions de visiteurs uniques en juin, selon comScore), Weather Services International (services de prévisions, 5 500 clients), Electronics Corporation (radars météo) et une participation dans Pelmorex (météo canadienne).
Quelle évolution après l'acquisition ? Trois évolutions semblent primordiales :
  1. Les contenus météo pourront être exploités par toutes les chaînes d'infos de NBCU (NBC, CNBC, MSNBC, stations O&O et affiliées, etc.) et par Internet. Cette acquisition consolide la puissance de NBC sur Internet et en téléphonie au moment où se cumulent les audiences tous médias.
  2. En 2004, NBC avec ses stations affiliées avait lancé NBC Weather Plus, qui décollait difficilement (la chaîne est toujours dans le rouge). Une fusion des moyens semble inévitable.
  3. NBC devra augmenter progressivement la contribution des réseaux câblés et opérateurs satellite qui ne versent que 11 c pour retransmettre TWC (selon les standards du marché, on attendrait 25 c).
TWC n'aura qu'un seul grand concurrent sur le marché américain, The Local AccuWeather Channel souvent présent en marque blanche dans les stations TV, les réseaux câblés et leurs sites. Signalons une initiative qui devrait inspirer des imitations : le Denver Post, quotidien de Denver, publie une comparaison des prévisions météo, après coup, le Weather-O-Meter.

Et en France ? Lagardère a vendu La Chaîne Météo (bénéficiaire) en 2006 au groupe Meteo Consult (Prosodie)... stratégie mystérieuse.

Mises à jour octobre 2008
  • Gulli et Tiji, deux chaînes TV pour enfants de Lagardère, mettent en place une météo adaptée à leur public.
  • Le Groupe Figaro acquiert Meteo Consult (10,2 millions de VU /mois selon Nielsen Netratings.
La météo est aisément multimédia et multi-support : pas de média sans météo, pas d'info sans météo. Elle est présente sur les téléphones, encadre le prime time, trône dans les portails. Chaque pays a sa chaîne météo, chaque région, chaque agglomération l'aura. La météo se combine au sport, à l'agriculture et à la pêche, au jardinage, aux vacances, au voyage, au tourisme. La météo, c'est du quotidien, du local de chaque instant, pour les loisirs et pour le travail. Montesquieu avait raison de voir dans l'homme un être du temps qu'il fait et des climats.
L'avenir média de la météo est au beau fixe !
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