César et la Gaule : questions et réponses d'un historien archéologue
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Michel Redde, *La Gaule devant César. Ce que révèle l'archéologie*, Paris,
Les Belles Lettres, 2025, Bibliogr., Indices (Noms propres, Noms de
peuples, N...
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lundi 1 avril 2019
No more TV tax in France? It's April Fools day!
France, like most European countries, levies a tax on TV: if you live in France and own at least one TV set you must pay an annual tax (called "redevance") of about 139 € (158$). This brings € 3.2 billion to the public radio and television sector.
A French minister, responsible for the budget and public accounts ("ministère de l'Action et des Comptes publics") suggested the President cancel this tax which he claims is an "unfair tax").
Most of the French TV organizations protest: such a proposition would jeopardize all the audiovisual sector ("l'ensemble du secteur audiovisuel français"). No less! Arguments? Every European country enforces this kind of tax.
What do you think taxpayers feel about this suppression? Guess...
References
What is public television? Europe vs United States
Suisse, débat sur la redevance et sur le secteur public de radio télévision
mardi 26 février 2019
What is public television? Europe vs United States
It is difficult to explain European public TV to American media specialists. They don't get it. PBS, the American public television, is a different business model, completely. What can be learned from a comparison?
According to a recent survey, PBS is the most trusted American institution. PBS is trusted for its news and public affairs programming. More trustworthy than the federal government, the courts of law or even Congress. Only the nation's military defense institution does better.
Of course, other media (digital platforms, cable and satellite channels, broadcast commercial networks) are far behind. PBS Kids is praised for its great educational value, outranking Disney or Universal Kids.
PBS is a network of public TV stations: it is, therefore, both national and local thanks to its 350 member stations.
PBS is free for consumers: nevertheless, they can elect to support their local stations through donations or even participate actively (volunteering). There is no yearly tax (no "redevance" as this tax is called in France, where a tax must be paid by any household with a TV set: 139 € / year (i.e. 158 $). 13$ a month: more than the price of a Netflix subscription!
Of course, PBS airs no mass entertainment such as football, baseball or car racing, leaving these to the commercial networks. When hearing about European public TV, Americans ask: tax money for sports retransmissions? How strange! If sport belongs to entertainment it is consequently a matter of individual choice and budget (cord-cutting in the US shows that not all people are ready to pay for sports programming).
And there are no commercials on PBS whereas most European public TV channels air commercials; PBS carries only sponsorship, discreet underwriting, considered favorably by companies since a PBS partnership is good for their image.
That is why 30% of American people trust PBS compared to 13% who trust commercial broadcast TV or 8% who trust the newspapers. PBS can boast that it is "America's Largest Classroom, the Nation's Largest Stage and a Trusted Window to the World".
ARTE, and the BBC in the UK).
Now that the Internet carries thousands of programs, does a developed country still need public television to air the same kind of programs as commercial TV channels?
After education, what are nowadays the most important tasks of the State when it comes to culture and communication?
Once there is no "digital divide" (we are not there yet), once everybody will be able to access the web and the services it carries (a question of training to be solved), what becomes of public television's purpose? Such a question belongs clearly in the tax debate.
mercredi 7 mars 2018
Suisse, débat sur la redevance et sur le secteur public de radio télévision
No Billag ? Non. Une votation a eu lieu en Suisse le 4 mars 2018 à propos de la redevance TV. Finalement, démentant les sondages, 71,6% des votants demandé le maintien la redevance qui finance la SSR (Société Suisse de Radiodiffusion et télévision). Une longue et dynamique campagne hostile à la redevance ("No Billag") a eu lieu, commencée fin 2015. Le référendum d'initiative populaire a été organisé suite à une pétition recueillant 100 000 signatures.
Billag est l'entreprise suisse qui perçoit actuellement la redevance obligatoire, redevance assise sur la possession de tout appareil de réception, y compris le téléphone portable et l'ordinateur ; la redevance s'élève à 451 Francs suisses par an (392 € ou 481 $). Bientôt, elle devrait baisser un peu pour les personnes et augmenter pour les entreprises...
No Billag ? Non mais... Au-delà du résultat, l'important est surtout qu'il y ait eu débat, que la redevance n'aille plus sans dire, que le principe même d'une radio-télévision publiques puisse être discuté. "Démanteler le service public", accusent les uns, refuser des "médias sous perfusion publique", se défendent les autres. "La SSR est tout sauf une vache sacrée", rappelle en arbitre le rédacteur en chef de la Tribune de Genève (19 février 2018), elle n'est plus intouchable : le débat reviendra et la SSR doit l'anticiper avec des réformes drastiques.
Le débat reviendra aussi dans d'autres pays d'Europe. Aux Etats-Unis, où pourtant il n'y a pas de redevance mais un versement volontaire, l'idée et l'existence même d'une radio-télévision publique sont discutées. Le Danemark vient de supprimer la redevance (mars 2018), la Wallonie (Belgique) l'a déjà supprimée...
En Europe, les secteurs publics de radio et télévision ont été conçus et mis en place dans un monde de médias de papier dominants. Des décennies avant la télévision commerciale (c'est l'inverse aux Etats-Unis). Leur vocation était culturelle et éducative, sans publicité aucune. Quel rôle concevoir aujourd'hui, pour la puissance publique nationale, en matière d'information et de divertissement, dans un univers numérique où triomphent sans partage des réseaux sociaux américains (YouTube, Facebook, LinkedIn, Twitter, Snapchat), un moteur de recherche américain (Google), la vidéo payante américaine (Netflix, Amazon), la radio payante internationale (Apple, Spotify) ?
Parmi les arguments des défenseurs de la radio-télévision publique, la défense des cultures nationales a été essentielle ; les artistes suisses, les organisateurs de manifestations sportives, le cinéma suisse ont été mobilisés... Quels moyens d'action sont aujourd'hui les plus appropriés pour défendre les cultures nationales, si du moins elles doivent-elles être défendues ? Quel secteur public construire pour développer la démocratie, renforcer les libertés ? La radio-télévision commerciale d'Etat est-elle encore un levier adéquat ? Les médias, tous les médias, ne devraient-ils pas être indépendants de l'Etat ?
La votation suisse invite à y penser, à douter, à remettre en chantier cette institution. On ne peut plus ne pas se poser la question. Question qui est du même ordre que celle qui concerne l'école publique, elle aussi bouleversée et affectée jusqu'en ses racines, par la numérisation.
Ce n'est qu'un début, continuons le débat !
En Suisse et ailleurs, le débat se poursuivra et son centre se déplacera, passant de la notion de radio-télévision publique à la notion plus large de médias publics. Car la presse aussi participe du service public d'information générale et de divertissement, l'affichage numérique urbain (DOOH) de plus en plus... L'information ce n'est pas seulement le débat politicien, électoral, c'est aussi la consommation, les modes vie, les loisirs et la presse magazine y joue un rôle important.
Qu'en pensent les plus jeunes générations qui ont mieux intégré la culture numérique et qui sont plus friandes de médias numériques étrangers que de télévision nationale, et qui réclament en Suisse le droit d'affecter les 450 CHF de la redevance aux médias de leur choix ? Avec Netflix et YouTube, la télévision n'est plus pour ces générations une affaire d'Etat.
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| La grande peur que No Billag a provoquée dans le cinéma suisse |
mardi 12 septembre 2017
Broadcast only, why not?
In the US the number of broadcast-only homes is increasing, reaching 15.9 million (there are 126 million TV households, according to Nielsen, commissioned by the broadcast company Ion Media). 13% of TV households do not pay for TV and there is no tax on TV set ownership like in most European countries ("redevance TV", "TV licence", Rundfunkbeitrag, etc.). In other words, 87% of American TV households pay for TV, one way or another, subscribing to cable or satellite.
The number of households which do not pay is increasing : up by 41% in the five last years, the study says. Why? Subscribing to MVPD (cable or satellite) has become very expensive, too expensive, especially for those who are not interested in watching sports (ESPN, etc.). There are more and more cord-cutters (do not subscribe anymore), not to mention cord-nevers, people who never subscribed or will never subscribe to any kind of MPVD (Mutiple Video Programming Distributors).
Why did Ion Media commission Nielsen for such a study? Ion Media owns 60 full-power broadcast stations, covering 98 million homes (present in the top 20 DMAs). Part of Ion Media turnover comes from advertising on its stations : it is crucial for Ion Media to highlight that only 16 million homes receive local stations (via a TV antenna or Over-The-Air, OTA). For advertisers, the only way to reach these broadcast-only households is to buy local time from a TV station.
Cord-cutters or cord-nevers can choose to watch Netflix for series and movies (without commercials, for a basic price of $8) and live TV and local news using an antenna (free). Given that the average cable TV bill is more than $100, cord-cutting seems to be a bargain even if you subscribe to more than one streaming service... Not surprisingly, cord-cutting is on the rise.
jeudi 30 octobre 2014
PBS, télévision au service des publics : audiences en hausse
PBS, le network de la télévision publique américaine, a réussi une bonne saison 2013-2014. Grâce à des programmes tels que "Downton Abbey" (dont la quatrième saison a battu le record d'audience historique de la chaîne) et "The Roosevelts. An Intimate History", entre autres, PBS se classe immédiatement après les 4 grands networks nationaux commerciaux : CBS, NBC, ABC et Fox. Donc devant toutes les chaînes thématiques du marché américain, dont la chaîne sportive ESPN, et devant le network commercial The CW (CBS + Time Warner). PBS peut se targuer aussi de faire mieux que HBO, Bravo, A&E ou Discovery...En termes de service public, le bilan de PBS est imposant ; sa mission est accomplie, éducation, divertissement, information, culture générale...
La télévision publique américaine, tard venue - en 1970 - sur un marché dominé depuis 20 ans par des chaînes à finalité publicitaire, se distingue radicalement de celles des pays européens.
Elle ne vend pas de publicité, ne commercialise pas son audience et assume sa vocation éducative et culturelle. Elle s'adresse à des citoyens, dit-elle, pas à des consommateurs... Ses revenus proviennent du parrainage, de collectivités publiques, d'associations et de contributions volontaires des ménages (les Etats-Unis ne connaissent pas la redevance). Enfin, soulignons que la télévision publique américaine bénéficie aussi, comme toute télévision grand public aux Etats-Unis, d'une assise locale répartie sur 210 marchés (DMA) avec 351 stations.
jeudi 19 décembre 2013
Economie de l'information, économie du divertissement : dépense des consommateurs
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L'INSEE publie, dans Insee Première, N°1479, de décembre 2013, une étude sur "La dépense des ménages en produits de l’économie de l’information depuis 50 ans", étude réalisée par Danielle Besson et Nathalie Morer (division Synthèses des biens et services).
La période couverte va des années 1960, de la fin des "trente glorieuses" à 2012. Ceci est une note de lecture.
Rappelons ce que comprend "l'économie de l'information", catégorie dont le nom peut prêter à confusion : au titre des services, elle inclut la consommation de programmes cinématographiques et télévisuels (dont cassettes, DVD, etc.), les jeux vidéo, les programmes musicaux (disques, CD, fichiers) ; au titre des biens, elle inclut les équipements nécessaires pour consommer ces services (terminaux divers : téléviseur, console, tablette, smartphone, etc.).
En fait, il s'agit surtout de l'économie du divertissement. Pour 72,2%, la dépense des ménages est consacrée aux services : divertissement (cinéma, séries, spectacle sportif, variétés, jeu vidéo), communication et la bureautique (téléphonie, Internet).
Les équipements nécessaires à la consommation de ces services (biens) représentent 28,8% de la dépense des ménages, la baisse des prix occultant une importante hausse des volumes achetés. 90% de ces biens (équipement) sont importés.
Dépenses pré-engagées
"La moitié des dépenses liées à l’économie de l’information en 2012 sont pré-engagées, prélevées sur le budget des ménages sous forme par exemple d’abonnements ou de redevances". Câble et satellite, télécoms et Internet fonctionnent à l'abonnement : ces dépenses sont, par construction, relativement rigides ; elles sont moins vulnérables aux aléas de l'économie domestique que l'achat à l'unité (chaque occasion risque de le remettre en cause). Mais rien n'indique pourtant que ce mode de consommation pré-engagée soit pérenne ; la consommation à la demande (VOD) prend de l'ampleur et l'on observe aux Etats-Unis des phénomènes de désabonnement ou de non abonnement, notamment dans le domaine de la télévision (cord-cutting, cord nevers), phénomènes qui pourraient se développer en France. Beaucoup de consommateurs pourraient vouloir s'engager moins longtemps, se dégager plus facilement (résiliation)...
Comment sont payés les services ? La gratuité apparente par la publicité
Hors télécommunications, beaucoup de services sont financés par la publicité ; c'est le cas des médias (télévision, radio, presse) et de nombreux outils du Web (réseaux sociaux, exploration, recherche). Le consommateur ne paie pas ou presque rien, il paie indirectement en se constituant cible publicitaire ou fournisseur de données. Ce troc, paiement indolore, n'est pas pris en compte dans cette étude. De même, ne figure pas non plus la part des services qui sont importés, et son évolution. Or la plupart des services généraux du Web sont importés (Google, Facebook, Twitter, iTunes, Yahoo!, LinkedIn, etc.) mais, étant payés par les annonceurs, ils ne figurent pas dans cette étude qui ignore le troc "service contre data". La data collectée et revendue n'est pas mesurée ici : c'est une limite de cette analyse (cf. Ni biens ni service : data) qu'il faut étudier.
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L'INSEE publie, dans Insee Première, N°1479, de décembre 2013, une étude sur "La dépense des ménages en produits de l’économie de l’information depuis 50 ans", étude réalisée par Danielle Besson et Nathalie Morer (division Synthèses des biens et services).
La période couverte va des années 1960, de la fin des "trente glorieuses" à 2012. Ceci est une note de lecture.
Rappelons ce que comprend "l'économie de l'information", catégorie dont le nom peut prêter à confusion : au titre des services, elle inclut la consommation de programmes cinématographiques et télévisuels (dont cassettes, DVD, etc.), les jeux vidéo, les programmes musicaux (disques, CD, fichiers) ; au titre des biens, elle inclut les équipements nécessaires pour consommer ces services (terminaux divers : téléviseur, console, tablette, smartphone, etc.).
En fait, il s'agit surtout de l'économie du divertissement. Pour 72,2%, la dépense des ménages est consacrée aux services : divertissement (cinéma, séries, spectacle sportif, variétés, jeu vidéo), communication et la bureautique (téléphonie, Internet).
Les équipements nécessaires à la consommation de ces services (biens) représentent 28,8% de la dépense des ménages, la baisse des prix occultant une importante hausse des volumes achetés. 90% de ces biens (équipement) sont importés.
Dépenses pré-engagées
"La moitié des dépenses liées à l’économie de l’information en 2012 sont pré-engagées, prélevées sur le budget des ménages sous forme par exemple d’abonnements ou de redevances". Câble et satellite, télécoms et Internet fonctionnent à l'abonnement : ces dépenses sont, par construction, relativement rigides ; elles sont moins vulnérables aux aléas de l'économie domestique que l'achat à l'unité (chaque occasion risque de le remettre en cause). Mais rien n'indique pourtant que ce mode de consommation pré-engagée soit pérenne ; la consommation à la demande (VOD) prend de l'ampleur et l'on observe aux Etats-Unis des phénomènes de désabonnement ou de non abonnement, notamment dans le domaine de la télévision (cord-cutting, cord nevers), phénomènes qui pourraient se développer en France. Beaucoup de consommateurs pourraient vouloir s'engager moins longtemps, se dégager plus facilement (résiliation)...
Comment sont payés les services ? La gratuité apparente par la publicité
Hors télécommunications, beaucoup de services sont financés par la publicité ; c'est le cas des médias (télévision, radio, presse) et de nombreux outils du Web (réseaux sociaux, exploration, recherche). Le consommateur ne paie pas ou presque rien, il paie indirectement en se constituant cible publicitaire ou fournisseur de données. Ce troc, paiement indolore, n'est pas pris en compte dans cette étude. De même, ne figure pas non plus la part des services qui sont importés, et son évolution. Or la plupart des services généraux du Web sont importés (Google, Facebook, Twitter, iTunes, Yahoo!, LinkedIn, etc.) mais, étant payés par les annonceurs, ils ne figurent pas dans cette étude qui ignore le troc "service contre data". La data collectée et revendue n'est pas mesurée ici : c'est une limite de cette analyse (cf. Ni biens ni service : data) qu'il faut étudier.
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mercredi 7 mars 2012
Public TV and the Web
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In its Annual Report 2011 published 7 March 2012, Axel Springer AG lists "the expansion of state-owned TV stations into the Internet" as a "political and legal risk" for its group. Axel Springer AG targets a news app published by ARD, the leading public German channel. "tagesschau" is a "text-oriented news app", claiming to be "Die Nachrichten der ARD" (news of the ARD). It is a free app whereas news apps developed by RTL or Springer are paid (0,79 € / month for the Bild App, 2,99 for the FAZ).
Since ARD is financed by a licence fee ("Rundfunkgebühren"), a sort of a tax paid by each German household (18 € / month), Axel Springer AG complains that this is unfair competition. The group has filed a lawsuit against ARD. The results of this lawsuit could affect the business model of all public channels on the Net.
This is far from a trivial matter
In most European countries, public radio and television have developed free news apps and websites which could all be perceived by the private media as unfair competition.
This poses the question of the diversification of the public services financed by "taxes". Is the Web a different market or a logical extension of their core business (TV and radio programs) ?
N.B. Axel Springer AG is one of the major media groups in Europe; in addition to newspapers (Bild, Die Welt) and magazines, the group owns many websites: aufeminin.com, onmeda.de (santé), seloger.com, etc. The Group is active in many European countries (France, Russia, Spain, Switzerland, etc.)
Sources:
in German, Geschäftsbericht 2011, "Politische und rechtliche Risiken", Seite 70
in English, Annual Report 2011, "Political and legal risks", page 73
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| iPhone free app |
Since ARD is financed by a licence fee ("Rundfunkgebühren"), a sort of a tax paid by each German household (18 € / month), Axel Springer AG complains that this is unfair competition. The group has filed a lawsuit against ARD. The results of this lawsuit could affect the business model of all public channels on the Net.
This is far from a trivial matter
In most European countries, public radio and television have developed free news apps and websites which could all be perceived by the private media as unfair competition.
This poses the question of the diversification of the public services financed by "taxes". Is the Web a different market or a logical extension of their core business (TV and radio programs) ?
N.B. Axel Springer AG is one of the major media groups in Europe; in addition to newspapers (Bild, Die Welt) and magazines, the group owns many websites: aufeminin.com, onmeda.de (santé), seloger.com, etc. The Group is active in many European countries (France, Russia, Spain, Switzerland, etc.)
Sources:
in German, Geschäftsbericht 2011, "Politische und rechtliche Risiken", Seite 70
in English, Annual Report 2011, "Political and legal risks", page 73
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jeudi 9 juin 2011
Life without a TV set
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You pay for a highspeed Internet connection, you access VOD, you subscribe to Netflix, Lovefilm or another service. With the Web, you have Hulu, YouTube and iTunes and many more. At home, there is an HD screen, a DVD player, maybe Apple TV, a videogame console, a Wii or a PS3, and of course you own a Smartphone (with a subscription) and maybe an iPad.
Do you still need a TV set? Do you still need to subscribe to cable or satellite? Do you still need a set-top box or satellite antenna? Many people start to seriously wonder. They do the math, they compare, and they decide to cut the cord.
And if you live in Europe, where you pay a tax on TV sets ("redevance" in France, TV licence fee in UK, GEZ in Germany), you also save on that cost.
When asked which equipment they would be most likely to give up, if they had to, the majority of people, especially the most active, answer they would give up the TV set. There is really no choice: they absolutely need the phone and the Web. But they can easily do without a TV set.
What is TV exactly nowadays? It is what you see on a digital screen, small or big. It is connected TV, programs coming from the Net. TV is the Web. It does not have anything to do with a TV set anymore.
Is this a trend?
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You pay for a highspeed Internet connection, you access VOD, you subscribe to Netflix, Lovefilm or another service. With the Web, you have Hulu, YouTube and iTunes and many more. At home, there is an HD screen, a DVD player, maybe Apple TV, a videogame console, a Wii or a PS3, and of course you own a Smartphone (with a subscription) and maybe an iPad.
| Under the TV set : PS3, Wii, set-top box, VCR, DVD player |
And if you live in Europe, where you pay a tax on TV sets ("redevance" in France, TV licence fee in UK, GEZ in Germany), you also save on that cost.
When asked which equipment they would be most likely to give up, if they had to, the majority of people, especially the most active, answer they would give up the TV set. There is really no choice: they absolutely need the phone and the Web. But they can easily do without a TV set.
What is TV exactly nowadays? It is what you see on a digital screen, small or big. It is connected TV, programs coming from the Net. TV is the Web. It does not have anything to do with a TV set anymore.
Is this a trend?
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mardi 8 juin 2010
La nouvelle expérience télévisuelle
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Les étudiants du Master 226 de l'université Paris Dauphine organisent un colloque sur "la nouvelle expérience télévisuelle". En sortant de cours, les conversations allaient bon train et certains étudiants m'ont mis au défi de traiter le sujet par la négative. Défi relevé, en cette période d'examen, à la manière des dissertations classiques, en trois parties.
Première partie. Où l'on acccorde à cette question quelques concessions positives. D'abord, il y a davantage de chaînes pour la plupart des foyers. Ensuite, les écrans des téléviseurs sont plus agréables, les images plus belles. Et il y a plusieurs appareils au domicile.
Deuxième partie. Où l'on évoque l'expérience concrète, courante du téléspectateur.
D'abord, il lui est difficile de trouver et sélectionner un programme. La presse de télévision est de moins en moins adaptée. La télécommande ? A raison d'une par appareil (set-top box, manétoscope, lecteur enregistreur DVD, téléviseur, etc.), embouteillage assuré sur la table basse, où, de toute façon manque celle dont on a besoin. Navigation laborieuse. Un bug ? On débranche tout, on rebranche, et l'on attend que tout se réinitialise. La nostalgie de Windows 95 nous étreint. Et soyons charitable, ne parlons pas des modes d'emploi des appareils : ils ne sont pas conçus pour être lus.
Quand il s'agit de naviguer, de rechercher et trouver quelque chose, aller d'Internet à la télé est une expérience déprimante, insupportable : Google, Apple, par pitié, aidez les !
Troisième partie. Où l'on explore, en synthèse, la liberté du téléspectateur (note du claviste : la liberté, c'est toujours pratique en troisième partie !).
L'offre élargie de télévision s'achète en bouquet. Le marketing des opérateurs est en retard de plus d'un siècle sur celui du fleuriste qui laisse ses clients composer leur bouquet librement, fleur à fleur. En télé, des allumés du marketing ont concocté des bouquets insensés. Car eux savent mieux que le consommateur. Ils choisissent à sa place, de peur qu'il ne choisisse pas les bonnes chaînes, le plus de chaînes possibles, et que certaines chaînes, du fait de l'insupportable liberté du téléspectateur, se trouvent privées d'audience. Le bouquet, vous dis-je ! Alors que le marketing des produits numériques ne parle que personnalisation, souhaite que "cent fleurs s'épanouissent", l'opérateur de télévision impose ses bouquets, SA télé.
Parlons VOD. Formidable, mais l'offre est restreinte et la longue traîne est à la traîne. Mais nous voici à nouveau à la merci de la télécommande. Errer, touche après touche, en haut, en bas, à gauche, OK... et parcourir une arborescence aux catégorisations bizarres. Mauvaise touche ? Trop tard, mais c'est payé. Et l'on recommence tout à zéro ! iTunes, amazon, par pitié, aidez les !
Conclusion. Le téléspectateur est né libre et partout il est dans les fers des chaînes et des grilles... des ergonomies lourdes et d'un marketing condescendant. Et, pour couronner cette expérience, en plus de la facture de l'opérateur, tombe en automne celle de la redevance. Expérience annuelle, en rien nouvelle. L'habitus télévisuel n'a pas évolué depuis la télécommande et le magazine TV : il reste prisonnier de gestes analogiques.
Bon, la dissertation est un genre à forme fixe, le sujet est imposé.
J'aurais dû faire rêver : rattrapage, VOD, télé connectée, HD, 3D, interactivité, widgets, etc. J'aurais pu parler télécommande iPad, capping publicitaire transféré en télévision, Hulu, Netflix... Certes, mais, ici et maintenant, l'expérience télévisuelle vraiment nouvelle, c'est YouTube et Dailymotion. La "nouvelle expérience télévisuelle", c'est à Internet surtout qu'on la doit.
Et pour le Grand Soir de la révolution numérique, comptons plutôt sur Google et Apple.
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Les étudiants du Master 226 de l'université Paris Dauphine organisent un colloque sur "la nouvelle expérience télévisuelle". En sortant de cours, les conversations allaient bon train et certains étudiants m'ont mis au défi de traiter le sujet par la négative. Défi relevé, en cette période d'examen, à la manière des dissertations classiques, en trois parties.
Première partie. Où l'on acccorde à cette question quelques concessions positives. D'abord, il y a davantage de chaînes pour la plupart des foyers. Ensuite, les écrans des téléviseurs sont plus agréables, les images plus belles. Et il y a plusieurs appareils au domicile.
Deuxième partie. Où l'on évoque l'expérience concrète, courante du téléspectateur.
D'abord, il lui est difficile de trouver et sélectionner un programme. La presse de télévision est de moins en moins adaptée. La télécommande ? A raison d'une par appareil (set-top box, manétoscope, lecteur enregistreur DVD, téléviseur, etc.), embouteillage assuré sur la table basse, où, de toute façon manque celle dont on a besoin. Navigation laborieuse. Un bug ? On débranche tout, on rebranche, et l'on attend que tout se réinitialise. La nostalgie de Windows 95 nous étreint. Et soyons charitable, ne parlons pas des modes d'emploi des appareils : ils ne sont pas conçus pour être lus.
Quand il s'agit de naviguer, de rechercher et trouver quelque chose, aller d'Internet à la télé est une expérience déprimante, insupportable : Google, Apple, par pitié, aidez les !
Troisième partie. Où l'on explore, en synthèse, la liberté du téléspectateur (note du claviste : la liberté, c'est toujours pratique en troisième partie !).
L'offre élargie de télévision s'achète en bouquet. Le marketing des opérateurs est en retard de plus d'un siècle sur celui du fleuriste qui laisse ses clients composer leur bouquet librement, fleur à fleur. En télé, des allumés du marketing ont concocté des bouquets insensés. Car eux savent mieux que le consommateur. Ils choisissent à sa place, de peur qu'il ne choisisse pas les bonnes chaînes, le plus de chaînes possibles, et que certaines chaînes, du fait de l'insupportable liberté du téléspectateur, se trouvent privées d'audience. Le bouquet, vous dis-je ! Alors que le marketing des produits numériques ne parle que personnalisation, souhaite que "cent fleurs s'épanouissent", l'opérateur de télévision impose ses bouquets, SA télé.
Parlons VOD. Formidable, mais l'offre est restreinte et la longue traîne est à la traîne. Mais nous voici à nouveau à la merci de la télécommande. Errer, touche après touche, en haut, en bas, à gauche, OK... et parcourir une arborescence aux catégorisations bizarres. Mauvaise touche ? Trop tard, mais c'est payé. Et l'on recommence tout à zéro ! iTunes, amazon, par pitié, aidez les !
Conclusion. Le téléspectateur est né libre et partout il est dans les fers des chaînes et des grilles... des ergonomies lourdes et d'un marketing condescendant. Et, pour couronner cette expérience, en plus de la facture de l'opérateur, tombe en automne celle de la redevance. Expérience annuelle, en rien nouvelle. L'habitus télévisuel n'a pas évolué depuis la télécommande et le magazine TV : il reste prisonnier de gestes analogiques.
Bon, la dissertation est un genre à forme fixe, le sujet est imposé.
J'aurais dû faire rêver : rattrapage, VOD, télé connectée, HD, 3D, interactivité, widgets, etc. J'aurais pu parler télécommande iPad, capping publicitaire transféré en télévision, Hulu, Netflix... Certes, mais, ici et maintenant, l'expérience télévisuelle vraiment nouvelle, c'est YouTube et Dailymotion. La "nouvelle expérience télévisuelle", c'est à Internet surtout qu'on la doit.
Et pour le Grand Soir de la révolution numérique, comptons plutôt sur Google et Apple.
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mercredi 30 décembre 2009
Foot sur InternetRadio
.IlLa radio, depuis longtemps, fait bon ménage avec le foot. Elle en a inventé le reportage oral, son style, ses clichés, ses images, sa rhétorique stéréotypée, son ambiance sonore tellement plus importante que tout visuel. Il fallait attendre la presse du lendemain pour quelques photos : le match en direct, c'était la radio, y compris dans les bistrots où les clients participaient au moins autant qu'aujourd'hui en regardant la télé. Le fameux slogan de la radio américaine s'applique parfaitement : "je l'ai vu à la radio !". Combien de buts avons-nous vus, et voyons-nous encore, à la radio !
Pour les auditeurs fous de foot, voici un récepteur commercialisé en Allemagne par NoxoN pour suivre le foot à la radio via Internet. Le NoxoN 90elf (elf = Onze) affiche également les tableaux statistiques, les classements, les scores, etc. L'appareil est vendu 129 €. Pas d'abonnement, pas de redevance, précise la publicité, dès lors que l'on dispose d'une connexion Internet. En vente dans la grande distribution spécialisée (Saturn - notre photo, Conrad, etc.) et sur Amazon.de pour 108,94€. Notons que le packaging s'adresse à son futur client ("Dein...") en le tutoyant : signe d'une connivence, d'une communauté d'amateurs.
C'est peut-être un autre avenir de la radio qui se dessine : thématique, via Internet. Modèle économique habituel de la radio traditionnelle et de la radio sur Internet (avec messages visuels). Le même appareil donne accès à la radio Internet en général, aux podcasts, etc. Voilà qui va encore compliquer la mesure des audiences, si besoin était. Le marché radio unifié s'impose aux annonceurs et aux agences média.
mercredi 16 décembre 2009
Abonnement volontaire, une audience plus chère
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Support Ongoing News Coverage on Miamiherald.com
Le Miami Herald, quotidien régional de Miami (Floride, Etats-Unis) propose à ses lecteurs un paiement volontaire par carte de crédit, sur le modèle des stations de la télévision publique américaine (PBS). La télévision publique américaine ne connaît pas la redevance à l'européenne mais compte en grande partie sur le financement volontaire annuel par les téléspectateurs et les auditeurs, "subscribers" (ceci représente 26% du chiffre d'affaires de PBS. Source : Corporation for Public Broadcasting).
Cette audience témoigne en payant qu'elle est une audience "engagée", sans doute intéressée (lisant ce qui l'intéresse), parfois régulière : comme telle elle vaut cher et devrait retenir l'attention des annonceurs. Le critère de comportement le moins incertain de ce que le marché publicitaire appelle "engagement" n'est-il pas le paiement ?
Au total, une audience qui paie peut être doublement intéressante pour le média. Elle est d'abord gage d'indépendance (pas de subvention d'Etat), elle est gage d'un taux d'intérêt élevé du lectorat pour le contenu qui peut se propager à son contexte publicitaire. Double contribution au modèle économique de la presse en ligne.
Toutefois, pour être satisfaisant, des conditions doivent être remplies que l'on omet trop souvent ; le ciblage publicitaire doit être malin : concerner un produit et un service dont le lecteur a besoin, ne pas déranger un lecteur qui paie son média, d'abord pour le lire. Le médiaplanning doit être créatif et la création de qualité : les données et l'intelligence artificielle le permettent de plus en plus à quoi s'ajoutent l'imagination et le talent de l'intelligence naturelle. Dans ce cas, la communication commerciale (i.e. publicitaire) peut afficher des tarifs élevés.
Pour le Miami Herald, le versement est décrit comme un soutien (support) à l'information locale ("local news reporting") et à l'investigation. Voilà qui est clair : payer pour l'information locale et l'investigation, pas pour des opinions, pas pour des communiqués de presse et des dépêches d'agences réécrits, pas pour des publi-rédactionnels... Voilà qui pourrait énoncer clairement et distinctement les problèmes du modèle économique de la presse : payer combien pour quoi ?
Pour quel média dit "gratuit" serait-on prêt à payer ?
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Le Miami Herald, quotidien régional de Miami (Floride, Etats-Unis) propose à ses lecteurs un paiement volontaire par carte de crédit, sur le modèle des stations de la télévision publique américaine (PBS). La télévision publique américaine ne connaît pas la redevance à l'européenne mais compte en grande partie sur le financement volontaire annuel par les téléspectateurs et les auditeurs, "subscribers" (ceci représente 26% du chiffre d'affaires de PBS. Source : Corporation for Public Broadcasting).
Cette audience témoigne en payant qu'elle est une audience "engagée", sans doute intéressée (lisant ce qui l'intéresse), parfois régulière : comme telle elle vaut cher et devrait retenir l'attention des annonceurs. Le critère de comportement le moins incertain de ce que le marché publicitaire appelle "engagement" n'est-il pas le paiement ?
Au total, une audience qui paie peut être doublement intéressante pour le média. Elle est d'abord gage d'indépendance (pas de subvention d'Etat), elle est gage d'un taux d'intérêt élevé du lectorat pour le contenu qui peut se propager à son contexte publicitaire. Double contribution au modèle économique de la presse en ligne.
Toutefois, pour être satisfaisant, des conditions doivent être remplies que l'on omet trop souvent ; le ciblage publicitaire doit être malin : concerner un produit et un service dont le lecteur a besoin, ne pas déranger un lecteur qui paie son média, d'abord pour le lire. Le médiaplanning doit être créatif et la création de qualité : les données et l'intelligence artificielle le permettent de plus en plus à quoi s'ajoutent l'imagination et le talent de l'intelligence naturelle. Dans ce cas, la communication commerciale (i.e. publicitaire) peut afficher des tarifs élevés.
Pour le Miami Herald, le versement est décrit comme un soutien (support) à l'information locale ("local news reporting") et à l'investigation. Voilà qui est clair : payer pour l'information locale et l'investigation, pas pour des opinions, pas pour des communiqués de presse et des dépêches d'agences réécrits, pas pour des publi-rédactionnels... Voilà qui pourrait énoncer clairement et distinctement les problèmes du modèle économique de la presse : payer combien pour quoi ?
Pour quel média dit "gratuit" serait-on prêt à payer ?
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jeudi 29 octobre 2009
Moins de pub TV ? Plus de quoi ?
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La télévision allemande rejoint la presse quotidienne dans la dénonciation de la "culture gratuite" ("Kostenlos-Kultur". cf. Bild et l'iPhone, mais aussi les applis du quotidien berlinois BZ. et Die Welt, le quotidien national). En effet, la télévision commerciale dépend presque entièrement des revenus de la publicité. Echaudés par la crise, certains groupes TV en viennent à envisager un modèle économique mixte, semblable à celui de la presse : publicité + ventes. Dans le cas de la télévision, ce serait des ventes d'émissions à la demande (VOD) ou des abonnements. Le patron du groupe allemand ProSiebenSat.1 déclare, au quotidien économique Handelsblatt, en attendre à terme jusqu'à 30% des revenus, espérant ainsi réduire sa dépendance à l'égard du marché publicitaire ("Wir müssen vom Werbemarkt unabhängiger werden").
Osé ! D'autant que le modèle économique de la VOD grand public, pour l'instant le plus prometteur, semble être publicitaire.
Osé, car ne perdons pas de vue, quand même, que le téléspectateur allemand paie déjà une redevance TV (17,03 € / mois) et que les chaînes commerciales grand public comme Sat1ou ProSieben exploitent des fréquences hertziennes qui sont un bien public rare.
Et comme on commence à parler aussi d'impôt pour la réception numérique par satellite des chaînes de la TNT allemande (via les satellites ASTRA), l'humeur télévisuelle des téléspectateurs allemands pourrait devenir maussade !
Dans cette interview, le patron de ProSiebenSat.1 évoque aussi, brièvement, une voie alternative : celle d'investir (dans) la création et la production télévisuelles. Voie plus politiquement raisonnable, économiquement plausible, et qui correspond exactement à son métier et au troc sur lequel repose, au moins tacitement, son contrat d'exploitation - optimale - d'un bien public rare.
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La télévision allemande rejoint la presse quotidienne dans la dénonciation de la "culture gratuite" ("Kostenlos-Kultur". cf. Bild et l'iPhone, mais aussi les applis du quotidien berlinois BZ. et Die Welt, le quotidien national). En effet, la télévision commerciale dépend presque entièrement des revenus de la publicité. Echaudés par la crise, certains groupes TV en viennent à envisager un modèle économique mixte, semblable à celui de la presse : publicité + ventes. Dans le cas de la télévision, ce serait des ventes d'émissions à la demande (VOD) ou des abonnements. Le patron du groupe allemand ProSiebenSat.1 déclare, au quotidien économique Handelsblatt, en attendre à terme jusqu'à 30% des revenus, espérant ainsi réduire sa dépendance à l'égard du marché publicitaire ("Wir müssen vom Werbemarkt unabhängiger werden").
Osé ! D'autant que le modèle économique de la VOD grand public, pour l'instant le plus prometteur, semble être publicitaire.
Osé, car ne perdons pas de vue, quand même, que le téléspectateur allemand paie déjà une redevance TV (17,03 € / mois) et que les chaînes commerciales grand public comme Sat1ou ProSieben exploitent des fréquences hertziennes qui sont un bien public rare.
Et comme on commence à parler aussi d'impôt pour la réception numérique par satellite des chaînes de la TNT allemande (via les satellites ASTRA), l'humeur télévisuelle des téléspectateurs allemands pourrait devenir maussade !
Dans cette interview, le patron de ProSiebenSat.1 évoque aussi, brièvement, une voie alternative : celle d'investir (dans) la création et la production télévisuelles. Voie plus politiquement raisonnable, économiquement plausible, et qui correspond exactement à son métier et au troc sur lequel repose, au moins tacitement, son contrat d'exploitation - optimale - d'un bien public rare.
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mardi 1 septembre 2009
La gratuité n'a jamais été aussi chère
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On ne cesse de dénoncer une culture de gratuité que propagerait Internet, entre autres. Culture de gratuité qui ruinerait les auteurs, les artistes, les créateurs, les médias, les producteurs... Le consommateur de l'ère numérique, radin et mal élevé, ne voudrait plus rien payer.
On ne cesse de dénoncer une culture de gratuité que propagerait Internet, entre autres. Culture de gratuité qui ruinerait les auteurs, les artistes, les créateurs, les médias, les producteurs... Le consommateur de l'ère numérique, radin et mal élevé, ne voudrait plus rien payer.
De quelle gratuité parle-t-on ?
Notre médianaute numérique ne paie-t-il pas le fournisseur d'accès, la redevance télévisuelle et ses gabelous, les abonnements téléphoniques et leurs débordements, un abonnement télévisuel, câble ou satellite peut-être. Sans compter les équipements matériels et logiciels indispensables : routeur, ordinateur, téléphone, packs logiciel, console de jeux vidéo, écrans plats HD, appareil photo, cartes mémoire, sauvegardes, oreille Bluetooth, antivirus, applications, etc. Tout cela copieusement assaisonné de TVA. Triple play ? Triple pay. S'il voyage, le prix de l'indispensable connexion à l'hôtel lui semble souvent relever du racket, quant au roaming pour l'utilisation de son téléphone portable à l'étranger, les tarifs en restent inqualifiables... Et j'en oublie !
Et beaucoup de ces équipements mobiles sont individuels. Autant de personnes dans le foyer, autant de téléphones portables, d'iPods, d'ordinateurs...
La facture numérique est salée et le consommateur qui grogne et rechigne ne voit peut-être dans la gratuité qu'une juste compensation : il a déjà donné.
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La facture numérique est salée et le consommateur qui grogne et rechigne ne voit peut-être dans la gratuité qu'une juste compensation : il a déjà donné.
samedi 21 mars 2009
Huis clos scolaire
ARTE a diffusé vendredi à 21H un film ayant pour théâtre un établissement d'enseignement secondaire public d'une banlieue pauvre. L'action unique se déroule à huis clos durant un cours de français, sur Molière, dans une salle de classe. Le temps de l'action est celui de la représentation. Bienséance : le pire, on ne le voit pas. Catharsis. Théâtre classique.
L'intrigue évoque la scolarisation dans un univers livré au racisme, à l'antisémitisme, à la haine des autres, des femmes... Trafics mafieux en tout genre, viols en réunion filmés avec téléphone ("filmer, c'est pas grave", s'insurge le caméraman voyeur), intolérance, violence, racket. L'enfer scolaire, c'est souvent les autres élèves.
Audience : selon l'audimétrie TV, 10% de téléspectateurs de ce vendredi soir ont regardé le film de Jean-Paul Lilienfeld, 30% ont préféré "Qui veut gagner des millions" sur TF1 (source : Médiamétrie).
Quelques notes sur ce que cette diffusion dit des médias.
- Diffusion en avant-première sur ARTE, la semaine précédant la sortie en salles (50 salles seulement, dit-on, quand certains films ouvrent avec plusieurs centaines. Affiche ci-dessous, kiosque AAP). Entorse à la chronologie des films.
- L'état de la langue vernaculaire rendu par le film et les acteurs. Vocabulaire, prononciation : ce qui se parle là tend par moment vers le degré zéro de la communication et du respect. Si l'on en croit ce film, il semble ainsi ne plus y avoir de mots pour dire "femme", par exemple. En attendant des analyses socio-linguistiques (cf. Labov, "Language in the Inner Citiy. Studies in the Black Vernacular", 1972).
- La place du téléphone portable, centrale, à la ville comme à la scène. Pour le meilleur et pour le pire.
- La parodie des émissions électorales qui légitiment une culture d'exclusion : votez, éliminez, virez, etc. "Star Ac" et "Maillon faible". Pauvreté de la vie sociale et de l'expression des opinions (s'interroger sur la prolifération sur Internet d'incitations à "voter", de sondages accompagnés de statistique insignifiante... au nom de l'engagement !).
- "La journée de la jupe". Parodie encore. On n'en peut plus de ces "journées" événement : journée des accidents de la route, du Sida, contre le cancer, de la femme, sans tabac, de la télévision, du patrimoine, sans télévision... il y en a tellement que l'on ne manquera bientôt de jours à moins de ne plus créer que des demi-journées. (il y a déjà des jours avec deux journées). Les Saints du jour sont plus drôles, et merci aux pauvres saints aémères !
Dommage que ARTE s'attache surtout à échauffer le coeur, à provoquer la fureur et la pitié des spectateurs (Boileau). Manquent, sur le site ou à l'antenne après la diffusion, qui apporteraient un contre-point salutaire à la narration tragique, des éléments documentaires, des statistiques, des interviews de profs, d'élèves, des photos, ou encore des sous-titres en français pour certains dialogues.... Ceci casserait le laisser-aller émotionnel où l'on peut s'enliser : car si l'on s'indigne généreusement, si l'on s'émeut, va-t-on penser cette indignation, cette émotion ? Le site Internet d'ARTE aide à prendre un peu de distance en donnant la parole aux jeunes acteurs. Mais c'est trop peu. Revient donc la question du statut respectif du documentaire et de la fiction, de leur éventuelle dialectique (et non de leur mélange en docu-fiction ou docutainment).
Evidemment, Isabelle Adjani joue superbement. Trop ! Evidemment, elle nous embarque, tout comme ses jeunes complices, on s'identifie et l'on en oublie de réfléchir : comment en est-on arrivé à cette misère scolaire, sexuelle, langagière, politique qu'évoque le film et que l'on tait ailleurs ? Comment en est-on venu à accepter cette destruction de l'école républicaine, laïque ? A qui profite le crime ?
Film courageux, bonne soirée télé, ne boudons quand même pas notre plaisir.
Nombreux, dans Bisouville (pour ce terme, désignant le petit monde du showbiz, voir l'interview du réalisateur dans Le Point), sont ceux qui ont refusé le projet, dont France Télévision. A quoi sert notre redevance sinon à financer de telles réalisations ?
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lundi 14 juillet 2008
La TV publique et le Web : quel financement
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Les impôts (redevance, etc.) doivent-ils, peuvent-ils servir à payer les développements de la télévision publique sur le Web ? Est-ce la lettre et l'esprit de la loi ?
NB : Hitwise (groupe Experian) recourt à une méthodologie dite "network centric" pour évaluer les audiences à partir des données transmises par les FAI (Fournisseurs d'Accès Internet).
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- PBS.org, le site du network de la télévision publique américaine semble dépasser en audience les grands networks commerciaux. Selon Hitwise, PBS.org aurait une part d'audience hebdomadaire de 24% des visites (Semaine 3, juin), devant ABC (19%), NBC (18%), CBS (18%) et Fox (17%). Le network de secteur public attribue ce succès aux nombreuses heures de vidéo mises à disposition ainsi qu'à la qualité sans cesse améliorée de son référencement naturel.
- La BBC programme un investissement de 85 millions d'€ d'ici 2013 pour la réalisation de 65 sites Internet couvrant la totalité des régions de Grande-Bretagne, BBC Local. La BBC prédit pour la vidéo locale une audience cumulée hebdomadaire de plus de 11% des foyers d'ici 2013. La BBC déclare qu'elle ne concurrencera pas les sites commerciaux et mettra ses contenus vidéo à disposition des autres médias locaux.
- En Allemagne, les médias commerciaux (presse, TV) demandent au législateur de limiter le développement des chaînes publiques (ARD, ZDF) sur Internet : ils y voient une concurrence déloyale (distorsion de concurrence, Wettbewerbsverzerrung) de médias financés par l'impôt ("Rundfunkgebühr", cf. l'article du quotidien Handelsblatt).
NB : Hitwise (groupe Experian) recourt à une méthodologie dite "network centric" pour évaluer les audiences à partir des données transmises par les FAI (Fournisseurs d'Accès Internet).
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mardi 29 janvier 2008
Télévision publique : PBS, l'autre modèle américain
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Lorsque l’on évoque en Europe la télévision américaine, il est rare que soit mentionnée la télévision publique, Public Broadcasting Service (PBS). Pourtant, un détour par ce modèle peut oxygéner la réflexion.
Six points distinguent la télévision publique américaine des télévisions publiques européennes :
- Télévision de proximité. La télévision publique américaine est locale, d’abord. Liée aux communautés territoriales, aux universités, aux associations. Elle ne devient nationale (network) qu'à certains moments de la journée.
- Télévision choisie, sans redevance. La télévision publique américaine ne connaît pas la redevance. Elle ne s'impose pas. Les téléspectateurs décident de verser, ou non, une cotisation volontaire (subscription, membership), du montant qu’ils souhaitent, à leur station locale ("Your local station"), celle qui est près de chez eux. Ce versement annuel donne droit à déduction fiscale. Les téléspectateurs peuvent aussi s’engager en participant, bénévolement, localement, à des activités liées à l’antenne locale (ils sont nombreux à le faire).
- Télévision alternative. PBS, le network des stations non commerciales, n'est pas en concurrence avec les networks commerciaux pour l’acquisition de droits sportifs ou de films hollywoodiens. Sa programmation nationale, gérée par un network de plus de 350 stations, donne une large part aux émissions éducatives (enfants), informatives, documentaires et culturelles (des loisirs créatifs aux concerts). Le sport commercial ne saurait s'apparenter à des obligations de service public.
- Télévision sans écrans publicitaires. Malgré quelques tentations, la télévision publique est restée sans interruptions publicitaires. Indépendante à l’égard des ratios quotidiens d’audience publicitaire, la télévision de secteur public garde cependant une relation commerciale avec les entreprises de toutes tailles par l’intermédiaire du parrainage (underwriting). La télévision publique apporte sa légitimité aux entreprises soucieuses d’image de service public. En revanche, pbs.org, le site du network public a sa régie publicitaire propre afin de bénéficier à ce stade du dynamisme que seul insuffle la compétition commerciale.
- Télévision indépendante des pouvoirs. Son financement est diversifié, l’Etat central (fédéral) intervenant pour 15% du chiffre d’affaires, à côté des entreprises, des collectivités locales, des universités et des cotisations volontaires de téléspectateurs.
- Télévision innovante. Systématiquement à la pointe des technologies successives (satellite, numérique, Web, HD, ATSC 3.0, etc.), PBS est l'un des laboratoires permanent de la recherche télévisuelle américaine.
Que peut-on attendre des médias en matière de service public à l'époque du numérique ?
Tout est à revoir en fonction du développement du Web, du mobile et des réseaux sociaux. Il faudra bien un jour, sans prévention ni précipitation politiques, imaginer et concevoir le service public nouveau dont a besoin une République numérique en matière de médias. Pour l'instant, dans la plupart des pays, on s'est contenté de faire comme si le numérique n'était qu'un peu plus de la même chose, on a repeint en numérique le secteur public de radio-télévision, les aides à la presse, etc. sans jamais remettre en question des institutions et des habitudes surannées. Conservatisme.
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