vendredi 14 novembre 2014

Facebook élu par les élections américaines


Les prochaines élections présidentielles américaines (novembre 2016) ont-elles déjà élu Facebook ?
Nous observons depuis quelque temps que Facebook fournit des données exclusives aux instituts d'études. C'est déjà ce que l'on peut observer en France, avec OCR (Online Campaign Rating), outil d'évaluation publicitaire de Nielsen / Médiamétrie pour lequel Facebook fournit les données socio-démographiques. Aux Etats-Unis, Facebook collabore avec Nielsen pour la mesure de l'audience de la télévision regardée sur des supports mobiles.
Facebook dispose d'une quantité de données de comportement et d'attitudes concernant 1350 millions de personnes (source : Facebook). De plus, ces données, rafraîchies fréquemment et interconnectées (non atomisées), permettent des études longitudinales.

Aux Etats-Unis,, les élections représentent un enjeu particulièrement important pour Facebook puisque la publicité électorale y est autorisée et qu'elle constitue une formidable source de revenus pour les médias. Dans la perspective des élections présidentielles de 2016, Facebook attaque ce marché dont profite surtout, jusqu'à présent, la télévision, nationale et locale. Notons que, pour annoncer sa politique d'immigration, le Président Obama a recouru à Facebook (cf. Byron Tau,"Obama Turns to Facebook to Announce Big News", Wall Street Journal, Nov. 19, 2014).
Lors de son entrée en bourse, Facebook avait prévenu que son ambition était de s'emparer du marché publicitaire de la télévision. A cette fin, Facebook dispose désormais d'une puissante force de frappe vidéo, notamment mobile.
Les élections vont-elles se jouer sur Facebook ? Le débat politique ne manquera pas d'y avoir lieu. De plus, Facebook sera la base d'analyses de sentiment politique ("sentiment analysis") effectuées à partir de son corpus langagier, immense et varié, naturel, actuel. Ces études seront mises à disposition des journalistes de Buzzfeed News et du network ABC, de leurs politologues et analystes électoraux (data journalism).

Que fera-t-on de telles données ?
S'il ne s'agit que de s'en tenir à la distinction entre opinion positive ou négative (opinion mining), il n'y a pas grand chose à en attendre, sinon des benchmarks donnant aux journalistes des occasions régulières de communiquer.
Mais Facebook aura aussi pour effet d'étendre le champ du politique et d'abaisser le "cens caché" qui barre l'entrée dans la politique (l'abstention a sa sociologie. cf. Alain Lancelot). Certes, ceux qui ne sont pas sur le réseau social, ceux qui n'y sont pas actifs resteront des "abstentionnistes". En revanche, même s'ils ne participent pas expressément à la discussion politique, les internautes actifs manifesteront sur Facebook des opinions, des sentiments, des émotions à partir desquels, grâce à l'analyse textuelle (NLP, deep learning), on pourra reconstituer des habitus susceptibles de prédire des dispositions politiques.
De telles analyses ajouteraient une dimension quali au quanti des sondages, un supplément d'âme, d'ethnologie électorale...

Source : Buzzfeed, The Facebook Election

5 commentaires:

Selina226 a dit…

La présence croissante de Facebook dans l'univers des élections n'est guère surprenante. Cet outil a déjà montré son fort impact sur la démocratie moderne. Mais comment s'assurer de la non-manipulation des données fournies ?

Lucie Goudchaux a dit…

En effet, aujourd'hui les élections ont une dimension virtuelle et virale. On peut en tirer de nombreux bienfaits.

Pour les électeurs qui votent pour la première fois, alors qu'ils ont généralement un taux de participation relativement faible, une vidéo ou des posts relatifs aux campagnes respectives ou aux élections sur les réseaux sociaux, sont susceptibles de les capter d'avantage. Prenons l'exemple d'une vidéo, au moment des élections européennes 2014, qui montrait un jeune électeur et son aventure lors de sa première participation aux élections : elle a collecté plus de 2,5 millions de vues sur Facebook.

De plus des initiatives ont été lancées avec les boutons "Je vote", "I'm a voter" sur Facebook, les logos Doodle, les hashtag Twitter qui génèrent des millions de réactions... et qui, a fortiori, ont permis aux utilisateurs de montrer qu'ils allaient voter et de motiver leur communauté.

Ainsi, de plus en plus d'électeurs sont atteints via les réseaux sociaux.

#lucie226

#Boris226 a dit…

Il n'est pas en effet pas nouveau que Facebook recueille vos données et vos contenus pour en tirer une source de revenus importantes. Ici, il est question de sociabiliser davantage les citoyens en faisant sortir l'acte du vote de son environnement propre et en faisant en quelque sorte pression sur les électeurs pour qu'ils se rendent aux urnes. Un bouton "a voté" a été lancé pour que les électeurs puissent signaler l'accomplissement de leur droit citoyen et inciter davantage les autres à aller voter. Dans un contexte toujours plus pesant concernant la transparence des données échangées, il ne reste qu'à espérer que ses influences "indirectes" soit exercées de manière équitable et ne reflète pas une quelconque influence partisane.

#Iris226 a dit…

Facebook est le meilleur moyen de faire de la communication gratuite et de permettre aux candidats d'avoir une visibilité! de ce fait chacun peut toucher son public en diffusant ses idées via Facebook qui leur offre la possibilité d'avoir une véritable vitrine virtuelle!

chacun peut évaluer sa côte de popularité!

C'était certain et pas surprenant que Facebook allait être un des acteurs majeurs des élections puisque les candidats en ont besoin et Facebook profites aussi de cette occasion pour recueillir le plus de données possibles sur ses utilisateurs!

Michel226 a dit…

L'enjeu du Big Data est une question très importante sur internet dans tous les domaines notamment pour le commerce en ligne ou même la politique. Facebook a un rôle majeur dans notre société et est devenu un outil non négligeable afin d'analyser certaines tendances politiques ou même comme moyen de communication pour les partis et les candidats.
On voit également que Facebook a un projet de journal personnalisé pour ses utilisateurs basé sur ce qu'ils consultent comme types d'informations et donc sur leurs données. Cela aura surement une conséquences sur leur choix politiques par la suite.