lundi 7 décembre 2009

CityPhone, applis de papier

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Dès que se développe un média, la presse de papier s'en empare pour en faire son contenu, le mettre en son "magazin", comme l'on disait il y a déjà plus d'un siècle, et en faire un magazine.
Voyez la télévision : de nombreux titres racontent ses programmes, ses people. Le cinéma offre encore beaucoup d'actualités à couvrir par la presse, programmes et people, encore. De nombreux magazines couvrent Internet (les meilleurs sites, etc.) et la téléphonie. Les jeux vidéo et leurs diverses consoles ont donné naissance à des dizaines de titres et autant de Hors Série.
Il y a là quelque chose à retenir du rôle spécifique des supports. La presse parle mieux de la télé que la télé elle-même ; on se renseigne sur la téléphonie à l'aide d'un magazine. Manifestement, Internet ne remplit pas tout à fait ces fonctions. Pas encore ?


Voici la presse de l'iPhone et de ses applications.
On avait déjà des Hors Série : de Stuff, de Mobiles Magazine, de SVM Mac, de T3, de Vous et votre Mac. 
CITYPHONE est un bimestriel, vendu 4,90€, distribué par les NMPP. Le titre est emblématique d'un appareil utilisé pour vivre sa ville, s'y orienter plus que pour simplement téléphoner. Le premier numéro compte 8 pages de pub, pas si mal pour un premier numéro (je ne connais pas le tarif net pratiqué par la régie). Hélas, toute la pub provient d'annonceurs captifs, comme si les lecteur/trices de ce titre n'étaient pas aussi voyageurs, lectrices, sportives, à la mode, maquillées, parents... Médiaplanning désespérant, peu créatif, peu ambitieux (de la part des agences média).
Le magazine traite exclusivement des applications, qu'il sagisse de sujets pour les nouveaux utilisateurs (tutoriel de 20 pages avec glossaire, pour dire ce qui ne va pas sans dire, magré tout) mais aussi des infos et des trucs pour utilisateurs plus chevronnés. Ce n' est pas seulement un inventaire. Le tout est bien illustré.

Pourquoi rien sur les autres applis ? Android  y apporterait ses lecteurs, d'autant que de nombreuses applis ont une version pour chaque OS. Prochains numéros ?
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3 commentaires:

Zedesse a dit…

Ironie du sort et juste retour des choses. A l’heure où la presse écrite s’inquiète de sa survie devant la « presse en ligne », les magazines, eux, contournent et détournent le problème. Le Phoenix renaîtrait-il de ses premières cendres?

David a dit…

Bonjour,

Ici CityPhone.
Cela fait toujours plaisir de lire les critiques des personnes qui connaissent tout et qui auraient à coup sûr, fait bien mieux.
Puisque vous semblez si compétent dans le domaine publicitaire de la presse, sachez que les non captifs attendent juste de voir. En gros, oui, ça à l'air bien, mais on ne prend pas de risques.
Et sortir un numéro en fin d'année, ce n'est pas la meilleure période puisque la plupart des budgets pubs sont déjà bouclés.
Si vous avez des contacts et des budgets pour des non captifs, je suis bien évidemment preneur.
Enfin, c'est un numéro 1. Il va donc évoluer et mûrir.
Vous auriez pu saluer aussi l'audace de sortir un magazine dans cette période morose pour la presse écrite. Non, au lieu de çà, c'est "peu créatif, peu ambitieux".
Pourquoi pas d'autres applis ?
Je vous laisse y réfléchir plus sérieusement que votre première analyse.

Bien à vous,

David

François MARIET a dit…

Merci David, pour ce commentaire, dans lequel je ne me reconnais pas.
Quand j'écris dans mon post : "peu créatif, peu ambitieux", je vise - EXPLICITEMENT - le médiaplanning. Donc, par construction, cela ne saurait viser ni votre rédaction, ni votre régie. Cette critique s’adresse uniquement au conseil média et au médiaplanning dont le métier est aussi d’amener les annonceurs à tenter de nouveaux supports de presse. A mon avis, informés du lancement, ils auraient dû suggérer à des annonceurs non captifs (par exemple, ceux des secteurs "voyage / tourisme", "automobile", "mode / beauté", "sport", etc.) d'investir (dans) votre titre. Le travail média doit être créatif et aller au-delà d’un ajustement mécanique d’affinités explicites. A mon avis, le médiaplanning presse reste trop dépendant des données "en bécane" et des logiciels afférents qui peuvent parfois constituer une barrière à l'entrée de l'innovation et favoriser un médiaplanning conservateur. (N.B. le même raisonnement pourrait s’appliquer au positionnement dans le linéaire presse).
Vous m'avez mal lu : ce n'est pas vous qui réalisez le médiaplanning qui met, ou ne met pas, votre titre dans les plans média. Pour tenir compte de votre commentaire, et éviter toute erreur de « lecture », j'ai précisé ma cible dans le texte du post (entre parenthèses).
Pour les lecteurs non spécialistes, rappelons l’intérêt pour un annonceur d'être présent dans un numéro Un : profiter des retombées du lancement (mise en place, promo, etc.), bénéficier d'une exclusivité sectorielle, et même espérer une approche tarifaire incitative (créative !). En quelques années d'agence média - j'ai eu le temps d'apprendre cela de mes aînés et de le pratiquer. Le travail de votre régie, je l’évoque pour souligner sa performance : 8 pages, et je ne vois pas que je prétende savoir faire mieux.
Pour android, je maintiens mon point de vue, positif : je signale que le lectorat potentiel de votre magazine va au-delà de l’iPhone (le titre le permet, dès lors que s’estompe l’allusion graphique à l’iPhone).

C'est donc un malentendu.
Pour le reste, d'accord pour saluer le courage, mais aussi l'habileté, de lancer un titre sur ce sujet en ce moment. Et puisque nous avons entamé un dialogue, permettez-moi une question : quelle stratégie par rapport à Internet ?