vendredi 28 mars 2008

L'exception chinoise : note de lectures

« Rupert’s Adventure in China. How Murdoch Lost a Fortune and Found a Wife » (302 p. Index), par Bruce Dover. Ce livre est une fable : celle du patron d’un groupe multimédia international qui voulait aller en Chine. Agréable à lire, sans prétention théorisante, écrit par un briscard de l’armée de R. Murdoch. Donc, R. Murdoch voulait implanter News Corp. en Chine pour disposer d’un réseau satellitaire mondial (avec DirecTV aux Etats-Unis, BSkyB et Sky Italia en Europe, et Star TV en Asie) et, partant, d’un formidable network publicitaire mondial. De l’intérieur, l’auteur raconte toutes les opérations, les stratagèmes imaginés, la politique des petits pas et des grands repas. Il décortique l’art de collectionner les relations intéressées (guanxi, 关系) et celui, méticuleux, de les mobiliser opportunément : tout ceci dans l’espoir qu’administration et gouvernement autoriseront les foyers chinois à s’équiper d’antennes paraboliques pour recevoir du ciel les bienfaits de la télévision occidentale. Rien n’y fit. Les gouvernements successifs ont littéralement baladé, au prix fort, News Corps et ses missi dominici. Les médias Chinois aux Chinois : application de la doctrine de Monroe à ses promoteurs. Manifestement, comment s’en étonner, la Chine a retenu la leçon des humiliations et des souffrances des années de colonisation occidentale (guerres de l’opium, Révolte des boxeurs, etc.). Et ne s’en laisse pas conter par ceux en qui elle ne voit plus que des « tigres de papier ».


Ouvrir sa télévision aux étrangers, c’est risquer une partie de sa souveraineté. Les médias, rappelle cette fable moderne, ne sont pas des produits d’importation comme les autres : que faire pour que cette indispensable ouverture ne soit pas une abdication culturelle ? Prudents, les gouvernements chinois attendent, semble-t-il, que les médias chinois soient en état d’affronter la concurrence à armes égales.


Pour tous ceux qui s’imaginent encore que la « Chine est proche », que la mondialisation est un dîner de gala, la leçon de ce livre sera salutaire. Elle recoupe d’ailleurs celle d'une autre expérience, savoureuse elle aussi, de la distance qui sépare la culture de gestion occidentale de la chinoise, exposée dans un livre fameux, Mr China de Tim Clissold : les tribulations d’un banquier de Wall Street en Chine. Le récit de toutes ces erreurs constitue un superbe cours de gestion, « par l’exemple négatif », comme dit justement l’expression chinoise.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

很有参考价值
c'est une bonne référence

François MARIET a dit…

Que voulez vous dire ? Quelle bonne référence ?