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dimanche 19 juin 2011

Vidéo et compteur Internet

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Time Warner Cable, le second câblo-opérateur américain (MSO), testerait actuellement une tarification calée sur la consommation Internet des abonnés, en lieu et place d'une tarification forfaitaire. Internet facturé comme l'électricité et le téléphone.
Une telle politique des prix concernerait, de façon primordiale, les clients des fournisseurs de services vidéo (VOD, etc.), et notamment de Netflix, réputés gros utilisateurs. D'une manière générale, les forts consommateurs de vidéo se trouveraient devoir payer davantage.
Généralisé, un tel principe ne manquerait pas d'avoir des effets sur des entreprises comme YouTube, Hulu, etc. Il pourrait également affecter le recours à la publicité vidéo.
  • Une telle mesure pose un problème de concurrence : Time Warner, câblo-opérateur, pourrait être soupçonné de favoriser ses propres services. Quid, alors, de la neutralité d'Internet ? 
  • Elle pose la question de l'économie globale d'Internet : qui paie la bande passante, qui en profite ?
  • Ces questions s'imposeront bientôt, inévitablement, à propos des smartphones et de la vidéo.

dimanche 21 novembre 2010

Un manifeste politique : Vive Internet et le Web !

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Tim Berners-Lee a inventé le Web. Trente ans après, il en rappelle les principes généraux dans un manifeste publié par Scientific American : ouverture, universalité, neutralité, gratuité. Le Web est désormais fondamental pour les libertés, plus que n'importe lequel des médias. "The Web is now more critical to free speech than any other medium". Le Web est le contre-pouvoir essentiel, pouvoir que les médias ont perdu.

Rappelant les orientations fondatrices du Web, Berners-Lee signale des entreprises et des développements qui mettent le Web en danger. Réquisitoire. Au banc des accusés :
  • S'opposant au principe d'universalité et de neutralité
    • Des sociétés qui féodalisent le Web, créent des fiefs qu'elles entourent de murs ("walling off information") comme AOL autrefois (qui ne s'en n'est pas remis) : iTunes, Facebook qui parasite impunément le Web, LinkedIn...
    • Des fournisseurs d'Internet (opérateurs du câble, par exemple) qui, vendant conjointement l'accès Internet et leurs propres services Web, voudraient se servir du premier pour brider et entraver les concurrents des seconds (discrimination). 
    • Dans la même veine, la législation d'exception pour l'Internet "sans fil" (wireless) que réclament Verizon et Google aux Etats-Unis : elle créerait un privilège pour les contenus des opérateurs de téléphonie, au détriment des consommateurs. Que diable allait faire Google dans cette galère ?
    • Les applis pour appareils mobiles qui segmentent le Web. Ces applications, petits fiefs servants, accablés de suzerains, isolent et séparent les internautes au nom de la communication.
  • S'opposant au principe d'ouverture : tous les Etats qui se mêlent d'Internet 
    • Les Etats totalitaires, Etats criminels où les hommes, et surtout les femmes, sont sans droit
    • La Chine, première nation de l'Internet, qui tente souvent de circonvenir la communication politique sur le Web.
    • Les Etats occidentaux, généreux pourvoyeurs de déclarations grandiloquentes, dérapent parfois. Parmi les législations contraires à l'esprit du Web, dangereuses pour son développement, Berners-Lee cite : la loi Hadopi (France), le Digital Economy Act (Grande-Bretagne), le Combating Online Infringement and Counterfeits Act (Etats-Unis). 
En même temps qu'il dénonce les dangers que court le Web, Berners-Lee rappelle les principes qui en assurent la créativité, la fécondité. 
  • Gratuité et décentralisation. Ce sont des standards ouverts et gratuits qui ont permis la création de richesse sur Internet : transmission Internet (IP, TCP), Web (http, URL, HTML). Grâce à ces standards, nul besoin de solliciter une quelconque autorisation d'une quelconque autorité pour faire circuler de l'information sur le Web. 
  • Séparation des pouvoirs. Il faut continuer de séparer la couche Web (contenus) de la couche Internet (réseau électronique de transport) : c'est un gage de libertés. 
Internet et le Web sont un Droit de l'Homme. De très grandes entreprises, dont certaines doivent tout au Web, sont tentées d'en remettre en question les principes, de le balkaniser pour des profits à court terme. Quant aux Etats, éternels "monstres froids", ils ne peuvent que vouloir l'asservir, au nom du "peuple", comme toujours.
Le Web et ses principes fondamentaux ne vont donc pas de soi : il faut les défendre sans cesse comme il faut défendre les libertés, sans cesse menacées.