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vendredi 2 octobre 2020

Netflix : streaming en tête

 


Netflix et YouTube atteignent donc presque la moitié de la durée du streaming. Telle est la conclusion de l'analyse de LightShed Partners pour le mois de juillet 2020. L'analyse utilise les données de Comscore. 


jeudi 23 juillet 2020

Câble américain : un abonné sur trois en promotion !


Un tiers des abonnés au câble souscrit à une promotion (enquête conduite auprès de 1021 abonnés) : ce chiffre est pour Altice de 45%, pour Comcast de 42%, et pour Charter de 32%. 20% d'entre eux bénéficient d'un type d'abonnement s'achevant dans moins d'un an.
Un nombre croissant, dépassant la moyenne, de ces abonnés, est également abonné à un service OTT, Amazon et hulu, et, bien sûr, forcément, Netflix.
L'enquête ne dit pas ce qu'est la consommation actuelle des abonnés, ce qu'ils regardent aujourd'hui mais on peut parier que les abonnés à des services promotionnels risquent d'être nombreux à passer exclusivement à des services OTT et abandonneront le câble classique.



mardi 9 juin 2020

Will TV Be Going Back to a New Future? Netflix and Amazon lead the pack


What happened exactly with TV during the pandemic, beginning in January 2020?
Four of the five most important SVOD services reached their maximum level of audience during the month of April. According to research company 7Park Data, Netflix remains at the top with 550 minutes in May. Disney+ returns to its February level as does AppleTV. Amazon stays almost at its April level (400 minutes), ahead of Hulu which dips under 300 minutes. Dead to Me was the biggest success of May (it is the second season of the series).
Of course, we need another quarter to see if Netflix keeps its level of audience or if it returns to normal as does its competition. It seems that, already, Broadcast and cable TV are returning to their pre-COVID levels (source: VideoAmp).
According to a study by Kill the Cable Bill, an average Netflix user missed 58 hours of advertising during the quarantine: will the advertisers also snub the commercial networks soon?

 Dead to Me

samedi 19 octobre 2019

Netflix ne va pas si mal, jusqu'à présent du moins


Les chiffres du troisième trimestre ont été publiés. Et ils ne sont pas si mauvais.

Globalement, les résultats sont conformes aux attentes : un peu meilleurs que ce qui avait été annoncé pour ce qui est de l'international (6,3 millions d'abonnés gagnés), un peu moins bons au plan intérieur américain que ce qui était attendu (0,517 million d'abonnés gagnés contre 0,8 attendus), le manque à gagner étant attribué aux augmentations de tarif du trimestre précédent (quand l'abonnement est passé de 10,99 à 12,99$).
L'ensemble est donc néanmoins positif et Netflix répond ainsi aux attentes globales du marché. Pour l'instant, du moins.

On attend maintenant le prochain trimestre, quand Apple TV+ et Disney+ seront également proposés aux téléspectateurs à un tarif nettement moins élevé, rejoignant Netflix, hulu et Amazon PrimeVideo.


Dès lors, ou bien les téléspectateurs américains pourront quitter la télévision payante classique (environ 65% des foyers américains sont encore abonnés à une offre payante au moins) ; ou bien, ils pourront s'abonner à Netflix ou à l'un de ses concurrents, ou alors ils considéreront Netflix et ses concurrents comme des suppléments dont ils peuvent, le cas échéant, se passer aisément.
Vraisemblablement toutefois, la situation, une fois passé l'événement, sera mixte, la télévision classique ne perdra ses avantages que lentement.
Mais Netflix est également international aussi, la place de l'international s'accroît et s'accroîtra davantage que le national.

Donc une révolution serait en marche, certes, mais elle serait loin d'être complètement effectuée. D'autant que Peacock (MBC) et HBO+ (AT&T) vont également rejoindre l'offre de Amazon Prime Video et de Hulu. La bataille sera donc très difficile, mais difficile pour tous les intervenants, pas seulement pour Netflix.
En fait, la clef principale pour Netflix tient sans aucun doute à la qualité et à la diversité de son offre. Sera-t-elle suffisante pour attirer les téléspectateurs et les faire payer chaque mois ? Le prix proposé par Netflix n'est-il pas trop élevé ?

N.B. Les prochains résultats seront répartis en quatre régions : Etats-Unis et Canada, Asie et Pacifique, Europe, et Moyen-Orient / Afrique.

lundi 23 septembre 2019

Comment va Netflix ?


Les jours, les mois qui viennent ne manqueront pas de devenir intéressants aux Etats-Unis pour la bataille de la vidéo. Plusieurs acteurs s'attaquent à la domination de Netflix : Disney+ (qui sera lancé le 12 novembre), Apple TV+ (lancé le 1er Novembre), sans compter bientôt Peacock, le service de Comcast (NBCUniversal) qui sera lancé en avril 2020, et le service de TimeWarnerMedia (HBO Max) qui ne commencera qu'en mars. Sans oublier Amazon Prime Video et Hulu. Et il faudra bientôt commencer de compter aussi avec Metrological que vient d'acquérir Comcast, qui espère ainsi lutter contre Android (Google).

Le cours de l'action Netflix tenant compte des pronostics pessimistes est passé bien au-dessous de 300 $ (24% de chute de l'action depuis le 17 juillet, 283 $). Netflix a perdu 126 000 abonnés aux Etats-Unis (alrs que l'on en espérait 352 000 de gagnés) et n'en a gagné "que" 2,8 millions à l'international (on en attendait 4,8 millions).
Cours comparés de Disney et Netflix. Sources : The Wall Street Journal et FactSet (octobre 2019)
Néanmoins, attendons d'abord, pour un premier diagnostic, le 16 octobre, quand Netflix publiera les résultats du troisième trimestre de l'année en cours.

Netflix s'est préparé à cette compétition depuis 2012. "It’ll be tough competition", a récemment noté son président Reed Hastings à Londres (Royal Television Society, Cambridge).

mercredi 18 septembre 2019

Apple attaque Disney ?


Source : Forbes, September 2019

La guerre est-elle déclarée entre Disney et AppleTV Plus ?
Apple propose une offre pour 4,99 $ par mois le 10 novembre de cette année (offre gratuite pour un an en cas d'achat d'un nouvel appareil Apple).
Disney propose son offre pour 6,99 $ (le 12 novembre) ou 12,99 $ si l'abonnement inclut ESPN+ et Hulu.
Donc le président de Disney, Bob Iger, quitte le Conseil d'administration de Apple dans lequel il siégeait depuis 2011, le 10 septembre.
C'est la conséquence d'une bataille difficile qui s'annonce.
Est-ce le début d'une forte croissance - indispensable - pour Apple ? On parle de rachats de toutes sortes...

lundi 22 octobre 2018

Des questions pour Comcast, nouvel acteur média international


Quelle est la situation de Comcast après sa tentative infructueuse de rachat de Fox contre Disney et après l'acquisition de Sky en Europe. Nous avons repéré six questions essentielles.
  1. Hulu, que faire ? Vendre ou ne pas vendre les 30% que Comcast détient ? Le vente serait certainement bienvenue pour le désendettement. En revanche, cet actif minoritaire peut se révéler utile pour surveiller Disney qui en détient 60%, et pour ne pas lui laisser les mains libres de faire de Hulu un service de streaming VOD d'envergure, qui serait un redoutable concurrent pour les projets de Comcast (cf. Hulu vMVPD). Rester présent dans Hulu, c'est aussi conserver l'accès aux données collectées par Hulu auprès de ses 20 millions d'abonnés.
  2. L'image de marque de Comcast aux Etats-Unis est catastrophique. Il lui faut prendre garde qu'elle  ne contamine l'image de Sky en Europe. Comcast a communiqué sur son offre XFINITY (broadband) à un giga mais sa position quant à la neutralité du net, telle qu'elle apparaît en Californie, peut inquiéter grand public et actionnaires.
  3. Comcast avec Sky est devenu un acteur télévisuel international. Quelle sera sa relation à Netflix ou / et Amazon Prime Video, acteurs internationaux ? Comcast est à la fois un MVPD traditionnel et un fournisseur d'accès Internet majeur (broadband) qui distribue donc Netflix (tout comme Sky déjà, qui met Netflix en avant, cf. infra). Comcast et Netflix, frenemies en Europe comme aux Etats-Unis, contre Amazon, contre Disney ? Faut-il que Comcast se lance dans une concurrence frontale coûteuse et risquée étant donné la dynamique de Netflix et d'Amazon ?
  4. Si Disney ne peut se passer de Comcast, Comcast ne peut guère ignorer Disney. Relation compliquée que la bataille pour Fox a sans doute exacerbée. Comme MVPD, Comcast doit distribuer les chaînes et les stations de Disney contre rémunération (retransmission consent). Sky distribue des chaînes de Disney en Europe.
  5. Sur Sky, promotion de Netflix
  6. Développer un service SVOD mondial à la Netflix, comme l'annoncent aussi Disney ("Disneyflix") ou AT&T ("Warnerflix") ? Comcast en a les moyens et les contenus (Universal, NBC, telemundo, Sky, des chaines sportives...). Comcast peut également lancer des chaînes et des bouquets OTT. Notons que Sky / Comcast, pour assurer une distribution européenne, devrait remédier à son absence de France : quels alliances ou acquisition imaginer ?
  7. Développer FreeWheel (qui appartient à Comcast)... pour en faire un outil publicitaire international de gestion de la télévision connectée (programmatic). N.B. Disney est actuellement client de FreeWheel...

jeudi 12 avril 2018

Roseanne et sa sitcom se rejouent les élections américaines


Hier soir mardi, soirée TV, dîner avec "Roseanne". A 20 heures, sur ABC, juste après "Jeopardy". Pas terrible, cet épisode : une histoire de mère porteuse (gestation pour autrui) qui ne porte plus et qui comptait s'acheter un chien avec la récompense. La commanditrice de l'enfant escompté, mère intentionelle, reprend l'œuf de Fabergé qu'elle avait offert à la mère porteuse. Quel humour... Plus tard, à 9 heures, la série "Black-ish", c'était moins déprimant, une histoire de chien. Un enfant, grâce à de très bonnes notes à l'école (straight As!) a gagné d'avoir un chien. Ses parents lui avaient promis, confiants dans ses habituelles mauvaises notes. La promesse est compromise car le père est décidément contre. Débat familial, campagne électorale, vote : le fils gagne l'élection grâce au swing vote de sa petite sœur... Beau joueur, le père rapporte un chien à la maison, tout blanc. Sitcom sympathique, comédie filmée avec une seule caméra, sans public (Warner Bros., 22 mn).
Entre les deux séries, au milieu, une autre série "The Middle" (middle class, middle age, etc.) ; mais les écrans publicitaires pour les voitures ainsi que le décalage horaire m'ont vaincu : j'ai somnolé.

Revenons à "Roseanne", la sitcom (21 mn). Elle est enregistrée en direct, ce qui nous vaut les ricanements du public invité. C'est le succès de la saison télévisuelle. Inattendu. Comme l'élection de Donald Trump aux présidentielles. Roseanne, l'actrice comme le personnage, ont voté Trump et en sont fièrs (cfRoseanne et son partenaire interviewés lors du talk show de Jimmy Kimmel) ; sa sœur a voté Clinton. Débat dès les premiers épisodes : la série ne craint pas la controverse.
Le monde de "Roseanne" est un monde modeste (working class, blue collar), sans "distinction", celui d'une partie de l'électorat, mésestimé, sous-estimé. La famille Conner habite dans le Mid-West, Rust Belt, terre électorale de Donald Trump : désindustrialisation, chômage, difficulté lancinante à joindre les deux bouts (Roseanne conduit un taxi pour Uber). Bob Dylan a déjà tout dit de cet univers. "Roseanne", c'est le retour du refoulé, et la nostalgie : revival, reboot, dit la presse. Un monde normalement absent de l'univers télévisuel américain, où règne l'aisance sociale, surgit en plein prime-time. "Misère du monde" télévisuel.

Pour les séries, il y a donc une vie après la mort. Vingt ans après sa mort, la série est de retour. Elle fut à l'antenne de 1988 à 1997, sur ABC déjà. Si possible, on a repris les mêmes acteurs, pour sa onzième année, renouvelée par ABC Disney, en mars 2018. Les audiences sont bonnes, nombreuses (25 millions de téléspectateurs, beaucoup de 18-49 ans, key demo pour les annonceurs), et encore, c'est sans compter le streaming d'ABC, la rediffusion du dimanche et celle de Hulu. Le Président a félicité Roseanne pour ces audiences. Selon Samba TV, une plateforme d'analytiques TV, la série sur-performe dans les régions de vote Républicain et parmi les téléspectateurs de Fox News.
Anticipation des prochaines présidentielles ? La TV ne fait sans doute pas l'élection (question éternelle pour un grand oral à Sciences-Po) mais elle l'explique peut être mieux que les politologues (cf. Oprah élue bien avant Obama). On parle, au moment du marché upfront de "l'effet Roseanne".

Mise à jour (29 mai 2018). ABC annule (cancel) l'émission en raison d'un "tweet raciste" de l'actrice Roseanne Bar.

vendredi 16 mars 2018

Cord-cutter, cord nevers ? Le malaise des abonnés américains


L'enquête de TiVo auprès des abonnés à la télévision payante (depuis 2012) semble indiquer que les désabonnés (cord-cutters) au câble ou au satellite (MVPD) ne se réabonnent plus (cord-nevers). Cord-cutter un jour, cord-never toujours !
Les téléspectateurs américains ont de bonnes raisons de se désabonner : d'abord, le prix élevé de l'abonnement (un tiers d'entre eux paie plus de 100$), ensuite la qualité croissante de l'option alternative : antenne + streaming.
L'antenne pour capter la télévision terrestre donne accès à la réception gratuite des principales chaînes commerciales nationales (networks), à la télévision publique (PBS) et aux stations locales de la région (DMA). Donc aux séries du moment, à l'information, notamment locale, et surtout aux événements sportifs (football, baseball, basket, jeux olympiques). Une étude de Park Associates (mars 2018, cf. infra) confirme cette tendance et précise que 20% des abonnés haut débit (broadband) utilisent désormais une antenne terrestre, équipement en progression régulière ces dernières années.
Ensuite, pour qui en veut d'avantage, il y a le streaming, donc Netflix et, de manière secondaire, Amazon et Hulu, tous trois en hausse constante ; pour le streaming du sport, Facebook, Amazon et NFL.com prennent une place significative. Plus des deux tiers des répondants (68,2%) utilisent un service de streaming à la demande (SVOD), 54,8% utilisant Netflix, 25,6% amazon, 16,7% Hulu, 8,5% YouTube TV.
Pour les désabonnés, Netflix est plébiscité (83,3%). 
Retour de l'antenne terrestre : Netflix + antenne terrestre, nouvelle formule de base pour la télévision ?

Le mécontentement semble se stabiliser mais les intentions de changement (déclarées) restent élevées : désabonnement, et désir insistant de ne s'abonner qu'aux quelques chaînes qu'ils regardent (mini bouquet, skinny bundle). La demande de télévision à la carte est presque unanime (81,3%), le bouquet mensuel idéal se réduisant à 24 chaînes à 1,5 € pièce soit 36 $, les chaînes les plus demandées étant A&E, Discovery, Food Network, AMC. Cette demande correspond d'ailleurs à la structure et au prix des bouquets proposés depuis peu par les MVPD virtuels  (Hulu Live, YouTube TV, etc.).
Comment trouver ce que l'on cherche ? Le papier, c'est fini, ou presque. A côté du programme électronique, s'installe la commande vocale (voice search) ; elle est déjà présente dans un foyer sur quatre mais elle n'est utilisée que  par 14%, en hausse toutefois. Malgré tout, les amateurs de sports se plaignent de ne pouvoir trouver aisément des programmes sportifs qu'ils recherchent. Les assistants vocaux, smart speakers, présent chez 21% des répondants, n'aident pas, pas encore du moins.

Sources :
  • Q4 Online Video and Pay-TV Trends Report. L'enquête trimestrielle porte sur 3 330 abonnés à TiVo aux Etats-Unis et au Canada. L'échantillon est représentatif de la population de 18 ans et plus. Marge d'erreur : 2%.


mardi 27 février 2018

Connected TV is the thing this year!


A long time ago, in 1952, Dina Washington was singing 'TV is the thing this year...". Connected TV (CTV) now seems to be the thing this year. American TV is going digital. Linear was great, but now it's out of date... There are many names for connected or advanced TV: CTV, OTT, IPTV. You name it! It is, simply said, television programming delivered via over-the-top devices, via streaming.
Here are the main trends we can observe. Because this is not a disruption but rather a progressive adaptation.
  1. Despite what has been said, Americans are not cord-cutters; on the contrary, they are willing to subscribe and pay for TV. They just do not want to subscribe anymore to traditional TV. More and more of them cut the cord which used to attach them to the TV set. Some of them, from a younger generation, do not even bother to start a subscription: cord-nevers! They go directly to Netflix, which is but another cord! They often do not even own a TV set. On one hand, Americans unsubscribe from cable and satellite TV, on the other, they subscribe massively to Netflix and, to a lesser extent, to Amazon Prime Video or Hulu. For Netflix, they pay 10 US dollars/month (which is, by the way, what Europeans already pay as a TV tax). Netflix is proof, on a very large scale, that people are ready to pay for TV, but they do not want commercial interruptions. They want to choose their own schedule: primetime is whenever they want it to be and they often binge watch. Connected TV is on-demand. Before Netflix there was no alternative to commercial TV (besides PBS), now there are many, and behaviors are changing.
  2. TV is less and less a household device; it is becoming something personal, available on many devices. 
  3. When households subscribe to traditional TV, instead of huge packages, they prefer skinny bundles. "Cord shavers"! Skinny bundles are less expensive and better suited to their taste, especially if they do not want to pay for expensive sports programs (major sports events are for free on the local stations that carry networks). Of course, "cord shavers" may well soon become "cord cutters"...
  4. Finally, to survive in what is becoming a Netflix world, traditional TV groups develop their own over- the-top programming (OTT), standalone streaming service. Instead of selling their programs to Netflix, as they first did, they sell directly to consumers (DTC): streaming, this is the new Disney strategy. New networks are launched (cf. chart below) and many are in the works. The consumer can choose to receive advertising or not: with advertising, it is less expensive (CBS All Access: $10 without commercial, 6 $ with). Advertisers will follow viewers on commercial OTT platforms. The new OTT supply expands the TV market. Low churn, high engagement... For some TV companies, like CBS, OTT is becoming a key driver.
  5. TV Everywhere: cable or satellite subscribers can access the programs they subscribe to anywhere, on any digital device (smartphone, computer, tablet). They can go from one device to another, they just need to identify themselves with their personal code (single sign-on). See also Movies Anywhere by Disney.
  6. In addition to the traditional MVPDs, one notices the development of virtual MVPDs (cf. Hulu, a new business model for MVPDs). It seems that in some cases (DirecTV for instance) what virtual MVPD subscribers gain offsets the loss of traditional subscribers. Globally, MVPD basic video subscriptions decline while their broadband subscriptions increase. Statu quo ante bellum!
But there's more! ATSC 3.0., the new television standard, will make all broadcasting stations digital (and the programs they carry) and their reception multi-screen.


OTT TV supply from traditional TV groups + YouTube Red by Google (March 2018)
Commercial TV had to change. It is losing audience and time to Netflix, not to mention programs. Furthermore, competition also comes from social networks (YouTube, Snapchat, Facebook), especially when it comes to sports programming or news (cf. TicToc News on Twitter).
Being connected, television can break free of most traditional constraints: linearity, regular periodicity, dayparts, commercial pods interrupting and cluttering the viewers' experience, simplistic targeting, prime time: all these notions are henceforth irrelevant and obsolete.

Once digital, TV will act more or less like the web: a TV world managed by data. Consequently, one can expect programmatic buying and selling, measurements with all the ensuing problems (so-called "quality" metrics: brand safety, fraud, viewability, audibility). Digital companies will be able to target according to past and recent behaviors, location, etc.. Will we thus see the end of demographics? There will be the possibility for recommendations (personalization). N.B. Netflix is using a recommender system (algorithms, machine learning techniques) not audience ratings. Connected TV is becoming addressable: one can target different ads at different TV viewers on a one-to-one basis. Therefore, TV measurement has to move from GRP metrics and panels (this is still Nielsen's business model) to data: Nielsen provides various kinds of measurement for digital TV (Social Content Rating, Total Rating Content), but mostly sticks with the GRP.
There are more than 50 million OTT TV households in the USA (out of a total of 120 million TV homes). But measurement should take into account all devices, not only TV sets, in which case the number of OTT persons is much bigger (this would be almost everyone).

mercredi 10 janvier 2018

Hulu, l'année de la réussite ?


Pour son dixième anniversaire, Hulu semble terminer en beauté ; pour cette offre de télévision en streaming (SVOD), après des années de doutes, 2017 aura été un tournant, marqué par cinq événements :
  1. Hulu annonce 20 millions d'abonnés en avril 2018 (12 millions en 2016). Cela reste certes encore bien loin des 57 millions d'abonnés de Netflix aux Etats-Unis, mais, avec 54 millions de téléspectateurs uniques, Hulu constitue désormais un véhicule publicitaire significatif pour les annonceurs.
  2. La barre symbolique du milliard de dollars de revenus publicitaires a été franchie. La puissance est confirmée pour les annonceurs ; en même temps, la viabilité du modèle d'affaires semble se vérifier. Les abonnés sont jeunes (moyenne d'âge de 31 ans) et le revenu annuel moyen du foyer est élevé (92 000 dollars).
  3. L'actionnariat de Hulu est désormais contrôlé par Disney (à hauteur de 60%), le pilotage de l'entreprise en sera plus aisé. A condition toutefois que les autorités réglementaires entérinent la vente des 30% de Fox à Disney, Hulu sortira d'une situation compliquée avec un actionnariat délicat à manoeuvrer, trois actionnaires disposant chacun de 30% (Disney, Fox, Comcast), plus Time Warner avec 10%.
  4. Hulu a lancé avec succès Live TV, un MVPD virtuel
  5. Enfin, après les Emmys et les Golden Globes, Hulu a reçu deux récompenses remarquées pour sa série, "The Handmaid's Tale". Des prix, certes mais à quel prix ?
Toutefois, malgré tous ces succès, Hulu reste déficitaire même après les injections de cash de ses actionnaires. Rappelons que Hulu met en oeuvre un modèle d'affaires mixte, associant publicité et abonnements. Les abonnés peuvent choisir de s'abonner avec publicité (8 $ /mois) ou sans (12 $). 
Pour la vente d'espace publicitaire (SSP), après avoir travaillé avec LiveRail (racheté par Facebook), Hulu travaille avec Tremor, tout en utilisant également Oracle. Pour les données, ses partenaires sont Oracle (Blukai et Datalogix) ainsi que Acxiom et Liveramp.
Hulu déclare disposer d'une bibliothèque de 75 000 épisodes (1700 titres) et se promet de dépenser 2,5 milliards de $ en 2018 pour la production (mais Netflix en annonce 8).

A l'origine, Hulu fut d'abord conçu et perçu comme une tentative de réaction des médias traditionnels (networks, studios hollywoodiens) au succès de YouTube puis au succès de Netflix.
Aujourd'hui, dans le marché télévisuel américain, un nouvel acteur du numérique est né, héritier tout armé de la télévision traditionnelle (legacy). 


jeudi 21 décembre 2017

A new business model for TV: virtual MVPDs (Hulu Live TV, YouTube TV...)


Hulu is an American streaming platform (or virtual MVPD) jointly owned by three national networks (ABC/Disney, Comcast/NBCUniversal, Fox) and, since 2016, by Time Warner (which now could is part of AT&T). Hulu was created in 2007, ten years ago; it now boasts 20 million-plus subscribers ($7.99/month).
Since Disney acquired the 30% Fox owned in Hulu (December 2017), Disney is now the major stakeholder with 60%.

In June 2017, Hulu launched a new live TV service. The service includes the four major legacy networks (ABC, CBS, NBC, Fox) and will also give access to parent cable channels: Fox News, ESPN, etc. Fox did not negotiate with its local affiliated stations: instead of local programming, the network will air national programs from Fox channels (Fox News, National Geographic, etc.). Missing, for the time being, are Univision and PBS (public TV).
Hulu Live TV has also inked deals with Turner Networks (CNN), A&E Networks (Lifetime, The History Channel, etc.) and Scripps Network Interactive (HGTV, Food Network, Travel Channel, Newsy).
Of course, it also includes the Hulu SVOD service.
Major virtual MVPDs. Philo is a sports-free service, was first incubated at Harvard Innovation Lab (2009).
Updated October 22, 2018

New and noticeable features for Hulu Live TV
  • Cloud DVR and unlimited number of screens per subscriber ($19.99)
  • Episode badging (shows if there is something new to watch)
  • Optional commercial-free service ($4 / month)
  • Up to six individual profiles (personalization algorithm: viewing habits, device, schedule)
  • Available on Apple TV, iOS, Android, the console Xbox One, Amazon Fire TV but remains unavailable on Roku
  • Nielsen includes Hulu viewership in the standard TV rating (C3 and C7)
  • Soon (spring 2018), a TV guide
Advertising and measurement tools for Hulu Live TV
  • Interactivity, local advertising: T-commerce (Brightline platform) will let viewers engage directly with a commercial to locally purchase advertised products.
  • Dynamic ad insertion on local level two minutes per hour: Hulu sells advertising pods on cable networks or in the cloud DVR environment (ads in recorded programming)
  • Streaming advertising campaigns will be measured using DAR (Digital Ad Ratings, Nielsen: all viewing devices included)
  • Campaign effectiveness management with interactive TV platform Samba TV (campaign is extended to all devices - hence cross-device, de-duplication, programmatic segments, TV DMP) and Nielsen Catalina. N.B. Since May 2017, Samba TV partners with Kantar Millward Brown for a single-source solution (TV advertising effectiveness analytics). Samba TV is a data and analytics company. Holistic measurement across screens.
  • Since August 2017, AWS (Amazon) is the cloud provider for Hulu and its cloud DVR (N.B.  AWS also provides the service for Netflix and Amazon Prime Video).
  • In Sept. 2017, Hulu received a "Primetime Emmy Award for Outstanding Drama Series" for "The Handmaid’s Tale". 
Virtual MVPDs do not profoundly revolutionize TV yet. They carry the same commercial networks, the same stations, the same programming. Nevertheless, it should be noted that YouTube TV is streaming a MLB network (baseball)...
Hulu Live TV counts mainly on Nielsen for advertising management. In fact, the streaming services mentioned in our chart are but a kind of MVPD (Multi Video Programming Distributor): is Hulu competing against cable operators?

lundi 31 juillet 2017

Upftont market 2017 : quel bilan pour la TV américaine ?


On appelle aux Etats-Unis upfront market le marché d'espace publicitaire prime time qui se tient en avance ; les ventes par les régies nationales, comme il est de tradition, se sont terminées en juillet, pour l'ensemble de la saison télévisuelle 2017-2018 qui commence en septembre.
Pour juger des résultats du marché upfront, c'est à dire du dynamisme de la vente d'espace publicitaire par les régies télévision, celles des chaînes du câble et satellite (MVPD) et celles des networks (broadcast, nationaux), deux critères sont essentiels : le Coût Pour Mille (CPM) et le volume vendu.
Cette année, les CPM sont à la hausse (de 8 à 9%) soit 29$ pour les networks et 16$ pour les chaînes du câble, le chiffre d'affaires est en hausse également atteignant 20 milliards de dollars, soit une augmentation globale de 5,9% (+4,1% pour les networks nationaux, +7,6% pour les chaînes cab-sat).

Conclusions ?
  • Le marché upfront, tellement décrié qu'on le dit condamné depuis des années, a toujours la faveur des annonceurs et des agence. Notons que les spécialistes, pessimistes, avaient prévu des CPM constants, pariant un peu légérement sur les effets de l'érosion des audiences et sur les désabonnements (cord-cutting). La rationalité de ce marché échappe encore au calcul économique classique.
  • Les annonceurs continuent de privilégier la télévision pour leurs campagnes nationales (branding). L'augmentation des CPM ne les dissuade pas ; l'avantage d'une puissante couverture (reach) reste déterminant. De plus, le marché télévisuel n'est pas gangrené par des débats sur la visibilité des messages publicitaires (le Media Rating Council envisage de durcir les critères de la visibilité sur le Web), ni par les problèmes de mesure (cf. les miscalculations de Facebook) ou de mauvais placements (YouTube). Dans la plupart des cas, à ce stade, le numérique, et notamment la vidéo, ne joue encore qu'un rôle ancillaire. Apprentissage.
  • Manifestement, les acteurs du Web n'entament pas l'économie des chaînes de télévision. En revanche, ces chaînes ont davantage vendu leur actifs numériques. Les grands groupes de télévision sont mixtes : network, cab-sat et numérique. On ne sait pas distinguer quelle part des revenus revient aux plateformes de streaming, skinny bundles, comme Hulu, DirecTV Now ou Sling...

mercredi 3 août 2016

Hulu accueille Time Warner et supprime sa version publicitaire


Time Warner prend 10% de Hulu aux côtés de Walt Disney Co., Comcast Corp. et 21st Century Fox.

Hulu lancera au début de l'année 2017 un service de type mini-bouquet (live TV bundle) susceptible de concurrencer les mini-bouquets (skinny bundles) des Multiple Video Programing Distributors (MVPD) comme Fios (Verizon) ou Sling TV (Dish Network).
Des chaînes de Time Warner  (TBS, TNT, CNN, Cartoon Network, Turner Classic Movies, Adult Swim, Tru TV, Boomerang) pourraient faire partie de ce nouveau bouquet.

Hulu avec cette rentrée de près de 600 millions de dollars sera mieux armé pour concurence Netflix.

Dans un même mouvement, le 8 août 2016, Hulu a supprimé sa version gratuite avec publicité (rejoignant ainsi la grande évasion publicitaire en cours).

Evolution délicate à suivre attentivement : nous assistons peut-être à un tournant dans l'évolution de la structure du marché télévisuel américain car les actionnaires de Hulu ont pour concurrents leurs principaux clients, les MVPD et Netflix. On a parlé de déclaration de guerre !


N.B. Lancé en 2007, Hulu compte 12 millions d'abonnés en 2016 (9 millions en 2015). L'abonnement mensuel coûte 12$ (édition payante lancée en 2010).
Hulu connaît un taux de désabonnement très élevé (50%, alors qu'il est de 9% pour Netflix, selon Park Associates).

lundi 11 juillet 2016

PBS et les enfants, cibles d'amazon et de HBO


L'économie numérique bouleverse la télévision pour enfants.
Amazon Video vient d'acquérir les droits exclusifs, pour le streaming, de séries pour enfants de la télévision publique américaine, PBS KIDS. Au terme de ce contrat pluri-annuel, les émissions seront proposées sur abonnement par Prime Video et par Amazon FreeTime Unlimited, service qui vise enfants et parents.
Sont concernées 19 séries, parmi lesquelles : "Daniel Tiger's Neighborhood", "Nature Cat", Odd Squad", "Wild Kratts", "Ready Jet Go", "Peg + Cat", "Martha speaks", "Cyberchase", "Dinosaur train", "Caillou", "Reading Rainbow", Sci Girls", "World Girl", "Bali", "Peep and the Big Wide World", "Word World", "Postcards from Buster"and "Design Squad".
Après un délai de quelques mois, ces émissions ne seront plus disponibles sur les sites des stations locales de service public affiliées au network PBS. Elles ne seront plus disponibles, non plus, sur les plateformes de streaming concurrentes comme Hulu (sauf "Curious George") ou Netflix (sauf "Superwhy").

Amazon épouse l'ambition éducative de PBS Kids (éveil, sensibilisation à la lecture, aux sciences, aux langues). A l'offre gratuite diffusée par l'intermédiaire des stations affliliées, s'ajoute ainsi une offre payante qui étend l'accès aux programmes. Par ailleurs, Amazon a déjà lancé ses propres séries ("Tumble Leaf", "Whishen Proof" et relancerait bientôt "Sigmund and the Sea Monsters").
"We’re committed to making Prime Video the best destination for kids and family programming that will both educate and entertain”, déclare Amazon. Amazon bénéficie ainsi d'un tranfert de l'image positive de PBS auprès des parents et des enseignants.

Nous assistons encore à un cas d'hybridation de networks traditionnels, linéaires, avec des services de streaming à la demande, comme en témoigne déjà l'accord CW / Netflix. Le revenu tiré des ventes de droits aux services de SVOD est important voire décisif pour l'équilibre budgétaire de PBS qui n'a pas de revenus publicitaires (sauf de parrainage).

Pour cibler et fidéliser les familles, la SVOD est à la recherche de programmes pour jeunes enfants. 
Hulu a passsé un accord avec Disney / ABC Entertainment Group pour la diffusion exclusive,  en SVOD, d'émissions pour enfants et de films (Hulu est une J.V. de Comcast NBCU, de Fox et de Disney).
Début 2016, HBO (Time Warner) a acquis, auprès de Sesame Workshop, cinq saisons des droits de la célèbre émission "Sesame Street" (cible pré-scolaire) : après 9 mois de diffusion sur HBO, ils retourneront pour une diffusion gratuite sur les stations de PBS. D'une heure, l'émission passe à 30 minutes sur HBO. Sesame Street Workshop connaît un déficit critique : 11 millions de $ pour l'année fiscale 2014...
Anticipant l'évolution de la téléviison pour enfants et jeunes parents, PBS lancera, sans doute en automne 2016, une chaîne gratuite pour enfants (avec streaming), PBS Kids TV. Cette chaîne pourra être reprise en multicast par les stations du network PBS.

mercredi 6 juillet 2016

Etudes de cas sur la télévision américaine : CW, network hybride avec Netflix ?


L'organisation du marché de la télévision américaine est flexible, modulable à volonté et stable. On y compte peu d'interventions réglementaires. Les acteurs modifient leur stratégie, leur développement tout en se coulant dans des règles claires, incontournables dominées par l'esprit de ses lois, le localisme. C'est un univers où les coups et leurs conséquences sont prévisibles.

The CW Network est le plus petit des networks ("weblet") ; J.V. de CBS Corp. et de Warner Bro., il se compose, comme tous les networks américains, de stations O&O et de stations affiliées.
Un contrat d'affiliation lie le network au groupe Tribune Co., à toutes les stations du groupe sauf WGN, station de Chicago, l'un des principaux marchés télévisuels américains (DMA n°3). Ensemble, les 12 stations affiliées apportent une couverture de 25% des foyers TV américains (28 millions de foyers) ; parmi ces 12 stations, on compte KTLA-TV à Los Angeles (DMA n°2) et WPIX-TV à New York (DMA n°1).
A Chicago, CW sera désormais diffusé par la station WPWR-TV (qui appartient au groupe Fox).
L'accord intervient juste à temps pour le marché publicitaire upfront des networks.
Il semble que CW ait envisagé quelque temps une solution de diffusion en streaming, de type OTT ; il y a bien sûr un différend quant au montant que paie Tribune Co. à CW (reverse compensation).
A partir du 1er septembre, WGN-TV devient une station indépendante (Indie) diffusant surtout une programmation locale, notamment sportive. Ainsi, une station a changé d'affiliation (WPWR-TV), une autre est passée du statut d'affiliée à celui d'indépendante (WGN-TV)

CW diffuse notamment "Jane the Virgin", "Crazy Ex-Girlfriend", "The Flash", "Arrow", etc. L'accord de rediffusion de CW avec Hulu qui reprenait certaines émissions le lendemain de leur diffusion s'achève en octobre 2016.
En 2011, CW a déjà eu un accord avec Netflix. L'accord exclusif pour les Etats-Unis, conclu en juillet 2016, permettra à Netflix de rediffuser l'ensemble des émissions de CW (dont "Supergirl", ex. CBS) ; Netflix contribuera ainsi fortement à l'équilibre économique du network (on parlait déjà de 1 millliard de $ en 2011). Les séries de CW seront diffusées 8 jours après le dernier épisode de la saison (season finales) ce qui permet à CW de profiter des revenus publicitaires de la première diffusion par ses stations.
A cette occasion, on peut percevoir la place importante que prend Netflix sur les marchés télévisuels traditionnels (à suivre, dans cette perspective, en France : la relation de Netflix et TF1, cf. "Marseille"). Logiquement, CW se définit désormais comme un "hybrid network" : broadcast avec ses stations, streaming avec Netflix.

lundi 20 juin 2016

Mini-bouquets (Skinny Bundles) pour abaisser le prix d'accès à la télévision


Pour le câble comme pour le satellite (Multiple Video Programing Distributors, MVPD), aux Etats-Unis, l'heure semble aux désabonnements. Les abonnés, surveillant leur dépense de télévision, s'orientent vers les offres OTT et particulièrement vers Netflix, amazon Video, Hulu ou YouTube.
L'offre de chaînes par les MVPD, exorbitante, ne correspond pas ou ne correspond plus à la demande des abonnés qui veulent choisir les chaînes auxquelles ils s'abonnent et rejeter celles qui ne les intéressent pas (ou plus). Sont ainsi mises en question les offres sportives dont les coûts très élevés payés par les opérateurs sont reportés sur la facture des abonnés (sont visés notamment ESPN 1 et 2, très chers). Rappelons que, en moyenne, un foyer TV américain reçoit 206 chaînes pour n'en regarder que 20 (source : Total Audience Report, Nielsen, September 2016). En réaction, pour lever cette barrière à l'entrée dans la télévision, des opérateurs adaptent progressivement leur marketing et proposent des bouquets réduits (dits "skinny"-amaigris, minces-, on parle aussi parfois aussi de slim package ou de slimmmed-down bundle), ce à quoi les fournisseurs de contenus (chaînes) sont évidemment hostiles.
  • Ainsi Verizon (Fios, 5,8 millions d'abonnés) mit en place, en avril 2015, des petits bouquets thématiques complémentaires du bouquet de base (35 chaînes), dits "Custom TV", reportant ESPN (ABC - Disney) dans un bouquet sport séparé, optionnel. En réaction, ESPN (Disney) a déposé une plainte contre Verizon pour rupture de contrat. Le conflit Verizon / ESPN s'est réglé à l'amiable en juin 2016, sans que l'on en connaisse les termes ; il semble que ESPN et ESPN 2 aient finalement été inclus dans le bouquet Sports & More (65 $).
  • En décembre 2015, NCTC, une association de 750 petits câblo-opérateurs (National Cable Television Cooperative, 4 millions d'abonnés) s'est plaint auprès de la FCC parce que AMC Networks leur impose l'achat de 5 chaînes à faible potentiel d'audience (WE tv, IFC, SundanceTV, BBC America, BBC World News), pour une durée de dix ans, s'ils veulent acheter AMC, la chaîne principale (qui diffuse des émissions à succès comme "The Walking Dead"). De plus, AMC demande à NCTC de payer pour tous ses abonnés et non seulement pour ceux qui veulent AMC. AMC Networks tente ainsi de compenser l'effritement des abonnements (cord shaving), en prenant une sorte d'assurance contre les "skinny bundles" ; de leur côté, les opérateurs cherchent à satisfaire leurs clients en proposant des abonnements moins chers, avec des petits bouquets à la carte. Début 2016, un accord a été trouvé réduisant les prix pour NCTC et diminuant le nombre de chaînes diffusées par les opérateurs.
  • En août 2016, Dish Network lance Flex Pack, un mini-bouquet de 50 chaînes pour 39,99$ / mois ne comprenant aucune station locale (donc aucun network) et ne propose pas non plus ESPN ou Fox News (que l'on peut ajouter avec un supplément de dix dollars). Ce skinny network se veut tout l'opposé des "giant bundles" habituels.
  • Durant l'été 2017, Charter lance Spectrum TV Stream, un bouquet pour 19,95 $ par mois (sans contrat), sans sport, comptant plus d'une vingtaine de chaînes (dont les versions locales des quatre grands networks nationaux et PBS). Le bouquet peut être reçu sur iOS, android et sur des téléviseurs connectés. Début 2018, Charter enrichit son offre avec Spectrum Choice (stations locales des networks, 25 canaux musicaux de Music Choice et dix autres chaînes au choix) ; l'abonnement est à 25 dollars par mois.
A terme, tout indique que le marché s'oriente vers une commercialisation des chaînes non plus par bouquet mais à la carte, le "skinny bundle" étant une étape dans cette direction.
Bien sûr, AT&T (U-verse, DirecTV) qui lancera 3 chaînes OTT en fin d'année, estime que le modèle économique des mini-bouquets est intenable à terme et déclare que les petits bouquets seront inévitablement amenés à grossir ("Skinny will turn to fat sooner or later"). 
Une enquête de Digitalsmith (TiVo,“Q4 2015 Video Trends Report”) auprès de 3 100 répondants appelés à simuler une composition de leur mini-bouquet laisse entendre qu'une offfre optimale proposerait sept "skinny bundles" de 15 chaînes pour environ 35$ chacun.
En attendant, les opérateurs perdent des abonnés et Netflix en gagne. L'été, saison des changements télévisuels, risque d'être riche d'enseignements.

vendredi 29 avril 2016

Médias sans pub : la grande évasion publicitaire


Le développement de médias exclusivement payants restreint le potentiel des actions publicitaires.
Netflix et Amazon en donnent un exemple significatif : les dizaines de millions d'abonnés à Netflix ou Amazon n'ont plus d'occasions de voir de publicité sur leur téléviseur (hors placement de produits). Les millennials consomment moins de télévision linéaire gratuite et achètent de plus en plus leurs contenus audio-visuels (Global Web Index, 2016).

Vidéo et musique se présentent de plus en plus souvent à deux vitesses, au choix : une version payante, sans interruption publicitaire, une autre gratuite avec publicité, pour fauchés ?
Les versions payantes, sans publicité, se multiplient : YouTube dispose maintenant de sa version premium, YouTube Red, lancée en octobre 2015 (ad-free, $9,99). Vevo envisagerait également un modèle semblable... HBO a modifié sa distribution pour suivre ce modèle avec HBO Now ($14,99) suivi par Showtime ($10,99).

Manifestement, une partie de la population préfère payer pour échapper aux interruptions publicitaires qui s'apparentent à du harcellement : nouveau modèle économique, du gratuit au payant, du ponctuel à l'abonnement mensuel. La publicité, mal conçue, repoussoir, suscite le payant.

Ce modèle est omniprésent en musique : Spotify (cf. copie d'écran ci-dessous), Pandora, Deezer, Apple Music (13 millions d'abonnés, sans publicité). Deezer souligne : "No ads, no interruptions". Même proposition pour Pandora : "Upgrading your Pandora account to Pandora One, our paid subscription option, will remove all forms of outside advertising from Pandora". Idem pour SoundCloud.
On retrouve un tel modèle dans d'autres sites : par exemple, le site de rencontres grand public Tinder Plus qui a développé une version payante sans publicité pour 5$ / mois. Kindle aussi : les liseuses d'amazon diffusent de la promotion par défaut, mais si l'on paie un peu plus cher, on a droit à une version sans publicité...
Dans le même ordre d'idées, Hulu diffuse ses émissions pour enfants sans publicité mais, en août 2016, Hulu finit par supprimer sa version avec publicité, gratuite, lancée à ses débuts en 2007. Et l'on dit que CBS All Access envisagerait une version sans publicité pour 2017.

A cette évasion publicitaire, s'ajoute désormais celle des utilisateurs d'Adblocking ("adblockalypse !).
La presse développe parfois une argumentation homologue : si vous n'acceptez pas la publicité (adblocking), alors il vous faut payer pour le contenu... Adblock Plus voit dans le paiement direct avec Flattr Plus un moyen systématique de monétiser les contenus autrement que par la publicité...

Cette double évasion publicitaire est loin d'être négligeable ; elle l'est encore moins si l'on imagine le type de profils qui échappe à la publicité de cette manière : des jeunes adultes, des millennials, des personnes plutôt aisées, ou et diplômées, les parents de jeunes enfants... Comment retrouver et toucher cette cible tellement intéressante et précieuse, celle des publiphobes ? Superbe défi pour ceux qui savent utiliser subtilement les données...

Abonnement Spotify Premium (30 JOURS gratuits, puis, 9,99 € / mois)


vendredi 11 décembre 2015

De la linéarité au linéaire TV


Sélection des services
explorés par l'appli
L'hebdomadaire français télé 7 JOURS est à vendre, dit-on : ce qui fut le magazine emblématique de la télévision linéaire serait sur le point d'être cédé par Lagardère. Le magazine a perdu plus de la moitié de sa diffusion au cours de ces 20 dernières années. Créé en 1944, l'Etat le revend en 1960, télé7 JOURS a accompagné et ponctué l'histoire de la France et de sa télévision, des années 1960 aux années 2000.

Vingt ans après que lTV Guide américain ait abandonné la partie, est-ce bientôt le tour de son équivalent français ? Ce n'est pas un très bon signe pour la presse dont il était un titre phare, et c'est un très mauvais signe pour la télévision traditionnelle, celle qui avait un horaire et dont on préparait le prime time dans les foyers, dès le lundi, avec un magazine. Le streaming et Netflix l'ont rendue obsolète, les réseaux sociaux aussi avec les plateformes mobiles. Les video streamers Chromecast, Roku, Amazon Fire TV Stick, Apple TV l'achèveront.

Comme le Lycée à l'époque de l'Université Impériale mettait tous les lycéens de France à la même heure pour une version latine (c'était la fierté de Fontanes, Grand-maître de l'Université), la télévision mettait presque toute la France à la même heure pour une série ou un film, "Au théâtre ce soir" ou "Apostrophe". Jacobine et nationale, cette télévision a fait son temps. Qu'est-ce qui unit encore un pays, qu'est-ce qui lui donne un peu de cohésion et de solidarité nationale, qui pourrait s'opposer à son démembrement (sur ces notions, voir Laurent Davezies) ? Cela devait être l'école, mais elle semble y avoir échoué... La conscription ? Abandonnée. Une langue nationale ?
La télévision fut un rempart de l'unité nationale. La télévision en miettes, est-ce un progrès ? Un progrès pour qui ? De cet univers télévisuel, seul le magazine était payant. Tous égaux devant la télé ?

Au moment où télé 7 JOURS tremble, Yahoo! publie aux Etats-Unis une appli gratuite permettant de rechercher une vidéo à la demande : Yahoo Video Guide : from searching to streaming in seconds ! L'appli recherche parmi les offres de Netflix, Amazon, Hulu et d'une quarantaine de grands fournisseurs de programmes sélectionnés par l'utilisateur. Finie la linéarité, finis les horaires, voici le super marché, le linéaire TV et ses têtes de gondole. A chacun son programme, à l'heure choisie, sur le support de son choix... programme payant.
Depuis plus d'un demi-siècle, l'école et la télévision semblent avoir suivi les mêmes transformations, allant du gratuit au payant, de ce qui rassemble à ce qui segmente. Qui en a décidé ? Le progrès, l'histoire des innovations technologiques, du commerce ? Cette histoire, le progrès, encore un procès sans sujet ?

Copie d'écran de iTunes preview.

jeudi 19 novembre 2015

Effet Netflix : le dilemme des chaînes américaines


Avec 69 millions d'abonnés dans le monde dont 43 aux États-Unis, le spectre de Netflix hante désormais le monde de la télévision. Netflix mord sur l'audience des networks, dilue leur public et leur notoriété (on dit que les chaînes voudraient que soient incrustés leur logo au début de leurs séries lorsqu'elles sont reprises par Netflix). Surtout, Netflix compromet l'économie de la télévision payante, MVPD, chaînes premium (HBO, Showtime, Starz, etc.) qui réagissent en lançant à leur tour des versions OTT et en s'appuyant davantage sur TV Everywhere ? De plus, les changements d'attitudes et d'attentes des consommateurs / téléspectateurs - binge viewing, consommation sur mobiles - vont dans le sens de Netflix : en matière de télévision, les nouvelles générations sont streaming et mobile par défaut, donc Netflix d'abord.

Les réactions à l'hégémonie de Netflix furent lentes à venir. On oublie que Netflix aura bientôt 20 ans : c'est dire si l'on a eu le temps de voir venir le danger (sur la genèse de Netflix : "Du DVD au streaming"). Cette disruption, si disruption il y a, n'est pas un phénomène soudain : il n'y a disruption que parce qu'il y a inattention, négligence, condescendance...
Time Warner, les grands networks américains et les studios s'interrogent maintenant sur l'opportunité de continuer à mettre leur catalogue à la disposition de Netflix et ainsi de renforcer leur concurrent. Une telle stratégie pourrait s'avérer dangereuse : à Comcast, on parle de "self-inflicted wound" ? Mais les chaînes peuvent-elles renoncer à une source de revenus significative et commode ? Dilemme !

Ce n'est pas encore la guerre mais on observe quelques escarmouches : Netflix a perdu - ou abandonné ? - les programmes de la chaîne de cinéma Epix (Lionsgate Entertainment, MGM, Viacom) à Hulu et Amazon Instant Video. De son côté, Time Warner aurait envisagé de prendre une participation dans Hulu dont trois networks sont actionnaires (ABC / Disney, Fox, Comcast / NBCU). Mais Netflix a acquis auprès de ABC les droits de la première saison de "How to Get away with Murder" (en France, M6) ... Netflix Frenemy ?

Une contre-attaque, un embargo sont-ils réalistes alors que Netflix, au cours des trois dernières années, s'est doté de nombreux programmes propres, réduisant d'autant sa dépendance. Anticipant son besoin de programmes neufs, Netflix envisagerait de produire aussi des programmes bollywoodiens et des animes. Surtout, Netflix accroît fortement son investissement dans les programmes originaux (émissions et films), investissement qui dépassera 5 milliards de dollars en 2016.