vendredi 14 décembre 2012

BYOD : Bring Your Own Device

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BYOD (bring your own device) : maxime nouvelle de la vie professionnelle dans un monde numérisé. Les entreprises acceptent, reconnaissent que leurs employés utilisent leur propres appareils sur le lieu de travail - ordinateur portable, smartphone, tablette (notamment iPad) ; elles l'encouragent même. Ainsi s'atténue, progressivement, la frontière entre bureau et domicile, personnel et professionnel (une appli comme Divide, acquise par Google, propose de les séparer : "keep your work and personal lives separate on a single device"). Phénomène engagé il y a une vingtaine d'années avec les équipements portables, ordinateurs puis téléphones. Effet de la banalisation de ces équipements, de leur usage, qui accompagne la chute de leurs prix, généralisant l'équipement personnel des cadres et la mobilité.
Cette indistinction, personnel / professionnel, profite aussi de l'effet accélérateur des suites bureautiques gratuites, des WebMails et de leurs périphériques (agenda, contacts, blogs, etc.). Dropbox, iCloud Drive, SkyDrive et Google Drive, entre autres, qui généralisent les sauvegardes sur cloud pénètrent profondément les TPE et les PME, les administrations (cf. Google Apps for Business) ; ces applications synchronisent les différents appareils, permettant la collaboration à distance, la téléconférence. L'adresse fournie par le Webmail fonctionne comme identifiant unique pour l'accès à de nombreux services sur de nombreux appareils : tout cela sonne la fin d'une informatique compliquée, chère et délimitée. La confusion du personnel et du professionnel est aussi accentuée par les usages des réseaux sociaux, usages à la fois professionnels et personnels (cf. les cercles de Google +) : il arrive même que les tribunaux aient du mal à distinguer ces usages : "Who owns your Tweets?".

Ainsi, la bureautique recourt de moins en moins à des spécialistes, laissant la place aux amateurs professionalisés (Pro-Ams). L'apprentissage continu de cette bureautique sans cesse mise à jour relève de plus en plus des magazines, de l'environnement professionnel ou familial : mutualisation des savoir faire. On attend seulement du lieu de travail, et d'ailleurs de tous les lieux (loisirs, éducation, transports), qu'ils fournissent une connexion Internet de qualité et sécurisée (cf. cisco : "La liberté sans danger pour le service informatique"). Il faut désormais pouvoir travailler de n'importe quel lieu, on ou off-line : la notion de lieu pour le travail, personnel ou professionnel, est de moins en moins pertinente. Les métiers de services ne font que suivre la voie ouverte par les artisans et compagnons qui possèdent depuis longtemps leurs propres outils : coiffeurs, maçons, plombiers...

Cette évolution est un défi continu pour les instituts mesurant et analysant les audiences du Web ; ils s'efforcent de recruter des panels d'internautes distincts, au domicile (home), sur le lieu de travail (work), les deux (both) ou à l'université. Recruter des panels sur le lieu de travail est depuis les débuts du Web davantage un signe de bonne volonté que de bonne méthodologie. Personne n'y a vraiment cru. La fusion "BYOD" (ou COPE, corporate-ownd personnaly enabled) des usages (et des cookies) sur de mêmes appareils rend superfétatoire une telle distinction (cf. Work and Home audiences. BYOD). C'est la fin d'une illusion et c'est tant mieux.
Aux panels de s'ajuster ; la culture informatique et bureautique change rapidement : par exemple,  il y a de plus en plus de produits Apple au bureau alors que certains panels ne savent pas encore les prendre en compte. Il faut décidément recaler plus souvent les études de calage (establishement surveys) : équipements et pratiques numériques changent très vite.
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mercredi 12 décembre 2012

The tablet as a perfect gift

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Of course, it makes perfect sense for Google to give a nexus 7 to households who subscribe to its Google Fiber in Kansas City, since the tablet is going to be used as a remote control for the television set. It is also an opportunity to test and find out who uses it, when and what for, who doesn't, etc. And of course, this tablet is a Google tablet (android).

Magazines and newspapers follow an old promotional path. In the past, with a subscription you might receive a radio, a CD player, a calculator or a clock, etc. Now it is the time of the tablet. In early 2012, for a yearly subscription to The New York Times there was a Nook tablet (Barnes & Noble). Now The Times proposes a Google nexus 7 to new subscribers (18 months / $28 a month) at a very reduced price (£50 instead of £199). The Financial Times (Pearson) offers nexus 7 to its digital subscribers (12 months at $48 a month, in the US). An FT app is - of course - preloaded. Do manufacturers help cover part of the gift? In French-speaking Europe, Le Soir, Les Echos (iPad mini), La Montagne, Le Progrès, Le Figaro (Arnova7 Archos) and now (March 2013) the local papers (Le Télégramm) also propose a tablet.

According to buzz from Santa's helpers, his sleigh is full of tablets. But no idea if there are newspaper or magazine subscriptions that come with them. Doubtful.

On the other hand, The Wall Street Journal (News Corp.) does not seem to need to sell tablets to convince people to subscribe.


mercredi 5 décembre 2012

TV américaine : politique et publicité

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La télévision américaine, locale ou nationale, permet la publicité politique. Cette publicité est financée par les partis, les lobbies divers et les candidats.

En période électorale, les tarifs publicitaires de la télévision montent sous l'effet de la demande politique. Chaque candidat a droit au plus bas des tarifs pratiqués dans la tranche (la FCC y veille). Les prix du 30 secondes varient logiquement selon le moment de l'achat, selon les Etats, selon l'enjeu politique, selon la configuration électorale (plus il y a d'independant voters - électeurs non inscrits au parti démocrate ou républicain), plus les tarifs sont élevés. Marché politique et marché publicitaire vont de pair.

Les dépenses effectuées à la télévision doivent être transparentes (qui paie, quel montant, pour quel message) et tout doit être publié sur le site de la FCC (décision de la FCC, avril 2012). Cette règle de transparence ne s'applique qu'aux stations des 50 premiers DMA et aux 4 plus grands networks. La réglementation ne concerne pas, pas encore, les médias numériques (les réseaux sociaux, par exemple) : beaucoup d'acteurs politiques trouvent le champ d'application de cette réglementation trop restreint ; ils critiquent la lenteur de sa mise en oeuvre ainsi que la structure inadéquate, "indigeste", peu opérationnelle de l'information fournie (faute d'être organisée en bases de données).

En 2012, année d'élections présidentielles, les dépenses électorales à la télévision ont atteint 3,1 milliards de dollars (près du double de 2008). L'essentiel des revenus est allé aux stations locales (2,9 milliards), le reste allant au national (networks et national spot. Source : Kantar). 41,8 % des dépenses concernent les élections présidentielles, 21 % les référendums locaux d'initiative populaire ("ballot initiatives"). Cette année ces référendums portaient notamment sur le mariage homosexuel, la légalisation de la marijuana, la constitutionnalité du droit de chasse...
Les stations (locales) tirent profit de leur localisme et de la coïncidence de la géographie télévisuelle et de la géographie électorale. Une sorte d'effet d'aubaine.
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vendredi 30 novembre 2012

La pharmacie soigne ses écrans

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Des écrans sur les points de vente ? Oui, mais avec quels objectifs ? Force est de constater que cette question des objectifs est rarement posée. Pour toute décision d'installation, on se satisfait souvent de l'habituel mimétisme : "les autres le font", "il y en a partout"...
Décoration, animation, aide à la vente, PLV ? Tout cela peut-être...

Prenons l'exemple d'une pharmacie située sur la place centrale d'une petit ville, à Fribourg (Suisse).

Vers le milieu de l'officine, près d'une caisse, un petit écran propose, pour l'instant, une appli PharmaCity et en bas de l'écran, la transaction en cours. Les fonctionnalités de l'appli (AppStore) sont encore rudimentaires : localisation des pharmacies d'un réseau donné, des services proposés, leur position sur une carte, à quelle distance, etc. On est manifestement au tout début de l'expérience, et de ce type de petit écran et de l'appli. Sa situation dans un lieu névralgique entre la caisse et des produits est à exploiter.

Au fond de la pharmacie, deux écrans visibles depuis le centre de la pharmacie, placés symétriquement par rapport à l'axe central de la pharmacie. Bien lisibles, ils sont alimentés et pilotés par un réseau national (publicité et conseils). Aucun contenu local n'est diffusé : un tel service serait sans doute trop lourd à maintenir et alimenter. Pas de son. Pour l'instant, l'évaluation de l'attractivité visuelle des présentoirs n'est pas encore prévue ; pas plus que l'utilisation de l'espace par les clients. L'observation par la force de vente suffit-elle, faut-il s'en remettre à l'intuition pour tout cela ?

Cette pharmacie teste prudemment l'utilisation des écrans.
Dans une première étape, des écrans ont été placés en vitrine. Solution vite abandonnée : en plein soleil, les écrans étaient illisibles. Pour l'avenir, le pharmacien s'intéresse au traitement du bilinguisme, indispensable (allemand, français), au paiement mobile aussi (fidélisation, etc.). Pour l'instant, les essais se poursuivent, déclare le pharmacien, persuadé que les écrans, le wi-fi, l'interactivité et les applis occuperont une place stratégique dans le point de vente mais que l'on n'avait pas encore trouvé de solution simple et convaincante. Sage philosophie.
Ce que l'on observe souvent dans d'autres types de commerce confirme qu'il est urgent de réfléchir et de tester, encore et encore. La réponse au "désir" d'écrans est à construite sur mesure en fonction des particularités des points de vente (taille, aménagement), clientèle, type de produits... Obnubilés par la mesure à finalité commerciale (le GRP !), les professionnels de l'affichage numérique sous-estiment sans doute l'intérêt des études quali des réactions des clients.

Merci au directeur de la pharmacie qui a accepté de discuter très librement avec nous de ces écrans.
Le texte n'engage que nous (photos FjM).
Sur les vitrines :

lundi 26 novembre 2012

Le Web : fonctions régaliennes et souveraineté nationale

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Photo d'actualité politique, il y a quelques jours, à la une de nos journaux. Elysée. Autour de la table : le Président de la République française, deux ministres du gouvernement français, la Ministre de la culture et de la communication et la Ministre chargée de l'économie numérique ; en face du Président français, l'Executive Chairman de Google.

Il est question de la presse française. En fait, l'enjeu va bien au-delà des difficultés de gestion de la presse ; la télévision est également concernée, et tous les médias. Il y a problème fiscal aussi puisque certaines entreprises du Web très actives en Europe n'y paient guère d'impôt.

Il y a une dimension culturelle. Des entreprises collectent en Europe des données qui sont revendues à fin publicitaire (géolocation, données comportementales, données personnelles, etc.). Données précieuses dont on affirme qu'elles sont la nouvelle richesse des nations connectées.

Ces entreprises qui exploitent des moteurs de recherche, des réseaux sociaux, des navigateurs, entre autres, menacent-elles l'indépendance et la souveraineté nationales ? C'est ainsi sans doute que le conçoivent d'autres Etats, ce qui explique que la Chine ou la Russie, par exemple, encouragent le développement d'entreprises nationales puissantes travaillant en langue nationale (Baidu, Tencent, Vkontakte, Yandex, Alibaba, etc.), capables de tenir les entreprises étrangères à distance et de limiter leur emprise économique et culturelle.

Indépendance, souveraineté, diable ! Comme vous y allez ! Mais il y va de la langue française ou allemande. Il y va de l'accès aux savoirs, à l'information et à l'éducation. Il y va de la sécurité aussi.

Le développement international du Web, son omnipotence invitent à reconsidérer la liste des fonctions régaliennes, celles qui sont à la fois des "marques de souveraineté" et qui relèvent du devoir de l'Etat.
Traditionnellement, ces fonctions comprennent la sécurité intérieure ou extérieure, les finances, la justice. Faut-il y ajouter le numérique ?

N.B. L'Executive Chairman de Google confirme les images diplomatiques que les groupes numériques internationaux aimeraient donner d'eux-mêmes : L'Executive Chairman de Google estime qu'ils doivent être gérés comme des nations ("to run it more like a country", cf. The Wall Street Journal, Dec. 4, 2012). Image entretenue par la sémiologie implicite de la photographie ci-dessus.
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vendredi 23 novembre 2012

Preview, magazine Série & Télévision

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Tout est dit dans le titre. 3,9 €, 100 pages. Peu de publicité.
Les séries constituent une pratique culturelle importante, un ensemble de références partagées, voire d'identifications. Segmentantes, elles permettent de (se) placer sur les axes principaux de "l'anatomie du goût". "Criminal Minds", "The Mentalist", "Homeland", "Glee" mais aussi celles d'autrefois : "Dallas", "ALF", "MacGyver", "I Dream of Jeannie", "Navarro", "L'Instit"... Nostalgie, culte... la série est marqueur historique. Racontant des histoires, c'est une structure narrative qui reprend des principes que ne contesterait pas le théâtre classique.

Après le DVD, la VOD et le streaming multiplient les occasions de regarder des séries hors des chaînes, sur le Web, à tout moment. Non plus seulement à doses unitaires hebdomadaires mais aussi par plus grandes rations, deux ou trois de suite. Soirée séries à la demande.

Les séries épousent souvent l'avant-garde des changements culturels (sexualité, mode, manière de parler, vie familiale, gestique, nudité, etc.) ; à ce titre, leur efficacité sociale va bien au-delà de la stricte distraction. La majorité des séries diffusées en France sont américaines de conception et de réalisation ; cela ajoute une touche d'exotisme et introduit un peu de flou dans la compréhension (même, et surtout peut-être, pour ceux qui regardent les séries en V.O.). Ces séries propagent à la périphérie des manières américaines de voir et regarder le monde, de le raconter aussi : la globalisation est souvent américanisation. De tenter d'y résister naissent des politiques d'exception culturelle (Chine, France).
Le premier numéro du magazine comporte un dossier sur les soap operas, ceux de prime-time et ceux de daytime. On y lira aussi des articles sur "Revenge" (série phare du prime time de ABC, diffusée en France par Canal Plus Family puis, ensuite, sur TF1), sur le tournage de la saison 5 de "Un Village français" (France 3), sur les nouvelles séries programmées par les networks anglophones américains mais aussi sur des séries programmées sur les chaînes européennes. A noter encore une brève réponse à une question qui mériterait de plus longs développements : "La fiction française est-elle au bout du rouleau ?"

Pour ceux qui aiment les séries, les voir et les revoir.
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dimanche 18 novembre 2012

Le Matin des médias en Suisse

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Dimanche matin. Terrasse au soleil de novembre. "Café renversé" et lecture du Matin Dimanche. Il semble n'y être question, directement ou indirectement que de médias, aussi bien comme objets d'articles que comme sources de financement. Témoignage, s'il en fallait, que les médias sont au coeur de notre quotidien.
Exemples.

Une page entière consacrée à la crise de la presse écrite (p.41). Au-dessous d'une photo de manifestation (Lille, mai 2012), un histogramme de l'évolution des investissements publicitaires en Suisse, de 2001 à 2011 : la presse quotidienne perd beaucoup, l'affichage aussi ; la télévision gagne beaucoup, le numérique gagne un peu (Source : Media Focus). Faut-il lire dans ce titre une allusion à la formule juridique célèbre "le mort saisit le vif" ? Ainsi, le Web hériterait de la presse papier, ses modèles, ses problèmes, ses réflexes... Cf. le résumé de la situation dans les "modèles de survie (numérique) pour les journaux".
  • Article sur un cerveau en fuite (brain drain) : un ingénieur lausannois qui travaille au siège californien de Facebook, est "de passage en Suisse pour dénicher de nouveaux talents" (p. 42). 
  • Interview de l'auteure de la saga "Twilight" (p. 65).
  • Publi-reportage de Swisscom sur la récupération et le recyclage des "vieux portables" (p. 26). 
  • Double page de publicité pour upc cablecom (p. 24-25). 
  • Une page people sur une soirée organisée par Tamedia pour ses clients (p. 27). 
  • Une page people sur "l'ambassadrice" (sic) publicitaire de la lingerie H&M (Laetitia Casta).
  • Article dans la rubrique "Economie" sur Dell dont le bénéfice fond... (p.37).
  • Dans le supplément féminin, FEMINA, un article de la rubrique "Beauté" est consacré aux blogueuses consomm'actrices (p. 38) et aux réactions de Clarins et L'Oréal.
  • "Le Matin Dimanche se décline aussi sur l'iPad" (p. 43). Explications : "démarche complémentaire à la version papier", souligne la directrice adjointe des publications. Jusqu'au 2 décembre, l'accès sera gratuit ; ensuite, ce sera 3 Francs à l'unité (au lieu de 4,5  Francs pour le papier), 10 Francs par mois ou 100 F par an. Modèle économique à suivre.
  • Article sur la "big data", à partir d'une étude de l'IWSB : "La Suisse, coffre-fort de données" ("Datentresor Schweiz", octobre 2012). Data centers, cloud pourraient constituer l'un des avenirs économiques de la Suisse : grâce au prix de l'électricité et à la sécurité de l'approvisionnement, grâce à la réputation de sécurité et surtout de discrétion... "Nous sommes les nouveaux banquiers privés", déclare le Président de l'Association suisse des télécommunications" (p. 39).
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N.B. Le Matin appartient au groupe suisse Tamedia.
Diffusion : 55 000 ; lectorat : 245 000. Le Matin Dimanche est diffusé à 161 000 exemplaires ; son lectorat est de 502 000 personnes (Source : Tamedia).
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jeudi 15 novembre 2012

Digital Signage, the latest of the new media


According to the Digital Place-based Advertising Association, revenues from Digital Out Of Home (DOOH) has grown faster than most other American media during the first semester of 2012. DOOH was measured by Miller, Kaplan, Arase while the other media revenues were measured by Kantar Media. See below (first semester 2012 vs first semester 2011. %)

Sources: DPAA, Miller, Kaplan, Arase (DOOH), Kantar Media. First semester 2012

Definition
DOOH covers all the screens which air advertising out-of-home: shopping malls, elevators, supermarkets, transportation (airports, subways, train stations, etc.), gas stations, doctors' waiting rooms, sports stadiums, convenience stores, urban furniture, cinemas, universities, you name it. This media is obviously growing strongly. And, in fact, it is a very new media, at the very beginning of its lifecycle: it is not simply TV sets hanging from the ceiling as was the case of Wal-Mart TV in 1990.
It is Out-Of-Home but it is not Outdoor. It is mostly out-of-home and indoor (the classification needs to be fixed) where it replaces posters. On-premise, In-Door-Out-Of-Home; it is also a social media where people meet and exchange.

Ad networks
Digital screens are all over the place and advertising networks sell local and national advertising time to advertisers.
Soon an ecosystem is bound to develop around digital signage like the one for Web display advertising including AdExchanges (DSP / SSP), Real Time Bidding, etc. for a programmatic marketplace. First, the problem of standard analytics have to be solved. The solution is probably to be found in apps on smartphones, thanks to wi-fi; such analytics will include indoor mapping and precise localization.
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dimanche 11 novembre 2012

Elections: televised and tweeted

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"The First Social Election" : l'élection présidentielle américaine a été un événement extraordinairement  médiatisé, servi, pour finir, par un formidable suspense. Les médias ont titré sur le nombre de tweets, le plus élevé de l'histoire - (sic) ! La peopleisation du politique trouve avec les médias sociaux matière à commentaire et statistiques, gages de sérieux et de rigueur.

Une semaine après l'élection de Barack Obama commence, avec le 18e Congrès du PCC, l'élection du président chinois ; 习近平 (Xi Jinping), actuel vice-président, sera sans doute élu. Aucun suspense. Aucune peopleisation. Couverture médiatique pré-électorale presque inexistante, délibérément limitée.
La Chine est la première puissance économique mondiale. Du point de vue de notre quotidien, elle nous concerne autant, sinon davantage, que les Etats-Unis. Mais l'élection chinoise n'est pas un spectacle.

L'écart de traitement entre ces deux événements comparables mesure-t-il l'ethnocentrisme culturel des médias occidentaux ? Plutôt que l'information, le modèle économique de nos médias favorise-t-il la célébration et le spectacle ? On s'interrogeait, autrefois, en science politique : "la télévision fait-elle l'élection" ? Aujourd'hui, on sait au moins que l'élection peut faire la télévision et des médias sociaux. Elections will be televised and tweeted.
On pense à Gil Scott-Heron (1974) qui se moquait de la politique et de l'information télévisées aux Etats-Unis en des termes publicitaires que n'aurait pas démentis Guy Debord : "NBC will not be able to predict the winner at 8:32" ("Revolution will not be televised", pour les paroles).


N.B. La métaphore du sport pour commenter l'élection est reprise en sens inverse. Exemple : "Every night is election night in the sports department", déclare le site de sport américain, SB Nation.
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lundi 5 novembre 2012

Avoir de la visibilité (viewability for sale)

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Avec Validated Campaign Essentials (vCE), comScore relance le débat sur la visibilité. Cette suite logicielle a été auditée et accréditée par le MRC, ce qui rassure les annonceurs américains.
Elle combine plusieurs outils de contrôle publicitaire répondant aux exigences des annonceurs : la visibilité (ad viewability, au moins 50% des pixels d'un message visible pendant plus d'une seconde selon la norme 3MS de l'IAB, Making Measurement Make Sense), la sécurisation du contexte publicitaire pour la marque (brand safety), la destination géographique (in country geographic delivery), l'engagement et, enfin, l'assurance que l'audience provenant des robots a été identifiée et évacuée (removal of non human traffic). Globalement, le bon sens : plutôt compter des messages vus que des messages expédiés (served). Cela dit, le MRC estime que les techniques de mesure de la "visibilité" sont encore insatifaisantes et qu'il reste encore beaucoup de travail pour rendre les mesures fiables (communiqué du 14 novembre 2012).

La visibilité garantit à l'annonceur que son message publicitaire a pu être vu, qu'il a eu une chance (opportunity) d'être vu. Cela s'apparente à l'occasion de voir (ODV), donc au calcul des GRP sur cible (TRP).
Qu'en est-il des ODV (OTS) dans les principaux médias ?
  • En presse papier, si le magazine ou le journal a été feuilleté, consulté, lu ou parcouru pendant la période de référence, il y a ODV.
  • En affichage papier / colle, l'ODV est lié à la présence du passant dans "l'axe de visibilité" de l'affiche (cf. Affimétrie). Le DOOH doit-il s'aligner sur cette définition ?
  • En télévision, l'ODV résulte du fait que le téléspectateur est présent dans la même pièce que le téléviseur allumé au moment de la diffusion du message (présence déclarée par les panélistes via l'audimètre et horodatage). 
La mesure des médias numériques s'avère presque toujours plus exigeante que celle des médias dits analogiques.
Bien sûr, on pourrait rêver de mettre tous les médias visuels au même niveau en recourant à des technologies s'apparentant au "suiveur de regard" (eye tracking, attention analysis) qui, plus rigoureux que toute déclaration s'il n'était pratiqué avec un harnachement de laboratoire intrusif, indiquerait, pour les médias visuels, qu'il y a eu contacts vérifiables entre le regard et le message publicitaire. Ensuite, vient la question de la durée totale du contact, de la part du message qui a été regardée ou écoutée (assiduité, comme l'on dit en télévision) ; ce que, par exemple, comScore vise avec Digital Analytix Monetization.

Une phrase de comScore doit retenir l'attention : parmi les avantages (benefits) de la suite vCE, on relève : "Get a cross-media comparable digital GRP metric". Ambition qui attise les discussions professionnelles sur la mesure : Nielsen (Online Campaign Ratings, OCR, accrédité également par le MRC), comScore avec Arbitron (où la radio est prise en compte avec le PPM), Google qui monte ses propres panels bimédia (TV + Web)...
Si l'on accepte l'idée directrice de tels projets, il faut cesser de construire des définitions ad hoc de l'audience, média par média, sinon, le média qui a les critères les plus stricts, les plus clairs et distincts (actuellement le Web, fixe ou mobile) est désavantagé dans les plans pluri-média. La communication, commerciale ou non, a besoin de critères de mesure généraux transcendant l'ensemble des médias. Ensuite, à chaque annonceur de choisir les outils de mesure correspondant à ses objectifs stratégiques et tactiques.

samedi 3 novembre 2012

Pourquoi votre publicité est-elle muette ?

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Les couloirs et les quais du métro parisien exposent des affiches invitant les clients du métro à se rendre au spectacle (cf. infra, octobre 2012).
Mais pourquoi, alors que le nombre des écrans numérique croît, ces annonceurs continuent-ils de placer leur publicité pour les spectacles musicaux sur des affiches en papier au lieu de recourir à la vidéo ou au rich media ? La question peut être étendue aux annonceurs du cinéma, du spectacle vivant voire même aux émissions de radio ou de télévision.
Bien sûr, il faudrait ne sonoriser qu'un écran à la fois par couloir ou par quai pour éviter toute cacophonie. Mais quel emplacement préférentiel ! Le son pourrait n'être déclenché que lorsque des passants se trouveraient à proximité (son directionnel) ; l'exposition sonore pourrait être réservée à certaines tranches horaires, etc.
Tout cela semble techniquement possible. Pourquoi ne pas essayer ?




vendredi 2 novembre 2012

Aereo : TV numérique sans câble

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Aereo est une startup qui a mis au point une plateforme permettant aux foyers américains d'accéder à la télévision sur des récepteurs numériques sans passer par un réseau câblé ou un bouquet satellite : "Real, live TV on the Internet. Finally".

Comment ? Aucun matériel (hardware) n'est nécessaire. Les émissions, captées par des antennes, sont mises à disposition sur des serveurs par Aereo (in the cloud platform). Les acheteurs peuvent dès lors streamer des émissions (direct broadcasting) provenant des stations locales, et, notamment, de celles qui retransmettent les networks (O&O ou affiliées) ; ces émissions peuvent être regardées sur tout support numérique (smartphones, tablettes, iOS ou android) avec tout navigateur, avec Apple TV et Roku. Elles peuvent être sauvegardées à distance (remote DVR, cloud) et regardées ultérieurement. Aereo est une forme de télévision sur mesure, à la carte, donnant plus de liberté aux consommateurs ("The Choice is Yours"). Evidemment, Aereo ne concerne pas, pour l'instant, les chaînes diffusées exclusivement à leurs abonnés par le câble ou le satellite. Toutefois, en décembre 2012, Bloomberg TV est la première chaîne à être retransmise par Aereo.
La politique des prix d'Aereo permet une consommation flexible avec des pass de 1$ pour une journée, de 8 à 12$ pour un mois et de 80 $ pour l'année, avec des volumes de stockage variables (cf. tableau ci-dessous). Aereo est présent à New York ; le service sera étendu à d'autres agglomérations ensuite (cf. mise à jour ci-dessous).
Fondée en 2012, Aereo a levé 20,5 millions de $ en février ; le tour était mené par IAC/Interactive Corp., société dirigée par Barry Diller, un spécialiste de la télévision.

Les groupes de télévision (stations et networks : Disney, Fox, Univision, Comcast, CBS, Gannett, et même PBS) ont intenté une procédure contre Aereo. Leur argumentation met en avant le non respect du droit d'auteur (copyright infringement) par Aereo.
Leur hostilité a d'autres raisons d'être :
  • L'audience ne peut être prise en compte par la mesure de référence donc, de leur point de vue, Aereo altère le modèle économique publicitaire des networks et des stations.
  • Aereo est perçu comme un encouragement à ne pas s'abonner ou à se désabonner (cord-cutting). TV Everywhere est un mécanisme protectionniste qui donne accès à la télévision sur mobile sans compromettre l'abonnement.
  • Les stations ne perçoivent pas de retransmission fee comme lorsqu'elles sont retransmises par un câblo-opérateur.
Pour sa défense, IAC Interactive Corp. fait valoir, jurisprudence à l'appui, qu'Aereo ne fait que reprendre des technologies déjà acquises et largement admises par le marché : l'antenne intérieure (rabbit ears) et le DVR (Digital Video Recording). Son dispositif s'apparente aussi à la Slingbox et au Network DVR : il ne fait que rerouter un signal accessible au public et se fait rémunérer pour la technologie. Le recours au stockage numérique (cloud) a également été jugé conforme au droit dans l'affaire Cablevision.
Fin août, le juge a refusé de suivre l'injonction des networks. Aereo semble alors sauvé. 

Mise à jour 9 janvier 2013
Aereo déclare que son service sera étendu à 22 DMA (Boston, Miami, Austin, Atlanta, Chicago, Dallas, Houston, Washington, DC, Baltimore, Detroit, Denver, Minneapolis, Philadelphia, Pittsburgh, Tampa, Cleveland, Kansas City, Raleigh-Durham (N.C.), Salt Lake City, Birmingham (Ala.), Providence (R.I.), Madison (Wis.). Mais pas encore Los Angeles, DMA N°2.
La société annonce qu'elle a levé 38 millions de dollars, principalement auprès des actionnaires actuels, pour financer son développement.

Mise à jour avril 2014
En février 2014, la cour fédérale de l'Utah bloque la diffusion de Aereo dans l'Utah, le Colorado et le Wyoming.

Les tarifs de Aereo (second semestre 2012)

mercredi 31 octobre 2012

La radio tient tête à Sandy. Broadband et broadcast

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L'ouragan Sandy qui ravage le Nord-Est américain aura affecté inégalement les médias qui se sont révélés inégalement efficaces et robustes au coeur de la tempête.

La téléphonie, fixe ou mobile, Internet et la télévision ont été sévèrement touchés, les réseaux câblés également. Et même 911. Coupures d'électricité, locaux inondés, antennes et émetteurs arrachés...
Les opérateurs de téléphonie étaient mal voire pas du tout préparés ; et l'on se souviendra qu'ils se sont opposés à la FCC qui, après les destructions dues à l'ouragan Katrina (2005), voulait imposer des équipements de secours résilients. Irresponsable impéritie.

Pour l'essentiel, seule la radio a résisté ; seule, elle a pu fournir en continu les informations indispensables aux zones très sinistrées.
Grâce à son mode de diffusion, la radio s'avère, au coeur du désastre, le média d'information le plus sûr, le moins vulnérable, le plus opérationnel ; d'ailleurs le directeur de la Federal Emergency Management Agency a recommandé aux sinistrés d'écouter la radio.

Ceci constitue un argument important pour la diffusion broadcast (modèle one-to-many) dans la bataille des fréquences en cours : la FCC demande aux broadcasters (radio, TV) de rétrocéder une part de leur spectre pour le broadband.
Depuis quelque temps, les radios réclament qu'une législation fédérale rende obligatoire la présence de la radio FM dans les téléphones portables, pour des raisons de sécurité : Sandy leur donne raison. Broadband ou broadcast ? Non, broadband et broadcast.
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lundi 29 octobre 2012

L'info est dans la rue

Toronto, juin 2012 (photo FjM)
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L'affichage public a joué un rôle important dans l'histoire de l'information, dès le 16e siècle. Longtemps, les journaux ont tenu le haut du pavé avec les crieurs qui annonçaient les grands titres et les scoops, les affichages militants sur les murs (L'Humanité).
En Chine impériale, il existait une tradition d'affichage d'information dans la rue, reprise au cours des années 1970 par les dazibao, journaux manuscrits en grands caractères (大字报).
En France, dans l'après-guerre, on venait lire les quotidiens régionaux gratuitement et regarder les photos d'actualité dans les vitrines d'un local du journal ouvert au public dans le centre ville. En reste-t-il encore ?
Au Japon, lors du séisme qui a dévasté sa ville, un quotidien local dont les installations étaient détruites a réalisé des journaux muraux manuscrits pour informer la population sinistrée (cf. l'exposition au musée Guimet).

Lire des écrans dans les rues 
Avec le numérique, les écrans peuvent donner une nouvelle vie à ce mode de diffusion de l'information. Le plus spectaculaire est sans doute l'affichage des dépêches de Reuters sur un mobilier urbain monumental placé sur un trottoir du centre de Toronto (Canada).

Des écrans dans les ascenseurs et dans les bureaux
  • Captivate Network (groupe Gannett) présente des contenus de journaux (USA Today, Chicago Tribune, Business Week, etc.), d'agences (Reuters, AP) dans les ascenseurs des grands immeubles d'affaires nord-américains (10 000 écrans). On dit qu'il s'agit d'audience captive. Le modèle Captivate Network ressemble à celui de la société chinoise Focus Media mais cette dernière n'affiche que de la publicité.
  • The Wall Street Journal Office Network (OMN) a été lancé en 1995 ; ce network est présent 780 immeubles, répartis dans les grandes agglomérations américaines (15 DMA). OMN publie des infos économiques et financières sur des écrans installés sur les lieux de travail ("It works, right where you do"). Evidemment, il n'y a pas de son. Le format des messages publicitaires, soit plein écran soit sur 30% de la surface de l'écran est de 15 secondes, ce qui semble bien long. La régie prend en charge l'adaptation de messages existants pour 500 dollars (fixe) ou 1 500 dollars (vidéo). OMN collabore avec Vistar Media pour l'achat programmé (programmatic buying, RTB, etc.). Des opérations spéciales de marketing direct peuvent être réalisées (Events). Sur un sujet voisin : "Vendre la presse avec des écrans"
Ces médias dits "Digital Placed-based Media" (cf. Digital Place-based Advertising Association, DPAA) sont une sorte de Digital Signage (ou Digital Out-Of-Home). 
Ce sont des supports de publicité, ce sont aussi, et c'est peut-être plus important, de formidables outils pour la promotion des titres affichés.
Pourrait-on imaginer de tels "affichages" sur des écrans placés dans des lieux publics pour promouvoir la presse d'information ? On saurait en mesurer l'audience que pourrait comptabiliser les études de référence. On pourrait concevoir des modalités d'interaction du type de celles que l'on voit dans les vitrines ou, mieux grâce à l'appli correspondante dans le smartphone du lecteur.  Notons encore que le lectorat ainsi évalué pourrait être incorporé dans les études d'audience de référence (papier et numérique).
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Ecran de Captivate Network dans un ascenseur  Toronto juin 2012 (photo FjM)


dimanche 21 octobre 2012

Local-Based Services: LBS = O2O + Maps

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LBS stands for Local-Based Services. It covers all that is related to local marketing and mobile. More than a trend, it is the logical consequence, a synthesis of the evolution in the digital industry: social, mobile, real-time, hyperlocal and search converge in LBS. Two components illustrate this emerging marketing culture: the maps and the strong bonds between on- and off-line.

The battle for maps is going on. Between Apple and Google of course but not only. In China alone, a dozen map companies fight for market share: among them, Baidu Maps develops many LBS. Maps are at the center of many services : local listings, street view, traffic, indoor location, public transportation schedules, etc.
Checking in, introduced first by social networks (Facebook, Foursquare, etc.), is now a sign of the times. Location is by default with smartphones ("xyz would like to use your current location") and most of the apps ask à la Facebook "where are you? (often you sign in for these apps with Facebook, your location is shared on your timeline).
All analytics produced by smartphones include geographic data, leaving most traditional off-line media in the dark, without precise geomarketing. To say "a store or a theater near you" is no longer enough.

Online to Offline (O2O) redimensions the hyperlocal and enriches it with mobile marketing using local discounts, vouchers, indoor maps, daily deals, mobile payment, group buying, loyalty cards... and drive. Recent examples:
  • From app to an event for which the app sells tickets or distributes coupons (cf. IUV.NY)
  • From crowdsourcing to mobile social networks (Weibo) to recommendations for restaurants (a new startup, HaoYouMeiShi in Beijing). 
  • With recently launched Evzdrop - what a name! - a place goes social ("listening to places through people"), targeting people who are in a store or who have already been there (retargeting).
  • The Tencent group is launching a new mobile platform in China which will incorporate maps, street views (SoSO, 搜搜), messaging (Weixin, 微信), mobile payment, LBS and mobile advertising.

mercredi 17 octobre 2012

L'audience TV s'effiloche en différés

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Par rapport à l'année télévisuelle passée, l'audience des grandes chaînes américaines de télévision (networks) présente en ce début de saison deux mouvements distincts.
  • Une érosion des taux d'audience pour les cibles favorite de la publicité (18-49 ans)
  • Une augmentation de la consommation en différé (sept jours après la diffusion en direct - Live + Seven days), l'émission ayant été enregistrée (DVR, TiVo, etc.) et regardée au cours des sept jours suivants (Live+7). Le gain peut dépasser 60% ("Glee"), et atteindre 80% ("Grimm"), par exemple. 
L'audience de la télévision ne baisse pas, elle se dilue dans la durée, sans doute au-delà de la semaine, durée arbitraire issue d'un compromis entre les annonceurs et les chaînes. Du coup, la notion de prime time, de tranche horaire premium, tend à s'effilocher. On retrouve une situation déjà courante dans la diffusion des émissions de syndication nationale.
  • Qu'est-ce que cela change pour la perception des messages publicitaires ? Davantage d'engagement ? Une probabilité plus élevée d'évitement (zipping, ad skiping) ? Ou, tout simplement : rien. Comment savoir ? 
  • Quels rôles jouent, a posteriori, les sites Web et les applis de "social TV" dans la réception à retardement des séries ? Ils en modifient certainement "l'horizon d'attente"("Erwartungshorizont"), affectant à terme le régime global de narrativité (storytelling).
  • Direct ou différé ? On peut poser à propos des séries les questions que l'on pose pour un événement sportif ou politique. Certains préfèrent le suspense du direct, d'autres y sont indifférents et privilégient la commodité du temps choisi.
Pourquoi regretter l'époque de l'événement télévisuel unique, le même pour tous, partout, à la même heure ? Ne peut-on considérer qu'une consommation reportée manifeste un intérêt accru des téléspectateurs pour les émissions, le signe d'un "engagement" ? Nous sommes en présence de télévision choisie plus que de télévision subie. Ces changements sociaux, fruits de changements technologiques, affectent le marketing de l'audience publicitaire (courbe de cumulation, audience de la veille, etc.).

Sources : Nielsen, ABC Networks et Media Life.
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mardi 16 octobre 2012

Connected TV. Connectée à quoi ?

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L'idée de télévision connectée a maintenant plusieurs années ; pourtant, c'est loin d'être une idée claire pour le grand public. Selon le P-DG de BARB, l'organisme de mesure des audiences de la télévision en Grande-Bretagne, la plupart des gens n'y comprennent rien et confondent tout en matière de service et de technologie (cf. "People confused by connected TV", The Drum).

Avant, c'était simple : on choisissait un téléviseur, on l'achetait, on le branchait... et voilà !
Avec la télévision connectée, rien ne va si simplement. Déjà, l'expression prête à confusion : connectée à quoi ? Il faut plutôt dire "connectable", ce qui n'arrange rien et met le doigt sur une imprécision de plus.
Le téléviseur d'avant était branché à l'antenne, au câble, relié au décodeur du réseau câblé ou au décodeur connecté à l'antenne satellite. La télévision nouvelle aussi. Mais, en plus, elle est connectable à Internet. Connectée à la prise Internet, au routeur. Routeur connecté au câble qui traverse l'habitation et qui amène la TV. Ou connectée sans fil par le Wifi (via le routeur).

Sur l'écran de la télévision connectée, il y a des applis comme sur le téléphone et les ordinateurs. Mais ce ne sont pas les mêmes, enfin si, mais pas vraiment. Avec la télévision connectée, on peut utiliser une tablette ou un smartphone comme télécommande pour se connecter... A quoi ? A tout : à une chaîne, ou à YouTube ou à Facebook, par exemple... Et la télécommande pointée sur la set-top box, ça marche pour la catch-up et la VOD ? Est-ce que je dois payer en plus pour la VOD ? Oui, enfin, pas toujours, car il y a aussi de la VOD gratuite, fournie par l'opérateur du câble. Et les émissions des chaînes payantes peuvent être achetées en VOD ? Oui, parfois. Et Apple TV et Google TV ? C'est de la TV connectée... A quoi ? Est-ce qu'il faut s'abonner ?
Les vendeurs s'y perdent, les consommateurs aussi. Quant aux enquêteurs...

Il y aura 1,8 milliard de téléviseurs connectés en 2016, proclame une "étude". Les études parlent par statistiques, qui se propagent d'instituts en clients en communiqués de presse en journalistes en analystes... A l'origine de toute statistique, il y a un enquêteur, souvent modestement payé, qui, seul, a eu le contact avec un informateur qui lui a déclaré ce qu'il savait. Tous ceux qui ont mené des enquêtes sur les équipements auprès des ménages, ceux qui, sur le terrain, lisent et répètent les questions aux enquêtés désorientés, ces enquêteurs savent combien il est difficile de savoir. Surtout par téléphone. Au domicile de l'enquêté, face à face, l'enquêteur peut aller regarder de quoi il retourne. Enfin, il pourrait car, généralement, il n'a pas le temps, il ne veut pas déranger, et, surtout, il ne sait pas lui même, il n'a pas été formé ("briefé") pour interpréter les branchements sibyllins et les connexités entre appareils... Or, tout repose sur ces enquêtes qui calent les quotas des enquêtes futures.

En attendant de disposer d'enquêtes quali, ethnographiques, menées dans les points de vente au moment de l'achat, dans les foyers des clients lors de l'utilisation, la télévision connectée reste "un je ne sais quoi qui n'a de nom dans aucune langue". Objectif de telles enquêtes : comprendre pourquoi, selon certaines enquêtes, 95% de la télévision regardée le serait sur un téléviseur et de manière linéaire. Comme il y a cinquante ans, à l'heureux temps du téléphone fixe et des annuaires, quand il n'y avait que deux chaînes de TV.

N.B.  Ne pas confondre :
  • Le nombre d'appareils vendus par les constructeurs à la distribution et celui des appareils vendus par la distribution à des particuliers.
  • La statistique des apparareils connectables et celle des appareils connectés (de même qu'un appareil HD vendu ne signifie pas que l'on y regarde des émissions en HD) ; l'écart entre les deux, entre le possible et le réalisé, se resserre progressivement et constitue un indicateur pertinent de l'évolution des équipements. Fin 2012, moins de 50% des appareils connectables achetés par les foyer sont connectés à Internet.

samedi 13 octobre 2012

La stratégie Facebook de Walmart aux Etats-Unis

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Walmart, c'est le grand des grands de la grande distribution généraliste mondiale, premier en Amérique (Brésil, Canada, Mexique, Etats-Unis), premier en Chine. Sa stratégie marketing constitue donc un indicateur important des attentes des clients de l'Amérique du quotidien ; elle peut également inspirer les entreprises européennes qui connaissent un environnement semblable, caractérisable par l'appauvrissement de leur clientèle, la concurrence d'entreprises sans magasins, les réseaux sociaux, les transformations de l'urbanisme...
Ces quatre directions conditionnent la stratégie annoncée par Walmart pour l'année qui vient. La puissance de cette stratégie tient à la libre combinaison par les clients des actions on-line et off-line.
  • Contrer la progression d'Amazon
    • Livraisons à domicile le jour même (same-day delivery). Walmart ToGo, livraison à partir du magasin pour 10 $. Google, eBay, la Poste s'essaient aussi à suivre cette exigence des consommateurs.
    • Décision de ne plus vendre les tablettes et liseuses d'Amazon (kindle) tout en continuant de vendre l'iPad et d'autres tablettes.
    • Renforcer le e-commerce (avec @Walmart Labs). Cf. Walmart is Going Digital. Les clients de Walmart peuvent ausssi commander en ligne et prendre livraison dans le magasin (drive).
  • Attirer et fidéliser la clientèle la plus vulnérable à la crise. Avec Walmart, cette population s'efforce, bon gré mal gré, de maintenir son niveau et son style de vie.
    • Permettre aux clients de réserver les produits et de les payer en plusieurs versements ultérieurs (layaway)
    • Continuer d'élargir l'assortiment des produits proposés dans les magasins
    • Diminuer les frais bancaires des clients avec BlueBird, carte de paiement prépayée et paiement mobile mise en place avec American Express. La cible : celles et ceux qui en ont assez de leur banque et de ses tarifs.
  • S'appuyer sur le réseaux sociaux, Facebook d'abord, en faisant participer la clientèle. Les clients de Walmart éliront sur Facebook les jouets qui bénéficieront de réductions avant les fêtes : crowdsourcing. Ce n'est pas la première opération de Walmart avec Facebook, on peut donc y lire une confirmation en acte de l'efficacité commerciale de Facebook. Walmart compte 22 millions de "followers".
  • Améliorer la pénétration du local en implantant des petites surfaces de proximité : Neighborhood Market et Walmart Express : acheter au plus près de chez soi.

jeudi 11 octobre 2012

Vitrines interactives



Les vitrines sont un média encore mal estimé. Premier des mobiliers urbains, elles sont les lumières de nos villes. Il en est de superbes, quasi oeuvres d'art. (Cf. Le Journal des Vitrines). Elles relèvent autant de la décoration que du marketing. Il en est d'efficaces, attirant dans le point de vente des passants qui ne l'avaient pas envisagé. Il en est même de sonores (Whispering Window). Mais il en est aussi de sinistres, qui ne donnent pas envie de rentrer dans le point de vente : au hit parade du tristounet, les banques l'emporteraient sûrement, mais rien n'est joué. A mesurer ! Fenêtres sur rues (window shopping), les vitrines donnent aussi sur le point de vente puisque de la rue l'on y voit l'intérieur du magasin.

Le durcissement de la réglementation de la publicité extérieure confère aux vitrines une valeur marketing accrue grâce à leur emplacement au coeur de la ville commerçante. Visibilité, tranparence, intention, promixité de l'acte d'achat, engagement, passage, contacts, répétitions... Que dire de mieux ? Que tout cela mériterait d'être évalué : le numérique le permet désormais aisément, et sans compromettre la vie privée.

Le numérique apporte aux vitrines des capacités nouvelles grâce aux écrans (DOOH) que l'on peut y placer. Pour peu que ces écrans soient conçus habilement et ne défigurent pas la vitrine, ne l'occultent pas. Là encore, horreurs et gaspillage ne manquent pas. Au début, un écran suffisait pour ébaubir et attirer l'attention des passants ! Aujourd'hui, il en faut davantage. Esthétique et efficacité communicationnelle vont de pair.
L'écran peut apporter aux passants l'interactivité avec le point de vente, même quand  celui-ci est fermé.

Exemple : ci-dessus une vitrine d'agence immobilière, tactile, en partie interactive, pour AEDES Immobilier. L'écran permet :
  • de naviguer et sélectionner un appartement correspondant à une annonce affichée 
  • de regarder une photographie du bien retenu (zoom, etc.)
  • de laisser des coordonnées (e-mail, téléphone) afin d'être contacté.

lundi 8 octobre 2012

Toy R Us dans la vidéo et les tablettes

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Toys R Us, le distributeur de jouets, jeux et produits pour enfants, entre à son tour sur le marché américain de la vidéo. Son offre se compose d'un site de streaming et téléchargement pour ordinateur (Toys "R" Us Movies) avec un catalogue de 4 000 films et, à partir de la fin octobre 2012, d'une tablette (Tabeo avec Wi-Fi, vendue exclusivement dans ses magasins, 150 $). Les applis viendront logiquement avec la tablette, et, qui sait, la publicité, et ensuite l'internationalisation ?
  • Pour la technologie, Toys R Us s'appuie sur Rovi. Rovi a la capacité d'intervenir dans trois secteurs : la distribution de vidéo, le guide de programmes pour la sélection des films et séries (fonction de recherche et découverte) et la publicité (monétisation d'un réseau publicitaire multi-plateforme : Rovi Advertising Network). Rovi vise les publics multi-plateforme et la TV connectée. 
  • Pour les contenus, Toys R Us met en place des accords avec des studios (Warner Bros., etc.) pour la diffusion de séries, de films s'adressant à tous les âges de l'enfance, des bébés aux adolescents ainsi qu'à la famille : "Curious George", "Gossip Girl", etc. Les films sont vendus au public pour 2,99$, les séries pour 1,99$. L'enseigne insiste sur la qualité contrôlée de la sélection proposée aux familles (curation).
L'ensemble vise évidemment la clientèle des magasins Toys R Us : des familles avec jeunes enfants (son slogan : "We Love Kids!"), public adepte et virtuose des utilisations multi-plateformes (multiscreentasking).

Quatre tendances de la distribution de la vidéo peuvent être dégagées de cet événement commercial.

L'évolution tous terrains
Les acteurs de la distribution de la vidéo se multiplient ; leur terrain s'élargit aux enseignes de la grande distribution : distribution généraliste et CPG (Vudu  / Walmart) ou distribution spécialisée (Toys R Us), Barnes & Noble (NOOK Video et NOOK Cloud), Amazon (Kindle).
Cette évolution constitue une menace pour les chaînes de télévision traditionnelles. Elle s'ajoute à la menace d'acteurs comme Amazon, iTunes (Apple), Netflix, YouTube... Pour les studios producteurs des contenus, en revanche, cette augmentation de la concurrence constitue une formidable opportunité.

Le statut des supports mobiles
La tablette accompagne la distribution vidéo pour une sorte de "freebie  marketing" (donner le rasoir et marger sur les  lames). L'évolution de la taille des tablettes (plus petites) et des smartphones (plus grands), les capacités de synchronisation en font des supports mobiles commodes pour la vidéo. Hors grands événements, le téléviseur rencontre avec les tablettes une forte concurrence touchant d'abord les moments faibles de l'offre télévisuelle (day time, etc.) et ses cibles les plus volatiles et vulnérables (enfants, adolescents, jeunes adultes).

Le relais du point de vente physique
Le développement du marché de la vidéo online s'appuie sur les magasins traditionnels. Grâce à la commercialisation des tablettes, Walmart, Toys R Us, Barnes & Noble profitent de leurs points de vente comme relais de visibilité, de notoriété et de promotion pour la vidéo. Apple n'est pas très éloigné d'un tel modèle avec iTunes dans les Apple Stores. Et Best Buy (GSS électronique) se lance sur le marché des tablettes avec son Insignia Flex.
N.B. Walmart a cessé de commercialiser les tablettes Kindle d'Amazon (septembre 2012).

Inévitable mondialisation
Walmart, Toys R Us et Apple ont une présence internationale avec leurs magasins. Les tablettes suivent logiquement les magasins, la publicité aussi. Les accords avec les studios, pour l'instant nationaux, peuvent être facilités par une négociation internationale. Restent les législations nationales et la vente nationale des droits pour freiner l'internationalisation complète de ce marché.

La grande distribution et le marché de la vidéo aux Etats-Unis
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dimanche 7 octobre 2012

Très court traité d'économie des médias

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Humour publicitaire pour la campagne d'affichage de Numéricâble, fournisseur de haut débit et de télévision en France (câble, VOD). L'argument présenté est un modèle de raisonnement en matière d'économie domestique ! Plutôt que dépenser pour des loisirs extérieurs (cinéma, concert, spectacle sportif, etc.), il vaut mieux rester chez soi et regarder de tels spectacles grâce à un abonnement à la télévision payante. Donc il faut s'abonner... pour profiter de son appartement chèrement acquis. D'autant que l'abonnement accroît le coût d'opportunité du spectacle extérieur. Reste la question de la production de satisfaction finale... qui varie selon les consommateurs.
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Mise à jour : les langues comme destins

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Cf. Les langues comme destins
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vendredi 5 octobre 2012

La TV publique américaine dans la bataille électorale

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 "I'm going to stop the subsidy to PBS. I'm going to stop other things. I like PBS. I love Big Bird... But I'm not going to -- I'm not going to keep on spending money on things to borrow money from China to pay for it".
Romney, candidat du parti républicain aux élections présidentielles américaines de 2012, lors du débat télévisé qui l'opposait au président Obama, déclare qu'il n'empruntera pas à la Chine pour financer Big Bird, c'est à dire la télévision publique américaine. Selon TiVo, ce moment fut le plus regardé du débat. A cette envolée anti-PBS (relayée très largement sur Twitter, avec humour ), un élu du parti démocrate rétorquera que Romney préfère manifestement aider l'industrie pétrolière. Voilà pour la politique politicienne et sa rhétorique.
En réalité, "Sesame Street" n'est pas financé par les contribuables américains mais par le merchandising : licencing de produits dérivés de l'émission et de ses personnages (livres, jouets, jeux, etc.).

Big Bird ? C'est le grand oiseau jaune qui habite "Sesame Street", au coeur de l'émission diffusée par PBS, le network national de stations locales de secteur public ; l'émission est produite depuis 1968 par le Sesame Workshop (ex. Children's Television Workshop). Tout américain de moins de quarante ans est un ancien élève de la fameuse "Rue Sésame". L'émission est également exportée et adaptée dans de nombreux pays dont... la Chine ; il y a même une série d'émissions où Big Bird (大鸟) voyage en Chine à la rencontre du Phénix (风), roi des oiseaux selon les légendes chinoises. En mai 2012, Sesame Workshop a ouvert un site Sesame Street destiné à la population sinophone : 芝麻街 (cf. infra).

Le véritable débat n'a pas eu lieu
Le financement de la télévision publique par l'impôt ne va plus de soi. Nulle part. Le développement de médias numériques en accès public par milliers sur le Web, fixe ou mobile, demande que soient reconsidérées, de fond en comble, sans a priori, les interventions de l'Etat dans le financement des médias. L'occasion d'un débat essentiel pour l'économie politique des médias a encore été manquée.

N.B. Sur la télévision publique américaine : Télévision publique : PBS, l'autre modèle américain
Sesame Street : le site en langue chinoise.

mardi 2 octobre 2012

ABC video

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Conférence de Ann Sweeney à propos du marché de la vidéo. Voici, rapporté par The Hollywood Reporter (28 septembre), ce qu'a dit la très puissante présidente de Disney Media Networks et de Disney / ABC Television Group.
  • La vidéo est de plus en plus souvent regardée sur des appareils mobiles, tablettes ou smartphones.  Le mobile est un facteur essentiel du développement du marché de la vidéo. 
  • Sur ces appareils mobiles, 80% de la vidéo regardée transite par des applis ; celles-ci disposent d'un atout primordial, leur simplicité d'utilisation (ergonomie). Il faut donc développer des applis pour les émissions. Et inventer des manières de raconter des histoires (storytelling) correspondant aux capacités étendues des technologies numériques.
  • Les applis qui dominent la distribution des produits ABC / Disney sont celles de Apple (cf. l'accord Disney / iTunes de 2005). YouTube a son utilité également, pour lancer l'audience. 
La marque télévisuelle
Les faits constatés étant rappelés, vient logiquement la question des marques. Il y en a deux : ABC, le network télévisuel, d'une part, et Disney, les studios, d'autre part. Ce sont deux marques distinctes aux yeux des consommateurs. Toutes deux sont "fournisseurs" de contenus (Anne Sweeney préfère l'expression "moteur de contenu", "content engine"). Mais, ce sont des fournisseurs de niveaux différents : Disney est l'un des fournisseurs principaux de ABC, ABC est l'un des distributeurs télévisuels de Disney.

Le network télévisuel
Il faut "recaractériser" le network, reconcevoir sa fonction parce qu'il est bousculé par le numérique ("It - the digital - recharacterizes the whole idea of a television network"). Dès lors se pose la question du rôle de Hulu (dont ABC est l'un des actionnaires), de la VOD, des applis (dont le ABC player) et des nombreux sites des deux marques ABC et Disney. Comment orchestrer les actions des multiples canaux de distribution ?
Chaque vecteur joue son rôle : ainsi, Hulu étend l'audience de ABC, apportant une affinité plus féminine ; la VOD facilite l'exportation (actuellement vers l'Europe du Nord), etc. Il faudrait ajouter, qui ne sont pas mentionnés, Netflix (accord de distribution), les salles de cinéma, etc.

Qu'entendons-nous au coeur de ce discours à l'air improvisé, émaillé d'anecdotes calculées ? L'organisation en network a été importante ; elle doit désormais s'adapter à l'évolution numérique des médias et à leur révolution mobile.
Voici donc annoncée, discrètement, comme en passant, la remise en question de l'organisation commerciale (distribution) de la vidéo. Ce n'est pas une mince affaire, car cettte organisation est depuis plusieurs décennies au principe même du développement de l'audio-visuel américain.
Au bout du compte, mais Anne Sweeney ne l'évoque pas, vient la question de la monétisation, entre paiement direct (VOD) et financement publicitaire auquel il faut apporter de la puissance ciblable (couverture maximisée à n contacts). Quid de la mesure qui permettrait d'optimiser la commercialisation des audiences dispersées sur diverses plateformes synchronisables ? Quid aussi de la chronologie des médias qu'il faut optimiser également ?
Copie d'écran de iTunes (USA) avec des applis ABC, Disney, Hulu ; ABC Dora est au groupe MTV


mercredi 26 septembre 2012

Joy of TV cooking : la "grande santé" de YouTube

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YouTube fait son entrée sur le marché de la télévision américaine par la très grande porte d'un network historique. C'est une consécration attendue. Et ce n'est sans doute qu'un début...

"Recipe Rehab", une série conçue et produite pour YouTube, diffusée d'abord sur YouTube, sera re-diffusée en syndication sur les stations du network ABC / Disney, en format de 30 minutes, à partir d'octobre 2010. Diffusion en semaine, mi-journée, sur les stations O&O, et, sans doute, sur des stations affiliées indépendantes.
La réussite de l'opération se mesurera d'abord au nombre de stations reprenant l'émission dans leur grille, au même horaire, dans les plus grands marchés (DMA), distribution conférant à l'émission un statut quasi national et, à terme, lui ouvrant l'accès à des annonceurs nationaux.
On avait les diffusions en syndication de type off-network, voici venir la off-YouTube syndication.

Cette série, produite par Everyday Health, a été lancée sur le réseau vidéo YouTube en avril ; elle a bénéficié d'aides financières de Google / YouTube.
    • Peut-on séparer ce tournant dans l'histoire de la télévision de l'entrée de Google sur le marché de la mesure des audiences dans plusieurs pays (constitution de panels audimétriques mixtes, TV+Web) et des ambitions de Google en matière de télévision connectée (Google TV) ? 
    • Du point de vue publicitaire, Everyday Health envisage un montage prometteur, alliant le Web à la TV, le on-line au off-line. Addition et multiplication de contacts vidéo. On ne sait pas encore comment seront cuisinés les GRP. 
    Sources, entre autres :
    Amir Efrati, "From YouTube to TV. An Online Cooking Program Migrates to ABC Stations", The Wall Street Journal, September 24, 2012.



    mardi 25 septembre 2012

    Let's make the mall interactive

    Mall in a Parisian suburb. September 2012.

    Showcasing cars at malls. Some days, lots of people pass by the cars, look at them, other days less. Depending on the weather, on the period of the year, the period of the day... Who knows?

    What is the car's "audience"?
    Do we know how many people had an Opportunity To See the car (OTS)? Do we know if people came back to look at the car again, and if so, how many times? The same day or the next week? Deduplicated audiences are not easy to measure.

    Does the audience matter?
    Of course: it matters to the brand and it matters to the mall. Both not only need to know the number of people or the frequency of their visits (these numbers are important for branding, for setting the price for advertising space); they especially want to reach some of these shoppers again, to retarget them on a smartphone.

    The mall could build a panel, launch a loyalty card (using smartphones)... Those interested in the car would receive a message on their smartphone: "Would you like to know more about the car?", "What about a test run? If so, send us a mail, a text; let's make an appointment".... There must be a solution for interactivity: apps, QR codes, etc. Such marketing tools could provide rich data and useful analytics.
    Passers-by interested in the car would probably like to know more about it, but they do not have the time to stop or to ask a vendor (not even to mention that sometimes there is no one to talk to). They might be busy, shy, their kids can't wait. Maybe the mall is just too crowded! If they could just "like" the car with Facebook, twit about it, share a picture with Instagram or Pinterest... Without interactivity, these passers-by are lost to the brand and to the local car dealers.

    Conclusion
    Such an operation - the equivalent of an open house - deserves the red carpet treatment. This is an extremely important advertising opportunity... And yet, neither the car manufacturer nor the mall can know exactly how successful it is.  Of course, there are so-called "intercept" surveys. How representative are the samples? What about those people who refuse to be intercepted?
    It is about time all this business thinks digital!
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    lundi 17 septembre 2012

    iTunes: from Ping to Facebook

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    Share with iOS 6: Facebook,
    Twitter and Chinese Weibo ( 新浪微博)
    Ping, the social network launched by Apple two years ago, closes at the end of September. It "will no longer be available" as the euphemization goes (cf. infra). As a social network for music, all kinds of music, Ping should have succeeded. On paper it was very promising. But it proved disappointing, despite the strong support of iTunes and its million users and music fans.
    Why? Probably because of Facebook. Facebook,- more than YouTube, which seems to become more and more a place for broadcast, like radio or TV. For most people, Facebook is the natural place for sharing music with friends. Music is what we share with friends. Music is social, it is often the basic cement of friendship, a first step in sharing feelings and love.

    Apple has drawn the conclusion from the Ping experience and will now collaborate with Facebook. Facebook and Twitter (already in iOS 5) will both be fully integrated. From iTunes, you can now share and like directly on Twitter or Facebook. In iOS 6, by the way, the YouTube app is no longer installed by default. All of this sounds like a major ongoing battle, Google (YouTube and Google +) on the one hand, Facebook and Apple on the other.

    Why Facebook? Metcalfe's law, the network effect, incites merging,... The barrier to entry for new social networks is now very high. The only place left is for specialized social networks: music, sport, photos, health, wine, cooking, video games... and professional sites  (including LinkedIn, Viadeo, ...). And, except for professional reasons (or hobbies), you probably only use one single network. Facebook is becoming a total, one-stop networking experience: localization (check in), friending, communication, shopping...
    N.B. It should be noted that, in Russia, Rutube, the so-called Russian YouTube, links up with Facebook.

    Specialized social networks for musicians are plenty. Most of them are like marketplaces where people look for jobs and promotion in the music industry. Examples include: Fandalism ("Use Fandalism to show your playing and meet other musicians"); Dilettante, a social network for classical music, did not last long (January 2008 - December 2010); Pitchfolio, "the Worldwide Contact Point and Job Noticeboard for the Classical Music Profession"; Socialnetworkformusicians ("Assert your presence on social networking sites to generate sales AND expand your fanbase!"), etc. These specialized social networks all refer back to Facebook as a meta social network.

    There are obviously two kinds, two levels, of social networking: those which strive to be universal and those which are specialized. In the long run, which category will Pinterest, FourSquare, Instagram, Yelp, etc. belong to?

    Sceenshot of iTunes (September 2012)

    lundi 10 septembre 2012

    Etudes média : les grandes fusions ?

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    L'hégémonie du numérique dans les médias et, plus généralement, dans les activités de transaction et de communication (activités de moins en moins dissociables), la migration des activités de ciblage et de segmentation publicitaire vers une collecte et un commerce généralisés de data ne peuvent que mener à la fusion progressive d'un grand nombre d'études. L'objectif ultime des fusions d'études est de ramener le plus grand nombre de médias à une sorte de plus petit commun dénominateur : le contact comme "équivalent général" (métaphore plus féconde conceptuellement que celle de "currency").
    La presse a entamé, la première en France, ce mouvement de concentration, de coordination et de rationalisation. La convergence des études suit, en léger différé, la convergence complexe des comportements des utilisateurs de la presse qui constituent la source unique. Diverses raisons justifient ce mouvement de fusion : il permet des économies d'échelle pour la production des données amorties sur de plus larges effectifs (études de calage, un même panel en ligne pour collecter les informations plus ou moins disparates) ; il simplifie les traitements et l'exploitation des données (moins d'opérations statistiques, de modélisations, moins de logiciels de traitement, etc.).
    Alors que le recrutement de panélistes est de plus en plus difficile et coûteux, il faut réduire le nombre de panels et réduire la durée de passation de chaque enquête : cette optimisation passe par la fusion des "études média".
    On pressent un GRP que nous appellerons non proctérien comme l'on parle de géométries non euclidiennes (cf. H. Poincaré) parce que, plus générales, elles englobent celle fondée sur un postulat révoqué (cf. G. Bachelard). Un nouveau GRP, plus "commode" (H. Poincaré) se profile qui postule d'autres définitions du contact et de l'occasion de voir ou de lire. Pour transcender et unifier toutes les définitions possibles, certaines agences média s'en remettent à la mémorisation, au bêta de Morgensztern qui est une sorte d'équivalent général (cf. échangeabilité / Austauschbarkeit).
    • Audipresse ONE, lancée par la presse française, regroupe en une même étude des magazines et des quotidiens (autrefois AEPM et EPIQ) ; elle  collecte des données de lecture des supports numériques de ces mêmes titres. "Lectures convergentes" : croisement des habitudes de fréquentation des versions numériques avec les lectures 30 derniers jours ou des habitudes de fréquentation (résultats dits "Brand"). A terme, on annonce une fusion avec Nielsen NetRatings.
    • Audipresse Premium regroupe des données produites auparavant par l'étude IPSOS "La France des cadres actifs" et celle des "Hauts Revenus". Audipresse Premium produit des données d'utilisation papier et Web croisées avec des données Média Marché.
    • L'OJD (Office de Justification de la Diffusion) publie des données de diffusion des supports papier et de supports numériques (sites, applis), concernant des titres de presse mais aussi des sites d'autres médias (télévision, etc.).
    • Mesures site centric et people (user) centric : données hybrides OJD + Médiamétrie. Ce projet a pour objectif l'union de ce qui est collecté par des panels d'utilisateurs avec ce qui est observé par et sur les sites (cookies, analytics). Chacune de ces deux méthodologies présente des "commodités" que les annonceurs voudraient cumuler :
      • Mesures publiées en continu pour tous les sites, mêmes petits (données site centric), données dédupliquables pour le calcul de la répétition entre sites (données user centric). 
      • Les panels, même méga ou maxi, ne peuvent par construction que massacrer la "longue traîne", apporteuse de précises et précieuses affinités. Mais les audiences sur site sont parfois compromises par la volatilité des cookies. 
      • Il est curieux toutefois de voir des annonceurs, au nom de la sacro-sainte puissance et de contenus dits "premium", renoncer à la richesse de la longue traîne, où l'encombrement publicitaire est moindre, l'intérêt et l'engagement de l'internaute plus élevés et indiscutables (et dont la visibilité de la publicité affichée est désormais assurée par des logicels de vérification).
    D'autres "fusions" sont inéluctables, certaines sont déjà en chantier : en télévision, en radio, dans le Web même où sont encore séparées les audiences des supports mobiles et des supports fixes alors que s'affirme une sorte de multiscreentasking fusionnel et une domination du mobile. Quant à la publicité extérieure, elle aura du mal à fusionnner les données de l'affichage (4x3 papier/colle) avec celle, numérique, des écrans (digital signage, DOOH) tant semble radicale leur hétérogénéité. De plus en plus, la mise en place de dispositifs DOOH incluent des analytics, témoignant de l'attente impatiente des annonceurs et des commerçants.
    Au bout du compte, se dessine une fusion ultime : celle des analyticsmédias avec ceux des points de vente (déplacement, contacts linéaires, contacts produits, contacts PLV, fidélisation, etc.). Elle passera sans doute, entre autres par des applis ad hoc téléchargées dans les mobiles des consommateurs.

    Références "hors médias"
    Bachelard (G), "Les dilemmes de la philosophie géométrique", in Le Nouvel esprit scientifique
    Poincaré (H), "Les Géométries non euclidiennes", in La science et l'hypothèse
    Marx (K), Le Capital, Livre 1, Chapitre Premier, III, 2 et 3 (cf. "Die Allgemeine Äquivalentform")