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mardi 26 février 2019

What is public television? Europe vs United States


It is difficult to explain European public TV to American media specialists. They don't get it. PBS, the American public television, is a different business model, completely. What can be learned from a comparison?

According to a recent survey, PBS is the most trusted American institution. PBS is trusted for its news and public affairs programming. More trustworthy than the federal government, the courts of law or even Congress. Only the nation's military defense institution does better.
Of course, other media (digital platforms, cable and satellite channels, broadcast commercial networks) are far behind. PBS Kids is praised for its great educational value, outranking Disney or Universal Kids.

PBS is a network of public TV stations: it is, therefore, both national and local thanks to its 350 member stations.
PBS is free for consumers: nevertheless, they can elect to support their local stations through donations or even participate actively (volunteering). There is no yearly tax (no "redevance" as this tax is called in France, where a tax must be paid by any household with a TV set: 139 € / year (i.e. 158 $). 13$ a month: more than the price of a Netflix subscription!
Of course, PBS airs no mass entertainment such as football, baseball or car racing, leaving these to the commercial networks. When hearing about European public TV, Americans ask: tax money for sports retransmissions? How strange! If sport belongs to entertainment it is consequently a matter of individual choice and budget (cord-cutting in the US shows that not all people are ready to pay for sports programming).
And there are no commercials on PBS whereas most European public TV channels air commercials; PBS carries only sponsorship, discreet underwriting,  considered favorably by companies since a PBS partnership is good for their image.
That is why 30% of American people trust PBS compared to 13% who trust commercial broadcast TV or 8% who trust the newspapers. PBS can boast that it is "America's Largest Classroom, the Nation's Largest Stage and a Trusted Window to the World".
Survey developed by PBS, conducted online within the United States, by M&RR, January 3-8, 2019
Sample: 1,015 adults ages 18 and older (495 men and 530 women).
Results weighted to be nationally representative of the U.S. adult population.
Why are there so many public channels in Europe, channels which most of the time imitate or follow commercial channels? Public television in Europe is often nothing but State-run commercial television (with at least two noticeable exceptions, the French-German ARTE, and the BBC in the UK).

Now that the Internet carries thousands of programs, does a developed country still need public television to air the same kind of programs as commercial TV channels?
After education, what are nowadays the most important tasks of the State when it comes to culture and communication?
Once there is no "digital divide" (we are not there yet), once everybody will be able to access the web and the services it carries (a question of training to be solved), what becomes of public television's purpose? Such a question belongs clearly in the tax debate.

jeudi 3 janvier 2019

Télévision américaine : la concentration n'en finit pas


2019 commence avec une fusion dans la télévision américaine. Gray Television a acquis Raycom Media pour 3,6 milliards de dollars. L'une et l'autre entreprise sont des groupes de stations de télévision locale. La FCC et le ministère de la justice (DoJ, Department of Justice) ont approuvé la fusion qui donne naissance à un groupe touchant 24% des foyers TV américains (17% avec UHF discount) soit 142 stations (full power). Après négociation avec la Division antitrust du DoJ, la fusion s'accompagnera d'une revente de stations dans certains DMA pour éviter de créer des monopoles pour la vente de publicité locale (conclusion des études d'impact : competitive impact).
Sont concernées par cette revente (divesting) les stations affiliées suivantes (entre parenthèses le network auquel elles sont affiliées) : WGPX Panama City, WDFX Dothan, WFXG Augusta, WTNZ Knoxville (Fox), WTOL Toledo, WSWG Albany (CBS), KXXV Waco, WTXL Tallahassee (ABC), KWES Odessa (NBC). L'ensemble demeure toutefois un groupe de taille modeste en comparaison de Nexstar et de ses 216 stations.

Cette réglementation de la télévision terrestre (broadcasting), que l'on peut qualifier de tatillonne, est à mettre en regard avec l'étonnant laisser-aller législatif qui permet aux grands groupes de s'attaquer sans vergogne au marché de la publicité locale américaine, Facebook et Google notamment (en attendant Amazon et Microsoft avec LinkedIn). La puissance de la concurrence provenant des plateformes vidéo Netflix et Amazon Prime Video est également à prendre en compte.
Les groupes de télévision locales et la réglementation de la concentration qui les concerne sont le produit des débuts de l'histoire de la télévision et de la radio américaine (legacy) ; les networks, ne l'oublions pas, ne sont que des groupes de stations locales. Sans accroissement de la concentration, ces groupes ne peuvent affronter à armes égales les nouveaux groupes publicitaires issus du numérique.

L'objectif déclaré de la FCC est de préserver le localisme des médias tout en assurant la diversité des points de vue qu'ils diffusent. Mais qu'en est-il du contrôle de la diversité des points de vue émis sur Facebook ou sur YouTube ? Le maintien du localisme et de la diversité dépend de la compétitivité économique et technologique des médias locaux, donc des possibilités de scaling : le président de la FCC ne cesse d'ailleurs de souligner que la réglementation doit s'adapter à la réalité nouvelle du marché ("Our rules must keep pace with the modern media marketplace”).
Comme tous les quatre ans, à la demande du Congrès, la FFC doit passer en revue l'état du marché des médias américains et apprécier l'efficacité des règles de concentration en vigueur ; la FCC peut être amenée à remettre en question certaines des règles qui brident le développement des networks commerciaux nationaux (ownership rules), y compris, notamment, la règle dite "dual TV network ownership",  qui vise les quatre networks historiques (ABC, CBS, Fox, NBC) et interdit toute fusion de deux d'entre eux.

mercredi 25 avril 2018

Soap magazines, dernier carré de la presse TV américaine


Sur le présentoir avant une caisse
dans un supermarché Publix (avril 2018)
La presse télévision américaine a vécu ; elle a été asphyxiée par l'abondance de télévision et par le développement d'outils de connaissance et de sélection électronique puis numériques, plus commodes, offerts d'abord par le câble puis le satellite, puis, enfin par Internet. Cela se poursuit par des applis et des assistants vocaux. Netflix donne le ton du guide de la consommation de la télévision de l'abondance. L'ergonomie des guides électoniques ou numériques reste discutable ; la commande vocale est approximative... mais cela progressera ! Dernière des évolutions : Netflix propose une appli pour des previews de 30 secondes...

Pourtant, une presse résiste discrètement qui reste en vente dans les supermarchés, une presse de magazines papier qui couvrent les soap operas (en plus de deux titres spécialisés). Plutôt people télévision : gros plans sur des acteurs, leur vie, leur vêtements... Récapitulation des intrigues (Storyline recaps), indications concernant les événements en cours (sneak previews). Tout ce qu'il faut pour suivre son soap favori.

Voici trois titres. Ils se ressemblent : bimensuels, même format poche, 98 pages, même prix (4,99 $). Ils traitent des soap opera diffusés par les trois networks historiques (ABC, CBS, NBC), en début d'après-mdi (tranche horaire dite daytime). Très peu de publicité, surtout pour des produits VPC.

  • Soap Opera digest
  • CBS Soaps in depth
  • CBS ABC NBC Soaps
  • Les soaps constituent un genre télévisuel après avoir été un genre radiophonique ils témoignent d'un phénomène télévisuelet socio-culturel remarquable. Certains soaps ont une longévité étonnante. "Guiding Light" commença sa diffusion à la radio en 1937 avant de passer à la télévision en 1952 ; pendant une phase de transition, il fut diffusé à la radio et à la télévision et sa diffusion ne cessa qu'en 2009 (après plus de 20 000 épisodes - radio + télévision). Une chaîne spécialisée (câble et satellite) a existé entre 2000 et 2013, Soapnet (groupe Disney); elle se consacrait à la rediffusion de soaps.

    Les soaps, c'est toute une culture ! Ils ont leurs fans, au premier comme au second degré (House, le fameux médecin de la série, est un de ces fans). Des fans très nombreux et fidèles (loyalty). Chaque soap suit les aventures et les querelles de familles établies dans une ville moyenne, meurtres, maladies graves, mariages, divorces... c'est qu'il en faut des événements pour qu'un soap puisse durer ! Du coup, il existe des Soap Trivia pour que s'y mesurent les spécialistes et fans (exemple), et de véritables addictions.

    Les magazines traitent principalement de quatre soap opera :
    • "General Hospital" (GH), diffusé par ABC, compte plus de 14 000 épisodes ; il a débuté en 1953, c'est le plus célèbre. Elisabeth Taylor et Roseanne Barr (de "Roseanne") y ont été invitées.
    • "The Young and the Restless" (Y&R) est diffusé par CBS depuis mars 1973 et compte près de 12 000 épisodes.
    • "Days of Our Lives" (DOOL), co-produit par Sony Picture Television, a été lancé par NBC en novembre 1965. Plus de 13 300 épisodes.
    • "The Bold & the Beautiful" (B&B), sur CBS depuis mars 1987.



    vendredi 16 mars 2018

    Cord-cutter, cord nevers ? Le malaise des abonnés américains


    L'enquête de TiVo auprès des abonnés à la télévision payante (depuis 2012) semble indiquer que les désabonnés (cord-cutters) au câble ou au satellite (MVPD) ne se réabonnent plus (cord-nevers). Cord-cutter un jour, cord-never toujours !
    Les téléspectateurs américains ont de bonnes raisons de se désabonner : d'abord, le prix élevé de l'abonnement (un tiers d'entre eux paie plus de 100$), ensuite la qualité croissante de l'option alternative : antenne + streaming.
    L'antenne pour capter la télévision terrestre donne accès à la réception gratuite des principales chaînes commerciales nationales (networks), à la télévision publique (PBS) et aux stations locales de la région (DMA). Donc aux séries du moment, à l'information, notamment locale, et surtout aux événements sportifs (football, baseball, basket, jeux olympiques). Une étude de Park Associates (mars 2018, cf. infra) confirme cette tendance et précise que 20% des abonnés haut débit (broadband) utilisent désormais une antenne terrestre, équipement en progression régulière ces dernières années.
    Ensuite, pour qui en veut d'avantage, il y a le streaming, donc Netflix et, de manière secondaire, Amazon et Hulu, tous trois en hausse constante ; pour le streaming du sport, Facebook, Amazon et NFL.com prennent une place significative. Plus des deux tiers des répondants (68,2%) utilisent un service de streaming à la demande (SVOD), 54,8% utilisant Netflix, 25,6% amazon, 16,7% Hulu, 8,5% YouTube TV.
    Pour les désabonnés, Netflix est plébiscité (83,3%). 
    Retour de l'antenne terrestre : Netflix + antenne terrestre, nouvelle formule de base pour la télévision ?

    Le mécontentement semble se stabiliser mais les intentions de changement (déclarées) restent élevées : désabonnement, et désir insistant de ne s'abonner qu'aux quelques chaînes qu'ils regardent (mini bouquet, skinny bundle). La demande de télévision à la carte est presque unanime (81,3%), le bouquet mensuel idéal se réduisant à 24 chaînes à 1,5 € pièce soit 36 $, les chaînes les plus demandées étant A&E, Discovery, Food Network, AMC. Cette demande correspond d'ailleurs à la structure et au prix des bouquets proposés depuis peu par les MVPD virtuels  (Hulu Live, YouTube TV, etc.).
    Comment trouver ce que l'on cherche ? Le papier, c'est fini, ou presque. A côté du programme électronique, s'installe la commande vocale (voice search) ; elle est déjà présente dans un foyer sur quatre mais elle n'est utilisée que  par 14%, en hausse toutefois. Malgré tout, les amateurs de sports se plaignent de ne pouvoir trouver aisément des programmes sportifs qu'ils recherchent. Les assistants vocaux, smart speakers, présent chez 21% des répondants, n'aident pas, pas encore du moins.

    Sources :
    • Q4 Online Video and Pay-TV Trends Report. L'enquête trimestrielle porte sur 3 330 abonnés à TiVo aux Etats-Unis et au Canada. L'échantillon est représentatif de la population de 18 ans et plus. Marge d'erreur : 2%.


    jeudi 3 août 2017

    Ozark, Netflix en été


    iPhone, July 31, 2017
    La structure narrative de "Ozark", la distribution des personnages ressemblent à celle de "Breaking Bad" (AMC, 2008-2013) : un couple de parents avec leurs deux enfants, un mari et une femme anti-héros dotés de compétences professionnelles indiscutables (finances, chimie, communication) bientôt mises au service d'activités illégales : fabrication et distribution de drogue, blanchiment d'argent. Deux héros adolescents, témoins sidérés de l'histoire de leur famille.
    Confrontation avec des manières expéditives du "cartel" de la drogue (personnes assassinées dont le corps est dissous dans des tonneaux d'acide, personne éliminée en la jetant du haut de son balcon, etc.). Famille forcée, pour survivre, de s'éloigner de son milieu habituel urbain (Chicago) et de s'exiler dans le Sud profond (rednecks). Violence, trahisons, armes. Ré-acculturation.
    Polard sombre, film noir, superbe photographie. Majesté de la nature l'été, des lacs, des forêts... On attend la deuxième saison.
    Les pseudo spécialistes de la critique TV et cinéma ont donné une note faible à la série ("critical flop"). Qu'importe ! Les médias sociaux (Twitter, Reddit, etc.) semblent avoir compensé largement cette défaveur... Encore une innovation, peut-être involontaire, de Netflix !

    Diffusé par Netflix en 10 épisodes de 1 heure (mis à disposition en une seule fois, le 21 juilllet 2017), alors que la saison télévisuelle des networks traditionnels est terminée. Netflix s'empare ainsi d'une période faible de la progammation concurrente, période habituellement riche en rediffusions. Près de la moitié des foyers américains sont abonnés à Netflix : 52 millions d'abonnés au deuxième trimestre 2017 (source : Netflix) pour 118 millions de foyers TV (selon Nielsen, août 2016), mais le foyer TV est-il encore un indicateur pertinent ? Netflix a gagné 1,45 million d'abonnés durant le trimestre).

    Nouvelle série, exclusivité Netflix, c'est une incitation à élaguer l'abonnement au câble (cord-shaving) voire au désabonnement (cord-cutting) ou, même, pour les nouvelles générations, à ne pas s'abonner du tout (cord-nevers). Désormais, Netflix compte plus d'abonnés que n'en compte l'ensemble des câblo-opérateurs (MVPD).
    En Grande-Bretagne, selon Parrot Analytics, "Ozark" est, de très loin, le programme le plus demandé en termes de VOD.
    Mise à jour: 15 Août 2017 : Netflix déclare renouveler la série pour une seconde "saison" (en fait, une dizaine d'épisodes, le terme "saison" étant désormais inapproprié).

    vendredi 14 juillet 2017

    TF1 et la publicité locale


    TF1 s'ouvre au local, mais il semble que ce soit pour seulement y collecter de la publicité, pas pour y produire des programmes régionaux. Actuellement, la loi interdit aux chaînes nationales (hors FR3) de diffuser de la publicité régionale. On y a vu protection de la presse régionale ; mais, maintenant, cette protection ne profite-t-elle pas surtout aux entreprises numériques qui diffusent de la vidéo et pillent le marché publicitaire. La notion de concurrence et de ses périmètres pertinents est à reconsidérer.

    La différence de modèle économique entre une chaîne commerciale nationale française et des networks nationaux américains (networks) est évidente : un network américain mêle deux programmations, l'une nationale (avec publicité et annonceurs nationaux), l'autre locale (avec publicité et annonceurs locaux). A cela s'ajoutent des décrochages publicitaires locaux (au niveau du DMA) lors des écrans d'inter-émissions (adjacencies). Le principe est donc celui d'un solide ancrage local du national, le localisme : modèle économique mixte qui permet à un network de résister à la forte offensive publicitaire de Facebook.

    La télévision semble en France en pannedu local , elle semble atteinte d'une malformation congénitale (abus de centralisme, d'Etat). M6 avait autrefois mis en place des décrochages locaux de 6 minutes dans une dizaine de villes, mais, faute de revenus publicitaires locaux (interdits), a dû les fermer et abandonner cette initiative prometteuse.
    Méfions-nous : car plus que de local ou de régional, ce dont il est question, c'est de proximité, de voisinage auxquels ont déjà commencé de s'attaquer Facebook, amazon et Google, qu'aucune réglementation surannée n'a jamais entravés.

    TF1 mettrait en place trois régies régionales : Lyon, Marseille, Bordeaux, trois grandes agglomérations. Mais pas Paris.
    Quelles peuvent être les attentes régionales de TF1 Publicité ? Attirer les petits anonceurs avec clientèle nationale pour les petites chaînes du groupe (TMC, NT1, LCI, TV Breizh, Séries Club, Ushuaïa, Histoire, HD1) ? Notons que TF1 Publicité dispose d'une puissance publicitaire importante avec Les Indés Radio (réseau de 132 stations locales indépendantes, dont la partie numérique est commercialisée par 366, régie des sites de la presse régionale) et avec ses actifs numériques (e-TF1).

    Reste le ciblage géographique servi par les données et l'outillage numérique... L'avenir numérique est déjà présent, publicitaire et rédactionnel.

    dimanche 30 octobre 2016

    The Big Bang Theory : des hommes et des femmes savants, des geeks ridicules


    En septembre 2016, la série de CBS a eu dix ans et a diffusé plus d'une deux cents épisodes. Programmée le jeudi, en prime time (20 heures), elle est en tête des audiences pour la cible commerciale des 18-49 ans. Reprise en syndication par TBS pour le câble cinq jours par semaine (distribuée par Warner Bros) et par les stations de Fox (0&0 et affiliées), la série est reprise également par CBS All Access et Netflix. L'ensemble de ces diffusions construisent une forte notoriété.
    Sitcom, la série ne comporte pas d'intrigue générale ; l'intrigue, c'est la vie du groupe qui vieillit. Chaque épisode, indépendamment, tourne autour d'une ou deux situations plus ou moins imbriquées impliquant quelques uns des personnages clés, trois femmes, cinq hommes. Les situations sont souvent improbables, inattendues mais après neuf saisons, les personnages, leurs caractères sont prévisibles.
    Le comique de "The Big Bang Theory" est d'abord de nature langagière : jeux de mots, exagérations verbales, catchphrases, gestes ; le tout est émaillé de références culturelles américaines et d'allusions cinématographiques. Suivie depuis le début de leur vie d'adulte, la biographie des personnages passe par les étapes attendues : premier travail hors de l'université, flirts, rendez-vous (dates), mariage. Bientôt un enfant ?
    La série est tournée devant audience, ce qui nous vaut une bande-son avec rires, soupirs et autres réactions bruyantes de l'assistance du jour. Insupportable générique et ponctuation (virgules à tout moment, à la place des écrans publicitaires sur Netflix ?).

    L'audience est celle que recherchent les annonceurs à la télévision, les 25-54 ans. Le message publicitaire de 30 secondes se serait vendu 286 000 dollars pendant le upfront market 2016-2017 (deux fois le prix d'un spot sur NCIS pour une audience voisine).

    La culture scientifique est évoquée conformément à un stéréotype usé : on se moque des jeunes savants éthérés (geeks, nerds), quelque peu professeurs Nimbus, obnubilés par la science dont l'inaptitude aux relations sociales étonne. Chercheurs au CalTech (Pasadena, Californie), issus de grandes universités américaines, ces jeunes géniaux ont des loisirs d'adolescents. Loin du sport spectacle, fans de Prix Nobel, devisant de mécanique quantique, du principe d'indétermination de Heisenberg, du chat de Schrödinger, du boson de Higgs, des photons, de la NASA... Aussi, le bon sens pratique de Penny, la voisine sexy qui emménage sur le même palier, provoque des réactions interloquées chez ses savants voisins, séduits quand même.
    Les héros des personnages masculins de la série sont surtout des personnages de films de science fiction ("Star War", "StarTrek" dont ils savent par cœur les répliques) et de super héros de comics (Batman, Green Lantern, The Flash, Wonderwoman : "intimate strangers" !). La série a invité, entre autres, comme acteurs d'un jour, des célébrités de la science et de l'astronautique : des acteurs de Star Trek, Elon Musk (Tesla Motors, SpaceX), Steve Wozniak (ex. Apple), des physiciens (dont Stephen Hawking)... La réalité hybridant la fiction.

    Pour les Fans, un site propose toutes sortes de merchandising :
    DVD, T-shirts : ceux de Sheldon, l'algorithme de l'amitié, etc.

    Le ressort comique nait de la confrontation de deux discours, de deux logiques, de deux vocabulaires : ceux de la science (physique, astronomie, biologie) et ceux de la vie quotidienne, mondaine, et des relations sociales. On pensera aux Femmes savantes : "un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant" (acte IV, scène 3).

    D'épisode en épisode, la série dresse le tableau clinique de Sheldon Cooper, donnant à voir toute la psychopathologie de sa vie quotidienne. Névrose obsessionnelle ? Il prend tout au pied de la lettre, il a du mal à percevoir les sarcasmes, tout comme l'intelligence artificielle des émotions ! Excessif, têtu à propos de diététique, d'hygiène, de cohabitation mais ni dépressif ni pédant.
    Sheldon ne voit autour de lui qu'"obligeants diseurs d'inutiles paroles" : il n'est assurément pas "l'ami du genre humain". Car il y a de l'Alceste dans son personnage, souvent ridicule à force de franchise et de sincérité. Amoureux, il fait penser à l'"atrabilaire amoureux"(sous-titre du Misanthrope). Petit à petit, toutefois il est apprivoisé par ses proches, indulgents.

    La mise en scène exploite jusqu'à la corde une ambiance de colocs et de campus universitaire où l'on se rencontre partout et potine : lingerie, cafeteria, palier et escaliers, bureaux, librairie de BD (comic books), salle du restaurant (Cheesecake Factory) où Penny est serveuse, appartements, surtout celui que partagent Sheldon et Leonard. Pas de tournage à l'extérieur.

    On a pu se plaindre que la série développe une attitude fréquemment condescendante envers les femmes ainsi qu'un discours ridicule pour moquer les jeunes savants. Apparences, jeu ? Finalement, malgré tout, les personnages sont attachants.
    Combien de saisons la série a-t-elle encore devant elle ?

    vendredi 12 août 2016

    Nexstar Broadcasting Group : le localisme de la TV américaine à l'œuvre


    C.A. en millions de USD
     (cf. Financial results for the second quarter, 2016)
    La répartition du chiffre d'affaires de Nexstar Broadcasting Group énonce le modèle économique actuel d'un groupe de stations de télévision (broadcast).
    La moitié des revenus proviennent de la publicité locale (dont un quart de national spot), plus du tiers provient des droits de retransmissions locales (retransmission fees) payés par les networks nationaux.
    Le reste des revenus provient du numérique (publicité hyper-locale sur les 63 sites des stations, "community portal") et de la publicité électorale (cette part, locale, ira croissant aux T3 et T4, étant donnée le proximité des élections).

    Localisme et numérique
    Nexstar se définit elle-même comme un média local dont le principe est le localisme (a media company that leverages localism). Le groupe, basé à Irwin (Texas) est présent dans 62 marchés (DMA) de rangs moyens, touchant 18% des foyers TV américains. Les 104 stations (full-power) sont presque toutes affiliées à des networks nationaux (sauf 3 indépendantes). Nexstar est le troisième groupe pour les revenus publicitaires locaux (spot), après Fox et CBS.
    Pour le numérique, le groupe fournit des contenus et des services locaux à ses stations. Il développe Lakana (2015), une plateforme de gestion des contenus (SaaS) pour les éditeurs (publishers). En octobre 2015, Lakana a acquis Kixer (machine learning, monétisation du mobile).

    Une stratégie d'acquisitions
    Depuis 2004, Nexstar (Nasdaq: NXST) rachète des petits groupes de stations. En 2016, Nexstar a racheté le groupe Media General Inc., accroissant ainsi son "legacy broadcast portfolio". Une fois l'acquisition achevée, le groupe touchera 39% des foyers TV américains dans 100 marchés (DMA) et sera rebaptisé Nexstar Media Group.

    Capture d'écran sur le site du groupe

    lundi 11 juillet 2016

    PBS et les enfants, cibles d'amazon et de HBO


    L'économie numérique bouleverse la télévision pour enfants.
    Amazon Video vient d'acquérir les droits exclusifs, pour le streaming, de séries pour enfants de la télévision publique américaine, PBS KIDS. Au terme de ce contrat pluri-annuel, les émissions seront proposées sur abonnement par Prime Video et par Amazon FreeTime Unlimited, service qui vise enfants et parents.
    Sont concernées 19 séries, parmi lesquelles : "Daniel Tiger's Neighborhood", "Nature Cat", Odd Squad", "Wild Kratts", "Ready Jet Go", "Peg + Cat", "Martha speaks", "Cyberchase", "Dinosaur train", "Caillou", "Reading Rainbow", Sci Girls", "World Girl", "Bali", "Peep and the Big Wide World", "Word World", "Postcards from Buster"and "Design Squad".
    Après un délai de quelques mois, ces émissions ne seront plus disponibles sur les sites des stations locales de service public affiliées au network PBS. Elles ne seront plus disponibles, non plus, sur les plateformes de streaming concurrentes comme Hulu (sauf "Curious George") ou Netflix (sauf "Superwhy").

    Amazon épouse l'ambition éducative de PBS Kids (éveil, sensibilisation à la lecture, aux sciences, aux langues). A l'offre gratuite diffusée par l'intermédiaire des stations affliliées, s'ajoute ainsi une offre payante qui étend l'accès aux programmes. Par ailleurs, Amazon a déjà lancé ses propres séries ("Tumble Leaf", "Whishen Proof" et relancerait bientôt "Sigmund and the Sea Monsters").
    "We’re committed to making Prime Video the best destination for kids and family programming that will both educate and entertain”, déclare Amazon. Amazon bénéficie ainsi d'un tranfert de l'image positive de PBS auprès des parents et des enseignants.

    Nous assistons encore à un cas d'hybridation de networks traditionnels, linéaires, avec des services de streaming à la demande, comme en témoigne déjà l'accord CW / Netflix. Le revenu tiré des ventes de droits aux services de SVOD est important voire décisif pour l'équilibre budgétaire de PBS qui n'a pas de revenus publicitaires (sauf de parrainage).

    Pour cibler et fidéliser les familles, la SVOD est à la recherche de programmes pour jeunes enfants. 
    Hulu a passsé un accord avec Disney / ABC Entertainment Group pour la diffusion exclusive,  en SVOD, d'émissions pour enfants et de films (Hulu est une J.V. de Comcast NBCU, de Fox et de Disney).
    Début 2016, HBO (Time Warner) a acquis, auprès de Sesame Workshop, cinq saisons des droits de la célèbre émission "Sesame Street" (cible pré-scolaire) : après 9 mois de diffusion sur HBO, ils retourneront pour une diffusion gratuite sur les stations de PBS. D'une heure, l'émission passe à 30 minutes sur HBO. Sesame Street Workshop connaît un déficit critique : 11 millions de $ pour l'année fiscale 2014...
    Anticipant l'évolution de la téléviison pour enfants et jeunes parents, PBS lancera, sans doute en automne 2016, une chaîne gratuite pour enfants (avec streaming), PBS Kids TV. Cette chaîne pourra être reprise en multicast par les stations du network PBS.

    lundi 9 mai 2016

    Comcast : concentration et diversification dans la télévision américaine


    La concentration dans les médias américains va bon train. Nous assistons à la création d'un gigantesque groupe télévisuel et numérique ; le groupe Comcast NBC Universal.
    Comcast fut d'abord un opérateur du câble (1963), le premier des multi-system operators (MSO), un MVPD (Multiple Video Programming Distributor).

    Intégration verticale
    De distributeur (broadcast et broadband), il devient producteur de contenus en 2011 en prenant le contrôle du network NBC et des studios Universal ; Comcast règne alors sur deux networks nationaux : l'un anglophone (NBC), l'autre hispanophone (Telemundo) ainsi qu'un fournisseur de contenus (studios).
    En achetant DreamWorks Animation (Shrek, Kung Fu Panda, Madagascar, How to Train Your Dragon) pour 3,8 milliards de $ cash en mai 2016, Comcast poursuit sa mue, s'étendant de la distribution vers les contenus, le divertissement : production de fictions pour la diffusion dans les médias (télévision familiale, pour enfants) et l'utilisation pour les parcs à thème et le merchandising.

    Dans les domaines de la fiction et de l'animation, Comcast Universal devient un concurrent sérieux de Disney et de Time Warner.

    Avec Dreamworks, Comcast acquiert aussi un multi-channel network (mcn), AwesomenessTV.

    Comparé aux autres groupes de télévision, Comcast se distingue par une présence sur tous les segments, tous les supports (cf. tableau synoptique ci-dessous).
    Tous ces groupes se distinguent nettement de Netflix dont l'essentiel de l'activité concerne désormais la production, l'achat de droits et l'internationalisation. Aux antipodes de Comcast.

    Stratégie numérique
    En même temps, Comcast a pris plusieur dizaines de participations dans des startups liées à la vidéo (Video Service Providers, VSP) et au programmatique : mobile, ad-insertion, DOOH, WI-FI, réalité virtuelle... FreeWheel, acheté par Comcast en 2014, a acheté en mai 2016 le SSP français StickyADS.tv, spécialisé dans le programmatique vidéo.
    En 2015, NBC Universal a investi 200 millions de $ dans Buzzfeed (réseau social d'information) et 200 millions dans Vox Media qui regroupe 8 marques d'information sur le Web (technologie, sport, jeu vidéo, shopping, décoration, style, etc.).
    Le numérique devient un vecteur alternatif, un relais des contenus de Comcast, le complément et l'avant-garde de sa télévision linéaire et le laboratoire de la nouvelle publicité télévisée.

    Avec ces multiples fers au feu, Comcast développe une stratégie offensive, sur tous les fronts.

    Tableau synoptique des principaux groupes de télévision américains (aux Etats-Unis uniquement)

    vendredi 30 octobre 2015

    Retransmission consent : l'équilibre local de la télévision américaine


    Un conflit de retransmisssion (carriage dispute) entre un groupe de stations locales, Tribune Broadcasting, et un MVPD (AT&T U-verse / DirecTV) vient de s'achever. Un conflit semblable avait déjà opposé Tribune Boadcasting et DirecTV en 2012.

    Rappelons d'abord ce qu'est-ce que un accord de retransmission (retrans-consent) ? Les stations sont rémunées par le câblo-opérateur qui les retransmet à ses abonnés. L'accord définit les modalités financière de retransmission, combien les câblo-opérateurs versent aux stations (aux groupes de stations).

    Le groupe Tribune Broadcasting possède 39 stations. L'une est indépendante (à Oklahoma City) et 38 sont affiliées à l'un des grands networks : 14 à Fox, 12 à The CW, 5 à CBS, 2 à ABC, 2 à NBC.
    Le groupe possède aussi WGN radio, Chicagoland TV (CLTV), la chaîne de télévision locale d'information de Chicago, et une chaîne pour le câble et le satellite, WGN America. Cette taille lui donne un pouvoir de négociation élevé pour les revenus de retransmission, ce qui explique pour partie l'augmentation de la concentration parmi les stations. Or le groupe Tribune avait les plus faibles revenus de retransmission par station, 25 cents par foyer TV alors que certains groupes obtenaient 1 dollar.

    L'accord global de retransmission (retransmission-consent) a été obtenu sans recourir au conflit recourant au chantage aux téléspectateurs (channel blackout) ; l'accord concerne, pour plusieurs années, la chaîne WGN America et les stations locales du groupe Tribune Broadcasting, d'une part, et U-verse (AT&T) et DirecTV que AT&T vient de racheter (26 millions d'abonnés, au total), d'autre part. Bien sûr, on ne connaît pas les termes de l'accord.

    Pour l'instant, l'augmentation des revenus des retransmissions compense largement l'affaiblissement des revenus publicitaires des networks. Les retransmissions représentent une part importante des revenus annuels des networks américains (3,2 milliards de $), la vente d'espace publicitaire représentant 14 milliards. Or on dit que cette dernière pourrait bientôt stagner (érosion et vieillissement des audiences) ; de leur côté, les MVPD sont peu enclins à payer davantage de droits de retransmission qu'ils ont du mal à faire supporter par un nombre décroissant d'abonnés (il leur est difficile d'augmenter les prix de l'abonnement). Si ces deux tendances se confirmaient, érosion de l'audience des networks, diminution du nombre des abonnés, tout l'édifice complexe et fragile de l'économie de la télévision amériaine serait menacé.

    Quelles solutions ? Elles pourraient venir de la diffusion OTT des chaînes qui apporte des revenus (abonnement et ou publicité) qui ne sont pas grevés de coûts de retransmissions. Les networks pourraient être également tentés par l'extension de reverse compensation. Dans ce cas, les stations paient pour leur affiliation, ce qui peut être perçu comme la volonté des networks de bénéficier d'une partie des revenus de retransmissions de leurs affiliées (les networks perçoivent aussi les revenus de retransmission obtenues par leurs propres stations, O&O).

    lundi 13 juillet 2015

    mcn (YouTube), nouvelles voies pour la télévision ?


    La télévision et la vidéo, c'est pareil. Pour les consommateurs, du moins ; donc bientôt pour les grands annonceurs aussi. Des spécialistes ergoteront encore longtemps sur les nuances et différences. Casuistique, stérile.
    Les chaînes dites historiques (i.e. anciennes) n'ont plus le monopole que leur ont longtemps valu la complexité et la lourdeur de la distribution terrestre du signal télévisuel (réseau terrestre, satellite, networks, câble, etc.). Cette lourdeur s'est accompagnée en Europe de centralisation politique, intéressée (autorisation de diffusion, réglementation, financement par l'impôt) et de contrôle étatique : "la télévision fait l'élection", disait-on.

    Mise à jour avril 2017

    Aujourd'hui la création vidéo se développe ailleurs et les jeunes générations ignorent une culture télévisuelle viellissante. La distribution de la vidéo sur le Web naît sous d'autres cieux, elle relève du streaming (OTT). Le modèle original en est YouTube, racheté par Google en 2006. Facebook puis Snapchat se font également diffuseurs de vidéo et tentent de concurrencer YouTube et ses mcn. YouTube apparaît de plus en plus comme une plateforme où viennent se développer de nouvelles formes de télévision et de publicité : Susan Wojcicki, qui dirige YouTube, déclarera en mars 2017 que les vidéo-bloggers sont les prochaines entreprerises média" : "Unsere Video-Blogger sind die nächsten Medien-Unternehmen".
     Les chaînes plus ou moins anciennes se réveillent de leur sommeil dogmatique : elles empruntent la voie que YouTube a ouverte avec les réseaux multi-chaînes (mcn, multi-channel networks). Les mcn sont un moyen pour les groupes télévisuels de collecter les innovations, de les aider à décoller, à trouver leur public, de faire leur place sur le Web et sur le marché américain. De facto, ils jouent un rôle d'incubateur multiplateforme ; ils permettent d'amortir la création et la production sur des espaces mondiaux et linguistiques, donc publicitaires. Ce faisant, Google s'attaque au marché publicitaire télévisuel international, visant surtout les cibles jeunes et mobiles, YouTube proposant ses GRP estampillés par les mesureurs des performances de la télévision traditionnelle. Son seul problème est la mauvaise gestion des emplacements publicitaires, dont la médiocre sécurisation a été dénoncée par les grands annonceurs.

    Nous avons déjà souligné les investissements de BSkyB, de Disney, de RTL; de Comcast... Le développement des mcn, amorcé il y a quelques années, s'accentue. Ajoutons quelques exemples récents, européens notamment.
    • Pro7Sat1 vient de racheter la totalité du réseau multi-chaîne Collective Digital Studio (CDS) dont il détenait 20%, acquis en 2014. L'ensemble, CDS 71 (250 personnes), regroupera un millier de chaînes après fusion avec le MCN de Pro7Sat1, Studio71 (créé en 2013). Les visites se comptent en milliards. CDS produit "Epic Meal Time", "Good Mythical Morning" (émission quotidienne avec Rhett et Link), Lilli Singh (dite "Superwoman"). Il produit également avec Rocket Jump Studios "Video Game High School" (VGHS)
    • TF1 et Mediaset ont pris une participation dans Studio71 tandis que Pro7Sat1 prenait une participation dans le mcn de TF1, Finder Studio.
    • Modern Times Group (Kinnevik) a acheté Splay, un MCN scandinave de 420 chaines, dont le slogan est : "connecting brands and influencers". Splay se définit comme the next generation digital media house". Quelques jours plus tard, en juillet, MTG achète 51% de Zoomin.TV, un mcn de 2000 chaînes (100 millions d'abonnés dans le monde) créé aux Pays-Bas.
    • Le MCN francetv a signé un accord avec Studio 100 Media pour la distribution de dessins animés (Zigby, Blinky Bill, etc.) sur YouTube et Dailymotion.
    • Vivendi a racheté Dailymotion à Orange. Dailymotion pourrait-il développer une stratégie semblable à celle de YouTube ?
    • ITV prend en Grande-Bretagne une participation dans Channel Mum (une quinzaine de chaînes s'adressant à des jeunes mères, "mummy vloggers", "the honest face of parenting").
    • Aux Etats-Unis le network hispanophone Univision, à la recherche de nouveaux talents, lance un mcn, Univision Creators Network.
    • WPP prend des participations dans des mcn : dans Fullscreen en 2012 (avec partenariat publicitaire), dans All Def Digital (ADD, 3 millions d'abonnés), en juin 2016.
    • En France, M6 lance deux chaînes sur YouTube en janvier 2016, l'une consacrée à la danse (DotMove), l'autre, Vloggist, est consacrée à la beauté féminine.
    • En mars 2017, Sky rachète Diagonal View (15 millions d'abonnés) : "All Time 10s", "Football Daily", "All Time Movies ", "Draw my Life", "All Time Conspiracies", etc.
    Capture d'écran de splay mcn (juillet 2015)

    jeudi 2 avril 2015

    Cours de gestion des médias par la Cour des comptes


    La Cour des comptes publie son analyse de la situation de Radio France (2004-2013) : Radio France : les raisons d'une crise, les pistes d'une réforme. Avril 2015, 238 pages (dont 43 pages de réponses des adaministrations et organismes concernées).

    Peu d'a priori idéologique ou partisan autre que le bon sens de gestion dans ce texte. Difficile de ne pas s'étonner, naïvement, des éléments mobilisés pour son diagnostic par la Cour : Radio France étant financée par l'impôt (90% du CA provient de la redevance), il est logique d'en attendre une gestion rigoureuse, et un style de vie frugal.

    Or Le Canard enchaîné, qui se délecte de tels scandales, c'est son métier de journaliste, vient par trois fois successives d'épingler la gestion de Radio France pour des dépenses somptuaires incompatibles avec la gestion publique, pour des privilèges difficiles à admettre par les contribuables (voiture de fonction et bureau luxueux, frais de conseil en image, etc.). Toutefois, l'Inspection générale des finances ne verra aucun "caractère anormal" dans ces dépenses.
    Canard et Cour des comptes, même combat ? "S'assurer du bon emploi de l'argent public, en informer le public", stipule la devise de la Cour.

    L'analyse de la Cour des comptes dénonce, en une belle euphémisation, "une gestion peu rigoureuse", qu'il s'agisse des achats ou de la gestion de la masse salariale (4 300 employés).
    La Cour des comptes recommande, entre autres, "la mutualisation dans le domaine de l’information et la création d’une rédaction unique" donc de "fusionner les rédactions de France Inter, France Info et France Culture"). Soulignant "l’intégration incomplète du numérique", les magistrats de la Cour demandent à Radio France d"accélerer la mue numérique". Métaphore malencontreuse, car il s'agit plus que d'une "mue", plus que d'un changement de peau ou de plumage : c'est une révolution, un changement de paradigme, de modèle économique qui demandent des actions radicales. En fait, plus encore que la gestion courante, c'est le modèle économique du média qui est en question. Même le mot "radio" ne convient plus tout à fait pour nommer ce média.

    NPR, un autre modèle de radio publique

    Le rapport évoque d'autres modèles de radio publique nationale européenne : Belgique (RTBF), Danemark, Grande-Bretagne (BBC). La radio publique américaine aurait pu être étudiée également, pour son articulation efficace du local et du national, notamment, et pour son mode de financement.

    NPR (National Public Radio), réseau américain de 860 stations réparties sur tout le territoire américain, emploie 840 salariés. NPR fédère et coordonne des stations membres, à qui elle propose et vend des programmes (130 heures par semaine) et une interconnexion satellitaire.

    NPR ne gère pas de station de radio - ceci est laissé à des initiatives locales indépendantes. NPR s'autofinance, les stations membres du network payant les programmes qu'elles diffusent (fees, qui repésentent la moitié de son CA).

    L'Etat fédéral ne contribue qu'à hauteur de 2% du CA de NPR. Le CA de NPR provient également des messages de parrainage (sponsorship) retransmis par les stations (un quart du CA).

    Les stations locales fournissent, le cas échéant, des sujets au network national "stations are partners in newsgathering" (station reporting). Les stations locales, indépendantes, sont d'abord financées par des donnations des auditeurs et, ensuite, par le parrainage local. Les deux tiers d'entre elles sont associées à des institutions universitaires.

    N.B. Sur la structure du network de radio publique, voir npr radio and public media.
    Sur les finances de NPR, voir public radio finances

    jeudi 12 mars 2015

    Netflix et autres OTT font baisser l'audience de la TV


    Selon le Cable Advertising Bureau (CAB), la responsabilité de la chute de l'audience des chaînes du câble aux Etats-Unis, baisse observée au cours des trois derniers trimestres (2014-15), incomberait d'abord à la concurrence de l'offre de OTT / SVOD (Netflix, Hulu, Amazon Prime Video, etc.).

    La seconde raison invoquée tient au fait que beaucoup de téléspectateurs consomment la télévision sur des terminaux dont on ne mesure pas l'audience (tablettes, ordinateurs, smartphones).

    Diagnostic de bon sens : quand on consomme Netflix, on ne regarde pas une autre chaîne en même temps : il s'agit d'une bataille pour le budget temps des téléspectateurs (il n'y a pas de possibilité de multiscreentasking, évidemment).
    Les données du CAB recoupent celles déjà notées à propos du vieillissement de l'audience des principaux networks commerciaux nationaux.

    Netflix et autres OTT sont donc bien des concurrents frontaux des chaînes de la télévision commerciale traditionnelle. Ce qui amène deux questions :
    • Quel est l'intérêt à terme pour les grands studios de vendre leurs programmes aux OTT et de fragiliser ainsi l'audience et les revenus publicitaires de leurs networks et stations ? 
    • Quel intérêt à terme pour les grandes chaînes de faire bénéficier les OTT de leur puissance commerciale pour vendre leurs abonnements ? Ne se tirent-elles pas une balle dans le pied ?
    N.B. (source : Nielsen)
    - 41% des foyers américains sont abonnés à un service OTT / SVOD
    - 10% accèdent à plusieurs services, 2,5% à 3 services
    - les foyers abonnés OTT se connectent durant 2 heures et 45 mn par jour

    lundi 2 mars 2015

    L'audience de la télé vieillit, ou pas ?


    L'âge moyen des téléspectateurs américains des 4 grandes chaînes commerciales "gratuites" terrestres ("networks") vient de dépasser 50 ans (source : Nielsen via Horizon Media / Brad Adgate). C'est un signal d'alarme pour la publicité télévisée dont la cible privilégiée est celle des 18-49 ans, c'est un atout commercial de plus pour des médias concurrents comme YouTube ou Facebook (cf. "Un Président sur YouTube" ou "Obama et les networks" ou "Facecast: Facebook TV News?").

    Et voilà que la ménagère de moins de 50 ans a plus de 50 ans. Une barre symbolique est franchie. Symbolique mais dont il faut tempérer l'importance en prenant en compte l'évolution démographique globale de la population : l'espérance de vie à la naissance est passée aux Etats-Unis, de 66 ans, en 1951, à 76 ans, en 2011, pour les hommes et de 72 à 82 pour les femmes.
    Précisions encore que ce vieillissement ne concerne que l'audience de la télévision regardée au foyer sur un téléviseur.

    Plusieurs causes peuvent être invoquées pour expliquer ce vieillissement de l'audience mesurée.
    • Le comportement télévisuel de jeunes générations qui se tournent vers les chaînes diffusées en streaming (OTT, SVOD) sur d'autres appareils que le téléviseur (tablettes smartphones, Apple TV, Chromecast, Roku) : Netflix d'abord, Hulu, Amazon Prime notamment. Bientôt HBO... (cf. OTT everywhere: a paradigm shift). A moins que les chaînes traditionnelles n'ajoutent le streaming à leur mode de distribution, comme l'a déjà réalisé CBS avec CBS All Access, l'audience publiée des 4 grands networks semble promise au vieillissement.
    • Le comportement télévisuel de la population dite latino, plus jeune, consommatrice de chaînes commerciales hispanophones grand public (Univision, Telemundo, UniMÁS). 
    • La mesure de l'audience a sa responsabilité aussi : Nielsen mesure mal voire pas du tout la consommation hors du foyer et la consommation sur les appareils mobiles, toutes consommations qui sur-représentent les jeunes générations (NBC signale que 70% de l'audience du talk show "The Tonight Show" échappe à Nielsen...).  
    • Plus que l'audience, c'est la mesure de l'audience qui vieillit.
    L'âge n'est pas tout. L'exploitation de data pour les plans média devrait permettre aux annonceurs des ciblages plus discriminants que la cible canonique "moins de 50 ans". Pour être prédictif, l'âge gagne à être analysé à l'aide de multiples données de comportement.

    dimanche 25 janvier 2015

    Un Président sur YouTube : désenclaver le débat politique


    Le Président Obama a fait appel à YouTube au terme de son intervention sur l'état de l'Union (SOTU, State of the Union Address, 20 janvier 2015).
    En une vingtaine d'années, l'audience apportée par les chaînes de télévision traditionnelle (networks nationaux) a baissé, telle que mesurée par Nielsen ; en revanche, il semble que l'audience apportée par les médias numériques soit en augmentation et concerne surtout de nouvelles couches de population, plus jeunes (plus 12 millions de posts et de likes sur Facebook). Beaucoup de sites ont retransmis en direct et mis à disposition le discours du président (streams). Le dispositif de diffusion a été systématiquement élargi et déployé au-delà de la télévision classique (pour un bilan complet du dispositif, voir ici).


    #YouTubeAsksObama a permis de conduire un débat dans une forme nouvelle. Parmi les sujets retenus par trois stars de YouTube ("YouTube personnalities") pour leurs dialogues avec le Président des Etats-Unis : accès à l'enseignement supérieur ("the best investment you can make"), relations avec Cuba, sécurité sociale ("Obamacare"), mariage de personnes de même sexe, police et minorités (racial profiling), légalisation de la marijuana, harcellement sur le Web et les réseaux sociaux ("cyberbullying")...

    Question de média
    Cet événement consolide l'image et la réputation de YouTube comme lieu d'expression politique et comme forme nouvelée de télévision (déjà, en novembre 2014, Obama avait privilégié Facebook pour l'annonce de sa politique d'immigration). Bien sûr, les dialogues sont encore un peu guindés, la mise en scène singeant les débats électoraux (cf. les introductions médiocres, à base d'histogrammes, d'un "présentateur" de Google News Lab). Mais, le pli est pris : la télévision traditionnelle, linéaire, perd décidément ses anciens privilèges. Sympôme d'un changement de paradigme média ?

    Question de politique
    Le Web peut-il permettre d'avancer sur la voie d'une démocratie plus directe, moins confisquée par des réprésentants élus professionalisés ? B. Obama, en fin d'émission, souligne son ambition de recourir grâce au Web à des moyens de communications moins vermoulus, moins compassés, plus commodes et plus proches pour les jeunes générations d'électeurs et d'électrices. Avec les médias numériques et les réseaux sociaux, la socialisation politique emprunte des voies nouvelles.

    dimanche 23 novembre 2014

    Obama, Facebook et les networks


    S'il ne l'a pas formellement demandé, le Président Obama aurait souhaité que les grands networks reprennent son discours de 14 minutes consacré à l'immigration illégale, question politique d'importance nationale à laquelle la population hispanophone est particulièrement sensible.
    Les networks ont refusé de retransmettre le discours d'Obama, lui préférant les émissions prévues dans la grille initiale : ABC a diffusé "Grey's Anatomy", CBS "The Big Bang Theory", NBC "The Biggest Loser" et Fox "Bones". La raison invoquée : il s'agissait d'un discours politique partisan. On a pu y voir un engagement pro-républicain des networks. En fait, le choix était sans doute aussi économique : c'est la période des sondages d'audience locaux (sweeps) et le prime time du jeudi est important pour les stations.
    Seuls PBS, le network de la télévision publique, Telemundo et Univision, chaînes hispanophones, ont retransmis le discours et bousculé leur grille pour lui faire une place.

    En revanche, de manière inattendue, WNBC (DMA n°1), la station O&O new-yorkaise de NBC a préféré diffuser le discours du Président, en direct à 20 heures. WNYW, la station O&O Fox de New York, également, WLS la station O&O ABC de Chicago (DMA n°3). Les stations, dans chaque DMA, firent leur choix, local.
    A Washington D.C. (DMA n°8), WJLA, la station affiliée ABC (Sinclair Boradcast Group) diffusa l'épisode final de la série "Grey's Anatomy" ("fall finale") tandis qu'à Boston (DMA n° 7), WCBV, la station affiliée ABC (groupe Hearst), lui préféra le discours présidentiel.
    Cet événement politico-médiatique illustre l'inaliénable localisme de la télévision américaine et l'indépendance de programmation des stations, même lorsqu'elles sont des filiales owned and operated (O&O) de networks nationaux. Les stations locales ont d'abord le souci des téléspectateurs de leur marché.
    On observe également que les chaînes nationales grand public restent indépendantes du pouvoir politique national.

    Le déficit de couverture de l'événement a pu être partiellement comblé par la diffusion en avant-première d'une présentation vidéo (1 mn) du futur discours présidentiel par Facebook ; ceci ne manquera pas de conforter le réseau social dans son positionnement de concurrent majeur de la télévision.
    Les networks n'ont certainement pas apprécié cette incursion de Facebook sur leur marché.
    Le président Obama, sur Facebook

    jeudi 30 octobre 2014

    PBS, télévision au service des publics : audiences en hausse


    PBS, le network de la télévision publique américaine, a réussi une bonne saison 2013-2014. Grâce à des programmes tels que "Downton Abbey" (dont la quatrième saison a battu le record d'audience historique de la chaîne) et "The Roosevelts. An Intimate History", entre autres, PBS se classe immédiatement après les 4 grands networks nationaux commerciaux : CBS, NBC, ABC et Fox. Donc devant toutes les chaînes thématiques du marché américain, dont la chaîne sportive ESPN, et devant le network commercial The CW (CBS + Time Warner). PBS peut se targuer aussi de faire mieux que HBO, Bravo, A&E ou Discovery...

    En termes de service public, le bilan de PBS est imposant ; sa mission est accomplie, éducation, divertissement, information, culture générale...
    La télévision publique américaine, tard venue - en 1970 - sur un marché dominé depuis 20 ans par des chaînes à finalité publicitaire, se distingue radicalement de celles des pays européens.
    Elle ne vend pas de publicité, ne commercialise pas son audience et assume sa vocation éducative et culturelle. Elle s'adresse à des citoyens, dit-elle, pas à des consommateurs... Ses revenus proviennent du parrainage, de collectivités publiques, d'associations et de contributions volontaires des ménages (les Etats-Unis ne connaissent pas la redevance). Enfin, soulignons que la télévision publique américaine bénéficie aussi, comme toute télévision grand public aux Etats-Unis, d'une assise locale répartie sur 210 marchés (DMA) avec 351 stations.

    jeudi 9 octobre 2014

    Télévision américaine : le marché permanent des stations


    Un network de la télévision commerciale américaine est une structure complexe de 210 stations terrestres (une par DMA), en évolution continue : le réseau réunit des stations directement contrôlées par le network (filiales, Owned-and-Operated, O&O) et des stations affiliées, sa structure change au gré des ventes de stations. Prenons l'exemple du network Fox.
    • Fox Television Stations, qui regroupe les stations du network Fox, achète KBCB-TV (DMA de Seattle-Tacoma, N° 14) pour 10 millions de $. En conséquence, Fox rompt son contrat d'affiliation, à partir du 17 janvier 2015, avec la station KCPQ (DMA de Seattle) qui appartient au groupe Tribune Co.
    • Dans le DMA de Charlotte (North Carolina, N° 24), Fox a acheté en 2013 les stations WJZY (affiliée au network CW) et WMYT (associée à MyNetworkTV). WJZY devient une station Owned and Operated (O&O) de Fox. Du coup, dans ce DMA, WCCB perd son affiliation avec Fox et s'affilie à CW.
    • En octobre 2014, Fox Television Stations acquiert deux stations dans le DMA de San Francisco-Oakland-San Jose (DMA N° 6), KTVU et KICU. Un échange a eu lieu avec Cox Media Group qui acquiert dans l'opération deux O&O de Fox : WHBQ (Memphis, DMA N° 50) et WFXT à Boston (DMA N° 7). Ces deux stations s'affiliant à Fox, leur programmation ne change donc pas.
    • Le network Fox compte 28 stations O&O couvrant ensemble 37,28% des foyers TV américains (113 802 820 TVHH) ; la limite réglementaire est fixée à 39% des foyers (FCC). Les foyers restant sont desservis par des stations affiliées (210 - 28, soit 182 stations).
    Ces évolutions récentes de Fox illustrent la fluidité et la modularité du marché télévisuel américain. Son adaptation continue, sans à-coup réglementaire, à l'évolution démographique et économique des régions et, bien sûr, à l'évolution des audiences, est garante de sa pertinence économique. S'ajoutant à la délimitation des DMA, variable à la marge, county par county, nous sommes en présence d'une dentelle complexe toujours en phase avec l'économie locale et nationale de la télévision.

    Mise à jour 21/10/2014

    Quelques jours plus tard, revirement : Fox et Tribune Co. s'accordent et Fox reviennent sur la suspension d'affiliation de KCPQ ("notice of termination"). Le contrat d'affiliation se poursuivra jusqu'en juillet 2018. Tibune Co. a accepté de payer pour les programmes de prime time et de sport ("additionnal programming fees"). Ceci constitue une inversion de la relation network / affiliée, "reverse compensation". L'affiliation est un rapport de force.

    Document : classement des DMA pour la saison TV  2014-2015. Source : Nielsen.   Ici

    jeudi 14 août 2014

    Upfront Market : bilan provisoire de l'achat TV américain


    Rappel : le marché publicitaire Upfront (en avance) concerne surtout les grands networks généralistes américains anglophones et l'année télévisuelle à venir (septembre - juin). A ce titre, les performances de ce marché constituent un indicateur de l'évolution du marché publicitaire de la télévision et de la santé des groupes TV. Il s'agit d'un marché assorti de garanties de GRP sur cibles alors que les ventes ultérieures, effectuées au début de chaque trimestre (scatter market), n'en comportent pas. N'est ici prise en compte que la tranche horaire de prime time (donc sans le sport) ; la cible est généralement celle des 18-49 ans.

    Voici un bilan provisoire, encore incomplet. A ce stade, il est encore limité aux networks anglophones traditionnels et aux chaînes thématiques (câble, satellite, télécoms) upfront en juillet. Les données sont déclaratives : agences média, groupes TV principalement.
    qui ont terminé leur
    Ce bilan sera mis à jour et rectifié au cours des semaines prochaines, au fur et à mesure de la publication de nouvelles informations.
    En résumé :
    • Le volume total des ventes, exprimé en dollars, a quelque peu diminué : deux explications sont avancées, mais ce sont des hypothèses incertaines, difficilement vérifiables pour l'instant.
      • un report au scatter market, d'une part, qu'il est trop tôt pour apprécier
      • une ponction effectuée par la video numérique, d'autre part. A rapprocher des proclamations lors du NewFronts ("Video Upfront" tenus fin avril - début mai sous l'égide de l'IAB, contrôlés par Google, AOL, Yahoo!, Microsoft, Digitas, Hulu). NewFronts se veut l'équivalent pour la vidéo online de l'upfront market de la télévision.
    • Les CPM sont en hausse modérée, autour de 5% en moyenne 
    • Les volumes sont en baisse pour le câble, pour la première fois (formidable erreur de prévision : on attendait +5%, ce fut -6%), sa part du marché publicitaire passant sans doute au-dessous de 42%. Source : Cabletelevision Advertising Bureau (CAB), 24 octobre 2014).
    • Les chiffres pour Univision et pour la syndication ne sont pas encore publics.