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mardi 17 mars 2020

Cord-cutting au programme de la télévision américaine


Selon MoffetNathanson, les distributeurs de télévision perdent, depuis quelque temps, de plus en plus d'abonnés, 7% au cours de l'année passée, ce qui nous mène à 83 millions d'abonnés fin 2019 (on serait passé d'un taux de 87,8% des foyers télévision en 2009 à 65,3% en 2019). Soit moins 1,16 million pour AT&T, moins 0,149 million pour Comcast et moins 1,101 million pour Charter. A quoi il faut bien sûr ajouter les 194 000 abonnés perdus par Dish (satellite). Devant la hausse continue des tarifs du câble, les abonnés actuels sont de plus en plus souvent tentés de se désabonner de l'offre des réseaux (cord-cutting) au profit des offres virtuelles, de Netflix principalement.

Néanmoins, il semble que les opérateurs classiques de télévision soient prêts à réagir au moyen de quelques acquisitions. Pour limiter les dégâts, pour quelque temps au moins.
  • On pense bien sûr que NBC/ Universal (Comcast) pourrait finalement s'assurer du rachat de Vudu à Walmart (qui l'avait payé 100 millions de $ en 2010) et, par ailleurs, aiderait le site de vente de tickets de cinéma, Fandango ; de plus, Comcast a également acquis Xumo fin février (190 chaînes).
  • Fox, de son côté, a racheté le site Tubi (25 millions d'utilisateurs en décembre 2019, alors que le site est présent chez de nombreux distributeurs, dont Apple TV, Roku, Amazon Fire Stick avec Alexa, Samsung et Sony). Fox paye 440 million de dollars cash en revendant la part de Fox dans Roku.
  • Quant à ViacomCBS, la société compte sur Pluto TV, rachetée l'an passé (elle déclare 20 millions d'abonnés) 
  • Enfin, il semble que Sony envisagerait le re-lancement, avec Chicken Soup for the Soul Entertainment, de Crackle.
Si l'on en croit MoffetNathanson, l'univers télévisuel américain passerait donc progressivement à un univers d'abonnés, reconfiguré à quelques services seulement. Quelle sera la place du câble et du satellite dans cette hypothèse ? Quel rôle pourrait y jouer prochainement la 5G ?

mercredi 26 février 2020

Univision, et la suite, pour la télévision hispanophone américaine


Univision, l'un des deux networks hispanophones américains, a été vendu. Certes, le groupe mexicain conserve 36% du capital de Univision ;  SearchLight et ForgeLight, deux créations d'un ancien de Viacom, ont racheté les autres parts dont celle de Saban Capital Group. Et le nouveau PDG de la chaîne avoue ne pas - encore - parler espagnol (mais il apprend !).
Univision a d'abord compté sur une offre public d'achat de 20 milliards de dollars, puis a refusé une offre de 15 milliards par John Malone qui contrôle Liberty Global (SiriusXM radio, Lionsgate, la F1, etc.).

Quel sera l'avenir de cette chaîne hispanophone avec son nouvel actionnariat (64%) ? On ne dispose d'aucune donnée financière quant à l'opération qui s'achève. Attendons donc, pour voir.
Quelle sera sa stratégie offensive pour contrer Telemundo (groupe Comcast / NBCU) qui progresse depuis plusieurs années ? Telemundo, avec son nouveau siège à Miami, s'attaque sérieusement à un nouvelle cible hispanophone (18% de la population américaine), une cible bilingue, jeune, exigeante et qui veut désormais une expérience télévisuelle débordant de plus en plus l'immigration et sa culture traditionnelle (telenovelas, etc.). Les hispanophones américains sont de plus en plus anglophones aussi, "the 200 percenter" (cf. l'interview de Cesar Conde, le patron de Telemundo, dans l'hebdomadaire Baron : "It’s the individuals that are 100% American, but also 100% Latino. They’ve lived here, they speak Spanish and English, they have a sophisticated palate, they consume media in different languages and across different platforms." Une nouvelle cible donc qui attend une télévision adaptée à ses goûts et à ses dégoûts, qui consomme beaucoup Internet et de moins en moins les autres médias traditionnels pour son information... Ce fut une télévision étrangère, parlant une langue étrangère ; c'est maintenant une chaîne américaine qui parle deux langues américaines.
Source : Telemundo et Cision Newswire (Sept. 10, 2019)

mercredi 23 octobre 2019

Netflix : quelles solutions à venir ?


Pour affronter la concurrence de Apple et Disney, Netflix vient d'emprunter 2 milliards de dollars.
Ces deux milliards serviront notamment à la production de nouveaux contenus ainsi qu'à de nouvelles acquisitions (“content, production and development and potential acquisitions”). La bataille Netflix / Disney semble inégale tant les archives de Disney semblent incomparablement importantes : plus d'un siècle de productions accumulées ! Mais qui veut les voir, les revoir ?

De son côté, Verizon annonce offrir gratuitement un abonnement de Disney+ pour un an à ses abonnés à des services illimités à Internet (FiOS, 4G LTE, 5G, etc.). Au total, environ l'offre concerne 50 millions d'abonnés. Disney + sera lancé le 12 novembre.
Le lendemain de la publication de cet accord, le cours de Netflix a perdu 4% (à 266,69 $).

De même, Apple offre un abonnement gratuit à son service vidéo (Apple +) pour un an aux acheteurs d'un nouveau téléphone. Ce service sera mis en place dès le lancement, le 1er novembre 2019.

De son côté, Peacock, l'application de Comcast / NBCU, se prépare pour son lancement en avril 2020 : tout d'abord, gratuite pour les abonnés de Comcast, l'application sera d'emblée soutenue par la publicité (mais pas uniquement, puisque le service pourra être également vendu sans publicité), ensuite elle exploitera les Jeux Olympiques. Comcast compte sur le service Xfinity qui a gagné 379 000 abonnés ce trimestre alors que le câble en perdait 238 000.

Et l'on commence à répéter qu'il va falloir cesser de donner son mot de passe Netflix à ses amis, sa famille...

lundi 23 septembre 2019

Comment va Netflix ?


Les jours, les mois qui viennent ne manqueront pas de devenir intéressants aux Etats-Unis pour la bataille de la vidéo. Plusieurs acteurs s'attaquent à la domination de Netflix : Disney+ (qui sera lancé le 12 novembre), Apple TV+ (lancé le 1er Novembre), sans compter bientôt Peacock, le service de Comcast (NBCUniversal) qui sera lancé en avril 2020, et le service de TimeWarnerMedia (HBO Max) qui ne commencera qu'en mars. Sans oublier Amazon Prime Video et Hulu. Et il faudra bientôt commencer de compter aussi avec Metrological que vient d'acquérir Comcast, qui espère ainsi lutter contre Android (Google).

Le cours de l'action Netflix tenant compte des pronostics pessimistes est passé bien au-dessous de 300 $ (24% de chute de l'action depuis le 17 juillet, 283 $). Netflix a perdu 126 000 abonnés aux Etats-Unis (alrs que l'on en espérait 352 000 de gagnés) et n'en a gagné "que" 2,8 millions à l'international (on en attendait 4,8 millions).
Cours comparés de Disney et Netflix. Sources : The Wall Street Journal et FactSet (octobre 2019)
Néanmoins, attendons d'abord, pour un premier diagnostic, le 16 octobre, quand Netflix publiera les résultats du troisième trimestre de l'année en cours.

Netflix s'est préparé à cette compétition depuis 2012. "It’ll be tough competition", a récemment noté son président Reed Hastings à Londres (Royal Television Society, Cambridge).

lundi 22 octobre 2018

Des questions pour Comcast, nouvel acteur média international


Quelle est la situation de Comcast après sa tentative infructueuse de rachat de Fox contre Disney et après l'acquisition de Sky en Europe. Nous avons repéré six questions essentielles.
  1. Hulu, que faire ? Vendre ou ne pas vendre les 30% que Comcast détient ? Le vente serait certainement bienvenue pour le désendettement. En revanche, cet actif minoritaire peut se révéler utile pour surveiller Disney qui en détient 60%, et pour ne pas lui laisser les mains libres de faire de Hulu un service de streaming VOD d'envergure, qui serait un redoutable concurrent pour les projets de Comcast (cf. Hulu vMVPD). Rester présent dans Hulu, c'est aussi conserver l'accès aux données collectées par Hulu auprès de ses 20 millions d'abonnés.
  2. L'image de marque de Comcast aux Etats-Unis est catastrophique. Il lui faut prendre garde qu'elle  ne contamine l'image de Sky en Europe. Comcast a communiqué sur son offre XFINITY (broadband) à un giga mais sa position quant à la neutralité du net, telle qu'elle apparaît en Californie, peut inquiéter grand public et actionnaires.
  3. Comcast avec Sky est devenu un acteur télévisuel international. Quelle sera sa relation à Netflix ou / et Amazon Prime Video, acteurs internationaux ? Comcast est à la fois un MVPD traditionnel et un fournisseur d'accès Internet majeur (broadband) qui distribue donc Netflix (tout comme Sky déjà, qui met Netflix en avant, cf. infra). Comcast et Netflix, frenemies en Europe comme aux Etats-Unis, contre Amazon, contre Disney ? Faut-il que Comcast se lance dans une concurrence frontale coûteuse et risquée étant donné la dynamique de Netflix et d'Amazon ?
  4. Si Disney ne peut se passer de Comcast, Comcast ne peut guère ignorer Disney. Relation compliquée que la bataille pour Fox a sans doute exacerbée. Comme MVPD, Comcast doit distribuer les chaînes et les stations de Disney contre rémunération (retransmission consent). Sky distribue des chaînes de Disney en Europe.
  5. Sur Sky, promotion de Netflix
  6. Développer un service SVOD mondial à la Netflix, comme l'annoncent aussi Disney ("Disneyflix") ou AT&T ("Warnerflix") ? Comcast en a les moyens et les contenus (Universal, NBC, telemundo, Sky, des chaines sportives...). Comcast peut également lancer des chaînes et des bouquets OTT. Notons que Sky / Comcast, pour assurer une distribution européenne, devrait remédier à son absence de France : quels alliances ou acquisition imaginer ?
  7. Développer FreeWheel (qui appartient à Comcast)... pour en faire un outil publicitaire international de gestion de la télévision connectée (programmatic). N.B. Disney est actuellement client de FreeWheel...

vendredi 2 mars 2018

"Suits" : costumes sur mesure et procès en série


D'abord le jeu de mots, implicite : "Suits", les costumes, l'uniforme des cadres au bureau, où l'habit fait encore le moine ; "Suits", les procès (law suit), poursuivre en appel (courtiser aussi) ; suits désigne également, de manière quelque peu argotique, les cadres d'entreprise (business executives) et c'est aussi une main (gagnante ?) au poker (quinte). Significative et féconde polysémie qui convient bien à la série mais que l'on perd à la traduction. Le titre initial était plus clair, mais tellement monosémique : "A legal mind" (une tournure d'esprit juridique).
Et le bingeviewer attend la "suite", évidemment ! L'action se passe à New York, ce qui nous vaut de superbes - mais nombreux - plans de coupe sur les gratte-ciel de Manhattan et les lumières de la "ville qui ne dort jamais".
La série a été lancée en 2011 par USA Network, chaîne qui appartient à NBCU / Comcast. "Suits" en est à sa septième saison et la réalisation d'une huitième saison a été décidée en janvier 2018, longévité exceptionnelle pour une série. De plus, Netflix allonge cette longévité en (re)diffusant la série (en lieu et place de la syndication ?).
Le lieu et les acteurs : un cabinet d'avocats d'affaires qui a réussi, dirigé par Jessica, brillante et belle, secondée par un senior partner, brillant et beau. Bureaux somptueux, chauffeurs, luxe ostentatoire : il faut impressionner clients et  adversaires. Rivalités, jalousies, ambition, blessures d'enfance, manies, autant de problèmes éternels qui s'entremêlent avec des questions dont on parle à la une des médias : harcèlement sexuel, startups, capteurs, mensonges, vie privée, etc. Chaque procès, chaque client gagné par l'équipe est prétexte "for a party" : Champagne ! Le nom même de la société, portant le nom des associés, est un enjeu de luttes internes... Comme dans la publicité. La huitième saison verra l'arrivée de l'actrice Katherine Heigl (ex. "Grey's Anatomy").
Une assistante juridique (paralegal), qui n'est pas donc (encore ?) avocat, effectue les recherches ("grunt work") pour les avocats, avec talent et efficacité. Elle rêve de Harvard Law School (HLS), alma mater de tous les avocats du cabinet (capital social commun d'héritiers !), HLS est d'ailleurs le fil rouge de l'intrigue.

Il faut être américain pour apprécier toutes les subtiles distinctions de cet univers, il faut être juriste pour en suivre les joutes verbales souvent liées à la procédure, qui diffère de la procédure française.
De "Mad Men" à "Suits", se dégage une structure narrative constante, dans la composition, dans les décors, les styles de vie de rêve... Tout fait penser à l'émission "The Good Wife" ou à  "Mad Men" ; on est passé de l'agence de publicité au cabinet d'avocats d'affaires, les gammes de personnages se ressemblent, les rôles aussi et les intrigues qui mêlent vie privée et vie professionnelle. Les premiers rôles sont élégants, avec application, conformes aux critères de la mode du moment, au point que la série semble par instant un défilé de mode (démarches stylisées de mannequins, etc.)... Une combinatoire des personnages est mise en place ; les liens se nouent en réseau, se dénouent et se renouent d'épisode en épisode... Galerie de portraits ou tableaux d'une exposition. Un peu de "comédie humaine" aussi ! Les personnages ne cessent d'échanger des références et allusions complices à des séries TV (intertextualité généralisée). Un personnage de "Suits" dira même, à propos de Downton Abbey :"I'll netflix it" (saison 2), comme l'on dit "I'll google it". A la manière de Google, Netflix a donné naissance à un verbe ! Netflix aussi "is your friend ! Mesure de son succès auprès des internautes.
Un spin-off est annoncé à partir du personnage de Jessica qui quittera le droit pour la politique à Chicago. La série fera également l'objet d'un remake pour la télévision coréenne (KSB2). Sous le titre de "Avocats sur mesure", "Suits" est diffusée dans les pays francophones depuis 2013-14.

N.B. On ne peut pas, après avoir suivi ces avocats et paralegals s'épuisant, épisode après épisode à analyser des dossiers de fusion-acquisition (M&A), ne pas mentionner les outils d'intelligence artificielle (lawyer-bots) capables d'accélérer la recherche et l'analyse des documents juridiques (cf. Contract Intelligence, Casetext ou Casemine par exemple). Ce qui changera tout dans cet univers professionnel, et les intrigues de la série car Mike, le personnage principal, se distingue d'abord par une mémoire éidétique (photographique) qui lui permet de traiter d'énormes dossiers rapidement tout comme le logiciel de recherches juridiques Casetext se vante de ses performances : "attorneys who use Casetext for legal research find on-point cases 24.5% faster". Text IQ propose d'identifier les documents pertinents et de faciliter leur traitement...

Copie d'écran de la chaîne USA Network (novembre 2017)

dimanche 16 octobre 2016

Loisirs créatifs à vendre : Amazon et NBC s'y mettent aussi


Amazon fait incursion dans les loisirs créatifs et les produits artisanaux, fait main, avec sa boutique Handmade.
Amazon étend son empire pour concurrencer Etsy, place de marché américaine créée en 2005 et spécialisée dans le domaine (craftmanship) ; Google permet aux vendeurs d'Etsy de lancer des campagnes publicitaires pour leurs productions avec Google Shopping. Professionnalisation des amateurs (Pro-Ams).

Depuis longtemps, la presse magazine française témoigne de l'importance de ce centre d'intérêt, proche du bricolage, de la maison et de la décoration. Activités à l'origine plutôt féminine, liées traditionnellement aux travaux d'aiguille (tricot, broderie, crochet, etc.) : "les femmes ont du talent" souligne Modes & Travauxmagazine créé en 1919, qui dispose d'une boutique à Paris. Les magasins vendant du matériel pour réaliser de tels produits sont nombreuses (merceries, papéteries, etc.). Le do it yourself a aussi son propre salon, complétant l'écosystème des loisirs créatifs (ou son champ).

"Près de 3 Français sur 4 pratiquent une activité créative dans le cadre de leurs loisirs, selon Ipsos, plaçant cette activité devant la lecture, le sport et le cinéma (novembre 2015, enquête en ligne auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 16 à 75 ans du 23 au 29 octobre 2015). L'enquête confirme l'aspect social et familial de cette pratique : les créatrices montrent et offrent leurs réalisations à leurs amies, à la famille.
La télévision aussi s'est emparée du thème : M6 propose l'émission"Cousu main" adaptée de "The Great British Sewing Bee" (BBCtwo, 2013) où s'affrontent des amateurs. Surtout, beaucoup de vidéos de type "How To" sont disponibles sur YouTube pour aider à créer, réparer, économiser...

En France, A Little Market en France (2008, cf. infra) occupe ce créneau où Facebook a lancé Marketplace en octobre 2016 : on y peut acheter et vendre. On n'est jamais loin du style du Bon Coin. Le commerce le plus moderne rejoint ainsi le commerce le plus ancien et l'économie informelle : le marché est un bien public, rappelle l'historienne Laurence Fontaine.

Mise à jour (19 janvier 2017) La presse suit également cette tendance : Mollie Makes, se déclarant "le magazine qui révolutionne le DIY", publie en janvier 2017 un hors série "Création avec le Web & les réseau sociaux" qui comporte un article intitulé "vendre ses création" (cf. supra).

Mise à (jour 11 mai 2017) Aux Etats-Unis, le network NBC Universal rachète le site Web Craftsy consacré aux loisirs créatifs (crafting : jardinage, quilt, cuisine, couture, broderie, etc.). Craftsy a mis en place des modules vidéo de formation.

Mise à (jour 23 mai 2017). Amazon attaque aussi le marché des objets artisanaux associés au mariage (Handmade Wedding shop).

Mise à (jour 7 juillet 2017). Etsy, en difficulté aux Etats-Unis, licencie et ferme deux filiales françaises : alittleMarket et alittleMercerie (cf. l'article de L'Usine Digitale). Pour l'instant le diagnostic n'est pas clair.



lundi 11 janvier 2016

TV américaine (Cas N°16) : nouvelle station O&O à Boston


Couverture comparée des 2 stations
(Source : FCC, 2012)
En janvier 2017, NBCU disposera d'une station "owned and operated" (O&O) dans le marché TV de Boston (DMA N°8, selon Nielsen, avec 2,4 millions de foyers TV, soit 2,128% des foyers américains). Donc, WHDH-TV, la station appartenant à Sunbeam Television Corp., actuellement affiliée à NBCU dans ce marché, perdra son affiliation. NBCU aurait en vain essayé de racheter la station. Le DMA de Boston a perdu une place (12 000 foyers TV) dans le classement des 210 DMA en 2015 où le DMA de Washington (D.C.) a pris sa place.
Actuellement, seul CBS possède une station O&O dans ce marché (WBZ-TV). Les autres networks nationaux ont dans ce marché des stations affiliées.

Une station O&0 rapporte davantage au network qu'une station affiliée : elle bénéficie des revenus de tous les écrans publicitaires (network time et local timeadjacencies). De plus, une station de ce rang donne au network un surcroît de pouvoir dans les négociations de retranmission consent.

Le network NBC aura donc 13 stations O&O et sera présent dans la plupart des grands marchés américains. De plus, NBC détient également une station 0&0 à Puerto Rico (WKAQ-TV).

La nouvelle station, NBC Boston, utiliserait la fréquence de la station WNEU-TV, O&O, diffusant actuellement les programmes de Telemundo, network hispanophone qui appartient à Comcast / NBCU. Dans ce DMA, Comcast / NBCU possède aussi la chaîne d'information régionale, New England Cable News (NECN) dont les studios pourraient être utilisées par NBC Boston. Toutefois, WNEU-TV couvre surtout la région située au Nord de Boston (Manchester, Concord dans le New Hampshire) et beaucoup moins le Sud de Boston (Providence dans l'Etat de Rhode Island.).
La FCC sera être amenée à intervenir à la demande de WDHH-TV, à moins que NBC ne trouve une solution satisfaisante pour couvrir plus complètement le DMA N° 8.

Ce cas illustre la flexibilité et la modularité qu'apporte au marché télévisuel américain le modèle économique network national / stations locales (localisme).
Cette évolution témoigne également de la montée en puissance du groupe mixte Comcast / NBCU (MVPD + programmes).

samedi 31 octobre 2015

Câble et téléphonie mobile aux Etats-Unis : stratégie Wi-fi


Comcast, ainsi que d'autres opérateurs du câble américain, se rapprochent de la téléphonie. En passant par le Wi-Fi. Devant la perspective de chute des abonnements (cord-cutting), les MVPD envisagent une nouvelle source de revenus : le quad play qui associe Internet, TV, téléphonie fixe et mobile comme le fait déjà AT&T avec DirecTV. Ayant dû renoncer à la fusion avec Time Warner Cable, Comcast s'oriente vers une nouvelle voie de croissance.

Comcast vient d'annoncer son intention d'exercer l'option de MVNO avec Verizon ; suite à un accord avec Verizon Communications, signé en 2011, des tests pourront commencer 6 mois après cette annonce, la commercialisation du service dans un an. Dans ce cas, Comcast revendrait un service de téléphonie mobile basé sur le Wi-Fi accessible dans ses zones de couverture (WiFi-first phone). Comcast déclare disposer de 11,7 millions de hot spots Wi-Fi publics aux Etats-Unis.
Là où il n'a pas de Wi-Fi, Comcast pourrait revendre les services de Verizon ou de Sprint.
Time Warner Cable, au titre du même accord, pourrait exercer la même option.

Par ailleurs, les détenteurs de fréquences terrestres (broadcasters), dont les stations O&O de NBCU, peuvent revendre une partie de leurs fréquences à la FCC (reverse auction) qui, à son tour, pourra les revendra aux enchères aux opérateurs de téléphonie mobile (forward auction).

De son côté, le câblo-opérateur américain Cablevision (que vient de racheter Altice) a déjà mis en place un service mobile mais uniquement basé sur le Wi-fi, depuis février 2015 (Freewheel, 9,95 $ / mois pour les abonnés de Cablevision, 29,95 $ pour les non abonnés). Cablevision dispose de 1,1 million de hotspots.
Et Google ? Google travaille à une option semblable, Project FI, montée avec les opérateurs de téléphonie Sprint et T-mobile ; sa technologie permet à tout moment de sélectionner la connection la plus adéquate.

L'entrée des MVPD (Multichannel Video Programming Distributors) sur le marché de la téléphonie mobile constitue évidemment une concurrence inquiétante pour les entreprises de téléphonie. Elle peut constituer une incitation à des fusions entre MVPD et téléphonie. Pour l'appréciation de la concurrence dans le secteur, voir la FCC : Mobile Wireless Competition Report, 17th Annual Competition Report, December 18, 2014.