samedi 4 octobre 2014

Audience numérique des journaux américains : mobile d'abord

Répartition des lectures numériques

L'audience numérique des journaux américains s'accroît = +18% en un an pour les internautes de plus de 18 ans. Les segments démographiques qui augmentent leur lecture de presse en ligne sont d'abord des segments féminins. Parmi les 18-24  ans (72% d'audience cumulée mensuelle) et les 25-34 ans (92% d'audience cumulée mensuelle), ce sont les femmes qui dominent (Source : Newspaper Association of America, comScore, 29 septembre 2014, 300 journaux mesurés).
A partir de 24 ans, l'audience numérique décline avec l'âge et la génération ; le segment 18-24 ans est en très forte croissance, surtout chez les femmes (+38%).

N.B. Rappelons qu'aux États-Unis, la presse quotidienne est presque exclusivement locale ou régionale ; on ne compte que peu de titres nationaux d'envergure hors de US Today (généraliste) et The Wall Street Journal (économie, finances).

Les lectures mobiles accentuent cette tendance (l'enquête dichotomise : desktops / laptops, d'une part, mobiles, d'autre part (tablettes et smartphones). La lecture sur desktop / laptop diminue (-14%), la lecture exclusive sur mobile augmente de 102%, la lecture hybride (tout appareil mobile) augmente de 48%. Globalement, les lectures sur appareils mobiles l'emportent sur celles qui sont effectuées sur ordinateurs. L'équipement des ménages américains en smartphones et tablettes va certainement renforcer cette tendance.

Voici donc de très bonnes nouvelles pour la presse quotidienne américaine. Tout d'abord, le numérique, loin de la condamner, va la sauver. En effet, les lectures numériques entraînent un rajeunissement de l'audience globale, et sa féminisation.
Reste à mettre en place les outils de monétisation publicitaire de cette audience de plus en plus mobile. Un travail s'impose de construction de segments de consommation (cibles) ; nul doute que l'exploitation de la data très riche que réunit cette presse le permettra, data allant bien au-delà du démographique et incorporant le géographique, le contextuel, le comportemental, etc. Cette data enrichira également la stratégie du travail journalistique.
La presse américaine est de plus en plus un média numérique.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

"Reste à mettre en place les outils de monétisation publicitaire de cette audience"
Heureusement que vous leur dites - il n'y avaient certainement pas pensé.

Zysla a dit…

La litote est une figure rhétorique, entre sous-entendu et connivence, qui instaure une relation de complicité avec l'auditeur ou le lecteur. Susciter les réflexions et les réactions quoi de plus formidable pour celui qui écrit !... Donc F. Mariet nous incite à réfléchir sur les outils de monétisation.
Car nous ne sommes pas niais, nous savons pertinemment que les acteurs de la presse américaine ont évidemment pensé à les mettre en place. Ce à quoi nous invite l'auteur au travers de l’impératif : « Reste à mettre en place les outils de monétisation publicitaire de cette audience », c'est à réfléchir aux écueils, aux difficultés, aux nombreux choix possibles en matière de monétisation. Quels sont-ils ? J'en avance quelques-uns, juste pour ouvrir le débat :

- Monétiser l'espace "tel quel" pour les quantités de contacts qu'il autorise ? Mais alors comment mesurer correctement et surtout contrôler les quantités ? Il faudra un jour revenir sur la réalité des impressions publicitaires ...

- Monétiser des contacts ciblés, voire hyper ciblés, y compris en relation avec les données de déplacement / mobilité ? Entre parenthèses (et presque hors sujet, encore que …), l'interrogation à avoir porterait aussi sur la pertinence d'un hyper ciblage, nécessairement court-termiste. A force de voir des taux de performance (au sens achats ou clics) de plus en plus élevés lorsque l'hyperciblage se raffine, on peut se demander si on ne touche plus que les acheteurs qui auraient de toute façon acheté (100% des gagnants ont tenté leur chance !).

- Monétiser les données elles-mêmes ? Là le métier de la régie publicitaire change totalement (bon courage à la Loi Sapin en France). Quel modèle, quelles relations régie/ annonceur ou agence ? Quels problèmes (issues en anglais) juridiques ?

- Un peut tout cela en même temps ?

La question est donc bien "quels outils ?" et pas "il faut mettre en place des outils" ! Mais cela, nous l'avions tous compris, nous, lecteurs intelligents d’un auteur intelligent qui nous pousse à la réflexion ...
Alors, la volonté de "Anonyme" (encore un ? !) qui se cache derrière son commentaire est-elle la litote ou le persiflage ?
Dans l'un comme l'autre cas, cela suscite le débat. Alors, merci ?

Michel226 a dit…

Le succès des journaux numériques est aujourd'hui très important et on peut donc s'apercevoir que de plus en plus de personnes préfèrent s'orienter vers la version numérique des grands quotidiens accessibles via leur tablette, smartphone (applications) ou ordinateur (site internet des quotidiens).
En France, au début de l’année 2014, le journal Libération dont les ventes ont fortement chuté, a connu une grande crise au sein de sa direction. Il a dès lors été question de changer de stratégie. L'ancien directeur Nicolas Demorand parlait de "virage numérique qu'il fallait prendre" et considérait que "les diversifications sont aujourd'hui nécessaires dans la presse écrite, qui ne peut plus vivre seule. Elles ne peuvent se faire qu'autour d'un journal et d'un site puissants. Les activités périphériques doivent être au service de la production de journalisme de qualité".

Morgane226 a dit…

En France, l’audience numérique des journaux s’accroit également. En effet, si la presse papier reste majoritaire en termes de lecture de la presse, ses versions numériques suscitent de plus en plus d'intérêt. On note ainsi une progression de la lecture aussi bien sur ordinateur que sur mobile. Cette progression se fait toutefois au détriment de la lecture exclusivement papier ; néanmoins, on perçoit que les lecteurs numériques n’abandonnent pas pour autant le papier, un certain nombre navigue naturellement d’un support à un autre.

Face à ces évolutions, les sociétés spécialisées dans la mesure d’audience -tels que Audiopresse ou Médiamétrie- ont ainsi, pour la première fois cette année, pris en compte l’audience globale des marques de presse en y intégrant les audiences papier, Internet fixe et Internet mobile. En revanche, l’audience des tablettes ne sera intégrée dans l’étude qu’en 2015

Lucie Goudchaux a dit…

Janine Gibson, directrice de la publication de l’édition américaine du Guardian, souligne qu' "un journaliste de la presse papier est habitué au fait que convaincre son rédacteur en chef de publier son article lui garantisse de trouver une audience. C’est exactement l’inverse pour un journaliste numérique : il doit trouver son audience une fois qu’il a écrit son article".

Au delà de la monétisation publicitaire de cette audience, la numérisation de la presse papier pose d'autres enjeux car l'évolution technologique bouleverse non seulement le modèle économique de ce média, mais aussi ses modes d’organisation, ses métiers et ses contenus. Il s'agit d'une écriture à la fois enrichie (diversification de l'information dans des délais raccourcis) et à la fois changée (écriture captive, modernisée de l'internet, ...).

Dans ce sens, elle représente une opportunité considérable de développement et de réinvention de ce secteur afin de séduire les nouvelles générations de lecteurs.

#lucie226