vendredi 2 octobre 2020

Netflix : streaming en tête

 


Netflix et YouTube atteignent donc presque la moitié de la durée du streaming. Telle est la conclusion de l'analyse de LightShed Partners pour le mois de juillet 2020. L'analyse utilise les données de Comscore. 


mercredi 30 septembre 2020

Les nouvelles formes fixes : arts poétiques


La versification introduit dans la littérature des contraintes formelles. Le théâtre classique la suit avec la règle des trois unités (Nicolas Boileau et L'art poétique et d'autres, plus tard, comme Paul Verlaine). La créativité a trouvé dans ces contraintes des appuis : le genre à forme fixe, comme le sonnet, figures imposées par l'époque...

Dans la communication publicitaire et autre (mais, est-il d'autre communication que publicitaire ?), les formes fixes sont nombreuses ; elle évoluent lentement. Les formes fixes, ce sont, par exemple, les formats : le 4x3m de l'affichage, le 30 secondes puis le 20 secondes pour la télévision, quelques formats Web, le format des petites annonces, le quart de page de la presse... La télévision a créé le sitcom et les séries : 26 mn, n fois...

De la forme fixe, de l'alexandrin classique, on est passé progressivement au vers libre (Guillaume Apollinaire). Qu'en est-il dans la communication publicitaire ?
Twitter crée un format court 140 caractères, chaque réseau social crée son propre format, de Facebook à Snapchat à YouTube... 

Il y a trop de figure libres ? Revenir à Nicolas Boileau, mais : "Avant donc que d’écrire, apprenez à penser"  (Chant 1, vers 150) !


lundi 28 septembre 2020

Des cadres et des professions intellectuelles supérieures, de plus en plus nombreux

 Virginie Forment, Joëlle Vidalenc, Les cadres : de plus en plus de femmes, INSEE Focus, N°205, 25 septembre 2020

Il y a 5,2 millions de cadres en France, représentant 19% de la population active ; leur nombre a presque triplé en quarante ans (on ne comptait que 1,8 million cadres en 1982). Les cadres sont surtout plus diplômés que le reste des personnes en emploi dans la population française : plus de 9 sur 10 sont issus de l'enseignement supérieur. 54% d'entre eux sont titulaires d'un diplôme d'enseignement supérieur de niveau Bac + 5 mais 14% d'un niveau Bac +2...

Sauf dans la fonction publique, les hommes cadres sont encore les plus nombreux. Les femmes sont plus nombreuses surtout parmi les professionnels de l'enseignement secondaire général et technique, les médecins et pharmaciens salariés, ainsi que les cadres spécialistes des fonction administratives et financières. Quand vont-elles en général finir par dépasser les hommes ? Bientôt...

Les cadres travaillent plus souvent à temps partiel et sont beaucoup moins souvent en situation de sous-emploi.

En fait, le portrait que donne l'INSEE des cadres et professions intellectuelles supérieures montre ses insuffisances : la catégorie cadre est trop confuse voire floue, vétuste même. Elle mêle des activités de statut professionnel différent. Passons sur les "professions de l'information, des arts et du spectacle", qui méritent un traitement statistique à part. La catégorie des ingénieurs et cadres techniques d'entreprise mêle les cadres sortis de grandes écoles (Centrale, X, ENS) et celles et ceux qui sortent de formations plus élémentaires, moins défendues. Et l'on pourrait analyser de la même manière la catégorie des "professeurs" qui confond tranquillement les professeurs de collèges et celles et ceux qui enseignent dans une classe préparatoire prestigieuse... Que dire des cadres de la fonction publique qui mêle les préfets et leur employés ?

Il faut donc retoucher cette classification, la moderniser pour qu'elle fasse mieux voir des différences. Aujourd'hui, elle ne parle plus assez, elle dissimule plus qu'elle ne révèle. Mais peut-être, n'est-ce pas son rôle social que de dissimuler ?

Source : INSEE, Enquête Emploi 2019


vendredi 25 septembre 2020

Le groupe télévisuel américain Scripps devient national


E.W. Scripps Co. vient de prendre le contrôle du groupe Ion Media, pour 2,65 billions de dollars, avec l'aide de Berkshire Hathaway qui investit 600 millions de dollars. Ion est situé en Floride où le groupe a été lancé en 2007. Ion Media possède 71 stations de télévision de pleine puissance dont plusieurs sont très bien placées dans les 25 premiers marchés, que E.W. Scripps diffusera avec must carry. 

Actuellement, E.W. Scripps détient des chaînes qui comptent 124 stations affiliées dans 60 marchés selon un contrat limité : Katz Networks (Bounce, Court TV et Court TV Mystery). La couverture est de 96% des foyers TV américains. E.W. Scripps détient également Newsy (multiplateforme).
Avec cette nouvelle acquisition, et malgré les 26 stations dont le groupe se sépare pour être en règle avec la loi limitant les concentrations (stations vendues au groupe INYO Broadcast Holdings), E.W. Scripps devient désormais le plus important des groupes de télévision commerciale. La bourse a réagi favorablement. 

E.W. Scripps a d'abord été dans le câble (avec HGTV et Food Network, chaînes qui ont été rachetées par Discovery Communications en 2017). Le groupe semble désormais se concentrer sur la télévision puisqu'il a revendu également ses possessions dans la presse et la radio ; il a revendu également Stitcher, le groupe de podcasts (en juillet 2020). Berkshire Hathaway a revendu ses possessions dans la presse (média sans avenir dira son CEO) et a pris récemment des intérêts dans Snowflake (data warehousing) lors de l'IPO.

Une chaîne de stations locales peut être actuellement intéressante puisqu'elle peut compter sur deux retransmissions particulièrement intéressantes : d'une part, les retransmissions de la NFL (National Football League) et, d'autre part, l'année étant électorale, les stations pourront compenser leurs pertes dues au coronavirus grâce aux ventes d'espace publicitaires pour les élections.



lundi 21 septembre 2020

TV14 : la bataille des quinzomadaires TV est ouverte

 
TV 14 est le nouveau magazine de télévision qui paraît toutes les deux semaines (tous les 14 jours). Il est vendu 1,4 €. Le magazine bimensuel compte 116 pages qui donnent donc "2 semaines de programmes au meilleur prix!" et se vante d'être "plus lisible".

Le magazine ne donne rien d'original : 7 pages de jeux (mots croisés, sudoku, etc.), deux pages cuisine simples (des tartes), et quelques pages de publicité (pour Leclerc, Orange, atlas, le hors série cuisine de Télé Star, etc.). Le reste commence par des sélections : séries, SVOD, cinéma, sports, replay. Puis viennent les programmes : d'abord TF1, puis France 2, France 3 et M6 et enfin 16 chaînes.

Avec ce magazine économique ("0€70 seulement par semaine", difficile de trouver moins cher !), l'éditeur s'attaque au marché populaire. 

L'autre quinzomadaire, le véritable concurrent, TV Grandes chaînes, lancé en avril 2004, appartient au groupe Prisma Media, qui détient également les magazines Télé Loisirs et Télé 2 semaines, coûte 10 centimes de plus. Il diffuse environ 640 000 numéros par quinzaine et toucherait environ 1 440 000 lecteurs (LDP, Source : ACPM / OJD) dont une majorité féminine (940 000) ; son audience est en baisse, légèrement (cf. histogramme ci-dessous, source ACPM). 

Avec TV 14, Reworld Media complète ainsi son offre de presse télévision. Notons que le groupe détient déjà Télé Star, Télé Poche et Télé Magazine. 

Le tirage de TV 14 serait de 150 000 exemplaires pour le premier numéro (septembre) qui titre, par hasard, "Demain nous appartient" !

Une bataille commence !



mardi 15 septembre 2020

Karate Kid a pris de l'âge : voici Cobra Kaï, 34 ans plus tard, rajeuni


Cobra Kaï est la poursuite d'un ancien film (Karate Kid, 1984). Elle a d'abord été lancée par YouTube Red, devenu depuis YouTube Premium, avant d'être rachetée par Netflix qui produira la troisième saison en 2021. Notons que Amazon, AMC, Hulu et Netflix étaient déjà preneurs de la série que YouTube a emportée. Les deux premiers ensembles de 10 épisodes sont désormais, après YouTube, proposés aux abonnés de Netflix. 
34 ans plus tard, Cobra KaÏ prend la suite de Karate Kid. Sur YouTube, la série a connu un très raisonnable succès avec plus de 90 millions de spectateurs chaque année pour sa première diffusion ; sur Netflix, le succès semble prometteur également. Mais attendons la troisième saison de cette "action comedy-drama".

Pour l'instant, voici donc les deux anciens finalistes du film, William Zabka (Johnny Lawrence) et Ralph Machio (Daniel LaRusso) qui se retrouvent face à face ; ils sont maintenant patrons de dojo's et ils sont dans le rôle qu'ils occupaient dans le film, ils ont vieilli, bien sûr, et ils ont dû reprendre l'entrainement qu'ils avaient plus ou moins abandonné après Karaté Kid. Ils font revivre leur concurrence dans une atmosphère un peu ancienne et classique, quelque peu nostalgique et fière (on dirait "corny", en anglais). L'un est plutôt pauvre, parfois alcoolique, seul, sans épouse, tandis que l'autre a réussi  brillamment dans la vente d'automobiles ; il a une femme et deux enfants, dont une fille qui pratique excellemment le karaté. Le premier est hargneux, le second est calme. Et l'on retrouve aussi dans la série, entre autres, des oppositions courantes de la culture des teen-agers américains.

L'ensemble constitue une incontestable réussite pour Netflix, l'audience regroupant sans doute des anciens fans de Karaté Kid - ils ont 34 ans de plus - et des nouveaux, plus jeunes (teen-agers), qui se reconnaissent plus ou moins dans les gestes et les paroles des héros de Cobra Kaï. Conflits de générations, de cultures surtout : la plupart des Américains peuvent se retrouver dans l'un ou l'autre des héros de la série.

Quant à la série, elle même, son histoire se complexifie : des films, on passe beaucoup plus tard à une série de deux saisons (20 épisodes) sur YouTube qui, ensuite, sont reprises sur Netflix, qui lui-même produira les saison suivantes. C'est ainsi toute l'économie de la télévision qui peut se trouver bouleversée.

En octobre 2020, Netflix a lancé la production de Cobra Kaï pour une quatrième saison par Sony Television.



samedi 12 septembre 2020

La presse française, un média si divers

 

De mai jusqu'au 15 août, plus de 500 nouveaux titres et hors séries ont été publié en France. Au moins, car j'en omets encore certainement. Ce post estival complète celui que nous avons publié début juillet sur "Le déconfinement de la presse française".

La forte dispersion des créations traduit la grande diversité de la presse française, d'autant que les catégories que nous utilisons sont elle-mêmes hétérogènes, voire hétéroclites : ainsi, la catégorie "Histoire" comprend aussi bien le numéro du Figaro consacré à Pompéi ou à Jeanne d'Arc, que "Le grand guide du char d'assaut" ou "Les avions de combats de l'OTAN depuis 1949" ou encore "La grande histoire de la sorcellerie". On y trouve aussi l'histoire de la 404 Peugeot ("La reine des sixties"), "Compostelle. Histoire d'un pélerinage mythique (Châteaux et patrimoine), "1870. La disparition d'un monde" (La marche de l'histoire), ou encore "Les secrets de l'Egypte antique" (Quelle histoire mag). La même diversité peut être observée dans la catégorie "Enfants" qui comprend aussi bien des titres comme "Points à relier et à colorier" (Montessori) que "Le meilleur du Journal de Mickey" ou encore "Mes premières gommettes" de Popi.

Et l'on ne mentionnera que pour l'exemple la gestion, les loisirs créatifs (couture, etc.), la photo ou les mots croisés sans compter la pêche ou la généalogie. Puisqu'il faut de tout pour faire le monde de la presse populaire...


mardi 25 août 2020

Trois amies audacieuses dans la bagarre quotidienne

 The Bold Type, 46 épisodes de 40-45 minutes, Freeform. Reprise par Amazon Prime Video.

La série comprend déjà quatre saisons. Commencée en juillet 2017, elle raconte la vie professionnelle et personnelle de trois jeunes femmes travaillant pour un magazine féminin, Scarlet (inspiré de Cosmopolitan où a travaillé autrefois la réalisatrice). Trois femmes de 25 à 30 ans que l'on suit dans les différents moments de leur vie, leurs aventures sentimentales et leur progression professionnelle dans le magazine. Chaque épisode (au total, la série en compte plus de 45) dure environ 45 minutes et est tourné au Canada (Montréal et Toronto) pour l'essentiel et à New York pour les cadres extérieurs ; de nombreux plans de coupe filmant des immeubles et des rues de Manhattan avec leur circulation automobile, occupent des moments de la série.

The Bold Type est produite par Universal Television et diffusée par la chaîne Freeform qui appartient désormais au groupe Disney. Progressivement, Disney a redonné à cette vieille chaîne une image nouvelle ; elle fut crée en 1997 comme chaîne essentiellement religieuse (Christian Broadcasting Network, CBN), elle devint Fox Family en 2001. Elle finit rachetée par le groupe Disney qui en fait ABC Family puis la transforme en Freeform pour janvier 2016 et dont le slogan devient "A Little Forward" ("un peu en avant") en janvier 2018.

"The Bold Type" constitue un document plutôt réaliste sur la vie quotidienne de trois jeunes femmes américaines prises dans les débuts de leur vie professionnelle. On peut, bien sûr, y voir tout d'abord la vie d'un média mixte, comme ils le sont presque tous aujourd'hui, média qui cumule une version papier et une version numérique, accessible sur ordinateur, tablette et, bien sûr, et surtout sur téléphone portable : de fait, sous l'une de ses trois versions, la vie en ligne accompagne les utilisatrices à tout moment de leur vie professionnelle et même intime. La série montre parfaitement cette symbiose qui caractérise de plus en plus la vie quotidienne des jeunes professionnelles.

Série féministe ? Oui, bien sûr, mais surtout série intelligente. Les problèmes posés sont traités respectueusement et l'on peut percevoir ceux qui relèvent de la vie économique d'un magazine et ceux qui relèvent de la vie des jeunes femmes. Comment traduire en français "The Bold Type" ? "De celles qui osent", comme on l'a fait pour la version française ou, pourquoi pas, "Trois audacieuses"? Car elles sont audacieuses, et "gonflées" souvent même.

vendredi 14 août 2020

Pâtisserie de chez vous ?

"Fou de Pâtisserie, La France en 120 pâtisseries sucrées de nos régions", opus #10, Hors série, août - septembre - octobre, 212 p., Index des recettes (p. 210). Adresses pour chacune des quatre régions (Cahier technique, pp. 163-209).

Alors voilà un livre pour les fous de pâtisseries, pour ceux et celles qui sont déjà des professionnels et ceux et celles que cela prend de temps en temps, de se professionnaliser, le temps d'un week-end ou de quelques vacances. 212 pages pour 120 recettes. 

La France est divisée en quatre chapitres renvoyant à des restaurants et des pâtissiers professionnels de la région. Et il y en a pour toutes les saisons, pour tous les goûts, et pour tous les talents.

Beaucoup de recettes sont en quelque sorte des chefs d'oeuvres. Et les amateurs prendront le temps pour réussir leur dessert favori, celui qui mettra en relief tous leurs talents.

Je n'ai aucun espoir gastronomique mais je vais essayer une recette dite de "pain d'épices à l'ancienne", je ne devrais pas la manquer : je fais du pain d'épices depuis plus de 20 ans avec mes enfants. Alors, allons-y !

La recette est claire. Pourtant, la farine "T45" est introuvable, alors j'ai pris la farine banale. Pour le reste, j'ai tout trouvé à la maison ou presque. Il m'a fallu une bonne heure, vaisselle comprise (la recette prévoit 25 minutes de préparation), et 10 minutes d'infusion. On peut garnir le pain d'épices avec un mélange de confiture d'oranges et d'abricots. J'ai essayé, je trouve que cela n'apporte pas grand chose, mais c'est plus joli.

Et voilà !

C'est bon ; au petit déjeuner, trempé dans le café au lait. Il faut améliorer la recette en jouant avec les confitures. J'ai mis de la confiture d'oranges amères et de la marmelade de citrons verts, comme l'indique la recette (p.j.), mais on doit pouvoir mieux faire.







vendredi 7 août 2020

Les cent penseurs de l'économie


Sciences Humaines. Les essentiels, Hors-Série, "Les 100 penseurs de l'économie", avril-mai 2019, 162 p., index des mots-clefs.

Voilà 100 penseurs de l'économie, que le magazine appelle "les 100 penseurs" : de Karl Marx à John-Maynard Keynes, de Rosa Luxemburg à Milton Friedman, de Gary Becker à Daniel Kahnemann, de Max Weber à Ronald Coase, en passant par Adam Smith et Wassily Leontief ou Paul Krugman, pour que les lecteurs, débutants sans doute, se fassent une idée plus complète de ce champ scientifique. Des penseurs "essentiels" donc, pour la plupart même si, vers la fin, la sélection contemporaine est plus discutable.
Vingt-cinq siècles d'histoire des idées sont rassemblées dans ce numéro de Sciences Humaines.

Bien sûr, chaque lecteur, trouvera dans ce numéro des économistes qu'il connaît mieux que d'autres et même certains qu'il ignorait totalement. Bonne lecture de vacances donc ! Chacun peut réaliser son propre test : combien en connaissez-vous sur les 100 cités ici ?

L'index est certes une bonne idée pour faire de ce magazine un outil pour les débutants, encore faudrait-il qu'un tel index soit plus complet : par exemple, rien on ne trouvera pas dans l'index la "plus-value" ou la "survaleur" comme le cite l'auteur de l'article sur Karl Marx : que sont devenues "Les Théories sur la plus-value" ("Theorien über den Mehrwert") ? Dommage. L'outillage est important dans un magazine visant  le rappel l'explication des grands auteurs parfois oubliés voire même inconnus. Deux pages au moins pour cet index y auraient été bienvenues.

Le magazine est bien conçu, même et surtout si l'on peut trouver certains choix discutables. Aux uns, il apporte une connaissance nouvelle, aux autres, aux plus anciens, il montrera des angles qu'ils ignorent et qui peuvent leur donner envie d'aller les lire quitte à regretter s'y être intéressés. 


jeudi 6 août 2020

Un magazine pour comprendre l'histoire des Templiers


"Tout savoir sur les Templiers", Mondes anciens, 164 p., repères bibliographiques

Le magazine se veut une histoire complète des Templiers, depuis leur naissance au début des croisades, de la chevalerie chrétienne au Moyen-Âge à leur fin (Philippe le Bel). L'acte fondateur est lié à la conquête et à la défenses des lieux "saints". L'ordre des Pauvres Chevaliers du Christ deviendra l'ordre du Temple, en 1119. S'invente alors une figure neuve, celle du "moine-chevalier", liée à celle de "guerre juste" puis de "guerre sainte" (Augustin, puis Thomas d'Aquin) et enfin de "croisade" sous l'influence cistercienne de Bernard de Clairvaux au Concile de Troyes en 1128 (la bulle "Omne datum optimum" qui dispense les Templiers de la dîme et les établit les soldats du Christ, "milites christi"). On dira que Bernard de Clairvaux est une sorte de "révolutionnaire doctrinal" qui fera valider la notion de guerre sainte. Donc d'abord une véritable révolution doctrinale, "monstruosité doctrinale" au service de la papauté.
Mais les missions des Templiers ne sont pas restées seulement militaires, les donations affluent et ils deviendront également banquiers, et notamment banquiers du Roi de France. Mais le 18 mars 1314, le maître de l'ordre, Jacques de Molay, sera brûlé vif en présence du Roi de France. Il en sera dès lors fini des Templiers, mais leur légende alors commence. Qu'est devenue la fortune de l'ordre, a-t-elle été dissimulée ? Certains cherchent encore...

Le magazine prend le prétexte de l'histoire des Templiers pour aborder des problèmes clés de l'histoire de France : le conflit entre les pouvoirs des papes (ultramontanisme) et ceux des rois et princes (gallicanisme), la mise en place de la monarchie absolue en France, le temps des croisades, à partir d'Urbain II (son appel de 1095 à Clermont) et jusqu'à celle, la dernière, que prêcha Louis IX (dit Saint Louis").
Cette histoire est un peu compliquée mais il s'agit de trois siècles de l'histoire de l'Occident. Le magazine s'achève par un intéressant article sur l'établissement du droit romain par Grégoire VII (1075 - 1140), puis se consacre à deux ordres, quelque peu semblables à celui des Templiers, celui des Hospitaliers et l'Ordre Teutonique.

mardi 28 juillet 2020

25 ans d'Inrockuptibles : une anthologie


C'est le "journal d'un journal", selon le titre que lui donne Jean-Marc Lalanne dans son édito. Du 25 mars 1995 à aujourd'hui, c'est 25 ans d'histoire d'une presse qui se voulait différente des titres courants. Avec moins de 30 000 exemplaires vendus en France (source : ACPM 2019) pour un lectorat de 342 000 (LDP, ACPM, 2020) : plus de 10 lecteurs par numéro vendu. Des numéros contestés (dont certains traitent positivement d'un assassin bien connu) mais, pour l'essentiel, le titre est attentif à sa bonne réputation. Il lui faut certes se distinguer, mais pas trop.

De toutes les personnes évoquées, je ne mentionnerai que quelques unes : Björk et sa Finlande qui l'habite et qu'elle habite, Philip Roth, le romancier américain, 78 ans, rencontré à New York un peu las ("On passe tout son temps à se dire : ça, ça ne va pas, il faut recommencer ; ça, ça ne pas non plus, et on recommence. Je suis fatigué de tout ce travail"), Quentin Tarantino, Jean-Luc Godard qui a 88 ans ("je n'ai rien contre les rêves ; ça fait partie de soi. Je ne sais pas si ça sert à faire des films"), David Lynch, Toni Morrison, la romancière, fan de Barack Obama, Patrice Chéreau, Agnès Varda, Patti Smith terriblement modeste, et qui aime Nadja d'André Breton, Virginie Despentes, Michel Houellebecq, David Bowie, Catherine Deneuve avec Patrick Modiano, Pierre Bourdieu... Citons encore le cinéaste chinois, Wong Kar-wai, lucide : "Je crois que Hong Kong va changer et aller vers le modèle chinois, mais très lentement ". Bien vu (en 1997) ! Et il y a bien d'autres interviewés, plus ou moins certains, plus ou moins étonnés.
Tous bavardent, analysent un peu de l'air de leur temps. C'est assez curieux de voir, bien des années après, les problèmes qui les préoccupaient alors. Chacun voyait son temps à sa manière, plus ou moins éloignée.

25 ans d'une époque, de notre époque, de nos idées, semaine après semaine.

N.B. : Selon moi, fatiguant, et bien peu utile, l'écriture inclusive, omniprésente : dire que telle personne est "l'un des penseur-ses déterminant-es du XXème siècle" n'apporte rien sinon un peu de maladresse et de lourdeur dans l'expression.
N.B. : Ma fille trouve que c'est bien là le sentiment d'un homme, âgé...

jeudi 23 juillet 2020

KoKo, un excellent mook franco-japonais



KoKo. La première revue interculturelle bilingue fançais - japonais,  "L'art  urbain", avec P'tit KoKo. "Koko et Nina à la découverte du street art", 15€, trimestriel, abonnement : 55 €, 144 p + 32 p. Conseils de lecture et Conseils cinéma.

C'est un mook original, rare, bien construit. Un vrai livre. Tout d'abord, parce qu'il est bilingue et, comme tel, il intéressera d'abord tous ceux et celles qui apprennent le japonais, ou qui envisagent de l'apprendre. Ou ceux et celles qui apprennent le français. Parfait manuel. Mais on peut se satisfaire de l'une des deux langues, si, comme moi, l'on n'a pas appris le japonais à l'école. Ensuite, le magazine, un véritable mook avec ses 144 pages, est accompagné d'un petit magazine (de 32 pages) pour jeunes enfants (5 à 10 ans) : P'tit Koko. Ce magazine est consacré au même thème que le magazine adulte et comporte deux pages de vocabulaire pour que les enfants, qu'ils apprennent le japonais ou le français comme seconde langue, s'y retrouvent et... apprennent leur vocabulaire. Parents, à vous de jouer !

Koko se considère comme "une passerelle entre la France et le Japon", selon l'introduction de Eventhia Moreau (ancienne élève de l'INALCO à Paris) qui veut faire de Koko un "espace de dialogue interculturel entre les cultures françaises et japonaises". L'équipe est entièrement féminine (https://revuekoko.com/index.php/qui-sommes-nous/).

Le magazine commence par un article introductif de Lord K2 qui montre que la place de cet art urbain n'est pas encore gagnée au Japon, même si Shibuya, quartier branché de Tokyo, peut nous en donner une idée. Le second article est né d'une inspiration, venue de la cinéaste Agnès Varda ("Mur Murs", son film consacré à l'art mural à Los Angeles, sorti en 1982) ; l'auteur, Kool Killer, qui enseigne à l'université de Tokyo, retrace l'histoire de l'art urbain à Tokyo. Ensuite, nous sommes confrontés à divers articles consacrés à l'art urbain dans différents environnements : Okinawa (par l'artiste Denpa), Paris où deux graffeurs, Lek et Sowat, s'emparent d'un supermarché désaffecté au Nord de la ville, "Le Mausolée". Rackgaki (i.e. graffiti japonais) décrit la scène japonaise de la "street culture". Stew raconte son "Héron bleuté" qui, du haut de ses 50 mètres, domine le XIIIème arrondissement de Paris... Et puis, il y a de nombreux portraits et interviews : Mina Hamada, Shiro, Da Cruz, Mademoiselle Maurice, Dragon 76, K12 One, C215 et son chat haut de six étages dans le XIIIème arrondissement (à l'angle de la rue Nationale et du boulevard Vincent Auriol - si vous voulez aller le saluer !), Sasu, etc. Le magazine s'achève par un retour dans Shibuya et puis encore des interviews de Native et Simon qui parlent du samouraï noir, Yasuke.

Le magazine comprend également des "conseils ciné" et des "conseils lecture", alimentés de références bibliographiques "pour découvrir les scènes urbaines" japonaises et françaises.
Koko fait changer l'air culturel que nous respirons, et il faut l'encourager, car il y a du travail ! Après ce numéro sur "l'art urbain", j'attends la suite, impatiemment.

Câble américain : un abonné sur trois en promotion !


Un tiers des abonnés au câble souscrit à une promotion (enquête conduite auprès de 1021 abonnés) : ce chiffre est pour Altice de 45%, pour Comcast de 42%, et pour Charter de 32%. 20% d'entre eux bénéficient d'un type d'abonnement s'achevant dans moins d'un an.
Un nombre croissant, dépassant la moyenne, de ces abonnés, est également abonné à un service OTT, Amazon et hulu, et, bien sûr, forcément, Netflix.
L'enquête ne dit pas ce qu'est la consommation actuelle des abonnés, ce qu'ils regardent aujourd'hui mais on peut parier que les abonnés à des services promotionnels risquent d'être nombreux à passer exclusivement à des services OTT et abandonneront le câble classique.



jeudi 16 juillet 2020

Des clés carto pour notre monde


"Les clés carto pour comprendre le monde", hors-série, l'éléphant. la revue de culture générale, 152 p. , ScriNeo, 16 €

Le titre dit tout : le magazine explique le monde à l'aide de la cartographie et ce principalement grâce à la collaboration de l'IGN (Institut national de l'information géographique). C'est donc globalement de géographie dont il est question. Cela commence par une excellente BD consacrée à Erathostène, qui dirigea la bibliothèque d'Alexandrie et entreprit de mesurer la circonférence de la Terre, avec succès (en 230 avant notre ère). Ensuite, Jacques Lévy, normalien et Professeur,  explique la notion de "capital spacial", notion qui renvoie à celle, voisine, de "capital culturel" (Pierre Bourdieu), et joue comme variable essentielle dans l'explication du vote (André Siegfried toujours !). Et l'auteur, interviewé, de conclure du rôle de l'école : "l'intérêt de la société tout autant que de ses membres est d'avoir des individus créatifs et agiles". Est-ce le cas en France aujourd'hui ? 

Remarquable article de Jean-Luc Arnaud (CNRS) sur le Service géographique de l'armée qui montre le retard pris par l'analyse géographique du territoire national, retard militaire : "De l'Ancien Régime à la IIIe République. Histoire d'un art au service du pouvoir". L'Institut national de l'information géographique et forestière, créé en 1940, est désormais devenu un outil indispensable à l'aménagement des territoires, à la surveillance des eaux, des sols, des forêts. Les dessinatrices gravent les cartes (ce sont des femmes, uniquement, jusqu'en 1970). La photographie aérienne quant à elle, doit beaucoup aux B-17, bombardiers de l'armée américaine, désarmés et recyclés pour la paisible cartographie ; ils sont remplacés aujourd'hui par des Mystères 20.
On apprend beaucoup de choses en lisant ce magazine : par exemple, qu'il n'y a pas d'accord franco-italien pour la carte définitive du mont Blanc, ou encore l'histoire de la sauvegarde difficile des temples d'Dabou Simbel en Egypte, la mesure de l'élévation du niveau des mers (3 mm par an en Méditerranée). Un article met aussi en relation le service commercial Google Maps et le Géoportail de l'IGN, service public qui crée la donnée, que Google se contente d'agréger.

L'article sur les forêts de France (un tiers de la surface du territoire national) part d'un constat : la forêt française est privée pour les trois quarts, situation qui freine la réalisation d'un inventaire. Qui donc possède les forêts français : dommage, on ne nous le dit pas ! La forêt française reste une richesse importante qui compte douze espèces d'arbres dominants (sans compter ceux de la forêt de Guyane) quand la Finlande n'en compte que deux.
Enfin, Marseille, avec son marégraphe, donne le niveau zéro de l'altitude et permet de dire que, depuis 1885, la mer a monté de 16 centimètres : réchauffement climatique !

Et puis, le magazine donne de nombreux autres éclairages liés à la cartographie : les zones à risques pour les prochaines épidémies, l'état de la concurrence russo-américaine, l'histoire de la guerre européenne en 1939-45, la "ruée vers l'Ouest" français, l'industrie minière en Australie, le méridien de Greenwich et les albatros qui, armés d'une balise, peuvent repérer les navires de braconniers... Et le magazine, dont je suis loin d'avoir tout dit, se termine par un article sur Julien Gracq, normalien et géographe, marcheur impénitent, surtout : "La description, c'est le monde qui ouvre ses chemins, qui devient chemin, où déjà quelqu'un marche ou va marcher". Très bel article de Sophie Doudet, qui nous prend pour ce que nous sommes : des humains qui parcourent un petit bout de notre monde, avant de le quitter. Signalons encore, en fin de magazine, une bibliographie, bien faite, "pour aller plus loin", pour les lecteurs curieux (enseignants, étudiants, parents ... vous, lectrice et lecteur).

Voici un magazine qui donne une idée de ce que peut apporter une presse bien conduite : une introduction aux savoirs qui joue avec tous les éléments du style journalistique, y compris des éléments de jeux ("jouer pour retenir"), des photos, des histoires, des cartes, des quiz, des articles de longueurs différentes, des dessins, des images de satellites artificiels. Cette revue de culture générale met donc tout en oeuvre pour le plaisir et le savoir de ses lecteurs. Sans publicité, elle-mérite d'être gardée, parcourue à nouveau, et encore. C'est une belle réussite de presse et d'édition et qui commence par une formidable question de sa direction: " Combien de données faudra-t-il encore produire avant que les hommes ne se décident à réagir collectivement face à l'urgence écologique ?"

4 de couv du magazine


mardi 14 juillet 2020

WPXI-TV (New-York) et Stitcher vendus par E.W. Scripps


Mission Broadcasting achète WPXI-TV, la station indépendante de New-York, au groupe E.W. Scripps qui l'avait rachetée en 2019 au groupe Tribune Broadcasting. Après cette vente (pour 75 millions de dollars), E.W. Scripps reste un important groupe de stations de télévision : 59 stations, réparties dans 41 marchés (DMA), dont la majorité est affiliée au network ABC (qui appartient au groupe Walt Disney). Cette vente a lieu dans le cadre de l'opération du rachat de Tribune Media par Nexstar.

E.W. Scripps a également vendu son activité de podcast, Stitcher, à SiriusXM, le groupe de radio par satellites, pour 325 millions de dollars, incluant Midroll, la régie publicitaire de Stitcher. 

L'ensemble des opérations vise à réduire l'endettement de Scripps.



samedi 11 juillet 2020

Beau, bon et utile pour cuisiner l'été



Saveurs Green. Le magazine naturellement responsable, bimestriel, juillet-août 2020, 124 p.

Voici nouveau un magazine qui tient ses promesses : il est bourré de recettes "végétariennes et équilibrées", accompagnées de conseils (l'"avis de la nutritionniste"). Il y en a pour tous les goûts, pour les grands et pour les enfants, pour ceux qui veulent "se dépolluer" (les "assiettes détox"), pour les sportives, et de nombreux plats plus sérieux aussi... et enfin des desserts glaces et des sorbets.
Dos carré, excellentes photos, le magazine est beau et facile à feuilleter. Et il y a des menus rapides - "à table dans 20 minutes"- et des plats plus lents qui demandent une préparation plus sophistiquée. Mais pourtant tout à l'air facile, à portée de la main !
Enfin le magazine donne envie de partir, mais pas nécessairement loin, à Troyes "en Champagne", par exemple. Carnet d'adresses en fin de magazine, sommaire des recettes. Et il y a des trucs pour nettoyer sa cuisine, un régime pour démarrer des moments de running, des idées sur le sucre, pour y démêler le vrai du faux. Bien sûr, il y a de la publicité, mais si bien placée qu'elle passe presque inaperçue d'autant qu'elle retient l'attention des lecteurs et lectrices (beau contrat de lecture). En début de magazine, il y a des "actus green", des idées pour l'apéro... Bon, vous avez compris, il y a tout ce dont on peut rêver pour cuisiner l'été. Et le magazine est fait pour être lu et gardé, collectionné même.

Excellent magazine. Bien équilibré, bien conduit. Du travail de professionnel-le-s. On a tellement envie de goûter tant de plats, que l'on va finir par s'abonner.

mercredi 8 juillet 2020

IREP. Le marché publicitaire français 2019 : Internet 36%, télévision 22,6%


Le marché publicitaire français 2019, mai 2020, 104 p.

Les résultats annuels sont positifs pour l'ensemble : +2,8%. Tout va bien donc !
Mais à lire le tableau synthétique qui détaille les performances de chaque média, il semble que pour chacun d'eux, le bilan annuel est négatif sauf pour la radio (+ 1,7%), la publicité extérieure (+3,6%) et le minuscule cinéma (+ 8,3%). 

Seuls les revenus numériques sont nettement positifs : 
+   8,9% pour le search
+ 20,9% pour le social 
+ 12,7% pour le display
Tout d'abord, la télévision ne représente plus que 22,6% du marché publicitaire total (à quoi sert de donner la part de la télévision parmi les médias dits historiques ?). Elle est désormais devenue un support publicitaire minoritaire, bien loin d'Internet qui dépasse 36% (cf. tableau ci-dessous).
Quant à la presse quotidienne nationale, elle atteint 1,2% du marché : si elle disparaît, qui s'en rendra compte ?

La comparaison internationale confirme ce point de vue : en Amérique du Nord, Internet dépasse 56% quand la presse atteint 6% et la télévision 27%.

Très beau travail de l'IREP qui réussit à donner à chaque média sa place, son importance dans  l'évolution globale du marché publicitaire français. Outil de référence, indispensable. Bien sûr, il faudra maintenant attendre les résultats du marché pour 2020 et mesurer l'effet de la crise sanitaire. Quels changements provoquera cette crise sur les médias, changements définitifs et changements conjoncturels des investissements ?

Source : IREP, Le marché publicitaire français en 2019


dimanche 5 juillet 2020

Le déconfinement de la presse française : premier bilan


La presse française repart
Après le confinement, les marchands de journaux mettent les unes en avant pour de nouveaux titres, principalement des hors-séries (nous n'avons compté que 9 nouveaux titres pour 308 titres hors-série). Sur neuf semaines, c'est une très bonne moyenne, surtout pour le début du mois de juillet ; on compte donc plus de 30 nouveaux titres par semaines.

Ce sont les titres touchant à l'histoire, au sens large, histoire contemporaine ou plus ancienne, qui dominent l'innovation : "50 ans d'amour à l'anglaise" (sur l'automobile), "Vauban", les "Vikings : de la Scandinavie à la Normandie", Emile Zola, "30 femmes d'exception", "1870 : la disparition d'un monde", le tracteur Renault, "L'Egypte antique", "Les Trente Glorieuses" par Spirou (!), "le Mirage 3", "Gainsbourg" et les femmes de sa vie, "Pompéi, etc. L'histoire est très diversifiée.

La presse pour enfants suit, puis viennent la santé et la vulgarisation scientifique. Que dira le mois de juillet, à peine commencé ? Nous verrons... en mettant cette statistique à jour régulièrement. Toutefois, il ne s'agit que de l'offre : comment ira la demande ?



jeudi 2 juillet 2020

On est bien à la campagne en été



Bien à la campagne. Jardin, cuisine, maison... inspirations pour une nouvelle vie, trimestriel, Reworld Media, 4,95 €, 116 p.

Comment mieux profiter de la vie à la campagne cet été : tel est le programme de ce trimestriel. Le magazine prétend donner des "inspirations pour une nouvelle vie" : après cette période de confinement, il fallait nous redonner le moral, nous redonner des envies, de la joie de vivre.
Des envies de cuisiner des confitures maison (cerises, de rhubarbe avec gingembre, de figues avec citron et pignons), des envies aussi de melon cuits par le soleil (c'est l'étymologie : μήλων + π ε ́ π ω ν !) et de figues (le magazine en signale huit variétés !), des envies de fleurs, de cuisine au barbecue, et de Bourgogne blanc pour l'accompagner (Saint-Véran, Rully, etc.).

Et puis, il y a l'agenda de l'été : quand semer, arroser, récolter, désherber, tailler ... Quelles plantes supportent la sécheresse ? Quels conseils donnent les expert(e)s pour que le jardin n'ait pas soif ? Brumiser de l'eau sur les plantes, biner le sol s'il n'est pas paillé, conserver les boutures de vacances... Un article est consacré aux ruches, un autre aux hortensias japonais, un autre aux animaux du jardin ("accueillir une chouette dans son jardin", ou bien un hérisson). Et puis, il y a l'herbe à Robert, ce géranium sauvage qui, entre autres, dissuade les moustiques mais dont la tisane est bienfaisante. Les tomates ? Comment et quand les planter, puis les cueillir ?
La Provence au pays des ocres invite à voir le Luberon à vélo. Enfin, peut-on encore : vivre à la campagne, randonner dans le Jura, visiter le Gévaudan (pour saluer les loups) ou Granville en Normandie. Et le magazine se termine par deux pages d'invitations à la lecture.
Beau magazine qui offre de la lecture utile, des idées. La publicité ? Il y en a peu et celle pour le train suffit à convaincre de partir. Le magazine tient la promesse de son titre : on doit être bien à la campagne, en été. Et il nous convainc d'en tirer tout le profit possible.